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DOSSIER

Le Congrès des travailleurs-paysans et ses propositions

· Critique communiste, n° 42, juin 1985 · p. 12-15 · 3 085 mots

E troisième Congrès de la Confédération nationale des syndicats de travailleurs-paysans (CNSTP) s'est tenu les 10 et 11 avril à Villeneuve-sur-Lot. Pourquoi le Lot-et-Garonne? Parce que c'est là qu'au terme d'une longue lutte syndicale les travailleurs-paysans ont obtenu que les producteurs de légumes fournisseurs d'Aquitaine-Alimentaire- en dépôt de bilan-, soient reconnus créanciers privilégiés pour le paiement de leurs produits, avant le Crédit agricole par exemple. C'est donc une avancée importante vers la reconnaissance du travail paysan (puisqu'on leur accorde un statut plus proche des salariés d'une entreprise en faillite) qui aura été inscrite dans ce département.

Thème du 3e Congrès:« Combien de paysans? Avec quel revenu ? Un choix qui interpelle toutes les forces sociales. » Ce congrès marque une date dans le développement d'un syndicalisme paysan progressiste en France.

Bien évidemment, le congrès a fait le compte des promesses non tenues - on a beaucoup promis aussi en agriculture, depuis trente ans (vingt-six + quatre ... ) : la parité de revenu avec les autres catégories sociales, la réduction des inégalités... Le candidat Mitterrand avait annoncé pour y parvenir une rupture avec la politique des prix agricoles de ses prédécesseurs, et s'était engagé à reconnaître la pluralité des organisations syndicales (et non la seule FNSEA de François Guillaume).

Or, Jean-Charles Jacopin l'a souligné en présentant le rapport d'orientation, non seulement la cessation d'activité concerne des dizaines de milliers d'agriculteurs (en cette période de chômage, cela ne veut plus dire automatiquement exode, mais ce n'est pas mieux), non seulement on assiste à une érosion continue des revenus depuis 19 7 4, mais les disparités entre paysans se sont aggravées.

En 1984, un agriculteur picard (moyenne régionale) a gagné dix-neuf fois plus qu'un paysan corrézien «moyen ».A l'intérieur d'un département, les différences peuvent être également considérables. En Charente, suivant les productions, les écarts de revenus sont de l'ordre de un à douze.

Deux cent cinquante mille paysans vivent aujourd'hui au-dessous du minimum vital. Les « cas difficiles » ne sont plus des petits paysans traditionnels laissés à l'écart de la modernisation : on assiste à la faillite des « modernisés» eux-mêmes, ceux-là même qui avaient adhéré (plus ou moins volontairement) au schéma « productiviste » dominant. Une étude officielle montre que sur six ans seuls 18 % des agriculteurs ayant établi des plans de développement (donc, pour simplifier, en accord avec les institutions de conseil et de crédit) avaient atteint leurs objectifs.

Mais ce que retient la presse, c'est toujours ce chiffre « moyen » d'évolution du revenu, 0,01 % en plus ou en moins, qui ne correspond à la situation de personne, ni au viticulteur champenois, ni au paysan de la Creuse, ni au gros céréalier beauceron, ni à l'éleveur, ruiné, de veaux sous la mère.

Et Jean-Charles Jacopin a rappelé la quasi-impossibilité de s'installer aujourd'hui. Y a-t-il un autre secteur d'activité, a-t-il demandé, où un homme pourrait dire à son épouse : « J'ai trouvé un nouvel emploi ; mais, excuse-moi, il ne me fera rien gagner pendant cinq ans ; nous vivrons sur ton salaire, et tu m'aideras après le boulot »?

Dans les dix ans qui viennent, un jeune sur deux risque d'être «en difficulté». Cette formule pudique de techniciens nous rappelle que les agriculteurs et agricultrices battent des records en matière de dépressions nerveuses et de suicides. Renversement de perspective

Face à l'écrémage permanent par les mécanismes de l'endettement et la course à la productivité, les travailleurs-paysans ont, depuis des années, avancé une ligne syndicale qui prétend rompre avec la capitalisation à tout crin et le culte du profit. Ils s'y tiennent avec obstination, cherchant à profiter de chaque circonstance nouvelle pour faire progresser leurs idées.

