EnlllB.rs
pour faire barrage à la droite
et censurer la politique
d'austérité dugouverneDlent
Votez pour les listes soutenues
par la LCR et LO!
OICI le constat que dressait Jérôme Jaffré, à partir des sondages réalisés ces derniers mois, dans le Monde des 16 et 1 7 janvier : « Le tiers des électeurs de M. Mitterrand, le JO mai 1981, se déclarent déçus. Ils représentent cinq millions de Français 1 »
Parce que de la « déception )) à l'abstention le pas est vite franchi, il n'est pas exagéré de dire que de ces électeurs dépend en grande partie l'issue des élections municipales. Ce sont eux qui vont être au centre des préoccupations de tous.
Les caciques de la droite prétendent récupérer ceux qu'ils appellent les
«déçus du socialisme)). Les leaders de la gauche s'évertuent, par séduction et menace, à les retenir par la manche. Mépris carnivore des premiers et condescendance aguicheuse des seconds ne sauraient répondre à un~ réaction qui est profondément politique. N i niaise, comme le voudrait la droite, ni épidermique, comme cherche à s'en convaincre la gauche.
Car comment ne seraient-ils pas «déçus )) ceux qui, le 10 mai 1981, ont élu
Mitterrand puis une majorité du PS et du PCF? Il ne s'agissait pas seulement, pour eux, de mettre fin à vingt-trois années de règne de la droite, d'en finir avec
Giscard . Il s'agissait de tourner la page de l'austérité et du chômage. Pour qui n'avait pas d'illusion sur la politique que pouvaient mener le PS et le PCF, il n'est pas question de «déception)). Ce qui ne saurait empêcher de partager le mécontentement et l'amertume de ces travailleurs qui voient, aujourd'hui, le gouvernement Mauroy mener une politique de bradage et de reniement de l'espoir du 1 0 mai.
On ne peut que mépriser les sordides manœuvres de la droite. Car quoi de commun entre cette aspiration au changement désenchantée et cette droite rapiécée qui n'a pour tout idéal que l'esprit de revanche et pour drapeau la trouille des possédants? La droite c'est l'antichangement, c'est pourquoi son unique atout ne peut-être que la démobilisation à gauche, la désaffection d'une partie de l'électorat ouvrier.
Un électorat qui, légitimement, est en droit de récuser le chantage qu'exercent sur lui les directions du PS et du PCF. Car de leur part, nul autre argument que la piètre alternative : ou approuver la politique gouvernementale ou accepter de faire le jeu de la droite.
Il est de notre responsabilité de révolutionnaires de nous adresser à ces travailleurs tentés par l'abstention pour les convaincre de ne pas céder à la tentation de la démoralisation. Une démoralisation qui pourrait les conduire à ne pas peser dans cette bataille, ou à se rallier, désabusés, aux listes d'Union de la gauche. Or, ni l'une ni l'autre de ces attitudes ne correspond aux enjeux de la situation présente.
Car ces élections municipales vont représenter un enjeu politique majeur. Les directions du PS et du PCF ont d'abord colporté l'idée que ce scrutin ne pouvait avoir qu'une importance toute relative, sous prétexte qu'elles ne sauraient, en tant que telles, mettre le pouvoir en jeu . Entretenant le mythe que la nouvelle majorité a la durée pour elle, elles proclamaient l'inévitabilité d'un reflux électoral après la vague de 1981. Et Lionel Jospin d'estimer, sans s'émouvoir, le nombre de grandes villes qui vont tomber entre les mains de la droite.
Autant d'illusions empoisonnées et d'invitations à la démobilisation ! Car la droite, elle, ne sous-estime pas l'importance de l'enjeu. Elle sait que, si elle est majoritaire, les conditions politiques d'ensemble s'en trouveront profondément modifiées. Et qu'il lui sera alors possible d'accentuer l'offensive pour précipiter son retour aux affaires. Face à la majorité PS-PCF, comme l'a dit Griotteray, dès le 14 mars, son mot d'ordre central sera : << Dissolution 1 Dissolution 1 »
Il ne peut être question de lui faciliter en quoi que ce soit la tâche. Il faut, au contraire, convaincre toutes celles et tous ceux qui vivent de leur travail d'infliger une nouvelle défaite aux fondés de pouvoir du capital, aux hommes liges des exploiteurs, aux croisés de la revanche contre les travailleurs.
Mais barrer la route aux Giscard, Chirac et autres Barre, cela exige-t-il d'apporter son soutien à Mitterrand, Jospin et Marchais ? Pour dire non à la droite, faut-il dire oui à la gauche? Ce serait oublier que c'est le gouvernement qui est le meilleur fourrier du retour de la droite. Ce serait cautionner une politique de cadeaux au patronat et de concessions à la droite que les . travailleurs payent d'un prix insupportable qui s'appelle : blocage des salaires, remise en cause des acquis, abandon des promesses et trahison des engagements ... Non, quoi qu'ils disent, il n'est pas possible d'approuver leur politique. Au contraire, il faut leur dire, sous forme d'un ferme avertissement : « Nous ne vous avons pas élus pour cela, c'est une autre politique que nous voulons. »
Car à l'occasion de ces élections, c'est cela qu'il faut affirmer: la force de la volonté de vrai changement parmi les travailleurs.
L'accord entre la LCR et LO pour la présentation de listes communes aux municipales permet de le faire. Parce qu'il s'agit de listes porteuses d'une politique de défense intransigeante des revendications ouvrières, de combat sans concession contre le patronat et la droite. Voter pour ces listes, c'est dire non au retour de la droite et, en même temps, exprimer son opposition à la politique d'austérité du gouvernement.
C'est pourquoi nous en appelons à toutes celles et à tous ceux qui se disent «déçus». Afin que leur déception ne s'exprime pas, négativement, sous forme d'une abstention dont seule la droite pourrait bénéficier. C'est pourquoi nous en appelons à toutes celles et à tous ceux qui, militants du PS, du PCF, syndicalistes, sont en désaccord avec la politique gouvernementale, qui ne peuvent accepter que les directions de leurs partis et de leurs syndicats participent à la mise en œuvre de cette politique. Afin qu'ils ne donnent pas, à contrecœur, leur approbation aux listes d'Union de la gauche.
Grâce à la présence des listes soutenues par la LCR et LO, un autre choix est possible : transformer déception et réticences en une expression, positive, de la volonté d'une autre politique.
Car telle est la signification de la présence des listes LCR-LO, du soutien à ces listes et du vote pour elles : faire barrage au retour de la droite et censurer la politique d'austérité du gouvernement.
Le score de ces listes sera un coup porté à la droite et un avertissement donné au PS et au PCF. Car ce sera un vote pour la mobilisation unitaire, pour le vrai changement.