(Texte présenté par 6 camarades du CC et de la CCC)
1. L'expérience récente de la campagne Juquin a posé à une échelle plus grande et sur la base de réelles possibilités, la question de la construction d'une nouvelle force à gauche du PS et du PCF. L'objectif fixé était donc celui d'une modification substantielle du champ politique actuel tel qu'il est structuré par les formations politiques du mouvement ouvrier. L'ouverture d'un espace politique de contestation de la domination du PCF et du PS (et des dangers d'une hégémonie quasiexclusive duPS) est bien l'enjeu des phénomènes de recomposition du mouvement ouvrier; la campagne Juquin l'a partiellement permis sans parvenir à déboucher concrètement sur la base de son seul mouvement. Telle est la situation qu'il faut apprécier politiquement sous tous ses aspects.
Il convient de souligner immédiatement que l'exigence collective de «tester les possibilités de construction d'une nouvelle force à gauche» a été portée dès le départ par tous les courants et organisations qui se sont rassemblés autour du soutien à Pierre Juquin. Cette convergence, qui a largement contribué à convaincre nombre de militants inorganisés, syndicalistes «lutte de classe», féministes ou ex -organisés, de l'intérêt d'une telle expérience, constituait en tant que telle une avancée considérable dans la compréhension des enjeux des phénomènes actuels de recomposition.
2. En effet, pour la première fois dans le contexte politique actuel, un certain nombre d'éléments d'analyse et d'orientation ont convergé:
-l'analyse de la crise du mouvement ouvrier, du cours droitier, collaborationniste, gestionnaire de l'ordre établi suivi par le PS, du non-redressement possible et du déclin historique du PCF, de la nécessité d'oeuvrer concrètement à la recomposition à gauche du mouvement ouvrier ;
- l'appréciation des voies .et des moyens nécessaires à cette recomposition, comprenant notamment la mise en place de cadres unitaires et pluralistes, rassemblant courants et organisations en rupture avec les partis traditionnels, mais aussi
au-delà une frange militante inorganisée ou ex -organisée, voire même un début de jonction entre les générations ;
- la nécessité de tests communs dans 1' action au regard des échéances politiques et sociales pour vérifier le degré d'avancée collective pratique et éclairer les débats généraux;
-la nécessité d'accords consensuels à partir d'axes politiques permettant de se situer par rapport au PC et auPS, à leur politique, à 1' en jeu des Présidentielles face à la droite, et à quelques points-clefs de délimitation : revendications en rupture avec le «réalisme gestionnaire», anti-racisme et lutte contre le Front national, Kanaky, immigrés, désarmement, rôle central de la mobilisation, de l'unité, de l'auto-organisation, à la lumière des expériences de 86.
Toutescesquestionsontfaitl'objetdedébats,deréajustements,avecunemaîtrise plus ou moins grande à tel ou tel instant, et des difficultés réelles de fonctionnement général notamment dans les rapports au candidat, mais elles constituent les acquis et les points d'appui communs de 1 'expérience de la campagne présidentielle.
3. C'est dans ce cadre, et sans préjuger à cette époque ni des formes, ni des rythmes d'avancées concrètes de la recomposition en cours, et donc de 1 'émergence réelle d'une nouvelle force, qu'a été posée dans la LCR, la question du Parti.
Le risque d'un échec du score et des effets négatifs qu'il aurait sur le processus, a toujours été l'une des hypothèses possibles. Mais notre objectif était bien d'oeuvrer à la réussite de la campagne et partant de là, à celle de la dynamique engagée à cette occasion.
La proposition d'un changement dans la tactique de construction du Parti traditionnellement définie dans la LCR, ne se fondait pas sur un pronostic tel que le cheminement inéluctable du processus, mais sur une analyse largement confrrmée par la réalité des courants de rupture avec le réformisme observés dans ce processus et de leurs limites quant aux définitions stratégiques.
