Be PCI vient de créer le MPPT, Mouvement pour un parti des travailleurs. Il regroupe, outre le PCI, des ex-militants du PS et du PC, des responsables FO. Il vient d'intégrer Socialisme maintenu, un regroupement au sein du PS qui prétend défendre l'orientation de ce parti telle qu'elle était définie avant mai 1981. Le MPPT affirme présenter des listes dans tous les départements aux élections législatives.
Qu'est-ce que le MPPT? Un vrai parti des travailleurs ? Une simple projection du PCI ? Un correspondant de la confédération apolitique FO ? Une nouvelle représentation politique de la classe ouvrière, comme l'annoncent pompeusement les dirigeants du PCI ?
Nous voudrions, dans cet article, donner une série d'informations et d'explications qui aident à mieux situer le MPPT et sa place dans la politique du S'il dit ce qu'il pense, ce parti pense bien peu
Le MPPT a adopté un programme à son congrès de fondation : la « Charte pour l'édification d'un parti honnête qui dit ce qu'il pense et qui fait ce qu'il dit )). Ce programme se résume en quatre points brefs. Le programme, c'est le parti, disait Trotsky. Alors, voyons.
La charte se réfère d'abord à la lutte des classes. Mais c'est pour déboucher sur les formules classiques de la collaboration de classes (point 2) : (( la véritable laïcité ... de l'Etat, base fondamentale de la République )). Comment prétendre se situer sur le terrain de la lutte des classes pour prôner un Etat séparé de l'Eglise, c'est-à-dire une formule qui caractérise aussi bien l'Etat bourgeois ? Evacuèe, la question fondamentale de la nature de l'Etat, bourgeoise ou prolétarienne ! Le MPPT répondra : laïque.
De la même manière, Informations
François OLLMER ouvrières s'oppose aux politiques gouvernementales de décentralisation... au nom de l'unité de la République et de l'Etat. Tout cela pour trouver un langage commun avec des réformistes et francs-maçons qui défendent, eux, l'idée d'un Etat neutre, laïc, au-dessus des classes!
Dans la charte du MPPT, la référence à la lutte des classes sert de paravent idéologique. Bergeron n'a-t-il pas coutume de dire que la lutte des classes a toujours existé et existera toujours?
Marx affirmait que son apport n'était pas dans la théorie de la lutte des classes, formulée bien avant lui, mais dans la notion de dictature du prolétariat, sur laquelle cette lutte doit déboucher. Nous n'en demanderions pas tant à un parti des travailleurs, parti de classe mais qui ne se réclamerait pas du marxisme révolutionnaire. Du moins un tel parti devrait-il fournir une claire caractérisation de l'Etat bourgeois pour fonder une politique d'unité et d'indépendance de classe (cette formule est d'ailleurs absente de la charte du MPPT). C'est par exemple ce qu'a fait le PT du Brésil (qu'Informations ouvrières présente indûment comme une tentative analogue à la sienne).
Une lutte de classe qui conduit à l'Etat laïc ? Non ! Pas pour des révolutionnaires, pas pour des militants lutte de classe conséquents !
Le point 3 de la charte revient sur un thème classique du PCI-MPPT : « la démocratie». Mais, dans ce programme plus que dans tout autre texte, nous voyons ce que recouvre pour le PCI le vocable de « démocratie » dans la lutte contre laye République. Une chose est de combattre les institutions actuelles et leur caractère antidémocratique, autre chose est de proposer que (( dans le cadre de la délégation de pouvoir, les élus du peuple puissent remplir pleinement leur rôle d'expression politique du citoyen, par opposition au régime du pouvoir personnel généré par les institu-
1. C'est à titre de document que nous reproduisons le passage qui suit. Stéphane Just incarne la composante dogmatique et sectaire du courant lambertiste. La purge dont il a été victime ne lui a pas ouvert les yeux, puisqu'il a lui méme appliqué des méthodes semblables à l'encontre de ceux de ses partisans qu'il avait regroupés après son exclusion et qui étaient entrés en divergence avec lui. Il est vrai que Lambert et Just sont liés, malgré leur rupture, par les purges qu'ifs ont réalisées en commun à chaque fois qu'une divergence politique apparaissait dans l'organisation qu'ils dirigeaient. Leurs méthodes ne se différenciaient en rien de celle des partis staliniens à la belle époque.
tians de la V"!!. N'est-ce pas là le retour aux formes de la démocratie parlementaire bourgeoise? Aux formes institutionnelles de la IV" République ? Affirmer dans la foulée que << le peuple définira la forme et le contenu!! de cette démocratie ne change rien à l'affaire. Les démocrates bourgeois n'ont jamais proclamé autre chose !
Cette charte-programme est construite comme une résolution de Force ouvrière. Son préambule met en garde contre << les solutions les plus extrêmes )), dangereuses pour la« démocratie». Les références formelles à la lutte de classe ne couvrent que le fond d'une politique de collaboration de classes. Unité de la République, démocratie (bourgeoise) et anticommunisme constituent le ciment idéologique de FO. Est-ce aussi celui du MPPT?
De défense des revendications, de programme anticapitaliste, de référence au combat contre l'austérité ou à la solidarité internationale des travailleurs contre l'impérialisme et la bureaucratie soviétique, il n'est jamais question dans cette charte. Ce sont pourtant les axes élémentaires d'un combat de classe conséquent, indispensables pour le programme d'un parti des travailleurs dans un pays capitaliste avancé.
