La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

CONTRIBUTIONS POUR LE 8e CONGRES DE LA LCR

Encore un effort dans le sens de la cohérence !

· Critique communiste, n° 63, mai 1987 · p. 31 · 743 mots

Jean Lantier, Olivier Nivert, Francis Sitel (Tendance majoritaire)

La crise du PCF rend impossible à sa direction de maintenir clandestins les débats internes qui agitent ce parti. Du coup, les problèmes soulevés par les « communistes rénovateurs ,, sont sur la place publique. Et, comme pour nous, LCR, le secret n'est pas de mise dans nos débats, nous discutons ouvertement de nos positions et propositions face à ce phénomène nouveau. La transparence est donc totale. C'est bien ainsi. Parce qu'il est positif qu'on sache dehors ce qui est discuté dedans. Et parce que nombreux sont celles et ceux qui, sans être ni communistes ni membres de la LCR. ni même organisés où que ce soit, sont fortement intéressés par cette discussion.

Et voilà pourquoi notre congrès, qui brassera bien des questions, verra une partie de ses choix fondamentaux cristalliser sur cet enjeu : Quelle politique de la LCR face aux recompositions du mouvement ouvrier dont le courant rénovateur est porteur ?

L'enjeu

Le manifeste la Révolution camarades! et les premières initiatives publiques des rénovateurs témoignent d'un fait décisif: pour la première fois depuis des décennies la crise du PCF est en voie de produire un courant politique qui, rompant avec le stalinisme, ne se laisse pas attirer par la social-démocratie.

Que ce courant s'affirme et se renforce et c'est une nouvelle donne politique qui devient possible. La rupture d'équilibres anciens fondés sur la marginalisation de l'extrême gauche et la complicité conflictuelle du couple PCF-PS, l'un et l'autre alternant la division dévastatrice et l'union asphyxiante, les deux au service de la collaboration de classes.

Ce qui n'est encore qu'une possibilité bouscule déjà bien des affirmations péremptoires. Celles qui proclament que tout affaiblissement du PCF ne peut se traduire qu'en profit pour la social-démocratie et en recul pour la classe ouvrière. Celles qui décrètent que, face au stalinisme, il n'est d'autre recours que dans le PS ou à ses côtés. Bref, toutes les constructions qui visent à convaincre qu'il faut choisir soit le PCF, soit le PS.

Une force neuve à la gauche du PS et du PCF, cela signifierait des capacités décuplées d'intervention dans la lutte de classes. La chance d'une voie qui soit celle de l'efficacité contre l'austérité et la droite : celle du socialisme comme projet révolutionnaire.

Rien de plus encore qu'un espoir - car la route est longue et semée d'embûches qui mène à son éventuelle concrétisation-, mais il suffit déjà à restituer certaines cartes. Des évolutions positives

En quelques semaines, les coordonnées de notre débat interne se sont modifiées. Plus personne ne nie l'importance décisive de la crise du PCF et du courant rénovateur. De moins en moins de camarades pensent qu'on peut se cantonner à la routine et aux réponses étriquées : les divers regroupements dans ce débat participent d'un même mouvement qui met cette question au cœur de la réflexion et de la discussion, qui nous a amené à lui consacrer un numéro spécial de Critique communiste, qui nous a conduit à soutenir la campagne d'Alain Amicabile ...

En fait, un accord très large semble possible sur la politique à poursuivre. Débat approfondi sur toutes les questions stratégiques soulevées par le Manifeste : politique unitaire pour les travailleurs, auto-organisation, internationalisme, perspective de rupture avec le capitalisme, question de l'Etat, analyse des réformes de Gorbatchev ... Recherche du maximum de convergences sur le terrain de l'action. Confrontation sur le problème du parti : question susceptible de s'actualiser au terme d'un processus qui n'en est qu'à ses débuts.

Une telle dynamique, au-delà de la seule LCR et des seuls communistes rénovateurs, concerne d'autres courants et militants dans le PS, dans les syndicats et au sein de l'extrême gauche.

Pour la LCR, consolider ces évolutions et aller plus loin, cela veut dire un effort supplémentaire dans le sens de le cohérence ! Une cohérence qui oblige ou bien à opposer à cette orientation une autre orientation, ou bien à mettre à leur juste place des désaccords secondaires, des doutes et des réticences. Parce que, pour affronter de tels défis, la LCR doit être au clair sur ce qu'elle veut. Elle doit être aussi la plus unie possible dès lors qu'il y a accord sur l'essentiel.

C'est pour cela que la tendance majoritaire se bat en toute clarté. Et c'est ce qui donne toute son importance à notre prochain congrès.

Jean Lantier (BP), Olivier Nivert (CC) Francis Sitel (BP) (Tendance majoritaire)

Une erreur sur cette page ?