Leur critique vise particulièrement le système de garantie des prix agricoles, qui profite d'abord à ceux qui produisent le plus dans les meilleures conditions. Les garanties de prix pour tous facilitent l'élimination des plus faibles ou des plus défavorisés. Les travailleurs-paysans défendent le principe de prix garantis seulement pour les quanta, c'est-à-dire seulement pour une certaine quantité de produits par personne employée sur une exploitation. Au-delà de cette quantité, les prix ne seraient plus garantis. Les quanta seraient diversifiés en fonction des régions pour ne pas défavoriser les plus difficiles à cultiver (on ne peut établir les mêmes normes de production en plaine et en montagne, par exemple). Plus de super-bénéfices, plus de prime au gigantisme.

Bien sûr, l'inégalité resterait flagrante entre les paysans qui disposent des capitaux propres nécessaires et

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des techniques préservant l'environnement, sans contri- · veurs contre les finnes « intégratrices » , les syndicats

Un Piet (de nez)

du ministère au congrès

Pour la première fois, le ministère de l'Agriculture était représenté au congrès de la CNSTP, par monsieur

Denis Piet, qui était membre du cabinet Rocard et participera à celui de Na/let.

Monsieur Denis Piet a proclamé sa conviction que

Rocard avait travaillé dans la bonne direction, qu 'il avait contribué à sortir les problèmes agricoles de leur ghetto, que Na/let continuerait dans le même sens. Si les travailleurs paysans veulent que leurs propositions soient mieux prises en compte, qu'ils progressent d'abord car une décision reflète toujours un consensus

(sic).

Devant les questions précises des congressistes, f ort peu satisfaits de cette entrée en matière, sur les accords de Dublin sur le vin ou sur le rapport Gouzes sur le statut paysan, Piet ne pouvait guère prétendre que les choix libéraux du pouvoir sanctionnaient un consensus 1 Quant à la non-application de la réglementation sur la représentativité syndicale, Piet aura ce mot :

«Dans le Lot-et-Garonne, les travailleurs paysans siègent à la commission mixte. C'est la preuve que la loi n'est pas uniformément inappliquée » 1 ceux qui n'en disposent pas. D'où l'idée de la mise en place d'un véritable statut paysan lui pennettant d'échapper à l'obligation de capitaliser, d'être propriétaire de la terre et même d'équipements de plus en plus coûteux. La collectivité, propriétaire, assurerait des dotations de carrière. Un tel système suppose de distinguer le capital d'exploitation et les biens familiaux.

Ce renversement de perspective, explique la CNSTP, pennet de remettre en cause le productivisme - cette course à l'augmentation systématique des rendements et de la production, qui conduit aux excédents et aux impasses actuels. Il serait possible de penser une agriculture« respectueuse des hommes et de la nature )>, produisant en quantité suffisante une nourriture de qualité avec buer directement ou indirectement à accroître la faim dans le monde par l'exploitation des ressources et des paysanneries du tiers monde.

Coûteux, utopique et compliqué, ont crié en chœur les défenseurs de l'agro-business qui dirigent la FNSEA ou les institutions agricoles.

Coûteux pour la collectivité ? La CNSTP a déjà montré que ses propositions le seraient moins que le système actuel. Car le revenu du céréalier picard ou d'Ile de France est fait pour 63 % (!) d'aides au soutien des cours avec de l'argent public. Et comment mesurer le càût humain de la politique menée : fatigue, angoisse de la fai!lite, accidents du travail ?

Compliqué? L'argument, pour la CNSTP, pouvait porter avant l'adoption des quotas laitiers - réduction de la production imposée par la Communauté économique européenne afin de résorber les montagnes d'excédents. Les fonnules les plus alambiquées ont fleuri dans la presse agricole pour les expliquer, les justifier, les répartir ...