Pour un parti « qui dit ce qu'il pense», le MPPT pense vraiment peu. A moins, et c'est sûrement le cas, qu'il ne dise pas ce qu'il pense vraiment, à savoir que cette-plate forme minimale n'est qu'un cadre pour nouer certaines alliances avec l'appareil de FO. Tel serait le prix que la direction du PCI est prête à payer pour un certain type de MPPT ... Un saut dans l'histoire du PCI ...
Il y a continuité et rupture dans le projet MPPT du PCI. La continuité, c'est le contrôle de l'appareil du PCI sur tout le projet, et son aspect manipulatoire. «Les militants sont égaux et libres dans la discussion !!, mais l'appareil du PCI et du MPPT se confondent, les finances aussi, les dirigeants aussi car les Robe! (ex-PCF), les Hoffman (de Socialisme maintenu), sans compter l'ineffable Hébert (officiellement responsable anarcho-syndicaliste de l'UD-FO 44, en fait membre officieux du bureau politique du PCI) sont tous des responsables du PCI ! Quant à Informations ouvrières, ce journal devient l'organe du MPPT, après avoir été celui du PCI.
Là-dessus, rien de nouveau: le PCI a conservé dans le lancement du MPPT toutes ses méthodes contraires à la démocratie ouvrière, substituant à la libre discussion entre les militants, les courants et les tendances, le verrouillage d'accords d'appareils ...
Mais il y a une rupture : sur la forme avec la cristallisation d'une organisation nationale ; et sur le fond, comme en témoignent le programme et les forces engagés dans le processus ...
1981-1986: l'expérience du PS et du PCF au gouvernement provoque tout un processus de décomposition réelle et de recomposition potentielle du mouvement ouvrier. La crise des organisations du mouvement ouvrier libère des énergies, des courants, des militants qui recherchent les voies d'une alternative à la politique des directions traditionnelles. Ce point de départ est juste. C'est à ce problème que répond notre politique de construction d'une alternative anticapitaliste. Mais le PCI donne une tout autre réponse : un cadre d'alliance social-démocrate adossé à l'appareil confédéral FO.
Les forces engagées dans le MPPT ne sont pas le seul PCI plus quelques individus ou courants PS et PC, mais la direction de l'appareil FO. Directement sur le fond, et officieusement dans la forme, le trio Bergeron-Lambert, Hébert et « les politiques » de l'appareil confédéral de FO prennent l'affaire en main. Assertion calomnieuse ou gratuite ? Roger Sandri et Claude Genet, présents au meeting parisien du MPPT, ne sont pas de simples adhérents de FO. Le premier est l'ancien responsable à l'organisation FO; le second est l'actuel responsable des relations avec la presse. Dans une série de meetings de province, c'est l'appareil FO qui «a fait » la salle. Les moyens matériels et financiers pour lancer le MPPT et présenter ses listes dans tous les départements ne peuvent être dégagés sans le soutien direct ou indirect de l'appareil FO, et en particulier ses ramifications mutualistes. Trois compères
Aux origines des rapports avec l'appareil confédéral FO et certains secteurs social-démocrates -le tout dans un rapport très particulier à la franc-maçonnerie-, il y a les relations établies par Lambert dans les années cinquante. Ces rapports furent justifiés au début par les nécessaires points d'appui pour un petit groupe trotskyste dans une période de traversée du désert ... Reportons-nous à une brochure éditée par le PCI en 1982, sur l'histoire de sa section nantaise, pointe avancée de tous les accords avec les réformistes de Bergeron : « Ceci amène les trotskystes à reconsidérer le rôle qu'ils attri-
La Charte du MPPT depuis 1981 ont violé le mandat qui leur gement passé ou présent.
Sans autres conditions, le MPPT 4. Qu'il importe de respecter f'indépen-
1. Que la lutte des classes et le combat syndicales, dans le cadre de la séparaque et des institutions démocratiques, qui pements et partis politiques, militants ou
La classe ouvrière et toutes les cou- démocratiques de la ve République parti des travailleurs, première étape n'étant plus à démontrer, il importe pour l'édification d'un parti honnête dont
C'est pourquoi le Mouvement pour passe politique dans laquelle les instituun parti des travailleurs s'est attaché à tians de la ve République plongent le
Se considérant trahie par ceux qui avait été confié en refusant en particulier depuis 1982 de voter des lois en faveur des travailleurs, la classe ouvrière et les couches populaires qui l'environnent n'ont plus aujourd'hui de représentation politique authentique.
Cette situation est grave à plus d'un titre, car l'absence de toute perspective politique de progrès conduit, à un moment ou à un autre et de façon implacable, vers le vide politique, favorisant ainsi les solutions les plus extrêmes, où, en finalité, la démocratie et les libertés qui en sont le corollaire sortent toujours amoindries, sinon écrasées.
ches sociales - retraités, chômeurs, jeunes, petits paysans, artisans, petits commerçants-, ceux qui subissent de plein fouet les conséquences d'une crise économique mondiale inhérente au mode de production capitaliste, ainsi que tes méfaits d'une politique au service du patronat et des possédants de tout poil, ont donc besoin d'une autre représentatian politique.
regrouper tous ceux qui ressentent la nécessité de sortir de cette huaient au courant réformiste, en particulier dans FO. ( ... ) Il est certain que FO peut être amenée à jouer un rôle différent de celui qui fut le sien depuis sa création. ( ... )
«En effet, en mai 1956, au CCN d'Amiens, autour de la motion minoritaire Hébert-Bergeron pour l'arrêt immédiat des hostilités et la négociation en 4/gérie, s'est concrétisé un premier accord entre le courant révolutionnaire et une partie du courant réformiste.
