La droite, qui étrangle sans scrupule les retraites, ne se soucie de la vieillesse qu'à propos de l'âge du président. Eloquent symbole du niveau politique de cette rentrée, dernier virage avant la ligne droite vers la présidentielle. Ne rien dire, ou seulement de sibyllines « petites phrases », afficher une figure impavide et, tout en dessous de table, décocher coups de pied et crocs-en-jambe : telle est, dans notre société médiatisée, la recette infaillible du présidentiable moyen. Le Pen y déroge, qui préfère occuper, seul mais envahissant, le créneau de la vulgarité. Du coup, on causera davantage de la petite culotte de Madonna que de l'endettement du tiers monde. L'indépendance de la Kanaky, la montée du racisme, Je chômage, la misère et la destruction de l'environnement, voilà autant de problèmes mineurs qui méritent à peine d'être évoqués. au regard de la préoccupation majeure de l'heure : l'âge du capitaine ! Dans ce numéro de Critique comnwniste, bien sûr, et comme à l'habitude, nous ne jouons pas le jeu. Ce qui nous intéresse, nous, ce sont précisément les vraies questions. Les ambitions et divisions de la droite dans la perspective de la présidentielle, les projets de la FEN, la dette du Brésil, le débat au sein des Grünen autour d'un « Programme à court terme contre le chômage, la misère et la pollution » et quelques autres fariboles de la même eau ... Bref, si on l'âge de ses luttes, de quoi rester jeune longtemps!