une canlpagne électorale qui éclaire une politique
L
PCI:
ANTOINE ARTOUS
E PCI a choisi le chemin de l'opportunisme, affirmions-nous dans notre numéro de janvier. La campagne électorale que vient de mener cette organisation confirme totalement cette appréciation. Elle éclaire aussi les raisons politiques qui ont poussé le PCI à repousser toutte discussion sur la possibilité de constituer des listes unitaires des révolutionnaires aux municipales, malgré nos propositions férées . Cet opportunisme se laisse résumer ainsi : le PCI développe fondamentalement une ligne de pression sur la majorité PS-PC ; plus spécialement sur le Parti socialiste. Reprenons les questions une à une. «Le respect du mandat))
Le 10 mai et le 21 juin 1981, lestravailleurs ont élu une majorité ouvrière. S'appuyer sur cette victoire pour stimuler les luttes et les mobilisations, mettre en contradiction « le fait majoritaire » avec la politique d'austérité du gouvernement soutenu par la majorité PS-PC est indispensable. Comme est correct d'interpeller -et d'apeller les travailleurs à le fairela majorité PS-PC pour qu'elle respecte « le mandat » du 1 0 mai.
Nous expliquions dans Critique communiste : « Les révolutionnaires appuient cette démarche, mais ille font en toute indépendance, sans jamais laisser entendre que la coalition de collaboration de classe au gouvernement pourrait faire une autre politique, véritablement au service des travailleurs. »Au travers de leur tactique de front unique, les révolutionnaires tiennent compte des « illusions des masses », sans jamais un instant les partager ou laisser croire qu'il les partagent.
C'est une autre voie qu'a suivie le PCI : « au cas où les candidats du PS et du PCF d'engageraient au respect du mandat ... Le PC/ conduira la campagne la plus ardente pour le vote dès le l" tour pour les candidats du PS et du PCF 11
Dans les cas contraire, le PCI décidait de présenter des listes « ouvrières d'unité » ... pour « le respect du mandat ».
Afin de constituer ces listes, le PCI fut amené à préciser ce que signifie ce respect : << défense de t'école laïque, (.. .) contre le chômage, une 'loi interdisant tous les licenciements, pour les revendications, pour la défense des acquis, contre le blocage des salaires. » Si les candidats du PS et du PC s'engagent sur ces questions, le PCI annonçait que les « listes ouvrières d'unité » se retireraient en leur faveur dès le premier tour. Ce qui, d'aprés Informations ouvrières, s'est fait dans une quinzaine de communes.
La liste de Mantes-la-Jolie s'est retirée une des premières. Le cas sexplaire : alors que des mairies de gauche ont refusé d'appliquer la loi Guermeur, celle de Mantes subventionne en janvier les écoles privées de la ville. En même temps le maire PS, Picard, faisait des déclarations « gauches » : il se prononçait avec la section PS pour l'abrogation de la loi Guermeur et participait aux assises locales« de défense de la laïcité ». Cela a suffit : le PCI « oubliait » que le conseil municipal finance les écoles privées, que le maire n'a rien dit sur la politique d'austérité, les licenciements.
A Mozac, dans le Puy-de-Dôme, le député PS de Riom se déclare pour << la défense de l'école laïque ... Pense qu'une loi interdisant les licenciements serait nécessaire 11 et ajoute << à l'évidence, comme candidat membre du PS, je ne peux qu 'être fa varable à la défense des acquis et des revendications des travailleurs de ce pays. » Une évidence qui lui a échappé pendant les 18 mois de son mandat parlementaire ! IS LE PCI retire sa liste.
Toutes les déclarations des candidats PS ou PC que publie Informations ouvrières pour justifier les divers retraits sont du même style : simples déclarations orales, courts, textes signés qui parfois ne pari que de l'école laïque, parfois se prononcent contré les licenciements, la hausse des loyers et des charges. Mais dans les plate-formes des candidats PS-PC, dans leurs professions de foi, rien de change fondamentalement : le soutien à l'actuelle politique du gouvernement y est pclamé, les engagements pris devant les délégations du PCI disparaissent, ou sont réduits à la portion congrue ...
