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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Le Parti socialiste face à son avenir

· Critique communiste, n° 49, février 1986 · p. 7-10 · 3 374 mots

Ces derniers mois, les militants socialistes ont été soumis à rude épreuve :

le congrès de Toulouse, la montée de Rocard, les embrassades de la synthèse, le bide de Fabius face à Chirac, les mésaventures de la constitution des listes, la mise au point laborieuse de la plate-forme électorale du parti et le ((trouble»

Heureusement sur un point au moins ils sont rassurés : la querelle Fabius-

Jospin pour savoir qui conduit la campagne est totalement sans objet. A la radio, à la télévision, et même dans les meetings, le patron c'est Mitterrand !

A

2. 59% d'opinions favorables en avril 1985

(SOFRES).

3. <<Vous parlez au Premier ministre de de la modernité alliées au bon sens. . spectacle de Fabius acquièscant aux la France. » de Laurent Fabius ...

U sein du Parti socialiste, ou au moins de son appareil dirigeant, les grands reclassements ont commencé, alors que deux questions se posent avec insistance: que va-t-il se passer après le 16 mars ? Quel est l'avenir du Parti socialiste dans la société française? La gauche · branchée )) et ses limites

Parmi les tenants de la << modernisation du socialisme », les places sont chères : Rocard bénéficie, au moins dans l'opinion, du bénéfice de l'antériorité. Mais Fabius est aussi sur les rangs et poursuit une véritable OPA sur le Parti socialiste. Même si ces derniers temps la machine a connu quelques ratés ... La pièce-maîtresse de ce dispositif, c'est évidemment Fabius lui-même: dès sa prise de fonctions en juillet 1984, l'accent est mis sur la rupture vis-à-vis de l'ère Mauroy. Désormais il s'agit d'aligner le discours gouvernemental et, en conséquence, celui du parti sur la réalité de la politique d'austérité et d'adaptation au capitalisme en crise.

Pour « vendre » cette politique, Fabius ne compte pas trop sur le Parti socialiste et préfère monter lui-même au créneau chaque mois à TF1 , lors de l'émission «Parlons France>> 1• Il s'agit de donner l'image de la compétence et

François DUVAL Indéniablement cette stratégie a connu, au début, un certain succès : très vite Fabius a rattrapé Rocard dans les sondages pour atteindre un taux record 2 alors même que la gauche plongeait. Le premier faux pas s'est produit lorsque Fabius a cru pouvoir court-circuiter le PS : annonce d'une stratégie de front républicain, lancement sauvage de la càmpagne électorale à Marseille. Mais l'issue de la « querelle » Fabius-Jospin ne lui a pas été des plus favorables : réfutation par le comité directeur de l'idée de front républicain et, surtout, arbitrage de Mitterrand insistant sur le caractère incontournable du PS. Au congrès de Toulouse, la nécessité d'apparaître unis a imposé la synthèse et assuré le succès de Fabius, pourtant ébranlé par l'affaire Greenpeace.

La mésaventure de Fabius lors de son face-à-face avec Chirac est suffisamment éclairante pour que l'on s'y arrête. Il serait superficiel de n'y voir qu'une « contre-performance », comme nous y invitent abondamment les médias. Pour avoir voulu ignorer que le fameux clivage gauche-droite est d'abord l'expression -déforméed'intérêts sociaux différents, Fabius s'est situé fondamentalement sur le même terrain que Chirac, mettant en lumière l'amplitude des zones de consensus. Pour essayer de faire la différence, il ne lui restait plus qu'à compenser la convergence sur le fond par un surcroît d'agressivité doublée de dignité outragée 3• Sans succès ... Reste le triste

1. En toute modestie ...

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4. La règle non dite -pas touche au prèsi- Avec une certaine ingénuité, les trans-

6. La gauche bouge, Jean-François Trans tout. >> Quelle révolution méthodologi-

7. ,, Dans beaucoup d'activités, la rému- pas là mais tient en quelques idées nération est fixée indépendamment des gains «simples» dent!- y est plus que jamais de rigueur.

5. Interview de Françoise Castro, le Matin du 18 novembre 1985.

(éd. J.-C. Lattés).

de productivité "• La gauche bouge, p. 78.

