A l'Ouest et à l'Est, l'année a été marquée par la fête : Berlin existe depuis sept cent cinquante ans. Les moyens n'ont pas été épargnés :fêtes, expositions et initiatives .culturelles se sont succédées sans discontinuer.
Souvent en double exemplaire, la concurrence entre les deux parties de la ville jouant à fond : grand concert de rock à l'Ouest devant le
Reichstag (au grand mécontentement des jeunes de l' autre côté du mur qui, à juste titre, trouvaient absurde de ne pouvoir y assister)? deux mois après, à l'Est, concert gigantesque en plein air ! Cortège historique à l' Est ? rebelote à l'Ouest ! Et ainsi de suite ...
Une large place a été donnée dans les programmes à l'histoire politique, sociale et culturelle du mouvement ouvrier. Exemples parmi beaucoup d'autres: une grande exposition du DGB, << La moitié de la vie » et, à l'Est, une autre exposition sur << Les loisirs du jeune mouvement
En tout état de cause, cet anniversaire a offert beaucoup d'occasions
Berlin
la Rouge
ouvrier''· de (re)découvrir l'histoire de la ville.
ANS prétendre tracer toute l'histoire de Berlin, essayons d'éclairer. autour de quelques périodes clés, à quel point Berlin a été le miroir ardent de l'histoire allemande. notamment celle de son mouvement ouvrier. Capitalisme naissant. révolution allemande. fascisme et division de l'Allemagne d'après-guerre : c'est à Berlin que les rappot1s de forces sociaux se sont focalisés. L'industrialisation
De 1237. la première trace documentaire de l'existence de Berlin, à 1800, la ville s'est développée comme capitale prussienne, lieu de garnison et résidence des divers souverains Hohenzollern. Elle atteint quelques dizaines de milliers d'habitants à la fin du siècle. Avec l'essor formidable de la jeune industrie allemande - les ,, grands » , tels Borsig, Siemens. AEG. Osram, Schering, furent fondés à Berlin - , la ville explosait littéralement du point de vue démographique, atteignant le million et demi d'habitants à la fin du XIX'"" siècle (dont 70% d'ouvriers et ouvrières). Les familles ouvrières furent
Sabine LINDE entassées dans les tristement célèbres Mietskasernen (habitats-casernes), dont la misère quotidienne fut si bien illustrée par les dessins de Heinrich Zille et qui, aujourd'hui encore. donnent pour une bonne part son visage à la ville. Berlin devenait alors la plus grande ville industrielle d'Europe. La classe ouvrière allemande était née.
Après la révolution de mars 1848 , la bourgeoisie berlinoise se lia rapidement à la noblesse prussienne. Elle avait compris que le jeune prolétariat ne tarderait pas à présenter ses propres revendications. Dès mai 1848. l'état de siège était décrété. Wilhem r<' et l'armée royale révoqués, l'Assemblée nationale dissoute et la police complètement réorganisée. Ainsi la bourgeoisie préférait laisser en place un système qui la privait du pouvoir politique mais qui lui paraissait être le meilleur rempart contre tout développement de gauche.
Encadrée par l'Etat policier prussien. la classe ouvrière berlinoise se donnait néanmoins les moyens d'occuper le devant de la scène. Après 1850, des révoltes éclataient, dues notamment à l'incroyable crise du logement. Des dizaines de milliers d'ouvriers bataillèrent avec les « gendarmes ,, (terme ber-
750 Johre Berlin 1987 750l' flllllil'enaire de Berlin. 1928 : pas un mandat de provenance berlinoise pour le NSDAP. 1930 : sur 20 députés berlinois. 8 KPD, 6 SPD, 2 NSDAP, alors que ce dernier était déjà le deuxième parti du pays. Juillet 1932 : sur 16 députés, 6 KPD, 5 SPD, ( alors que ces deux partis ne représentent plus qu'un tiers des voix à l'échelle nationale), 4 NSDAP ( ce qui fait apparaître que les nazis prenaient leurs voix dans l'électorat des partis de droite). Novembre 1932 : le même résultat, avec un mandat supplémentaire pour le KPD.
linois emprunté au Français pour désigner les agents de police). Ferdinand Lassalle tint ses premiers meetings de masse dans les quartiers ouvriers. En 18 7 5, après la fusion de son Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein (ADAV) avec l'aile de la social-démocratie représentée par Liebknecht et BebeL le jeune Parti socialiste ( SAPD) s'enracina rapidement dans le prolétariat berlinois.