C'est que, malgré la similitude des noms (quota ou quanta, qui peut s'y retrouver?), la politique appliquée aujourd'hui est pratiquement le contraire de celle proposée par les travailleurs-paysans. Les niveaux de production à prix garantis actuellement pour le lait le sont par exploitation, c'est-à-dire indépendamment du nombre de personnes employées, et ils sont pratiquement les mêmes nationalement.lls pousseront donc à la course à l'intensification et à l'élimination des plus vieux et des plus faiblement équipés. Appliqués au seul lait, les quotas actuels repoussent les facteurs de surproduction dans le secteur de la viande bovine. Passe à ton voisin !

Pourtant, cette politique réalise une démonstration importante : il est possible, sans déclencher une débâcle économique, d'agir de l'extérieur pour moduler une production agricole : pour sauvages qu'ils soient, les quotas imposés n'en représentent pas moins un élément de planification de la production agricole. Il est donc possible d'appliquer une politique difference qui ne soit pas génératrice de chômage paysan, de fenneture de petites laiteries, de licenciements dans le secteur agro-alimentaire.

Le refus du pouvoir doit s'afficher maintenant pour ce qu'il est : le choix politique de Rocard hier - et Nallet se propose de poursuivre la même politique - de satisfaire les dirigeants de la FNSEA sous prétexte qu'ils seraient majoritaires. Des idées qui font leur chemin

Il ressort du congrès de Villeneuve que ces idées connaissent une diffusion croissante. Elles trouvent un écho défonné dans les propositions établies dans le rapport Gouzes- député du Lot-et-Garonne- pour un statut paysan. Elles se trouvent surtout au cœur des revendications qui ont surgi dans les batailles syndicales de ces derniers mois - et qui ont entraîné dans des mouvements unitaires beaucoup plus que les seuls travailleurs-paysans. Les intersyndicales de producteurs de lait ont fleuri. Dans la défense des «cas difficiles», dans la lutte du Larzac, dahs d'autres actions de fenniers contre les propriétaires fonciers cherchant à les 1 expulser, d'éledépartementaux ont été parfois victorieux.

Le rapport moral présenté à Villeneuve- « S'organiser à la mesure de notre impact » - y insiste :

« Bon nombre de nos revendications, plus globales, ont aujourd'hui une audience qni dépasse largement nos adhérents et sympathisants, et qui évolue de façon très significative.

« Présentée à Millau, la revendication d'un véritable statut pour les paysans semblait, il y a seulement dix-huit mois, trop bousculer l'ordre établi. Depuis, ce thème a été l'objet du rapport Gouzes, et la notion de statut pour les paysans provoque une adh . ion très large dans le monde paysan.

« Lors de· la mise en application des quotas laitiers, les revendications, comme l'exonération de quota au-dessous de cent mille litres, étaient très minoritaires 2• Aujourd'hui, le consensus social sur cette revendication

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est tel chez les paysans que plusieurs FDSEA ont été obligées de l'inclure dans leurs revendications.

« Les revendications sur la rémunération du travail passant par une garantie de prix jusqu'à un volume de production, avec la mise en place de prix différenciés selon les régions, dépasse actuellement le cadre de la CNSTP. Pour beaucoup de paysans, elle apparaît clairement comme la seule réponse aux blocages et à l'impasse dans lesquels les a conduits la politique agricole depuis deux ans. »

Aussi, la CNSTP peut écrire « minoritaires, mais pas marginaux». Mais comment réduire le fossé entre l'audience de ses idées et la faiblesse de son organisation ?

Première réponse de la CNSTP, l'accent mis sur la structuration et l'animation locales. Le premier objectif « organisationnel » est ainsi la mise en place de syndicats cantonaux pour réunir, informer, former, débattre et agir au plus près des problèmes rencontrés sur le terrain. S'ouvrir au dialogue avec d'autres forces sociales, tant il est vrai que la manière dont sera organisée la production de notre alimentation concerne toute le société, constitue la seconde réponse.