Les thèses du dernier congrès de la LCR apportaient un éclairage nouveau sur l'analyse de la crise du mouvement ouvrier: «Il faut entendre cette crise de direction (du mouvement ouvrier) autrement que dans les années 30. Il ne s'agit pas seulement de remplacer une direction politique faillie à la tête d'un mouvement ouvrier riche de traditions révolutionnaires et profondément attaché à un projet socialiste. Cette crise est d'abord celle du mouvement ouvrier international dans son ensemble. Ses racines politiques, sociales, culturelles sont profondes». Suivaient l'énumération des causes profondes du caractère actuel de la crise du mouvement ouvrier telles que: l'image repoussoir du socialisme «réellement existant», les doutes nés du Cambodge ou de l'Iran sur les processus révolutionnaires dans les pays dominés, l'absence de processus révolutionnaires importants dans les pays développés. La conclusion avançait le constat selon le quel« Le poids des défaites passées et des accommodements devient un obstacle supplémentaire à la reconstruction d'une direction révolutionnaire».
Cette analyse ne remettait pas en cause les éléments positifs de la crise du mouvement ouvrier, notamment le développement de courants de rupture avec le réformisme à partir d'événements importants de la lutte des classes telles que: l'expérience de l'Union de la gauche et de son échec, l'expérience de la politique concrète de la gauche au pouvoir, les mobilisations de l'hiver 86 etc ... Elle posait par contre de fait dans la suite logique du raisonnement le problème suivant : les difficultés à partir de ces courants de rupture d'oeuvrer à une recomposition rapide sur des bases directement révolutionnaires (au sens où nous l'entendons et où il faut l'entendre car, en l'occurrence, les mots ont un sens précis).
4. De ce point de vue, la trajectoire du courant des rénovateurs confrrme un certain nombre d'éléments d'analyse, et le double axe politique sur lequel ils se situent:
- réaffrrmation du but lui-même: nécessité d'une rupture avec le capitalisme et instauration d'une société communiste et démocratique (ce qui signifie à la fois une rupture avec l'acceptation par la social-démocratie de l'aménagement du capitalisme comme but final, et une rupture avec la conception du socialisme dans sa version stalinienne des pays de l'Est) ;
- réaffirmation d'un ensemble de points-clefs tant sur la politique immédiate que sur un certain nombre de références: revendications, démocratie ouvrière, rôle du mouvement social, refus du «réalisme» de la gestion capitaliste, rapports entre parti et masse ...
Autant d'éléments d'identité qui ont permis l'émergence du courant rénovateur et l'élaboration de ces références de départ.
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Mais la question des moyens pour parvenir à l'objectif, c'est -à-dire de la stratégie, est restée pour partie du domaine des divergences ne serait-ce qu'au travers d'une série de formulations floues sur une question-clef: celle de la rupture révolution-
naire frontale, de la confrontation de masse avec l'Etat bourgeois pour sa destruction.
Les références des rénovateurs à leurs début concernant la démocratie de masse oulaluttedeclasse,pourpositivesqu'ellessoient,nerèglaientpascedébatdefond: même «en creux» il se dégageait du «Manifeste» une conception gradualiste d'occupation progressive des sphères de l'Etat.
Or, il existe des liens ténus, mais réels, entre ces questions stratégiques et les problèmes politiques d'orientation en situation non révolutionnaire. On ne peut considérer cette divergence comme abstraite en dehors des périodes révolutionnaires même si de telles questions ne sont pas notre lot quotidien de débats. Ces liens «ténus» s'expriment notamment sur les questions d'indépendance par rapport à l'appareil d'Etat, à sa gestion (gouvernement, municipalités), ou de conception des .rapports unitaires avec les autres forces du mouvement ouvrier (type d'alliances, objectif des alliances, base des alliances etc ... )
5. Or, cette caractéristique des forces disponibles à la recomposition est durable : tant que perdureront les caractéristiques susdites, notamment dans les pays développés: l'absence d'expérimentation d'une véritable crise révolutionnaire. Nous ne considérons pas les désaccords sur les questions stratégiques comme un simple point aveugle, une hésitation facilement surmontable à la simple épreuve des échéances immédiates de la lutte des classes mais comme une orientation; celleci peut être plus ou moins explicitement définie, voire comporter des approches différentes en fonction del' origine politique du courant en question (issu du PC ou du PS, d'un parti ou d'un syndicat).