En 1878, l'Etat prussien réagit à sa façon : prenant prétexte de deux attentats contre Wilhem l". Bismarck déclara à nouveau l'état de siège et fit voter la Loi contre les activités de danger public de la social-démocratie. Ce qui interdit aux socialistes toute activité autre que celle de leur fraction parlementaire au Reichstag. Mais, aux élections de 1888. ceux -ci obtinrent plus de la moitié des voix à Berlin. Leur action en défense des intérêts ouvriers se poursuivit et s'amplifia sous le couvert d'organisations paravents. Malgré l'encadrement à la prussienne. la classe ouvrière se construisait. Du fait d'un malentendu entre les partis bourgeois, la loi ne füt pas reconduite en 1890.
A la veille de la Première Guerre mondiale. Berlin était une ville de trois millions d'habitants dont. en permanence. 70% d'ouvriers et ouvrières. Son attachement à la social-démocratie fut spectaculairement démontré lors des enterrements de Wilhem Liebknecht. puis plus tard de << Paule •• Singer. dirigeant social-démocrate berlinois. qui rassemblèrent un million de participants. Au plan électoral. bien qu 'étroitement entravés par une loi électorale réactionnaire, les sociaux-démocrates continuaient à gagner en influence, jusqu 'à devenir la plus forte fraction de l'Assemblée. La gauche. dirigée par Rosa Luxemburg, Liebknecht, Bebel. Pieck. n'y était que peu représentée. mais elle était particulièrement implantée à Berlin et y développait une intense propagande contre 1 'idéologie de plus en plus réformiste et parlementariste de la majorité.
Aux plans de guerre du gouvernement prussien. le mouvement ouvrier berlinois répondit dès 1910 par des manifestations et assemblées de masse antimilitaristes. Lors de la déclaration de guerre. les socialistes votèrent les crédits de guerre, y compris la gauche qui obéit à la discipline du groupe parlementaire. La classe ouvrière berlinoise fut envoyée au massacre comme ses camarades de toute l'Europe. Elle ne releva la tête que quelques années plus tard.
A partir de 19 1 7, les ouvriers ber linois sont de nouveau à J'avant-garde : les sentiments antiguerre s'expriment par des manifestations et des grèves de masse dirigées par les Berliner Ob/eure
(hommes de confiance). La première révolte dans la marine. aussitôt réprimée. fut dirigée par deux ouvriers berlinois. Reichpietsch et Kobis. 1918-1919: la révolution
Une première grève générale allait éclater à Berlin en janvier 1918 . sous direction des Oblel!le. majoritairement Le A'neipe ),, le hisrrot, lil'u central de la ,,ie om·rii!re. 11 membres de l'USPD. Ce parti avait été fondé en avril 191 7 sur la base du refus de l'attitude des « majoritaires .. sur la question de la guerre et sur celle de la voie au socialisme : les socialistes " indépendants •• créaient alors leur propre parti. auquel adhéra le groupe Spartacus de Luxemburg et Liebknecht. A Berlin. sur 77 000 militants, 70 000 adhérèrent au nouveau parti.
Cette grève put être enrayée avec l'aide des " majoritaires .. qui redoutaient ce débordement. Mais. en novembre de la même année. ce fut le débordement pour de bon. Une nouvelle grève générale prit rapidement de J'ampleur avec pour mot d'ordre : ,, A bas la guerre ! •• Des conseils virent le jour dans les usines. tandis que les soldats se dotaient de leurs propres conseils et fraternisaient avec les ouvriers. Le Conseil général des ouvriers et soldats était formé.
