Pour un peu, Philippe Séguin, ce serait le bon sens près de chez soi : de la viande ou des médicaments, question de choix. Malheureusement pour lui, nous n'avons pas perdu de vue que le seul maintien de l'impôt sur les grandes fortunes permettrait chaque année de combler le prétendu déficit de la Sécurité sociale, tout comme la diminution de moitié du budget militaire adopté pour les cinq prochaines années le financerait pour dix ans. Il est vrai que dans le domaine du bons sens, qui est la chose la mieux partagée, le Parti socialiste emboîte le pas à la droite pour voter les crédits militaires, au moment même où les propositions Gorbatchev permettent de relancer la lutte pour le désarmement, et alors que le reaganisme est ébranlé par les remous de l 'Irangate, analysés dans ce numéro par Jane Barton. Ce bon sens-là n'est pas le nôtre, comme le soulignent François Dietrich, sur la question du désarmement, et Nicolas Jeanson qui revient sur le bilan de la grève des instituteurs qui ont retusé le « bon sens » libéral. Notre bon sens, c'est celui qui vise à remettre en cause l'ordre établi qui mène l'humanité aux catastrophes. Comme le firent les révolutionnaires de 1789, qu'il faut défendre aujourd'hui contre les idéologues réactionnaires. Un entretien avec l'historienne Florence Gauthier permet de le rappeler. En prime, et uniquement parce que c'est vous, Critique communiste vous réemmène en excursion chez les jésuites paraguayens du XVII' siècle. Et, pour la dernière fois cette année, dans les méandres du débat du prochain congrès de la LCR, qui se tiendra à la fin du mois de mai. Il y sera encore question de choix, mais pour un objectif plein de bon sens : redonner aux travailleurs les moyens de mettre fin aux absurdités capitalistes.