« Ce sera le point de départ d'une évolution qui amènera le "groupe Lambert" à s'émanciper d'une certaine attitude "gauchiste" qui l'avait caractérisé iusque-/à. En 1958 ( ... ) les trotskystes votent le rapport moral de Bothereau [prédécesseur de Bergeron, NDLR] sur la base de la défense de l'indépendance du syndicat. L'évolution amorcée en 1956 est ainsi achevée. ))
Ainsi, ce type de rapports avec les réformistes de Bergeron et les ex -anar::ho-syndicalistes du type Hébert sont présentés comme une contribution à la ::onstruction du parti révolutionnaire. Attachés à la démocratie parlementaire ~t à «l'indépendance» des organisaimpasse, et cela, quelque soit leur engaleur demande simplement de reconnaitre: politique sur le terrain de classe cons tituent la ligne d'action permanente ainsi que l'axe central qui doit favoriser la reconstruction d'une unité ouvrière, reposant sur la démocratie la plus large. 2. Qu'il est indispensable et urgent de venir à la véritable laïcité de l'école et de l'Etat, base fondamentale de la Républien assurent le fonctionnement. 3. Que la nocivité des institutions antid'abolir la Constitution réactionnaire de 1958-1962, afin que dans le cadre de la délégation de pouvoir, les élus du peuple puissent remplir pleinement leur rôle d'expression politique du citoyen, par opposition au régime de pouvoir persanne/ généré par les institutions actuelles.
En conséquence, pour sortir de l'impays, il faut en appeler au peuple qui définira la forme et le tians ouvrières vis-à-vis de l'Etat bourgeois, des courants liés aux réformistes peuvent être, toujours selon les lambertistes, une aide précieuse pour toute une série de questions ...
Avec le temps (et d'accords en accords), le point d'appui est devenu un fil à la patte qui aliène l'indépendance politique du PCI comme organisation trotskyste. C'est cette extrême dépendance vis-à-vis de l'appareil FO que Stéphane Just a dénoncée après son exclusion du PCI. Le second de Lambert avait pourtant été étroitement associé à ce « business » depuis plus d'une vingtaine d'années ... La coupe doit être vraiment trop pleine.
Voici comment Stéphane Just traite des rapports entre Lambert et la direction FO, dans une brochure intitulée Comment le revisionnisme s'est emparé de la direction du PC/, publiée en août 1984, après son exclusion 1 :
«Au congrès confédéral de FO, en mars 1969, Lambert a participé à la commission qui a élaboré la résolution appelant à voter non au référendum du 25 avril que de Gaulle a organisé pour tenter de relancer la politique qui visait contenu de la démocratie qu'il entend réaliser. dance réciproque qui doit exister entre les partis politiques et les organisations tian des pouvoirs constituant l'équilibre nécessaire au fonctionnement de la démocratie, quelle que soit la forme de l'Etat, ce qui est une condition fondamentale de toute avancée vers le socialis me.
Ainsi, tous ceux qui se reconnaissent dans les quatre points précités -grousimples citoyens - sont invités à rejoindre les rangs du Mouvement pour un la clase ouvrière et tous ceux qui s'en rapprochent ont plus que jamais besoin.
Charte à laquelle suffit, en commentaire, cette simple citation de Léon Trotsky : << Le mot d'ordre abstrait "pour la démocratie!" suffit pour des journalistes libéraux, mais pas pour les ouvriers et paysans opprimés. ))
ln tome 20 des Oeuvres, page 201.
à instaurer le corporatisme en France.
Les considérants de la résolution, au moins certains d'entre eux, étaient plus que discutables. Mais en prenant l'initiative d'appeler à voter non, la confédération FO contraignit la CGT, la FEN, le
PS et le PCF à appeler aussi à voter non.
Lambert a voté cette résolution et même le rapport d'activité du bureau confédéral. A mon sens, il a eu raison de les voter en cette occasion.
«Mais ce qui était une exception motivée est devenue une règle. Depuis,
Lambert a voté les rapports d'activité du bureau confédéral. Au dernier congrès,
Lambert a voté ce rapport alors qu'au cours des années qui venaient des 'écouler la direction de FO avait étroitement collaboré avec le gouvernement Giscard-Barre et le patronat. Or, quand
Lambert vote dans un tel congrès, c'est le dirigeant du PC!, c'est le PC! qui vote.
Il est vrai que Lambert a prononcé à ce congrès un virulent discours... ultra
"lutte de classe':
«A de nombreuses reprises, sous différents prétextes, Lambert a également donné la consigne aux militants du
PC/ de voter et d'appeler à voter pour les
<~ Suicide >>
du patron
de choc
et escroc
René Lucet
Réaction de Bergeron «Je viens d 'apprendre le suicide de René Lucet. Je suis bouleversé.
((Il est mort victime d 'une campagne de dénigrement et de calomnies, alors que son combat n'avait d 'autre objectif que de garder la Sécurité sociale au service des seuls assurés.
(( La déclaration qu 'il a publiée, avant de disparaître, est un message d'une profonde dignité et qui s'adresse à tous ceux - dont nous sommes - qui mènent l'éternel combat pour la justice et pour la liberté.
(( La confédération Force ouvrière tout entière salue la mémoire d'un homme courageux qui est allé à la limite de ce qu'il estimait être son devoir et ses convictions. 11
Et celle du PCI Extrait de la brochure Derrière l'affaire Lucet, éditée par la LCR en mai 1982 :
(( Le PC! (Parti communiste internationaliste) est une organisation qui, comme la LCR, se réclame du combat révolutionnaire et de la tradition antistalinienne, antiréformiste, en un mot du trotskysme.
