La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

POLOGNE

Les machines ont été débranchées

Critique communiste, n° 20, juin 1983 · p. 32-33 · 1 102 mots

Les machines ont été débranchées Ateliers de réparation fluviale réussite de l'action de protestation du 14 mars 1983.

Ce jour-là, sur tout le terrain de l'entreprise - à l'intérieur comme à l'extérieur des ateliers de production - on a affiché et on a peint des inscriptions Solidarnosc. Le directeur technique et le premier secrétaire du POUP ont fait le tour de l'entreprise. Partout ils ont été accueillis par des grandes inscriptions soutenant notre syndicat. Les chefs de section ont commencé à repeindre l'intérieur des ateliers. Mais immédiatement après, les travailleurs ont collé à nouveau des affiches de Solidarnosc sur la peinture encore fraîche. L'action s'est terminée à 12 heures par une grève de cinq minutes. Le SB a été totalement surpris et aucune intervention n'a eu lieu ce jour-là.

Le 21 mars, a commencé la semaine de protestation dans les entreprises de notre région. Nous transmettons les premières informations.

PZL Hydral La TKZ de l'usine Hydral a élargi les revendications de la semaine de protestation en demandant :

-l'annulation de toutes les sanctions contre les travailleurs qui ont participé aux actions de protestation pendant l'état de guerre;

-l'arrêt du chantage des chefs de section et d'atelier contre les travailleurs;

- le paiement des allocations et des subsides du fonds du syndicat Solidarnosc à tous les travailleurs.

Dans sa déclaration, la TKZ de Hydral constate : la production de notre entreprise n'est pas liée directement aux besoins de la société, mais elle peut être utilisée contre la société dans la mesure où elle contribue à la production militaire. C'est pourquoi, si nos revendications ne sont pas acceptées, la semaine de protestation devrait consister surtout à boycotter la production.

A Hydral, la semaine de protestation repose sur :

- la réalisation de la production conformément à la technologie et aux règles de sécurité et d'hygiène de travail;

- ne pas venir au travail les samedis libres ;

-organiser un défilé des travailleurs par les voies intérieures de l'usine;

- arrêter la production pour le

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mécontentement causé par la politi- futures. Les propositions des travailque des prix, ainsi que leur solidarité leurs seront examinées par la TKZ.

"Z Dnia na Dzien ,, n° 12/271, et « Z Dnia na Dzien » n° 13/272, temps prévu le jour J à l'heure H ;

-augmenter le travail de propagande et les distributions de tracts.

La TKZ appelle tous les travailleurs de Hydra! à ne pas participer aux mensonges organisés par le POUP, à boycotter le syndicat du WRON, à rendre publics les cas de chantage et de corruption, à payer leurs cotisations, à mener dans l'usine une journée sans presse du régime.

Dolmel, Archimedes, Mostostal Depuis quelques semaines est menée une action d'affichage et de distribution des tracts. Depuis le 21 mars le fléchissement de la production est sensible.

Pilmet L'action de protestation a commencé le 21 mars par des inscriptions de soutien à Solidarnosc sur le mur entourant l'usine. Chaque jour ont eu lieu d'importantes distributions de tracts. La productivité du travail a été abaissée par le refus des heures supplémentaires. Le 24 mars à 12 heures, les machines de toute l'entreprise ont été débranchées pendant 10 minutes. Les machines ont été coupées par tous les travailleurs, y compris les militants du parti. La semaine de protestation s'est terminée samedi par une édition spéciale de l'« Iskra » -journal de l'entreprise.

Fadroma Avant la semaine de protestation, le Service de sécurité (SB) a convoqué des travailleurs de l'entreprise à propos du refus des heures supplémentaires et du travail les samedis. Dans l'usine est apparu un nouveau représentant du SB. En janvier et février, l'entreprise n'a pas rempli son plan de production. La direction fait tout son possible pour qu'en mars soit réalisé le plan trimestriel ; probablement s'agit-il uniquement de remplir le plan financier.

Le 25 mars dans l'atelier W-2 et celui d'outillage, un arrêt de travail a été observé de 9 h 45 à 10 heures. La semaine de protestation s'est terminée le samedi par une importante distribution de tracts.

Polar Le 24 mars à 9 h 5, presque tous les travailleurs du département des machines à laver, environ 30 % des travailleurs du département des réfrigérateurs, et les travailleurs des sections auxiliaires de l'usine ont quitté leur travail et se sont rassemblés devant les bureaux de l'administration pour manifester, dans le calme, leur avec les militants syndicaux emprisonnés ou licenciés pour des raisons politiques. Des dispositions avaient été prises pour débrancher le système des hauts-parleurs intérieurs.

L'action, menée dans le calme et la dignité, a semé la panique au sein de la direction et de la section d'entreprise du service de sécurité (SB). Les téléphones se sont mis à sonner, les directeurs ont annulé leurs déplacements. La direction du département des machines à laver, le directeur Debicki à sa tête, s'est précipitée sur le lieu du rassemblement et Debicki a commencé à haranguer le personnel. Très calmes, les travailleurs l'ont ignoré, faisant comme s'il n'était pas là. La majorité de ceux qui ont quitté leurs ateliers étaient des femmes, ce qui mérite d'être souligné. Au bout d'une quinzaine de minutes, les travailleurs ont regagné leur poste et se sont remis au travail.

Malgré cela, jusqu'à la fin de la journée, les directeurs et les secrétaires du POUP parcouraient les départements avec crainte et inquiétude. Le soir, le SB est entré en action, en arrêtant à leur domicile Krystyna Kaczmarek, Janusz Kluba, Henryk Olszok et W aldemar Kaleta.

Déclaration de la commission clandestine de« Solidarnosc » de l'usine Polar.

La commission provisoire d'entreprise (TKZ) de Polar, au cours de la réunion du 26 mars 1983, a tiré un premier bilan du déroulement de la semaine de protestation.

L'abaissement de la production n'a pas été très sensible car son niveau avait déjà tendance à baisser du fait des livraisons irrégulières de matériel, de la mauvaise organisation et de l'absentéisme pour fait de maladie. Le point culminant de la semaine de protestation a été l'action de cinq minutes de silence le 24 mars qui a été menée à bien. Nous tenons aujourd'hui à remercier tous les travailleurs qui ont eu le courage de sortir devant le bâtiment de l'administration et de suivre ainsi les mots d'ordre de la semaine de protestation. Nous remercions particulièrement les travailleurs de l'atelier des machines à laver. Ils ont presque tous participé à cet action. Le comportement des femmes, qui constituent la majorité des ateliers PB et PC, devrait être un exemple pour beaucoup d'hommes indécis.

L'expérience de la semaine de protestation servira à élaborer et à améliorer les formes de protestation du 24-31 mars 1983 du 29 mars-7 avril 1983

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