Si la CNSTP met au cœur de son analyse le paysan comme travailleur, elle n'entend pas se référer à un discours « lutte de classe », et parle plus volontiers de « mouvements sociaux». Nous ne cachons pas que cette disparition de la référence explicite au mouvement ouvrier n'est pas neutre, même si la justification donnée est de parvenir à un langage moins stéréotypé et plus proche de ceux auxquels on s'adresse. Cela ne conduit cependant pas la CNSTP à un repli sur elle-même. La présence et les interventions de la FGA-CFDT (la CGT a décliné l'invitation), de la Confédération syndicale du cadre de Congé maternité : 28 jours!

La question de la place des femmes en agriculture et dans le syndicat n'est pas nouvelle. Nous en avons discuté avec Marie-Bernadette Preau (Vendée) et

Marie-Paule Méchineau (Loire-Atlantique), de la commission nationale femmes, devenue commission

11 droits sociaux )).

Elles-mêmes perçoivent un certain recul du fén~inisme. La proportion de femmes congressistes a baissé.

Parmi les présentes, plus nombreuses qu 'hier sont celles qui sont réticentes à ce que la question «femme)) soit traitée à part. La demande d 'un carrefour sur la place des femmes est devenue 11 la place de tous les travailleurs de l'exploitation dans le syndicat )), pour ne pas

11 cristalliser)) ...

Plusieurs axes d'intervention syndicale se dégagent cependant:

- divulguer les statuts existants (notamment d 'associée en groupement agricole d'exploitation en commun

Al.

vie, de SOS-Racisme, d'organisations tiers mondistes, montrent bien le sens des contacts recherchés. Vers une fusion avec la FNSP ?

La troisième réponse apportée au congrès réside dans l'approfondissement des rapports avec les autres organisations « progressistes » en agriculture, ce qui concerne surtout le MODEF et la FNSP.

Avec le MODEF, Mouvement de défense de l'exploitation familiale - qu'il ne faut pas réduire trop vite à l'influence du PCF en agriculture-, les rapports unitaires existent sur des actions précises, voire pour des listes communes à des élections. Mais personne ne semble penser qu'un rapprochement organisationnel puisse être à l'ordre du jour. Le MODEF, présent au congrès, n'a pas souhaité intervenir.

Avec la FNSP, Fédération nationale des syndicats paysans, le problème est différent. C'est la commission agricole du Parti socialiste qui aurait souhaité que se constitue rapidement après le 10 mai ce regroupement de fédérations départementales de syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) en rupture de FNSEA, de scissions de FDSEA, d'équipes locales ... Aujourd'hui, tout le PS est loin d'être sorti de la FNSEA de Guillaume (certains y cohabitent fort bien) et la FNSP présente localement des visages très divers : ici, la FDSEA adhère à la FNSP mais conserve pour l'essentiel les caractéristiques du syndicalisme de notables cogestionnaires de la politique agricole avec Paris et Bruxelles -ce serait le cas dans la Loire-Atlantique ou le Puy-de-Dôme; là, « FNSP » est le (GAEC) permettant une véritable reconnaissance professionnelle de la femme ; - agir sur la formation , en dénonçant les disparités qui y règnent et l'exclusion fréquente des femmes des formations techniques ; - obtenir la parité des droits sociaux. Ainsi, les agricultrices ne bénéficient que de vingt-huit jours de congé maternité - et encore : elles doivent nourrir, loger, et participer au paiement de leur remplaçant ! Dans le Lot-et-Garonne, une action est lancée pour obtenir la gratuité du remplacement. Le refus de payer est décidé.

Sur ce dossier, la CNSTP a été reçue au ministère des Droits de la femme. Le ministère s 'est déclaré très intéressé, avait très envie d'en discuter, et a promis d 'appuyer la revendication .. . dans la mesure exacte de ses moyens !

A la direction des Affaires sociales du ministère de l'Agriculture, on a répondu plus brutalement que la priorité sur laquelle l'E lysée s'était engagé, c'était d'avancer vers la retraite à soixante ans, et que l'on ne pouvait pas tout faire ...