(( Aussi, ses prises de positions dans cette affaire sont regrettables.
(( Un article de son hebdomadaire, Informations ouvrières, durant le conflit s 'en prend à Questiaux et fait apparaître Lucet comme victime de l'arbitraire ministériel, donc le même discours que FO et la presse de droite. Depuis, le silence ...
(( Qui est Lucet, quelles sont ses méthodes, nul ne le saura en lisant ce journal.
(( Dans la région marseillaise et parisienne, cette organisation, à la différence de la LCR, n 'est intervenue à aucun moment face au coup de force de Lucet et à la campagne patronale. Dans FO, ses militants ont couvert la politique scandaleuse de Bergeron dans cette af faire. 11 rapports d'activité des directions du SNI côté de l'union départementale FO de et de la FEN Pourtant ces dirigeants Loire-Atlantique. collaborent depuis des années avec les (( Tout se passe comme si il y avait gouvernements en place. eu OPA de l'appareil FO sur le PC!. 11
((Manifestement le pas a été franchi. Voilà ce qu'écrit Stéphane Just qui C'est au compte de FO que Lambert maintient la fable lambertiste sur le rôle utilise les militants de l'OC! pour dé- de FO en 1969. Il faut pourtant convemanteler la Fédération de l'éducation nir avec lui que la symbiose de l'appareil nationale, sous le prétexte que les diri- du PCI et celui de FO est aujourd'hui geants de la FEN, du SNES, du SNI largement réalisée. Il faut bien faire la font la politique du gouvernement de somme, rut-elle incomplète, de toute front populaire. Et la direction confédé- une série de faits et d'actes du PCI ces rale de FO ? Que fait-elle ? Elle ap- dernières années: passage (partiel prouve les licenciements chez Talbot, parce que rencontrant une forte résischez Citroën, dans la sidérurgie. Lors- tance des militants) des enseignants du que Bergeron s'adresse au gouverne- PCI de la FEN à FO ; constitution d'un ment, il ne lui reproche qu 'une chose, axe UNEF-ID, syndicat FO de l'enseid'aller trop vite, d'appliquer trop bruta- gnement supérieur, CGT-FO, explicilement sa politique. Il craint qu'agissant tement opposé à l'axe UNEF-SE, ainsi, le gouvernement ne provoque l'ex- SNE-Sup-CGT ; l'appui et la participaplosion. tion de dirigeants connus du PCI (Pa-
(( Mais, nous dirait-on : "FO défend trick Hébert notamment) aux accords la laïcité, l'école publique ". En réalité, CNPF-FO pour diriger la CRAM en FO accepte les crédits à l'école privée et Loire-Atlantique; la présence de memtout le reste. Et aujourd'hui, FO, comme bres du bureau politique du PCI aux la FEN, se félicite de la politique de côtés de Bergeron le 1er Mai ; la réducChevènement, politique qui garantira à tion du travail syndical du PCI à la seule l'enseignement privé tous les privilèges CGT-FO et l'intégration de ses miliacquis depuis 1950. tants à la majorité confédérale du der-
(( Enfin c'est une évidence que la nier congrès. Depuis plus de dix ans, conception du parti des travailleurs a été Informations ouvrières n'a pas écrit une élaborée du côté de l'avenue du Maine et ligne de critique de la politique de FO. que son centre opérationnel se situe du Les militants de l'OCI, puis du PCI,
Le MPPT
et la stratégie de la LOR
Le MPPT est présenté par le PCI comme le produit d'une continuité stratégique:
celle de la Ligue ouvrière révolutionnaire.
(( Conscients que la crise des organisations traditionnelles dégagera, à divers stades de son développement, des courants et des groupes de militants qui cherchent une issue politique, et résolus à offrir à ces militants toutes les possiblités de se convaincre, par l'expérience de la lutte en commun, de la justesse du programme de la IV' Internationale, les trotskystes ouvrent la perspective de construire, avec ces militants, une Ligue ouvrière révolutionnaire, comme une étape sur la voie de la construction du parti révolutionnaire. »
(Manifeste de I'OCI, décembre 1967).
Et plus loin : ((Les trotskystes estiment indispensable de promouvoir les modalités organisationnelles les plus souples au regroupement révolutionnaire de l'avant-garde ... 11
Ainsi, dans le passé I'OCI-PCI nous avait habitués à la construction de « pseudopodes » ou d'« organismes ad hoc » : ce furent les CAO (Comités d'alliance ouvrière), les
CUB (Comités unitaires de base), les Groupes politiques, les CPUO (Comités pour l'unité ouvrière), etc. Ces structures apparemment « unitaires » et à fonction de masse avaient pour I'OCI un double rôle : lieu d'action pour des sympathisants ou des travailleurs qui rejoignaient ponctuellement l'intervention de l'organisation et vivier pour le recrutement de nouveaux militants... Partant d'un problème juste, posé d'ailleurs dans tous les congrès de la section française de la N • Internationale depuis
1948, la nécessité de médiations dans la construction du parti révolutionnaire, ces comités ne pouvaient être qu'un substitut :
-à une politique de front unique ouvrier, car manipulés par I'OCI, ils ne pouvaient être de réelles structures unitaires liées à la mobilisation de masse ;
- à la construction d'une alternative politique aux vieilles directions réformistes, car là encore simples projections du PCI et réduits à des revendications minimales (le comité unitaire sur tel problème étudiant, telle revendication à la Sécurité sociale ... ).