Bref, le PCI retire ses listes pour des candidats qui soutiennent explicitement la
Absent du combat au deuxième tour ...
La déclaration du comité central du PC/, largement diffusée après le premier tour des municipales, n'appelait pas à voter contre la droite, pour les listes du PS et du PC, le 13 mars.
Poursuivant sa campagne pour le « respect du mandat », le PC/ subordonnait sa consigne de vote pour les listes PS-PC au second tour à des conditions politiques, ce qui est contraire à toute la tradition trotskyste. Lorsque, face aux candidats bourgeois, les révolutionnaires appellent à voter pour les partis ouvriers, ils ne mettent aucune condition de programme.
Ils ne font pas dépendre leur attitu -de de telle ou telle déclaration politique des représentants de ces partis. Le vote pour les partis ouvriers est un vote de classe, mais les révolutionnaires n'ont à colporter aucune illusion sur le pro -gramme du PS et du PC
Le PC/ s'est révélé à la fois sectaire, en s'abstenant de donner une consigne générale de vote contre la droite ; et opportuniste, en laissant entendre que les réformistes peuvent avoir un <<bon programme 11 qui justifierait le vote en leur faveur.
partis ouvriers à l'Assemblée et qui met- I cés par la remise en cause arbitraire tra en crise, pratiquement, sa politique de 1 1 d'accords de salaires librement négociés politique du gouvernement mais, par ailleurs, font quelques remarques critiques avec d'autant plus de facilité qu'ils ont besoin de ratisser large au niveau électoral. « Chasser Delors »
Cette tactique électorale est éclairée par les batailles politiques nationales du PCI. « Il faut changer de cap » explique régulièveœlnformations ouvrières et. pour y parvenir, chasser Delors qui a un seul but : « remplir sa mission que lui ont confiée ses maitres du CNPF, de l'UDF et du RPR : multiplier les coups contre le peuple a/in kvçrigeqr au pouvoir des ennemis du peuple, pourtant chassés en mai et juin 1981. il Delors serait donc le représentant des patrons qui -comme les radicaux dans le Front populaire de 1936dicte au gouvernement une politique antiouvrière. La chose est fausse sur la forme et sur le fond.
Delors n'est pas le seul politique d'origine bourgeoise à avoir rejoint le PS. Il suffit de rappeler le passé de Mitterrand et de certains de ses lieutenants. A vouloir tracer un fil rouge entre certains dirigeants de l'ancienne SFIO, garants du « caractère ouvrier » du PS, et pcourants venus ou apparus plus tard et qualifiés des représentants directs de la bourgeoisie ou de la hiérarchie catholique, le PCI valorise systématiquement ces premiers pour dénoncer pèle-mèle Delors, les rocardiens, le CERES ... Pourtant, en matière de la collaboration de classe, les courants traditionnels de la SFIO, « Franc-maçons et"ques », ont tout aussi fait leurs preuves que les courants plus« modernistes ». Les révolutionnaires n'ont rien à gagner à jouer les uns contre les autres. D'autant que, face à Delors, qui défend depuis le départ une politique cohérente, aucun dirigeant du PS n'a vraiment défendu une politique alternative impliquant, même dans un cadre réformiste, un réé! « tournant à gauche ». Et surtout pas Mauroy ou Mitterrand qui sont parfois contraints, plus que le ministre des finances, d'user de la manœuvre et du mensonge par rapport aux travailleurs.
Q~~nd, en janvier, Mauroy repoussa à plus tard la baisse du taux d'intérêt des livrets d'épargne roses, Informations ouvrières titra : , mauroy désavoue Delors. Alors que fait Delors au gouvernement ? 11 Cela permet d'éviter une critique frontale de Mauroy et Mitterrand. Quand Quilès, après les déclarations de Rocard, condamne une politique « qui consisterait à agir d'une façon telle que l'on crée les conditions du retour de la droite 11, le bureau politique du PCI déclare que « la question est bien posée li, sans même rapeller que Quilès et la majorité mitterrandiste soutiennent, eux aussi, une politique d'austérité.