8. La gauche bouge, p. 81.

9. La gauche bouge, p. 93.

JO. La gauche bouge, p. /00.

propos de Chirac contre les immigrés.

Quant au «trouble» qui a paraît-il saisi Fabius lors de l'épisode Jaruzelski, il a certes alimenté les rumeurs et les bruits de remaniements ministériels, mais cette petite opération politicienne s'est retournée contre son auteur: comme strictement personne ne croit un instant à sa sincérité, il s'est retrouvé isolé au Parti socialiste 4 et sévèrement jugé par l'opinion. Ne tombe pas à gauche qui veut !

Les autres pièces du dispositif Fabius souffrent des mêmes faiblesses. Ainsi en est-il du réseau de clubs qui s'est développé sous l'égide de Françoise Castro (madame Fabius). Ce phénomène a connu un réel succès puisqu'il existe désormais une quarantaine de clubs et d'associations constitués par thème ou par milieu social et regroupés derrière le sigle « Ici et maintenant». Conçus comme des laboratoires d'idées, destinés à favoriser les micro-initiatives, ils prétendent rassembler sur des valeurs 5 et non défendre des intérêts et mettre en œuvre une «autre manière de faire de la politique». Largement ouverts au-delà des rangs du PS, ils se sont déjà illustrés par une série d'initiatives et un grand rassemblement en novembre 1985 à la Mutualité. Cependant, on peut s'interroger sur les limites de l'opération: suffit-il de publier périodiquement des encarts publicitaires apologétiques comme le fait le club La mémoire courte pour faire oublier les conséquences réelles de la politique gouvernementale aux travailleurs et aux milieux populaires?

Dernier atout fabiusien : les transcourants. Il s'agit là d'une opération en plusieurs temps : tribunes libres dans le Monde, dépôt d'une contribution pour le congrès de Toulouse, colloque et fondation du club Démocratie 2000, et enfin sortie d'un ouv~e-profession de foi : La gauche bouge . Dans la coulisse, des hommes que Poperen qualifie lui-même comme étant « directement liés aux principaux centres de décision du pouvoir >> (comprenez l'Elysée et, surtout, Matignon) et une caisse de résonance toute trouvée: le Matin.

Résolument modernes mais sensibles aux dégâts sociaux de la modernisation, c'est ainsi que les transcourants se présentent dans La gauche bouge. courants nous chantent l'air connu de la fin des idéologies : « Le réel envahit que ! L'important, on s'en doute, n'est

(décidément, c'est la mode ... ) et quelques mesures : comme la classe ouvrière est en recul et que la conscience d'appartenir à une classe régresse, le PS ne saurait être un parti de classe ni même de « front de classe » ; il a vocation à << s'adresser à tous sans valoriser a priori telle ou telle catégorie >>. Conséquence : la gauche « ce n 'est pas d'abord un projet économique mais un système de valeurs >>.

Au niveau économique, si l'investissement est insuffisant, ce n'est pas l'effet de la crise de surproduction ou de la politique patronale, c'est «parce que l'assainissement financier est loin d'être épuisé >>. Il faut donc promouvoir quelques mesures destinées à restaurer les taux de profit : libérer les prix, déréglementer, réduire le coût du travail 7 ; développer les TUC, blanchir le «petit travail noir », favoriser certaines formes différentes de contrat de travail (contrat à durée déterminée, intérim ... ) 8, instaurer des mécanismes de concurrence dans la fonction publique, y doubler la stabilité de l'emploi de «la contrepartie minimale de la mobilité géographique >>, céder actifs et filiales des sociétés nationalisées, arrêter la réduction des inégalités de revenus afin « de reconnaître l'élite dès lors qu'elle est fondée sur le seul mérite 9 >>, développer les comptes épargne retraite 10, réduire progressivement le « champ de la gratuité >> dans les services de santé ...

Néanmoins, des ajustements à la politique de rigueur sont indispensables - on est humain et... de gauche, que diable ! Par exemple : relèvement des prestations familiales pour le troisième enfant. Qui parle d'offensive nataliste?

