La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Bastille-Tian Anmen

Critique communiste, n° 86, juin 1989 · p. 3 · 442 mots

Alain Touraine, le sémillant théoricien de toutes les modernités, l'a proclamé dans les colonnes du Monde, le 26 mai dernier: «C'est à Pékin et non au milieu des confettis du Bicentenaire français que vit l'esprit révolutionnaire ... » L'essentiel est dit. Peu importe que, jamais en panne de sophismes, Touraine y voit, dans la continuité de Mai 68 bien sûr, une «révolution contre la révolution» (sic) ... Une société en révolte contre un pouvoir qui, né d'une révolution, est par essence antipopulaire. Non, aux yeux de notre idéologue, pour avoir trahi celle-ci, mais parce qu'empêtré dans des idéaux obsolètes, tel le socialisme. Pour M. Touraine, qui réfléchit dans un monde posthistorique, il n'est plus d'autre horizon que démocratique, et de secousses possibles que dans ces sociétés lointaines qui n'ont pu encore accéder à ce nirvana de la démocratie (bourgeoise). Décréter «la fin de cette ère mondiale des révolutions » n'est pourtant pas très moderne. Nous l'a-t-on ressassé cette fin de la révolution depuis 1 789 ! Et combien longue la kyrielle de ceux qui se sont drapés de rouge pour attaquer le drapeau rouge ! A ces fadaises, nous préférons les échos enthousiastes et haletants de la Commune de Pékin lorsque, contre tous les reniements et les affaissements, explose la jeunesse révolutionnaire de cette Chine si présente à la mémoire vivante du mouvement ouvrier international. Il est bon de voir si magnifiquement confirmée l'évidence que, quoi que s'égosille Alain Touraine, nous sommes en plein dans l'ère des révolutions. Raison de plus pour que le bicentenaire de la Révolution française ne soit pas accaparé par les faux nez et culottes de soie, les puissants de ce monde venus à Paris compter leurs capitaux, dénombrer leurs missiles et mesurer leurs privilèges. Le 8 juillet, nous serons avec toutes celles et tous ceux qui, de 1 789 à 1 989, de la Bastille à Tian Anmen, participent d'une même continuité : celle du combat révolutionnaire contre l'injustice et l'oppression, pour la liberté, l'égalité et la fraternité. Nous serons avec les forces de la vie, celles des peuples écrasés par la dette et l'impérialisme, avec le tiers état moderne. Pour que l'humanité ne soit pas privée d'avenir.

SOMMAIRE 4 Europe : Convergences et divergences autour d'une naissance, par François Dietrich. DOSSIER 1 6 La Corse méditerranéenne : un bilan accablant, par Laurent Carasso. 18 Plan et pouvoir, par Alain Nazier. 20 Le mouvement nationaliste, par Laurent Caraso. 2 2 La droite en proie au démon rénovateur, par Francis Sitel . 2 7 Ecologie et socialisme, entretien avec Jean-Paul Deléage.

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