Comme forme intermédiaire dans la construction du parti, le projet du MPPT peut apparaître dans la continuité de la stratégie de la LOR ... Mais cette continuité n'est que de pure forme. En fait, la référence à la LOR sert de couverture à un tout autre projet :
un pseudo parti social-démocrate, plus ou moins de gauche ...
n'ont pas mené dans FO la moindre bataille. Le PCI a par contre pris fait et cause pour l'escroc René Lucet, « suicidé » à Marseille, mais proche de Bergeron ...
Cette politique a permis à Lambert de construire un véritable petit appareil de permanents du PCI, pour la plupart mus mandat FO (et rétribués par cette ;onféderation). Est-il possible, au stade 1ctuel du processus, de parler encore d'indépendance politique du PCI 2 ?
Cette politique débouche aujourd'hui sur une mystification : le MPPT, qui prétend se situer à gauche de la gauche. Que ce parti puisse gagner des travailleurs ou des militants désappointés par la gauche impose aux révolutionnaires des tâches d'explication. Car le MPPT se situe en fait dans les mouvances les plus traditionnellement réactionnaires du mouvement ouvrier. Plus précisément encore, il constitue un instrument politique, parmi d'autres, dont la direction FO peut jouer pour tirer parti de la crise du PS, au cas où. Dans cette affaire, les références maintenues de la direction du PCI au trotskysme ne pèsent pas bien lourd. Les intérêts de Bergeron
Si nous pouvons saisir la trajectoire des rapports du PCI avec FO et leur projection dans le MPPT, il est plus difficile de comprendre les mobiles de Bergeron dans cette affaire. Nous ne pouvons retenir qu'une série d'hypothèses fondées sur les intérêts politiques et matériels de l'appareil FO.
La première est celle d'un échange de services. Le PCI en rend beaucoup à Bergeron. A la fin des années cinquante, Lambert aida à briser une tendance gauche implantée dans les syndicats FO de la région parisienne, dirigée notamment par Gibelin. Lambert commença par exclure ce militant trotskyste du PCI de l'époque ... Plus récemment, Lambert et Hébert n'hésitèrent pas à combattre les militants socialistes (CERES et mitterrandistes) qui luttaient pour l'engagement de FO contre la droite et Giscard. Ces militants furent traités de suppôts du corporatisme, d'agents de l'intégration du syndicat à l'Etat. Bref, le diable. Lambert soi-même à la Sécurité sociale, d'autres comme Levasseur (permanent PCI-FO PTI) intervinrent plus d'une fois pour désamorcer les conflits qui auraient gêné la direction confédérale.
Ainsi, aujourd'hui Bergeron aiderait son ami Lambert dans la construction du MPPT, le remerçiant de bons et loyaux services de trois décennies.
Mais il y a plus, car l'échange de services prend d'autres formes, et n'oblige pas au soutien voyant qu'apporte FO à cette opération ... Si l'appareil confédéral FO soutient l'opération MPPT, c'est-à-dire la mise sur orbite d'un nouveau parti politique, c'est qu'il a besoin d'un tel cadre - un parti politique- pour mener à bien ses affaires... en toute indépendance syndicale bien entendu.
Bergeron pourrait compter sur le MPPT pour contrebalancer le RPR dans FO, l'appareil du PCI - son caractère bureaucratique mais surtout hypercentralisé - étant plus fiable que les multiples courants et sous-courants du PS 3 •
Mais le projet est probablement plus ambitieux. Le MPPT est une carte du PCI mais aussi de l'appareil FO pour « se positionner » dans les meilleures conditions vis-à-vis de la crise du PS après 1986 ou 1988. De ce point de vue, l'opération Socialisme maintenu est un signe de la politique engagée vis-à-vis du PS. .. dans l'hypothèse de son éclatement après 1988.
Le PCI a choisi de se positionner dans cette éventualité, une éventualité que ne néglige pas la direction FO. La vérification de ce pronostic ouvrirait évidemment la porte à de multiples reclassements. Face à un PS moderniste lié à la CFDT, FO proposerait un PS, parti social-démocrate qui reste social-démocrate ...
Voilà la signification du soutien FO au MPPT : participer à un cadre - une médiation politique - permettant de jouer sur la crise du PS ... Tout en laissant ouverte une série d'autres possibilités ... liées plus directement aux courants et sous-courants internes du PS. Eloge de la vieille SFI 0
<< La démocratie est indispensable à la classe ouvrière. La démocratie, c'est ce qui prévalait aux; origines du mouvement ouvrier français où les différents courants militants existant dans la classe ouvrière se regroupaient pour fonder fe parti ouvrier et plus tard fe journal l'Humanité où la libre confrontation des courants d'idées, des points de vue et des propositions était la règle, pour un objectif commun : bâtir la représentation politique de la classe ouvrière.
<< C'est avec cette tradition que nous voulons renouer aujourd'hui. Après des décennies de déchirements, de méfiance, de trahisons au sein du mouvement ouvrier, nous avons su débattre, rassembler, construire ensemble au sein des sections pour un parti des travailleurs, confrontées avec succès depuis leur
1. Depuis son exclusion, Just dénonce la création et la manipulation d'un << mini-appareil" du PC/, sélectionné par Lambert et qui lui est soumis. Il fait remonter la création de cet appareil de permanents à 1968 et dénonce -un peu tard- le système d'organisation de /'OCI-PCI dans lequel les directions à tous les niveaux sont désignées par le haut au lieu d'être élues par la base. Just analyse ce mini-appareil comme la projection des gros appareils réformistes sur le PC/.