On ne s'étonnera donc pas qu'en conclusion de cet ouvrage, les transcourants jugent qu'à l'épreuve de l'exercice du pouvoir, le clivage entre les différents courants du PS (notamment celui figé par le congrès de Metz) soit totalement dépassé. On voit d'ailleurs mal en quoi le clivage gauche-droite serait moins périmé tant un tel programme ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de la droite et du patronat. Un scoop: Rocard est candidat

Michel Rocard, l'autre vedette de la modernisation du socialisme, et son courant ont également pris ces derniers mois quelques initiatives afin de se positionner dans les recompositions en cours au sein du PS. Rocard s'étant tardivement découvert une hostilité de principe au scrutin proportionnel, son départ du gouvernement lui a rendu la liberté de manœuvre indispensable à la réalisation de ses projets : interview fracassante à Libération, annonce de sa

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tenir ses promesses électorales, ce qui . depuis la rentrée de Chevènement au candidature à la présidentielle 11 , bataille pour le congrès de Toulouse.

Les thèmes traditionnels y sont repris sans beaucoup d'innovations mais avec une vigueur nouvelle : dénonciation de l'archaïsme du «tout Etat », mise en œuvre de la recherche du compromis social, importance de la compétence en matière économique, culte du « réalisme ». Pour le congrès, Rocard avait choisi deux angles d'attaque: d'une part, faire admettre au PS qu'il avait changé à travers l'exercice des responsabilités gouvernementales en tirant le rideau sur la rupture avec le capitalisme, le Projet socialiste et même les timides mesures sociales prises pendant la période de l'état de grâce et, d'autre part, faire avancer sa propre conception de la cohabitation à travers la question des alliances. Deux sujets explosifs par rapport à la direction majoritaire du PS.

Insister sur le fait que le PS a changé, c'est soulever la question qui obsède bien des militants socialistes : ce changement- indéniable- n'est-il pas un reniement ? La désaffection d'une partie de la base populaire ne vient-elle pas justement de ce changement générateur de tant de « déçus du socialisme » ? Mettre en cause les réformes de 1981, au motif qu'elles ont hypothéqué la situation économique, n'est guère compatible avec une campagne électorale en direction des électeurs de gauche centrée sur la « défense des acquis sociaux » menacés par la droite. Or, cette campagne est voulue par le président... Enfin, vouloir banaliser le problème des alliances après mars 1986 au moyen de la rédaction d'une proposition de contrat de gouvernement ne convient nullement à la direction socialiste. Non qu'elle soit effrayée par les compromissions avec la droite ... Mais le mot d'ordre est tout à fait clair: l'après-1986, c'est l'affaire du président ; il ne faut rien faire qui puisse le gêner et limiter en quoi que ce soit ses marges de manœuvre.

Reste que la bataille menée par Rocard a connu un réel succès dans le parti, sa motion atteignant près de 30 %. Il est difficile de faire la part des différentes raisons de ce succès : influence du «parler vrai», du vote de protestation 12 , la diffusion des thèmes rocardiens désormais banalisés par certains dirigeants majoritaires, l'impact de la chute du courant Mauroy, le glissement généralisé du PS à droite. Toujours est-il que ce score rendait possible une synthèse qui ne soit pas une reddition. Quitte à adopter un compromis boiteux susceptible d'une double lecture. Par exemple, sur les mesures de l'état de grâce : la gauche a eu raison de satisfait Jospin et Mauroy. Mais lais·se dans l'ombre la question de savoir si ces promesses étaient bien raisonnables, ce qui n'est pas pour déplaire à Rocard, dont tout le monde connaît le jugement!

Cependant, ces diverses péripéties sont loin d'être un coup pour rien : à travers la préparation du congrès et la synthèse, Rocard a réussi à marquer un coup d 'arrêt à la dilution et à l'éclatement de son courant, à réintégrer en position de force la direction du parti et à retrouver une certaine légitimité au sein du PS, à travers l'axe « JospinRocard ». Les perdants

Face à cette double offensive moderniste (Fabius, Rocard), les courants les plus traditionnels du PS ont bien du mal à se positionner. Ainsi le congrès de Toulouse a enregistré les difficultés du courant Mauroy et l'effacement du CERE S.

