La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

POLOGNE

La lutte de l'usine Fadroma

Critique communiste, n° 20, juin 1983 · p. 30-31 · 612 mots

Le 9 décembre 1982, à la suite du licenciement de cinq travailleurs, une grève spontanée, qui a duré environ deux heures, a éclaté dans l'usine Fadroma. Elle n'a pas été organisée. Ont participé à la grève plus de 60 % des ouvriers. Par ailleurs, le 16 décembre à midi, à l'appel de la Commission d'entreprise clandestine (TKZ) du syndicat, il y a eu cinq minutes de silence pour protester contre ces licenciements « sans motif». Le 24 décembre, en l'absence des travail -leurs, le service de sécurité (SB) a procédé à la perquisition des armoires, des bureaux, etc.

« Z Dnia na Dzien •• n° 4/263, du 27 janvier-3 février 1983 DECISION La commission d'entreprise dandestine (TKZ) de l'usine FMB BumarFadrona a décidé que la semaine du 13 à 19 février serait une semaine de protestation contre les licenciements de travailleurs pour des raisons politiques.

La semaine de protestation consiste en ce qui suit : -les ouvriers travaillant à la pièce abaisseront la production de l'équivalent de huit heures par rapport à la semaine normale ; -le reste des travailleurs procédera à la réduction maximale de la production; ~le jour J, à l'heure H (la date sera communiquée oralement), il y aura cinq minutes de silence.

La TKZ exige la réintégration de tous les travailleurs licenciés, et de-

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mande de ne pas prendre les postes de travail vacants des camarades licenciés.

" Z Dnia na Dzien ,no 6/265, du 10-17 février 1983 A L'A V ANT -GARDE

Solidarnosc a été particulièrement actif à Fadroma avant le 13 décembre 1981. Cette entreprise a été à l'origine de plusieurs des initiatives les plus intéressantes dans notre région. Au moment de l'instauration de l'état de guerre, les travailleurs de Fadroma ont participé pendant plusieurs jours à la grève générale.

Les travailleurs de Fadroma se sont à nouveau portés à l'avant-garde de notre lutte en ce treizième mois de répression. Moins d'un mois après la publication de la déclaration-programme de la TKK, les travailleurs ont décidé de mener une semaine de protestation contre le licenciement de leurs camarades pour raisons politiques. Il s'agit d'une forme de lutte nouvelle, d'une sorte de grève économique de solidarité avec les victimes de la répression.

La RKS exprime sa reconnaissance aux travailleurs de Fadroma pour leur valeur et leur combativité. En défendant les camarades licenciés, nous luttons pour notre syndicat, pour les idéaux de la République autogérée.

W roclaw, le 15 février l 9 8 3 Pour le RKS du syndicat «Solidarnosc » de Basse-Silésie

Josef Pinior << Z Dnia na Dzien, n° 6/265, du 10-17 février 1983 A CriON Du 13 février au 19 février s'est déroulée à Fadroma la semaine de protestation contre les licenciements pour raisons politiques. Dès le premier jour, les travailleurs ont commencé l'action. On a établi que les cinq minutes de silence commenceraient le jeudi 17 février à 10h25. La majorité des travailleurs, informés oralement, ont commencé l'arrêt de travail dès 1 0 h 15. La réaction spontanée des travailleurs a contribué à la transformation de cette consigne en arrêt de travail de quinze minutes. La direction, désorientée et surprise, n'a pas été en mesure de contrer cette initiative. Le SB, surpris aussi, est arrivé sur place seulement le lendemain, vers 11 heures. La dernière journée de l'action, Fadroma était couvert des tracts. Le soutien et la participation des travailleurs et les effets visibles de l'action permettent de penser que cela a été une protestation réussie.

La protestation à Fadroma est la première action de protestation réussie dans une entreprise depuis le 10 novembre 1982

<< Z Dnia na Dzien ,, n° 8/267, du 24 février-3 mars 1983

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