Dans ce numéro d'avril, beaucoup de livres nous font signes. Le hasard de l'édition, et d'obscurs et désordonnés itinéraires, rapprochent l'Afghanistan et le mouvement ouvrier français, le congrès du PS et le jazz ... François Dietrich, à la lumière des derniers mouvements sociaux, poursuit la réflexion sur les recompositions à l'œuvre. Jean-Marie Freyssat, à l'occasion du congrès de Lille du Parti socialiste, nous invite à réfléchir sur la vieille question du « parti organique». Toutes choses qu'on ne saurait aborder avec une oublieuse mémoire. Les détours par le passé sont nécessité à qui veut se tourner vers l'avenir. Et les livres sont la précieuse mémoire du monde. Puisque Génération, le best -seller de Hervé Hamon et Patrick Rotman, nous fait souvenir de la crise de l'UEC et de Mai 68, nous avons débattu avec Alain Krivine et Jeannette Pienkny de ce livre et de ce passé. Alors que fait irruption une nouvelle génération jeune et que la crise du Parti communiste connaît des développements décisifs, il ne faut pas craindre les effets d'écho. Avant de s'engager dans les aridités de notre débat de congrès - avec une première série de contributions qui sera suivie d'une seconde dans notre prochaine livraison -, une échappée musicale : Nicolas Maheu, à propos du livre de Jalard, réfléchit sur une autre mémoire créatrice : celle du peuple noir et du jazz. Lisons donc ces invitations à lire ! Et saluons - les instituteurs nous pardonneront cette, pour une fois, exclusivité féminine - nos chères institutrices qui, nous ayant appris à lire, nous ont donné une arme de liberté. Liberté pour laquelle elles se battent si bravement !