Autant les luttes sociales passées ou à venir (et il n'y a aucune raison d'être pessimiste à ce sujet), les expériences accumulées de la gestion réformiste (qui atteint aujourd'hui des sommets en terme de gestion loyale du capitalisme et d'effets sur la classe ouvrière) sont autant d'éléments qui ont permis le dégagement des courants de rupture actuels sur la gauche et qui reproduiront les même effets sans qu'on puisse en prévoir les rythmes, les formes exactes etc .... Autant, tant que des modifications substantielles remettant à l'ordre du jour les délimitations stratégiques achevées, ne seront pas intervenues, ces courants garderont les caractéristiques des rénovateurs à leur origine.
6. L'enjeu de la phase actuelle de recomposition est la construction d'un parti dont les délimitations stratégiques resteront inachevées. Mais il s'agit d'un enjeu : autrement dit, rien n'est automatiquement joué à l'avance, comme l'a montré la campagne Juquin. Si cet enjeu est réalisable, il demande cependant une orientation précise de notre part, sans concessions quant au but :
-il doit s'agir d'unparti, car au-delà des dangers de bureaucratisation ou de non maîtrise des rapports aux masses, c'est encore la forme la plus efficace pour un combat politique commun et la forme la plus démocratique de ce combat;
- un tel parti, s'il voyait le jour, aurait évidemment un certain nombre de définitions politiques et pro grammatiques, condition même de son existence comme formation politique séparée et de sa viabilité. Il nes' agit donc pas nid 'une somme de mouvements de pression «par thème» qui feraient l'économie d'une intervention politique globale, ni d'un mouvement politique aux bases minimum qui éclaterait face à toute échéance politique sérieuse.
Nous proposons de fixer comme objectif de notre orientation dans les phénomènes actuels de recomposition, la construction d'un parti à influence de masse, délimité par rapport aux partis réformistes, indépendant de l'appareil d'Etat, privilégiant le mouvement de masse face à tout autre considérant,favorable à la rupture avec le capitalisme et à la construction d'un société communiste et démocratique ,ferme sur les revendications centrales ,féministe, internationaliste et démocratique.
Telles sont les conditions pour la construction d'un parti qui puisse jouer un rôle politique central dans les échéances à venir de la lutte des classes.
7 .LaLCR réaffirme et réaffirmera, si un tel eadred' avancée se réalise, ses options révolutionnaires fondamentales et avancera 1 'intégralité de ses positions programmatiques et stratégiques. Elle ne fera pas de l'accord sur l'ensemble de ces délimitations et notamment des questions liées à la destruction de l'Etat, une condition stricte de délimitation du futur parti.
Son combat sur ces définitions stratégiques et les éventuelles conséquences en terme d'orientation, se poursuivra au sein d'un tel parti, dans le souci de convaincre de la validité de ces positions. 109
8. Une telle orientation définit 1 'enjeu de la phase de recomposition actuelle, tant que les conditions générales qui l'ont vu se développer perdurent, tant que des
événements importants à l'échelle nationale et/ou internationale, dans un sens ou dans l'autre, ne modifient pas qualitativement l'appréciation des voies et des moyens de la recomposition du mouvement ouvrier.
Mais cela ne signifie évidemment pas qu'une fois cette analyse établie, les conditions concrètes d'un tel saut qualitatif soient spontanément ou facilement réunies sous l'impactde notre seule volonté. L'expérience faite à l'occasion de la campagne Juquin démontre qu'il faut d'autres évolutions pour réunir les conditions d'un saut qualitatif posant concrètement la question d'un tel parti.
Il faut donc revenir sur le bilan de ce point de vue et démêler ce qui relève de limites objectives incontestablement sous-estimées et ce qui relève de faiblesses de notre part.
9. La conjugaison des différents facteurs analysés au point 1 a permis :
-de rendre crédible le test pour la construction d'une nouvelle force;
- sans pour autant permettre sa réalisation.
La faiblesse relative du score a témoigné à la fois du réel potentiel de départ, mais aussi de ses propres limites; ce qui a ensuite des effets importants : insuffisance du résultat final pour relancer durablement la dynamique (malgré l'effet-retard enregistré au moment du 1er Mai ou de la Kanaky) et surtout impossibilité de convaincre l'ensemble des forces de la justesse de leurs choix de départ : type d'unité, contenu de cette unité, objectif d'une nouvelle force.