3. Le RPR fait souvent le choix d'investir FO dans les entreprises et les administrations. La cohabitation -du RPR aux anarchistes en passant par le PC/- est justifiée par «l'apolitisme 11 de FO et son << indépendance 11 ! Cela ne va pas, bien sûr, sans bagarres internes pour le contrôle des organisations. Mais, officiellement, tout membre d'un parti est censé laisser son étiquette politique au W::stiaire quand il entre à FO. Cette pantalonnade prend des aspects trés particuliers quand des militants RPR-FO passent au Front national, comme cela est arrivé récemment à Dreux.
Adhérent au PS, Bergeron a comme souci premier de demeurer l'interlocuteur privilégié des . patrons (FO gère la Sécurité sociale en alliance avec le CNPF) et du gouvernement en place, quel qu'il soit. A cet égard, Chirac et Barre étaient plus compréhensifs que Mauroy et Fabius. Voici par exemple ce qu'écrit Thierry P]tster dans son livre la Vie quotidienne à Matignon au temps de l'Union de la gauche:
« Le partenaire le plus difficile à cet égard est sans conteste le secrétaire général de FO. André Bergeron ne parvient pas à se faire à l'idée que ce n'est plus Raymond Barre qui occupe Matignon et que le nouveau Premier ministre n'a pas qu'un seul syndicaliste comme interlocuteur. Certes, Pierre Mauroy s'efforce de donner au chef de file de Force ouvrière les satisfactions d'amour-propre qu'il ne cesse de réclamer, mais il ne peut se montrer aussi disponible que son prédécesseur. II a, lui, un équilibre à préserver. Or, André Bergeron demande à être reçu en privé par le chef du gouvernement avant chaque réunion officielle. En outre, il veut fixer l'horaire des audiences qui lui sont accordées en fonction des journaux télévisés. Rien ne lui est plus agréable que de pouvoir rendre publique, depuis le perron de Matignon, une mesure qui va étre adoptée dans les heures suivantes. »
L'« anarcho-syndicaliste » Hé bert
Tonitruant dans les meetings et les salles de congrès, toujours responsable
FO de Loire-Atlantique, aujourd'hui dirigeant du MPPT, Alexandre Hébert a un passé chargé. Pas seulement pour ses relations étroites avec Bergeron et
Lambert! Ce champion de la (fausse) gauche FO sait aussi cultiver d'autres amitiés. Celle de l'ultra « Algérie française » André Morice, par exemple, pour lequel il appela à voter aux élections législatives de 1965.
Le texte qui suit est extrait d'une brochure de la Ligue communiste
Qu'est-ce que l'AIS? (l' AJS était l'organisation de jeunesse de l'OCI) et publiée en 1971. Notons que nous ignorions à l'époque, dans notre grande naïveté, la qualité de membres officieux du BP de l'OCI de ce personnage haut en création à l'épreuve de la vie. » (extraits du rapport présenté au congrès MPPT).
De telles déclarations reviennent maintenant, régulièrement, dans les colonnes d'Informations ouvrières et dans les textes et documents publiés par le PCI. Renouer avec la tradition du mouvement ouvrier français du début du siècle ... Bâtir la représentation politique de la classe ouvrière ... Voilà des objectifs bien ambitieux d'un double point de vue: de période et d'époque.
Bâtir une nouvelle représentation politique de la classe ouvrière, en lieu et place du PS et du PC, c'est pour le moins surestimer, dans l'analyse de la période actuelle, la crise d'organisation, de représentation et de direction de ces partis. Il y a, il est vrai, un affaiblissement substantiel du contrôle et des rapports entre les masses et les appareils traditionnels, rapports qualitativement différents de ceux des années trente, quarante, cinquante. Il y a de réelles opportunités pour construire autre chose que le PS et le PC. Mais de là à envisager la substitution à la vieille représentation politique PS et PC d'une nouvelle qui soit un MPPT construisant cette représentation politique de la classe ouvrière, il y a plus qu'un pas : une mystification supplémentaire. couleurs.
( .. ) Dans FO, les lambertistes recontrent les vestiges d'une composante traditionnelle du mouvement ouvrier français, en pleine régression depuis la prise de contrôle de l'avant-garde prolétarienne par les staliniens.
Les anarcho-syndicalistes, les syndicalistes «révolutionnaires», les sociaux -démocrates de gauche. Par-delà leur diversité, ces courants vestiges constituent une mouvance commune, unie par un même jacobinisme, un
Car il y a peu, le PCI identifiait majorité PS-PC au Parlement à une authentique représentation ouvrière ! Rappelons-nous la campagne aussi virulente que grotesque du PCI contre Delors, dénoncé comme le représentant du CNPF du gouvernement. Cette campagne visait à couvrir Mitterrand, Mauroy, le PS. Le PCI a tourné à 180° sans fournir la moindre explication (on comprend pourquoi si l'idée vient de Bergeron ! ). Ce nouveau tournant peut déboucher sur un contournement du mouvement ouvrier organisé ou ... sur le refus de distinguer entre partis ouvriers et partis bourgeois (cette distinction élémentaire n'est pas faite dans la charte du MPPT) couvrant ainsi la « neutralité indépendance >> de FO entre la droite et la gauche.
Le projet MPPT se fonde aussi sur une prétendue perspective historique: (( renouer avec les traditions du mouvement ouvrier français du début du siècle )). Cette formule de style pompier vise à faire l'économie de près d'un siècle d'histoire du mouvement ouvrier : de la grande rupture entre la social-démocratie et le mouvement communiste correspondant aux bouleversements des guerres impérialistes et des révolutions ; de la dégénérescence même anticléricalisme viscéral, une même stalinophobie frisant l'anticommunisme vulgaire et... une même appartenance à la franc-maçonnerie !
