Le 1 3 octobre 1 998
La coordination nationale lesbienne se dit consternée par l’absentéisme honteux de la gauche lors du débat sur le pacte civil de solidarité le 9 octobre. Cet échec lamentable fait mesurer avec acuité le chemin qu’il reste à parcourir à la société française, mais tout particulièrement à ses représentants élus, pour que disparaissent la lesbophobie et l’homophobie avec leur cortège de mépris et d’exclusion.
La reconnaissance des couples lesbiens et homosexuels était un enjeu de société que la gauche plurielle n’a pas eu le courage d’assumer. La déception ressentie est à la hauteur des espoirs mis dans le soutien des alliés habituels sur lesquels ils pouvaient compter au Parlement. La droite, ainsi que la mouvance intégriste extrême en sont sorties renforcées dans l’affirmation de leurs valeurs rétrogrades. Que la droite n’oublie pas cependant qu’elle compte chez ses électeurs(trices) des couples hétérosexuels comme homosexuels en attente d’un statut.
La frilosité électoraliste, les attitudes étroitement conservatrices, les tentatives d’imposer un « ordre moral » ennemi des libertés, plus rien de tout cela ne doit faire échouer le deuxième débat sur le PACS. Toutes les associations de la coordination le suivront avec une extrême attention, le vote devant aboutir cette fois à un statut qui représentera une avancée notable vers l’égalité entre les différentes catégories de citoyen(ne)s.
De l’avis majoritaire des adhérentes, le PACS doit rester un statut juridique ouvert aux couples non mariés, quel que soit leur sexe, et non pas un contrat étendu aux fratries, ce qui effacerait la véritable nature du lien qui unit les deux partenaires. D’autre part, les délais prévus pour bénéficier des droits sont vécus comme injustes et humiliants ; ils doivent être supprimés.
La coordination nationale lesbienne espère vivement que la gauche plurielle ne se dérobera plus et que l’Assemblée nationale votera le PACS dès les premiers jours de novembre, sans le dénaturer par rapport à ses véritables objectifs.
Commission PACS de la coordination lesbienne nationale.
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