Depuis son départ du gouvernement et jusqu'au congrès, Pierre Mauroy s'est attaché à cultiver une image de gauche et unitaire, celle du Premier ministre de l'état de grâce et de l'Union de gauche. A Toulouse, si l'on excepte l'intervention rituelle et radicale de Laigne!, les mauroyistes sont quasiment les seuls à avoir évoqué les références ouvrières et les valeurs traditionnelles du PS. Mauroy, lui, s'est attaché à la défense des premières années du gouvernement, menacées par les attaques de Rocard 13 mais aussi par le lourd silence de Fabius sur la question. Notons néanmoins une inflexion assez nette par rapport au PC : plus question de chercher un accord avec lui. Quant à la récente image « gauche » de ce courant, il n'est pas certain qu'elle résiste longtemps aux efforts de M. Delebarre (représentant de ce courant au gouvernement) pour imposer le projet de loi sur la flexibilité ...

Reste la curiosité obtenue par la sortie du livre de Thierry Pfister 14 • En réalité le parfum de scandale qui l'accompagne n'est pas vraiment justifié, car il ne contient aucune révélation majeure. Par contre, on y trouve une description minutieuse - et sordide -de l'intégration de~ responsables socialistes aux institutions étatiques dans un climat d'ambitions, de conspirations et de coups fourrés entre « camarades », qui risque de donner la nausée à bon nombre de militants socialistes, s'ils ont l'imprudence de s'y plonger.

Quant au CERES, non seulement il a cessé depuis longtemps d'apparaître commé un pôle gauche dans le PS, mais gouvernement, il a cessé d 'apparaître

11. Lors de l'émission «Questions à domicile» sur TF1. En/ait, Rocard manque rarement une occasion de rappeler- récemment dans une inteniew à Newsweek, où il annonçait également la défaite de la gauche en mars 1986qu'il est candidat à la présidence de la République. Comme si quelqu'un pouvait encore avoir le moindre doute !

12. La motion Rocard était la seule à être opposée à celle de la direction. Elle a donc pu bénéficier de suffrages de militants mécontents pour divers motifs, sam qu'ils adhèrent sur le fond aux thèses de Rocard.

13. Toujours charitable, Pierre Mauroy s'est plu à rappeler lors du départ de Rocard du gouvernèment que ce dernier avait déjà dans le passé quitté la SFIO, puis quitté le PSU ...

U. Matignon au temps de l'Union de la gauche (éd. Hachette).

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rité gouvernementale et, enfin, gérer la défaite en 1986, ils misent moins sur chaine élection présidentielle. Les can- chez les travailleurs, percuté par l'inferprendre les débats sur la transformation didats ne manquent pas. Encore faut-il nale logique présidentelle, le PS a-t-il du PS en parti de l'alternance, en grand choisir le bon. Il semble bien que un avenir? Cet avenir correspond-il aux parti de toute la gauche, voire en parti Mitterrand ait une idée très personnelle espérances des militants qui l'ont redémocrate. C'est à cela que correspond sur la question... Plus fondamentale- joint à partir du congrès d'Epinay ?

l'objectif des 30% aux législatives et ment, le PS affronte une crise de redéfi-plus de 40 % à terme. Deux paramètres nition. Comme tout parti social-démoposent les bornes de cette évolution : la crate, sa direction légitime la place crise du mouvement ouvrier et l'impact qu'elle occupe dans le personnel politides institutions de la v• République. que et la société par la fonction de bat idéologique est aujourd'hui totalement aban-

Depuis 1981, cet impact - notam- représentation politique du mouvement ' donné aux courants « modernistes ».

tout court ! Le congrès de Toulouse a été particulièrement révélateur de cet effacement, chaque dirigeant du CERES cantonnant son intervention à son créneau professionnel dans la répartition des tâches au sein de l'appareil d'Etat: l'école pour Chevènement, le bilan des nationalisations pour Charzat. Après l'abandon du thème de l'« autre politique» (économique), c'est le silence. Même le vieux ressort de la dénonciation de Rocard et de sa « gauche américaine » semble cassé. Il faut dire qu'il est plutôt difficile d'attaquer les thèmes rocardiens sans atteindre du même coup le discours de Fabius. Quant au discours sur la « République moderne » et les valeurs républicaines, outre son peu d'écho, il a l'inconvénient majeur de situer le CERES à droite de tous les autres courants du PS ! Cette impasse politique trace un avenir assez sombre pour le CERES : incapacité à faire la moindre proposition politique 15 , perte progressive d'identité, disparition comme courant politique et dégénérescence en simple réseau clientèliste au service des ambitions nationales de Chevènement. Un avenir plutôt brumeux ...