Pendant vingt ans, c'est de ce courant que les lambertistes rechercheront l'alliance pour peser sur les rapports de forces au sein de FO et de la FEN. Mieux ! C'est dans cette base socio-politique qu'ils voient la chair du parti ouvrier révolutionnaire dont l'OCI est le cerveau et le squelette ... Toute leur
stalinienne, du combat de l'opposition de gauche et de la Ne Internationale contre le réformisme et le stalinisme ; bref, d'une histoire qui a provoqué des clivages politiques, stratégiques et historiques fondamentaux dans le mouvement ouvrier.
Ces clivages ne pourraient être dépassés que par de grands événements et bouleversements qui recomposent le mouvement ouvrier sur de nouveaux axes, en intégrant les grandes leçons des principales expériences qu'a connues la classe ouvrière ces dernières décennies. A moins de penser que la rupture entre la social-démocratie et le mouvement communiste n'était qu'un accident, la scission de Tours une erreur, et que le PCF n'est qu'une greffe étrangère sur le mouvement ouvrier français dont il faut se débarrasser. FO incarne la permanence de cette tradition, qui trouve aujourd'hui une nouvelle jeunesse grâce à la mode et à l'air du temps.
Une telle vision du monde a sa cohérence. Elle peut permettre au PCI de justifier une certaine approche des processus de recomposition du mouvement ouvrier, une certaine interprétation de la lutte antistalinienne : se débarrasser du stalinisme non pas pour la construction d'une alternative ouvrière stratégie de construction du parti vise à regrouper cette mouvance anarcho-syndicaliste autour du noyau trotskyste à des fins d'assimilation politique. Telle est la fonction des Comités d 'alliance ouvrière, animés par l'OC!.
Dans le mouvement ouvrier, les lambertistes s'appuient donc de longue date sur le socle socio-politique que représentent les dernières veines du filon anarcho-syndicaliste. Mais cette base socio-politique n'est évidemment pas vierge. Elle a ses propres caractéristiques et traditions. Sans entrer ici dans le détail, disons simplement que cette base est la pâle caricature de ce que furent les syndicalistes révolutionnaires du début du siècle.
Privée des forces vives de la classe ouvrière captées par le PCF et la CGT, la lignée anarcho-syndicaliste s'est progressivement tarie et sclérosée. Elle s'est profondément adaptée à l'appareil social-démocrate dont elle partage l'anticléricalisme désuet et l'anticommunisme américanophile. Authentique avant-garde du prolétariat français jusqu'au milieu des années vingt, elle se situe aujourd'hui nettement à droite de la nouvelle eytrême gauche ouvrière.
Très représentatif de cette évolution révolutionnaire, mais par la reconstruction du « parti ouvrier » du début du siècle.
Cette construction mythologique sert au PCI de couverture idéologique à ses rapports avec les réformistes. Elle est malheureusement mystificatrice et passablement douteuse. Le PS d'avant la Première Guerre mondiale était peut-être « le parti des travailleurs », mais son parti parlementaire, réformiste, un parti de la démocratie bourgeoise. Ce n'est pas pour rien que la CGT syndicaliste-révolutionnaire d'avant 1914, qui rassemblait l'avantgarde de la classe ouvrière française, se détournait avec méfiance ou hostilité d'un tel parti dont il faut tout de même rappeler le nom : la SFIO.
La construction d'un nouveau parti des travailleurs sera le produit de tout un processus de reclassement, et de restructuration du mouvement ouvrier. Poser les jalons d'une telle perspective est indispensable dès aujourd'hui, mais elle implique de rassembler, d'organiser les travailleurs, les militants, les courants qui rompent avec le PS et le PC sur une série d'axes programmatiques, de revendications anticapitalistes qui constituent autant d'éléments de rupest l'anarcho-syndicaliste Hébert, secrétaire de l'union départementale FO de Loire-Atlantique et dirigeant de l'organisation syndicaliste anarchiste. Franc-maçon, anticlérical hystérique, anticommuniste virulent, Hébert est un allié privilégié du courant lambertiste depuis 1950.
Le 22 janvier 1965, il donne une conférence « révolutionnaire » au Cercle d'études marxistes, organisée par l'OC!. Quinze jours plus tard, il appelle à voter aux élections législatives pour André Mariee, président du centre républicain, champion de l'« Algérie française» (instigateur de la «ligne Mariee » lorsqu'il siégeait au ministère de la Défense et des Armées en 19 57, dans le gouvernement de Bourgès-Maunoury).
Les lambertistes se sont progressivement adaptés à cette « gauche » anarcha-syndicaliste et social-démocrate, et à travers elle à l'appareil de FO et de la social-démocratie.
C'est cette adaptation qui rend compte du caractère droitier de la pratique de l'OC!.
Mais cette adaptation se décèle secondairement par bien d'autres indices. Elle se manifeste notamment dans les ture tant avec le réformisme qu'avec le stalinisme.
Nous ne pensons pas qu'un tel parti des travailleurs, dans une formation sociale comme celle des pays capitalistes avancés, avec des décennies de mouvement ouvrier dominé par les réformistes et les staliniens, puisse se construire sans une série de références stratégiques révolutionnaires liées à l'histoire et à l'expérience des luttes de classes de ce siècle.
Nous pensons encore moins qu'un tel parti puisse naître de combines avec des éléments ô combien compromis dans la collaboration· de classes, à l'échelle nationale et internationale, depuis des décennies. Il naîtra des luttes, des combats politiques dans lesquels s'engageront des forces neuves.
