USTERITE et militarisation. Tels sont les deux mots clés de cette rentrée. Car l'heure a sonné du déploiement des nouveaux missiles européens en Europe. Et ce, alors que, partout dans le monqe occidental, s'aggravent chômage, baisse du pouvoir d'achat et attaques contre les acquis des travailleurs.
Or, la politique française ne fait hélas par exception. Tandis que le patronat s'engage dans une politique de licenciements massifs, le gouvernement pousse à la dégradation du pouvoir d'achat des travailleurs en accentuant la pression fiscale et en passant le carcan aux salaires. Il faut économiser lorsque c'est le pouvoir d'achat, la Sécurité sociale ou les indemnités chômage qui sont en cause. Mais de telles économies ne sont plus de mise lorsqu'il s'agit de l'armée. Ce sont des centaines de milliards qui sont consacrés au budget militaire, à la mise sur pied d'une force d'intervention rapide et au développement des forces nucléaires. Ce sont d'autres milliards qui vont partir en fumée au profit d'une armée engagée dans une intervention néo-colonialiste au Tchad et directement impliquée au Liban dans le rôle de gendarme impérialiste.
Seringue d'un côté, corne d'abondance de l'autre : il y a quelque chose de pourri dans cette politique là !
Voilà pourquoi les exigences ouvrières ne peuvent que se concrétiser dans un double refus : refus de l'austérité et refus de la militarisation.
De ce point de vue, les manifestations des 22 et 23 octobre vont constituer une échéance importante dans les mobilisations antiguerre à l'échelle européen-
En prenant, en décembre 1979, la décision de construire de nouvelles bases et de déployer, à la fin de 1983, 572 nouveaux missiles américains en Europe occidentale, les dirigeants de l'OTAN ne prévoyaient pas une réaction aussi massive des travailleurs et des peuples de toute l'Europe. Plus de trois millions de manifestants sont, l'automne dernier, descendus dans la rue pour s'opposer aux missiles et dire non aux projets de Reagan-la-guerre.
Ce formidable mouvement de masse doit s'approfondir et se développer. Pas un seul nouveau missile ne doit être déployé ! Pas une seule base nouvelle ne doit être construite et celles qui existent doivent être démantelées ! Telles sont les revendications simples et fortes du mouvement contre la guerre qui a déferlé sur l'Europe capitaliste. Elles doivent être défendues en France en y associant la condamnation d'une politique militaire qui consiste à développer les crédits et la force de frappe, à multiplier les interventions au Tchad et au Liban ...
De leur côté, les manifestations du mouvement pacifiste indépendant en URSS, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en République démocratique allemande constituent une opposition à la politique militaire de la bureaucratie. Politique qui dénie tout droit démocratique élémentaire aux masses et ne sait répondre au déploiement des missiles américains que par la menace du déploiement de nouveaux missiles soviétiques en Europe orientale. Au mépris de la
souveraineté des peuples et d'un combat réel contre le militarisme impérialiste et les dangers mortels qu'il fait courir à l'humanité.
La seule vraie réponse à ce dernier, c'est la mobilisation des masses. C'est pourquoi il existe une solidarité profonde entre le mouvement antiguerre à l'Ouest et à l'Est.
Ce mouvement ne peut faire confiance ni aux gouvernements capitalistes, ni aux bureaucrates du Kremlin qui, les uns et les autres, négocient dans le secret et sur le dos des masses. Seules de puissantes mobilisations, indépendantes des Etats, s'appuyant sur les forces vives du mouvement ouvrier, pourront mettre un terme à l'engrenage de la course aux armements et de la terreur nucléaire.
Les manifestations de cet automne vont constituer un moment fort du combat contre la militarisation et l'austérité capitaliste, pour la paix et le socialisme.
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Les J usos (jeunesses du Parti social-démocrate d'Allemagne fédérale) manifestent contre le déploiement des missiles US, lors d'un rassemblement de 200 000 personnes le 10 juin 1982 à
Bonn.