Le 9 novembre. à Berlin. armée et police capitulaient. tandis que l'empereur Wilhem r r s'éclipsait. La République était déclarée. Par deux fois ! Scheideman s'exclama au Reichstag : << Vire la République allemande . 1 >'
(Ebert l'aurait tancé : 11 Tu 11 ·as pas le droit.' >J). Peu après. au chàteau. sur lequel flottait le drapeau rouge. Liebknecht déclara : 11 ViFe la République libre er socialiste!>>
Le 10 novembre. à l'assemblée des conseils berlinois. Ebert et Scheideman furent majoritaires. bien que le nouveau gouvernement. dit " Conseil des députés du peuple )), et le Conseil exécutif de l'assemblée aient étè élus sur une base paritaire entre SPD et USPD. La Constitution de la future République était renvoyée à une Constituante devant se réunir début 19 1 9.
Ebert fit immédiatement appel à l'ancienne armée pour remettre de l'ordre. L'USPD quittait le gouvernement. le groupe Spartacus. pour sa part. rompait avec l'USPD pour créer le KPD. Il déclencha, à la mi-janvier. les révoltes berlinoises connues sous le nom d'« insurrection spartaciste ••.
Le gouvernement des majoritaires n'hésita pas. il constitua. à partir des éléments les plus sùrs de l'armée impériale. les sinistres Corps francs qui allaient noyer dans le sang la révolution. Avec l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht. le 15 janvier. le mouvement révolutionnaire se trouvait décapité. L'ordre régnait à Berlin. La résistance au fascisme
La République de Weimar. née d'une défaite de la classe ouvrière. allait disparaître dans une défaite encore plus grande : le triomphe du nazisme.
« Berlin ... la véritable caserne »
Après son arrivée à Berlin. le 16 mai
1898, Rosa Luxemburg se montra tout sauf enthousiasmée de son nouveau domicile.
"J'ai déjà achete un plan de Berlin.
Je suis epuisee plus que possible. je hais déjà Berlin et les A 1/emands à 1111 point tel que je pourrais les assassiner. ( ... ) N 'aie pas peur. Je ne mis pas me germaniser.
je hais Berlin ... de toute m on âme. qu'ils crèrelll ! ( ... ) Berlin me fait l'impression la plus desagrèable : (i'oide. de nwuFais go1it, nwssi1•e. la rèritable caserne : et ces
Pmssiens. avec leur arrogance, comme si chacun {/l'ait ara lé le bà!On qui 1 'a fi'appè auparavent. A chaque pas, l'imimite agreable et la culture de la Suisse me manquent. Et la propreté 1 Er bien je ne
Notons que pas un des dirigeants des bandes nazies n'était originaire de Berlin. Pour s'implanter dans,, Berlin la Rouge ''· Hitler envoya ses '' meilleurs , éléments. Goebbels. en 1926. connu pour ses capacités d'agitateur dans la petite bourgeoisie. Il fut suivi. en 19 30. de Goring. riche de ses multiples relations avec la bourgeoisie industrielle. Dans son écrasante majorité. le prolétariat berlinois se montra réfractaire a la démagogie fasciste. Les résultats des élections jusqu'en 1933 le montrent (voir encart). Alors que nationalement le NSDAP était dèja de loin le premier pm1i. à Berlin les deux partis ouvriers recueillaient en permanence les deux tiers des voix. tandis que le KPD restait le pl us fort.
Comment cet énorme potentiel n'est-il pas parvenu a barrer la route a la peste brune ? Les écrits de Trotsky sur l'Allemagne 1 restent sur le sujet les plus éclairants. Notons que. en janvier 1933. cinq jours avant l'accession au pouvoir des nazis. cent trente mille ouvriers. communistes et sociaux-démocrates confondus. manifestèrent dans les rues de Berlin contre un rassemblement hitlérien devant le siège du Parti communiste.
Un mois après. c'était l'incendie du Reichstag. Hitler concentrait ses bouchers a Berlin et entamait le nettoyage des quartiers ouvriers. La plupat1 de celles et ceux qui le purent prirent la fuite. La base pour une résistance signi -ficative se trouvait éliminée. La voie était libre pour Hitler. C'était une défaite dont le prolétariat berlinois ne devait pas se relever.
