La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

DOSSIER

Ce qu'ils disaient qu'ils allaient faire

Critique communiste, n° 49, février 1986 · p. 22 · 645 mots

+ Lutte .contre le chômage par la réduction de la semaine de travail à 35 heures dès 1985 et la relance de la croissance economique.

+Augmentation rapide du pouvoir d'achat des bas salaires et des familles, cinquième semaine de congés payès, retraite à

60 ans.

+ Nationalisation des grands groupes industriels et du crèdit pour une politique industrielle de reconquête du marché intérieur et d'indépendance.

+Démocratisation de l'entreprise par l'association des travailleurs aux décisions et l'élargissement des droits syndicaux.

+ Réforme fiscale abolissant les privilèges des rentiers et taxant les grandes fortunes et les hauts revenus.

-~ 1'--, k~~

Ce qu'ils se vantent d'avoir fait

~ -·r-1'[

+Stabilisation du chômage en 1985. Mais il y a 2 400 000 chômeurs officiels, 200 000 TUC, les stages-parking emploi- formation et insertion, les retraités à 60 ans et préretraités ; le nombre d'emplois est passé de 21 7 30 000 en 1981 à

21320000 en 1985.

+ Cinquième semaine, retraite à 60 ans.

+Augmentation du pouvoir d'achat moyen de 5 % (dixit Fabius à « L'heure de vérité >>). Mais ce chiffre publié par l'INSEE est triplement biaisé :

-il prend 1980 et non 1981 comme année de départ, or 1980 était une très mauvaise année pour le pouvoir d'achat ; il était donc facile de faire mieux ;

- il mélange toutes les sortes de revenus, y compris les soins hospitaliers, et les revenus du capital, qui ont connu des années très fastes ...

- il se base sur l'indice INSEE des prix, qui reflète mal l'évolution du coût réel de la vie.

+Rétablissement de l'équilibre du commerce extérieur. Mais cet équilibre est extrêmement fragile et conjoncturel puisqu'il repose non pas sur une meilleure compétitivité de l'industrie française (dont les parts sur le marché mondial n'ont pas progressé) mais sur :

- la baisse des pri.x du pétrole et des matières premières ;

- la baisse du dollar ;

- la croissance zéro (ou 1 %) en France au contraire des principaux clients étrangers, ce qui diminue automatiquement les importations et favorise les exportations.

+ Maîtrise de l'inflation. Mais la France n'a fait qu'accompagner le mouvement général de déflation dans les pays capitalistes avancés, dont les mécanismes essentiels sont l'effondrement du cours des matières premières (et du pétrole), avec toutes ses conséquences sur les populations des pays producteurs, et la baisse du pouvoir d'achat des salaires.

Ce dont les patrons les félicitent

+ Rétablissement spectaculaire des profits des entreprises.

+ Encouragement à la spéculation financière par la déréglementation bancaire et la création de nouveaux placements rémunérateurs.

+Désindexation et baisse des salaires grâce à l'exemple donné dans la fonction publique, individualisation et concurrence accrue entre les salariés.

+ Maîtrise des dépenses sociales, en particulier par la réduction des droits des chômeurs.

+ Précarisation accrue des emplois, grâce à l'extension des contrats à durée déterminée et du temps partiel.

+ Blocage total de l'immigration, expulsions massives, « aide au retour >> des travailleurs immigrés.

Ce que tous oublient de dire ~.

+Aggravation des tensions et des .divisions entre travailleurs (français/immigrés, hommes/femmes, privé/public, chômeurs/ non-chômeurs ... ).

+Accroissement massif de l'exclusion sociale (chômeurs de longue durée, «nouveaux pauvres>>, jeunes au chômage à répétition ... ).

+Utilisation des sacrifices imposés aux salariés à des opérations fmancières spéculatives ou à des investissements à l'étranger, plutôt qu'à la création d'emplois et à la reconquête du marché intérieur.

+ Conclusion « incontournable ,, : le respect des exigences de profit et de compétitiyité a balayé les velléités du PS et du PCF de réduire le chômage et de produire pour les besoins ; en ménageant les milieux financiers et patronaux on se livre pieds et poings liés à leur logique. L'échec de la politique de conciliation ne fait que rendre plus évidemment nécessaire l'élaboration d'une politique de rupture.

Une erreur sur cette page ?