COMITE DE REDACTION DE CRITIQUE COMMUNISTE Le numéro spécial été de Critique communiste- intitulé (( URSS. Et si on parlait vrai?>>- a suscité des réactions nombreuses, vives et contradictoires. Si certains lecteurs se sont félicités d'une approche originale à bien des égards stimulante, au regard des « analyses classiques» de notre courant concernant l'URSS, d'autres s'en sont indignés, y voyant une volonté de rupture avec ces dernières.
Nous savions que plusieurs des articles rassemblés dans ce numéro provoqueraient contestations et désaccords. Non pas que nous ayions décidé de céder complaisamment à l'hétérodoxie. De ce point de vue, nous n'avons nulle réticence à donner acte à François Dietrich et Michel Lequenne que notre position fondamentale sur le sujet est bien ((la nécessité de renverser la bureaucratie par un soulèvement révolutionnaire des travailleurs >>. Telle est, dans la stricte continuité des analyses de Trotsky, la compréhension que nous avons de ce que sont les tâches de qui veut changer cette société et y restaurer le socialisme, le pouvoir des conseils ouvriers. En cette année du trentième anniversaire de l'insurrection hongroise, notre solidarité indéfectible avec les travailleurs des pays de l'Est s'étaye à cette conviction.
Notre numéro spécial, sans mettre en doute ces vérités premières, optait pour un angle de vue différent. (( Ce numéro spécial de Critique communiste consacré à l'Union soviétique, écrivions-nous dans l'éditorial, a essentiellement été conçu en réaction aux clichés, aux schémas idéologiques, aux réflexes conditionnés qui, en France et, d'une façon plus générale, en Occident, imprègnent le discours sur l'URSS, les perceptions dominantes de l'URSS. >>
En ce sens, il pouvait dérouter, dès lors qu'il était susceptible d'être compris par certains comme une invitation à substituer à nos analyses fondamentales une nouvelle grille de lecture. En fait, il s'agissait pour nous, plus modestement, de proposer quelques éclairages de la réalité complexe qu'est, qu'on le veuille ou non, la société soviétique. Et ce, en prenant le contre-pied des visions schématiques et caricaturales que répandent bon nombre de « soviétologues » officiels et patentés.
Bref, un numéro de perspective et de débat, qui visait à faire naître une réflexion, pas à la clore ni à la bomer.
Le débat ne fait pas défaut. Nous avons reçu plusieurs textes critiquant avec virulence la problématique de (( URSS. Si on parlait vrai ? >>. Nos lecteurs pourront prendre connaissance dans les pages qui suivent de l'article de François Dietrich et Michel Lequenne. Nous publierons dans notre prochaine livraison les autres articles que nous avons reçus.