Mais c'est bien au cours de la campagne elle-même qu'une série de limites ont fini par constituer autant d'obstacles :
- la première question renvoie à la déconnexion persistante entre d'une part la remontée des luttes et leur caractère exemplaire, d'autre part, la politisation des avant-gardes et les recompositions dans la sphère politique.
En effet, si 1 'impact des mouvements sociaux de l'hiver 86-87 a été décisif dans l'évolution des rénovateurs et des courants qui ont pu se greffer autour de la campagne Juquin, à l'inverse la dynamique créée autour des comités, n'a que peu mordu sur l'engagement politique des avant-gardes de lutte ou de la jeunesse.
Ce décalage, déjà enregistré aux lendemains des mouvements de l'hiver, n'a pas été (même partiellement) surmonté à 1' occasion de cette campagne et a, en retour, affaibli la crédibilité même du projet
La question de la jeunesse pèse de tout son poids : une des conditions de crédibilité d'un processus de recomposition à gauche, c'est-à-dire de modification à gauche d'un champ politique structuré depuis des décennies, est évidemment la jonction entre la génération de 68 et celle de 86. On ne construit pas un nouveau parti exclusivement sur une génération qui a 20 ans de militantisme et trop d'échecs sur son chemin.
Or, s'il était évident que 1' aspect «crise du PCF» et «identité communiste» jouait un rôle important sur la génération pré-soixante-huitarde, il était tout aussi évident que de telles références n'avaient qu'un aspect négatif pour la jeune génération; pour ceux qui sontentrésen politique à la fin des années 80, lePCF n'est plus qu'un parti ringard, vieillot, anti-démocratique, tournant le dos à toutes les valeurs positives de la jeunesse.
Les références réelles et obstinées du candidat et de l'ensemble de la campagne aux mouvements de la jeunesse, n'ont pas davantage permis que la greffe s'opère à une échelle significative. La contradiction entre un public ex-communiste, syndicaliste de gauche, soucieux d'un certain profil de respect des valeurs ouvrières contre les dérives de la social-démocratie et une jeunesse défiante a priori face à toutes les références passées, faillies à ses yeux, n'est pas facile à résoudre.
La jonction entre les générations est l'un des enjeux de cette phase de recomposition.
Plus généralement l'impact des mouvements sociaux et notamment des luttes ouvrières modifie positivement l'appréhension du rôle de la mobilisation, de la démocratie et de 1 'unité dans les luttes, de la crise profonde du syndicalisme, mais souligne en même temps le décalage entre ces éléments considérables d'accentuation de la crise du mouvement ouvrier, et les difficultés à déboucher concrètement dans l'émergence d'une force politique globale.
-La deuxième question renvoie à la faiblesse des rénovateurs et aux difficultés réelles que nous avons rencontré pour réaliser une convergence politique autour d'une plate-forme, de la définition des axes politiques de la campagne, de 1 'élaboration et du débat programmatique et stratégique, de la préparation collective de l'avenir.
Il est clair que nos propres insuffisances n'ont pas facilité les choses de ce point de vue : nous avons été incontestablement sur la défensive en permanence dès qu'il
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s'agissait de préciser «1' après-présidentielle» alors même que le débat était posé (y compris par nous) dès l'origine de la campagne Juquin. Si nous avions pu mener l'offensive et faire des propositions à l'ensemble des forces dès le début, sur la
construction d'une nouvelle force, sur le sens du «test» opéré, sur les médiations possibles, sur des questions telles que le rôle des comités, celui d'un lien permanent entre organisations, celui d'un front, etc ... et surtout si nous avions pu annoncer et expliciter notre volonté de tenter de construire un parti ensemble, sans cacher aucune de nos options programmatiques et stratégiques, mais sans non plus faire un préalable de 1' accord sur tout, lequel contribuait à interdire tout débat sérieux, nous aurions réuni davantage de capacités à peser sur 1 'évolution des rénovateurs.