Une pétition est proposée à la signature de tous, agriculteurs ou non.

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Un congrès

internationaliste

Diffusion par les paysans du Larzac des autocollants et pétitions de soutien à la Kanaky; présence d 'un représentant de l'Union pour la libération de la Guadeloupe; intervention de Jean Hui/let (mouvement d 'intervention viticole occitan, affilié à la CNSTP) montrant qu'en refusant l'entrée de l'Espagne dans la CEE, les viticulteurs étaient totalement solidaires des paysans espagnols qui ne devaient rien attendre de bon de l'adhésion; intervention d 'un représentant de E uskal herriko nekàzarien e/kartasuna, groupement de paysans d'Euskadi-Sud, qui entretient des rapports privilénom que se donne la commission agricole du PS. Mais ailleurs, la FNSP peut correspondre à de véritables équipes militantes engagées sur le terrain, et dont la pratique correspond plus au discours.

Dans le Morbihan, comme nous l'a expliqué Jean-Claude Le Brun, Syndicat départemental des travailleurs-paysans et Fédération départementale de syndicats paysans ont décidé de fusionner après un an de travail systématique en commun. Le nouveau syndicat est affilié à la CNS1P mais il plaide pour un rapprochement plus rapide au plan national ( « avant que des centaines de milliers d'agriculteurs supplémentaires soient obligés de quitter la terre » ).

En Meurthe-et-Moselle, on parle de double affiliation. En Basse-Normandie et dans la région Rhône-Alpes, on a constitué des intersyndicales régionales. Le Poitou-Charentes y est également très favorable.

La FNSP, par la voix de Zephiro Espagne, secretaire national, est intervenue au congrès en souhaitant un tel rapprochement. On peut penser que le collectif national des travailleurs-paysans, chargé de faire la synthèse des débats de Villeneuve, se sentira mandaté pour donner une impulsion à des conversations plus systématiques avec la FNSP au plan national, la possibilité d'aller jusqu'à la fusion était clairement avancée.

Beaucoup sont conscients de l'enjeu : une fusion réussie de ces deux organisations, qui font de la défense du paysan en tant que travailleur (et non en tant qu'entrepreneur) leur principe premier, donnerait au no~veau syndicat la force d'attirer à lui des milliers de « petits et moyens paysans» qui jusqu'à présent n'ont pas rompu - quelle que soit leur insatisfaction - avec une FNSEA qui défend, elle, des intérêts opposés.

Peut-être chacun attend-il de voir comment Henri Nallet conçoit la continuité dans le domaine de la reconnaissance de la pluralité syndicale. La prestation assez lamentable du représentant du ministre à Villeneuve ne laisse rien augurer de bon.

giés avec le syndicat TP d'Euskadi-Nord.

Surtout, accueil à la tribune du congrès et intervention d'un représentant mexicain de la CNPA (Coordination nationale Plan de Alaya), regroupement d'une vingtaine de syndicats paysans pauvres luttant pour la récupération des terres, le programme de la révolution de Zapata en 1910.

Le congrès de Villeneuve a été un congrès internationaliste.

Bruno Bernard a rappelé que les courants progressistes en agriculture avaient une longue tradition de solidarité, dans les années cinquante, en soutien aux mouvements de libération des peuples colonisés. Aujourd'hui, contre un dia/agne Nord-Sud qui est en réalité un monologue et une supercherie, la CNSTP veut promouvoir un partenariat paysan à l'échelle internationale.

1. La firme intégratrice, par exemple, fournit les veaux de huit jours, l'aliment, parfois éonstruit le bâtiment, rachète les veaux engraissés, faisant du paysan un salarié à domicile (avec moins de garanties). L'intégration existe également pour des productions légumières (haricots verts mange-tout, tomates, carottes, etc.) dont la récolte peut être mécanisée.

1. Revendication consistant à ne pas obliger les petits producteurs de lait (moins de cent mille litres dans l'année) à réduire leur production. ~--- -----

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