Quand, le 30 avri l 1945. le drapeau rouge flotta a nouveau sur la ville. la Seconde Guerre mondiale était finie pour Berlin. L'armée soviétique avait conquis la ville pied a pied. luttant pour finir contre les dernières défenses nazies sais pas d'mi l'ielll 1 his roi re des ménagères allemandes propres, je n'en ai pas encore l'li une' 11 (Extraits des lettres à Léon Jogiches en mai 1898. traduction de Sabine Linde). Nous ignorons si. par la suite. Rosa changea d'avis. En tout état de cause. c'est à Berlin qu'elle s'installa. Et Berlin fut. jusqu'à sa mort. son principal champ d'action. C'est également à Berlin qu'elle fut assassinée par les Corps francs de Noske et jetée. tel un sac d'ordures. dans le canal. Nora bene: Jusqu'à ce jour le Senat de Berlin n'a pas juge utile de donner à une quelconque rue ou place le nom de celle qui est le symbole du mouvement ouvrier revolutionnaire berlinois. assurées par des milices de vieillards et d'enfants. Du drapeau rouge au « mur»
La ville était détruite. Des quatre millions d'habitants avant-guerre n'en restaient que deux millions. Sur un million et demi de logements. un million deux cent mille étaient détruits. Transports, gaz. eau. électricité étaient hors d'état : les usines réduites en cendres. Le premier ordre du général Berzarin fut la remise en marche prioritaire des épiceries. boulangeries et ... salons de coiffure («Il faur recununencer à m·oil· 1111 aspect hu/1/ain. >> ! ). Ainsi la population laborieuse. notamment les femmes, connues plus tard comme les « dèblayeuses de Berlin ''· se mit a relever la ville de ses ruines sans que soit encore connu son futur statut.
Avec ,, J'ordre numéro deux "· J'activité des partis politiques antifascistes et démocratiques ainsi que des syndicats fut autorisée. Le KPD et le SPD se réorganisèrent rapidement et se donnèrent une commission centrale commune pat1ant. au-dela des divergences politiques, de la mème aspiration : reconstruire Berlin comme ville " antifasciste et véritablement démocratique ''·
L ·accord du 5 juin 1945 entre les quatre alliés confirmait grosso modo la conférence de Yalta : J'Allemagne était divisée en quatre zones d'occupation et Berlin en quatre secteurs sous commandement des alliés. L'accord allait se concrétiser dans un climat croissant de guerre froide et avec des divergences spécifiques à propos de Berlin. Les Soviétiques considéraient que la ville. située dans leur zone d'occupation. était la capitale de cette dernière. Les Occidentaux, Américains en tête. voulaient en faire la vitrine de " l'Ouest libre » et un rempart face au « danger communiste ''·
La division de la ville a tous les niveaux allait se réaliser progressivement.
A Paques 1946. SPD et KPD se divisèrent. La proposition du KPD d'une fusion en un Parti socialiste unifié ( SED) fut rejetée sous la pression massive des Anglais et des Américains, d'une part. de l'aile droite du SPD autour de Kurt Schuhmacher. d'autre pat1. Ce dernier se précipita à Berlin pour « convaincre ,, les militants qui n'étaient pas hostiles à la proposition qu'ils allaient se faire noyer par les communistes. Le nouveau parti fut cependant fondé, mais son influence n'allait être réelle que dans le secteur oriental.
Les Soviétiques. après de massifs démontages d'usines. nationalisèrent rapidement l'industrie. Dans les trois autres secteurs, l'ordre capitaliste fut rèinstaurè. Ce qui n'empêcha pas, par la suite. les trusts et les banques de considérer Berlin comme suffisamment peu sùre pour qu'ils décident de transférer massivement en Allemagne de l'Ouest leurs sièges sociaux et leurs centres de production.