11 La démocratie exige que la majorité de députés du f.S -PCF exerce son pouvoir souverain dans le sens des intérèts populaires. Pour cela il faut d'abord chasser Delors », peut-on lire dans Informations ouvrières du 14 janvier. le PCI a-t-il oublié que lorsqu'il a fallu faire passer le bloquage des salaires en j uin 1982, c'est Mitterrand et Mauroy ont ris l'initiative d'user des procédures de la v• République pour décider sans débat parlementaire? « Respecter la démocratie»
La chose a d'ailleurs bien arrangé les députés socialistes et communistes qui ont voté la confiance sans avoir à se prononcer directement sur la politique d'austérité. Cette exigence de « démocratie » parlementaire est le second aspect de la politique opportuniste du PCI qui, toujoûrs dans la ligne « du respect du mandat », valorise systématiquement la fonction de la majorité PS-PC à l'Assemblée.
Ainsi, au lendemain du second tour des municipales l'éditorial d'Informations ouvrières affirme : 11 le fond de la question réside en ce que constitutionnellement, au delà de tous les subterfuges, les groupes parlementaires du PS et du PCF sont bien majoritaires depuis 1981, mais le pouvoir de faire des lois conformes aux aspirations et aux revendications de leurs mandants leur est refusé, en vertu des institutions gaullistes réactionnaires et an ti -démocratiques. i l D'un côté il y aurait la majorité parlementaire PS-PCF, prète à proposer . des lois, et de l'autre les institutions de la v• République, incarnation des pressions de la bourgeoisie. N 'en déplaiseau PCI, jusqu'à présent, les députés du PS et du PCF n'ont jamais opposé des projets de loi à la politique anti-ouvrière du gouvernement. D'autant qu'en face, c'est le président Mitterrand qui incarne ces institutions!
Mitterrand va utiliser la fonction bonapartiste que lui confèrent les institutions gaullistes pour tenter de se dégager de la majorité PS-PCF et ouvrir à droite la majorité présidentielle : son comportement après le second tour des municipales en est la preuve éclatante. Il faut dénoncer cette politique et non simplement, comme Informations ouvrières, la simple logique des institutions gaullistes, sans désigner qui s'en sert.
Il faut, certes, être attentif aux conflits éventuels qui pourraient surgir entre les députés du PS et du PCF et le gouvernement qui dépend du Président. Mais rien -sinon l'opportunisme- ne justifie que, dans la situation actuelle, les révolutionnaires valorisent la majorité parlementaire PS-PCF pour en faire, au nom de la « démocratie », la garante des espoirs de mai et juin 1981.
L'accent doit être mis au contraire sur la nécessaire mobilisation des travailleurs contre la politique d'austérité et pour les revendications, mobilisation qui prend appui sur l'existence d'une majorité des collaboration de classe.
Propagande de la liste " Nantes d'abord"· Extraits. Un autre choix ... une autre liste ...
Au cours de ces dernières semaines s'est constitué un groupe de réflexion et d'action de plusieurs dizaines de Nantaises et Nanttlis réunis autour de trois idées -forces. • La volonté de remplacer l'équipe socialo-communiste en place à la mairie de Nantes et dont la gestion est de plus en plus contestée. • Le souhait de proposer à la population un choix plus large que celui imposé par la division politique de la France en deux camps adverses qui entraine un accroissement des abstentionnistes. • La prise en compte du nouveau mode de scrutin qui fait une petite part à la proportionnelle et donne par conséquent aux électeurs la possibilité d'exprimer enfin un autre choix et de voter pour une autre liste. Qui sommes-nous?
Des femmes et des hommes qui sont convaincus que la gestion des affaires communales ne relèvent pas entièrement de choix politiques partisans, et se refusent à subir les directives et les mots d 'ordre des Etats-Majors politiques parisiens. Les Nantais sont majeurs et doivent le démontrer par leur vote en mars prochain. Que voulons-nous?
Inquiets de l'augmentation constante du chàmage à Nantes et dans la région, nous voulons travailler ensemble au redressement économiquè des activités nantaises dont l'avenir est devenu incertain (comme la Navale .. .) malgré 1 les promesses faites en haut lieu.
Nous voulons participer activement à la reprise du commerce et de l'artisanat, à l'extension des industries de pointe et du secteur tertiaire et, surtout, à la défense des intéréts des travailleurs menadans l'indépendance syndicale.