Pour l'appareil du parti, Jospin en tête, la tâche n'est pas des plus aisées puisqu'il doit tout à la fois engager la campagne et mobiliser le parti sans pour autant restreindre les marges de manœuvre de Mitterrand, redonner au PS une identité sans compromettre la cohabitation, tenir un discours sur les acquis sociaux tout en assumant l'austéboutique en réfrénant les ambitions présidentielles des uns et des autres.

C'est dans ce cadre qu'il faut comment celui de la fonction présidentielle - va bien au-delà de la simple mutation en parti godillot. Que l'on en juge sur quelques exemples.

L'élaboration du programme électoral a connu bien des avatars mais, s'il intègre le résultat des débats du PS (proposition des rocardiens d'un minimum vital, mutualisation des coûts de la modernisation), ces promesses sont immédiatement tempérées au niveau du financement pour respecter la volonté présidentielle de baisse de la pression fiscale. Il en va de même pour la réapparition du thème du droit de vote des immigrés pour les élections municipales, que Mitterrand tient à ressortir de temps à autre.

Plus généralement, le programme se présente comme la défense du bilan et des acquis de la législature, ce qui correspond tout à fait à la conception de Mitterrand : « Le programme de la gauche, c'est son bilan. ))

Depuis plusieurs années, les débats dans le PS ne sont plus structurés autour de références idéologiques ou de propositions politiques différentes mais surdéterminés par l'affrontement de chefs de courants, ultime expression d'une féroce course à l'investiture. D'année en année, on assiste à la transformation du PS en parti des présidentiables.

Enfin, les dernières semaines ont marqué la montée en première ligne de Mitterrand soi-même, décidément obligé de tout faire : shows médiatiques avec Elkabbach et Mourousi, meetings électoraux.

Ces constats jettent un éclairage nouveau sur la référence au parti démocrate, mais aussi sur la stratégie réelle des dirigeants socialistes : résignés à la une cohabitation dont on voit mal les partenaires significatifs que sur la proouvrier, dans le cadre de la démocratie parlementaire. En période d'expansion économique, elle sert à négocier le compromis social par le partage des miettes de la croissance. En période de crise et d'affrontements sociaux, elle assure la préservation de l'ordre capitaliste sans pour autant se confondre avec les partis bourgeois. Cela implique le maintien de liens avec la classe ouvrière, notamment à travers le discours sur la transformation de la société, toujours remise à plus tard mais toujours maintenue comme horizon. A travers la durée de la crise économique et ses effets désagrégateurs sur l'opinion ouvrière, ce modèle est entré en crise.

La volonté, reprise par tous les courants, de constituer le PS en un grand parti de toute la gauche a plusieurs fonctions : mobiliser les militants sur un objectif motivant, esquiver la question insidieuse des alliances et aussi offrir une alternative à la stratégie d'Epinay. Tant le déclin du PC que la ligne actuelle de sa direction conduisent les dirigeants socialistes à tourner la page de l'Union de la gauche. Cette stratégie repose néanmoins sur un pari : celui de l'accélération de la marginalisation du PC, alors même que la politique d'austérité peut lui offrir un créneau. Elle suppose aussi une importante révision politique pour les militants socialistes, comme l'ont souligné les références, controversées mais révélatrices, à Bad-Godesberg ou à la transformation en parti social-démocrate qui ont fleuri lors du dernier congrès.

Au terme de ce tour d'horizon, la question demeure: soumis aux offensives concurrentes des courants qui mettent en cause son identité, confronté au silence embarrassé de ceux qui prétendaient autrefois bloquer la « dérive social-démocrate», obligé d'assumer une politique d'austérité fort impopulaire

15. Le terrain des propositions et du com-

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