En 1948. les alliés occidentaux étendirent la réforme du mark a Berlin-Ouest et cassèrent ainsi l'unité monétaire de la ville. Les Soviétiques répondirent par un blocage total des trois secteurs occidentaux. Celui-ci devait durer un an. le seul lien avec l'Ouest étant assuré par voie aérienne. En juin de la mème année. les Soviétiques cessèrent toute participation au Conseil de contrôle des quatre alliés. En 1949, Berlin-Est fut déclarée capitale de la RDA. tandis que Berlin-Ouest continuait à être soumise au statut des trois
Le statut politique de Berlin
Alle:. hop! alliés. Ainsi. deux systèmes politiques et sociaux différents prenaient forme et s'affrontaient au sein de la même ville. Ce n'est pas un hasard si la grève des ouvriers de RDA éclata à Berlin. Partant d\m refus de l'augmentation des cadences de travail, nourrie par la propagande anticommuniste primaire de l'Ouest, elle évolua rapidement vers la revendication d'élections libres. Les Soviétiques réprimèrent le mouvement en faisant occuper militairement Berlin-Est.
Jusque-là, les frontières entre les différents secteurs étaient restées ouvertes. C'est un demi-million de personnes qui, quotidiennement, passaient de l'Ouest à l'Est et inversement. pour des raisons de travail ou autres. La RDA en subissait les conséquences : notamment l'émigration de millions de personnes, dont deux cent cinquante mille de
Berlin-Est :
Dans la constitution de 1949 de la RDA,
Berlin est déclarée capitale de la République.
En conséquence, la ville est siège du gouvernement et de l'Assemblée nationale. L'armée nationale y est présente. Ses habitants sont à plein titre citoyens de la RDA, ce qu'atteste leur carte d'identité.
Berlin-Ouest :
Les Constitutions de Berlin-Ouest et de la RFA instituent la ville comme land de la
RFA. Les trois alliés occidentaux s'y opposèrent et les articles en question furent suspendus. Aujourd'hui, dans les faits, Berlin-Ouest est gérée dans une large mesure comme un land, mais sous contrôle des Alliés, ce qui a
Berlin-Est. Jusqu'en 1961, ci nq cent trente mille personnes, dont beaucoup de travailleurs qualifiés, s'installèrent à Berlin-Ouest.
Le gouvernement de la RDA finit par répondre selon ses méthodes à ce problème. Le 13 août 196 1, la construction du mur autour des trois secteurs occidentaux était entamée. Ainsi la division de la ville était coulée dans le béton .
Depuis, le mur est devenu une réalité quotidienne, qui s'est installée des deux côtés. seulement allégée depuis le Traité des quatre alliés par une politique plus permissive en matière de visites. Passée l'époque où Kennedy suscita un enthousiasme délirant à Berlin-Ouest en prononçant sa célébre phrase : << !ch bin ein Berliner! )) Passé le temps des gigantesques assemblées devant la porte de Brandeburg, tournée vers l'Est, lorsque les leaders sociaux -démocrates chauffaient la foule par des discours d'un anticommunisme farouche ! L ·anticommunisme d'antan s'est teinté de coexistence.
La classe ouvrière berlinoise, divisée. décimée également par les transferts des industries vers la RFA, n'est plus celle de << Berlin la Rouge >> . Son histoire montre à quel point elle concentrait en elle la puissance du mouvement ouvrier allemand. On en vient à songer ce qu'il en serait si le fascisme n'avait pas brisé cette histoire. La faiblesse présente n'en est que l'ultime expression.
Sabine Linde
*Textes publies en tJ·ançais sous le litre: " Vai11cre le .f{m'i.sml! "· notamment pour consequence que la ville ne peut être siège du gouvernement ni des services gouvernementaux. La presence militaire de l'armée oaest-allemande n'y est pas admise. Les deputés berlinois au Parlement n'ont que voix consultative. La législation ouestallemande n'entre en vigueur à Berlin qu'après une procédure d'adoption à l'Assemblée berlinoise.
En vérité, cette dernière est quasi obligatoire, sous peine de voir supprimer les subventions fédérales à la ville. Les habitants n'ont ni passeport ni pièce d'identité ouestallemande, mais une pièce d'identité 11 provisoire d'habitant de Berlin-Ouest 11. Les hommes ne sont pas astreints au service militaire dans l'armée ouest-allemande.