Mais il aurait fallu pour cela une avancée plus importante de laLCR sur les enjeux de la phase de recomposition, une élimination radicale de toutes les illusions dangereuses sur la «roche communiste» qui masquaient la nécessité d'un débat sur les questions stratégiques, et partant de là, un accord sur le fait que nous étions prêts à nous engager dans la construction d'un parti en commun et non à favoriser a priori la construction propre des rénovateurs dans l'illusion que nous serions alors ramenés à un schéma classique de fusions entre forces.
Les rénovateurs n'avaient d'avenir à partir de leur évolution vers la gauche et de leur rupture avec le PCF, que dans un processus de convergence et de confrontations politiques dans l'objectif de la recomposition du mouvement ouvrier.
Une fois ceci dit, cela ne doit pas nous empêcher de rester lucide :les limites des rénovateurs rapportées aux obstacles précédents, compromettaient de toute façon l'issue positive du processus.
D'entrée de jeu, les rénovateurs n'ont pas pu entraîner dans leur sillage la plus grosse partie de leurs alliés potentiels (les actuels «reconstructeurs» dont une bonne partie des militants CGT ce qui n'est pas sans importance). Nous avons sous-estimé les effets ultérieurs de cet échec de leur part, en considérant que la campagne J uquin et la dynamique créée à cette occasion entraînerait rapidement une nouvelle scission du PCF. Les effets du score de Juquin, surtout en comparaison avec ceux deLajoinie d'une part, de LO de 1' autre, n'ont justement pas permis cette démonstration. Enfin, la génération des <<rénovateurs» pour 1' essentiel se recrute dans les couches qui fait leurs armes au PCF durant 1 'Union de la gauche; la faiblesse politique de dirigeants formés dans un parti réformiste durant ce genre de période ne doit pas être sous-estimée.
Tout cela ne remet en cause ni 1' appréciation de la profondeur de la crise du PCF, ni même les possibilités de voir à l'avenir émerger des courants tels que les rénovateurs. Il faudra simplement tenir compte de ces questions dans de nouvelles expériences.
Il n'est pas exclu cependant que nous ayons «raté» (même involontairement) une conjoncture particulièrement favorable et que les lendemains soient difficiles. Mais à ce sujet, rien ne peut être affirmé avec certitude ni sur 1' avenir immédiat au niveau national (formes de la crise du PCF, du PS, des syndicats, type d'usure du gouvernement Rocard, réactions futures de la jeunesse, impact des luttes), ni sur les effets difficilement mesurables des ébranlements en cours à l'échelle internationale: évolution de 1 'URSS de Gorbatchev, Europe de 92, désarmement etc ...
10. Il est donc vital que la LCR réaffirme son analyse des phénomènes de recomposition, leur caractère durable sans modification substantielle de la situation, les médiations nécessaires dans l'approche de ces phénomènes.
De ce point de vue, la question des actuels comités J uquin et notre attitude dans ce cadre doit se définir ainsi :
-nous pensons que les conditions ne sont pas réunies pour la construction d'un nouveau parti, qui supposerait des débats et des délimitations d'une autre ampleur sur la base d'une dynamique permettant un véritable saut qualitatif.
- Mais nous ne tournons pas la page : les acquis de la campagne sont pour nous des éléments décisifs de toute possibilité de rebondissement ultérieur qui serait permis par de nouveaux développements de la crise du mouvement ouvrier. Acquis, tant du point de vue des bases politiques encore aujourd'hui réaffirmées, car permettantd' ouvrir un espace politique cohérent de contestation du consensus mou établi autour de la social-démocratie; mais acquis aussi du point de vue de la construction de comités pluralistes , cadres de convergence de courants et d' organisations d'origine diverses, et cadre d'action et de débat autour de questions-clefs de la situation politique actuelle.
Nous sommes conscients de l'involution générale de la dynamique et de l'affaiblissement des comités, mais notre investissement demeure à la hauteur de leur réalité locale et nationale, dans l'objectif de poursuivre cette expérience initiée et de préserver les capacités d'action et d'expression.
Note 111
Ce texte a été voté par 5 camarades du CC et 1 camarade de la CCC
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