Ce numéro de mai ouvre sur deux sujets que les hasards de l'actualité et des correspondances germaniques nous invitent à rapprocher. Tels deux miroirs. Avec leurs vertiges. Vertige de la mémoire en ce qui concerne l'affaire Waldheim. Alain Brossat nous invite à voir les étranges mécanismes qui font que la survenue du passé nazi de l'ancien secrétaire général de l'ONU, loin de compromettre son élection comme président de la république d'Autriche, remue des vases qui semblent devoir le servir. Vertige de l'horreur et de la honte avec l'extraordinaire livre-reportage de Günter Wallraff. Après une plongée de deux années au cœur de l'émigration turque d'Allemagne, il nous apporte le témoignage hallucinant de ce que sont, au-delà de tous les faux-fuyants, maquillages et mensonges, les réalités de la condition ouvrière immigrée, en cette fin du XX' siècle, au sein des métropoles industrielles. Puisqu'il est des événements qui, en ces temps de réalisme, de consensus et de« modernisme», viennent nous rappeler que la barbarie n'en finit pas de hanter nos sociétés, donnons-leur la vedette. Pour s'assurer de ne point l'oublier. Retour à la surface et à l'immédiat, pour continuer à explorer« l'après-16 mars ». Ce que nous faisons avec un article sur la crise du PCF et l'héritage communiste. Et une table ronde qui, réunissant des représentants des organisations ayant participé à des listes communes dans quelques départements, permet de confronter analyses et propositions sur l'actuelle situation. Pour clore ce numéro, un dernier miroir. Celui que nous propose la Grande-Bretagne de Thatcher. Au moment où, en France, s'installe un pouvoir qui n'a d'autre ambition que de bien appliquer les recettes du néo-libéralisme, il vaut la peine de l'interroger. Ce que fait David Cameron dans son article. Entre là-bas et ici, les discordances et similitudes méritent réflexion ...