Avec le MPPT, nous sommes loin des convictions politiques ou d'idée : nous sommes dans le domaine de la realpolitik, de la combinazione et du cynisme. Le MPPT est une tromperie promotionnée par un important appareil syndical, y compris ses moyens financiers.
Démasquer une telle opération politique est indispensable aujourd'hui, surtout dans la perspective de la construction d'un parti des travailleurs, un vrai. concessions et les cajoleries que les lambertistes prodiguent tant au « socle » anarcho-syndicaliste qu'à la bureaucratie corrompue de FO. Pour les uns et les autres, l'OC! manifeste une grande compréhension, une infinie indulgence et une nette propension à l'idéalisation.
Exemple de « compréhension » à l'égard de l'allié anarcho-syndicaliste : lorsqu'en février 1965, Hébert appelle les travailleurs de Loire-Atlantique à voter pour André Mariee, l'OC! « rompt » en des termes on ne peut plus mesurés : « Les trotskystes et Hébert ont combattu depuis 1950 sur le terrain de la lutte des classes ; ils ont lancé l'appel pour le Tous ensemble en 1964, organisé en commun la lutte contre l'intégration. Hébert, en apportant son appui en 1965 à Mariee, a dévié de la ligne de classe [ !]. Les trotskystes, publiquement, l'ont ainsi caractérisé. »
Six mois plus tard, l'alliance avec Hébert est renouée. En juillet 196 7, le vaillant supporter de l'ultra Mariee (ils sont de la même loge ... faut comprendre ! ) se taille un franc succès aux Assises nationales d'unité convoquées par les lambertistes à la Mutualité, en pourfendant les « révisionnistes pablistes »!
Men a : · . , nous faut constater que l'habile et dia- \ . .": bolique travail de sape entrepris au· . . ::·::· . sein même de l'Etat, grâce à la présen- .·· ;~~~~ill\1\~~\\\~., ce, dans le gouvernement même, de .:. nL_:;~§@-@"%~:\1Wfuill :·····:'·.·< quatre représentants du Parti commu- \ l'\.. · · ·· .. ··· ... '·,. ·· ... ·· ... \ .. ,:< . niste, passe pratiquement inaperçu, et ·· .. : :. L'Union soviétique joue admira- :o> semble, pour beaucoup, faire partie de\. · . . blement de la crainte d'une guerre af- :·.,:·····ta régie du <<démocratique». · . 'freusement destructrice, pour amener : <.>·· · ,. ., l'opinion publique occidentale à accep- :'.... ,Oter l'idée que mieux vaut, après tout, , .,: insensée, par les socialistes, d'un parti',·· ·,,:··une capitulation sans combat plutôt :,,'·< qui s'affirme solidaire -mieux, qui . ::.
'un gigantesque holocauste. Plutôt '.,··· s'en déclare l'adepte inconditionnel-·.: ges que mor ts .. . '· ,,,,_.., · du pire régime de violence et de tyran- ·.·.: II y a des signes qui ne trompent ::<:· nie jamais imposé aux peuples, consti- ,\. · , . . II est clair que l'Occident est, ,: : tue LA faute historique capitale. <,· ores et déjà, en situation de moindre ,::·,.: Faute impardonnable puis qu'elle-.:: ·<résistance et que l'URSS est en train de <:·'· . met délibérement en péril de mort la·,'
. . . ;-;:· d~.~ocratie f cet colossal. ·.. . . . .
Routier-Preuvost est-il membre du MPPT ? Lors des élections municipales de France, elle-même. » ((Nantes d'abord 11 se
1983, le PC! impulsait des listes d'(( unité présentait comme ((une liste attachée à ouvrière)), Celles-ci ont parfois pris des l'évolution sociale, à la défense des droits colorations très particulières, comme à syndicaux et au respect des avantages
Nantes. La liste ((Nantes d'abord 11, à la- acquis, à une véritable unité des travailquelle participait le PC! et qu'il soutenait, leurs, dégagée de l'emprise du stalinisme, était conduite par Routier-Preuvost, notable fidèle aux traditions républicaines; à la local qui fut maire-adjoint sous les man- laïcité, à la tolérance et à toutes les libertés dats successifs d'André Mariee (encore démocratiques 11.
lui!). Membre du PS, Routier-Preuvost Au meeting de cette liste, Pierre Lamdevait quitter ce parti par hostilité à l'al- bert en personne présenta ((Nantes fiance avec le PCF .. pour participer en d'abord 11 comme le produit<< des règles de
1977 à la liste de droite opposée au socia- la démocratie et de la tolérance » (!).
liste Chenard. Les documef!ts sur cette affaire ont été publiés dans Critique communiste n° 18, Sur la liste ((Nantes d'abord 11 (liste avril 1983.
d'(( unité ouvrière 11 selon le PC!) figuraient des patrons comme Robert Baconnet (di- Un dernier mot: Routier-Preuvost recteur général de la Société de gardien- anime avec Christian Chauvel la feuille nage), Michel Bouthélou (directeur natio- Socialisme et liberté, organe de la Fédénal de la Société de distribution). Interrogé ration des socialistes et démocrates ( FSD ), par la télévision régionale le 15 février sur spécialisée dans l'anticommunisme et, en la présence de militants du PC! sur sa liste, 1983, dans la dénonciation des ministres
Routier Preuvost eut cette réponse:<< C'est PCF Informations ouvrières annonce que tout à fait normal que des trotskystes Christian Chauvel est candidat du MPPT soient sur la liste avec des chefs d'entre- en Loire-Atlantique. Qu'en est-il de Rouprise, parce que ça fait exactement la tier-Preuvost ?