Les baleines ont envahi nos villes. Ainsi l'a voulu monsieur Séguin, médecin-chef au chevet d'une Sécurité sociale qui se meurt. Cet animal aimable, mais menacé de disparition, est censé symboliser une grande idée qu'il ne faut pas laisser mourir. Le même qui poursuit le dépeçage de la bête a engagé cette vaste entreprise publicitaire, pour accompagner ce qui se voulait être le grand débat des Etats généraux. Bref, le prédateur jouait les protecteurs.
Mais les baleines savent bien que, si elles meurent, c'est de la rapacité des hommes, et non de 'quelque fatalité mystérieuse. Et les travailleurs n'ignorent pas que le problème de la
Sécurité sociale n'est pas affaire comptable, mais un enjeu de la lutte des classes. Il n'y a pas de " consensus " possible entre ceux qui défendent le droit à la santé et ceux qui s'accrochent à leurs seuls profits.
Pourquoi le mouvement ouvrier ne le dit-il pas plus clairement ? Les grandes centrales syndicales et la Mutualité française ont réuni des centaines de milliers de manifestants en défense de la Sécurité sociale. C'était témoigner des formidables capacités de riposte dont disposent les travailleurs face à l'offensive capitaliste. Mais tout cela est resté dispersé, sans lendemain .. . Et Séguin, qu'on pouvait avaler tout cru, a poursuivi son sale travail de sape.
Tout reste à faire. La Sécurité sociale est en danger! C'est un soulèvement de masse qui devra mettre un terme à ces attaques et ouvrir de nouvelles perspectives de progrès social. Sa préparation exige volonté de combat et projet d'avenir. L'ambition de ce numéro spécial de Critique communiste est d'y contribuer. ---------------------------------------------------------- -----