ES Centres de formation des apprentis ou CF A accueillent les jeunes, à partir de 16 ans, qui sont sortis du système scolaire. Ayant signé un contrat d'apprentissage qui les lie pour deux ans à un patron, ils se voient appliquer le système de formation en alternance (trois semaines chez un patron, une semaine à l'école). Comme on le voit, l'apprentissage actuel, héritier de l'ancienne formation sur le tas, permet aux patrons de détenir un pouvoir « éducatif)) et idéologique réel dans le domaine de la formation professionnelle. S'agissant de la formation des futurs salariés, ce pouvoir patronal ne peut laisser indifférents lous ceux et celles qui militent pour un changement véritable, pour le socialisme. Il faut donc dès aujourd'hui renverser la vapeur : enlever aux patrons leur pouvoir, rompre avec la politique de la bourgeoisie en matière de formation . Pourquoi exiger dès maintenant la nationalisation de tous les CF A , de toutes les écoles patronales ? -pour donner aux, lycées d'enseignement professionnel (LEP) les moyens de fonctionner ; -pour assurer aux jeunes une véritable formation générale et professionnelle.
Un secteur sinistré :
l'enseignement technique
public
A. Savary, dans une interview au Matin le 31 18 1 1 981, était obligé de reconnaître que l'enseignement technique « fait absolument figure de parent pauvre du système éducatif)). Jugement tout à fait modéré en regard cle la situation quand on connaît la vétusté, le délabrement des locaux de nombre de LEP dont certains sont dépourvus de toute sécurité (ainsi le LEP de Romainville dans la Seine-Saint-Denis, bâti sur un terrain mouvant et dont la résistance au feu n'excède pas 1 14 d'heure selon un rapport de la commission de sécurité en date du 15/2/1979); quand on connaît l'étroitesse des locaux qui interdit l'ouverture de clas::
ses nouvelles nécessaires pour pouvoir dégonfler les effectifs pléthoriques : quand on connaît l'état des machines qui obligent plus d'un professeur d'atelier à se transformer en réparateur de machines en panne sous le regard ébahi et étonné des élèves ; quand on connaît le sous-équipement en matériel audio-visuel courant.
Cette situation de secteur sinistré, l'enseignement technique public le doit à la concurrence de l'apprentissage, des CF A que Giscard, dès le début de son septennat, s'est évertué à développer pour arriver au chiffre de 212 000 apprentis fin 1980 (soit le 1 13 de l'effectif-élèves des LEP).
Pour une formation de moindre qualité, les écoles patronales que sont les CFA reçoivent proportionnellement plus de crédits, de subventions que les LEP. Dans le dernier budget giscardien, celui de 1981, les subventions publiques aux CFA augmentaient de 67 % alors que les crédits de fonctionnement des LEP ne progressaient que de 12 % (soit une régression vu le rythme d'inflation annuel). Rien d'étonnant à cela quand on sait que Giscard avait décidé que l'Etat devait financer 80 % du coût total de la construction et de l'équipement des CFA.
Deux exemples mettent bien en évidence l'utilisation des fonds publics pour le développement des écoles patronales : - Le CF A de Pantin (Seine-Saint- Denis), 4 000 places et multi-spécialités, a bénéficié il y a quelques années d'une subvention du conseil général de la Seine-Saint-Denis à majorité PC. -Début 1981, le préfet de la région d'Ile-de-France autorisait la construction de deux nouveaux CFA, pour le compte de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), l'un à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l'autre à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Le coût global de ces réalisations devait s'élever à un milliard 800 millions : 700 millions payés par des fonds publics, 782 millions provenant de la taxe d'apprentissage et seulement 204 millions à la charge du CNPF. On ne peut trouver d'exemple plus éclairant pour illustrer le détournement vers l'ensei-