Nombreux sont ceux, nous révèle I'Evénement du jeudi, qui « gagnent , beaucoup plus que Calvet ! Le PDG de PSA avait bien besoin de ce renfort en forme de mise au point. La solidarité active du CNPF et la tacite complicité du gouvernement n'avaient pu empêcher cette disgrâce des médias - quasi marque d'infamie - qui suivit la publicité faite par le Canard enchainé à ses revenus déclarés et aux« augmentations, qu'il s'était octroyé. Comme si un PDG de cette compétence pouvait être trop cher payé ! Calvet doit penser que ce monde est bien injuste ... Le "redressement, de PSA-Peugeot, unanimement salué, n'est-ce-pas lui? Le défi lancé aux Japonais de résister victorieusement à leur concurrence ? Encore lui! Le souci de tenir la dragée haute aux travailleurs pour ne pas lâcher sur la maximalisation des profits? Toujours lui ! Et, d'abord, les mesquines indignations de ceux qui comparent ses revenus aux cinq mille francs mensuels accordés aux ouvriers ne supposent-elles pas un grossier malentendu ? Dans ce cas il s'agit de salaires. Dont d'implacables lois exigent qu'ils soient bridés si l'on veut les profits florissants. Dans l'autre, on recueille les fruits de cette habile politique. Bref, le mot "gagner,, est par trop flou. Les ouvriers peuvent s'autoriser à croire que, par leur travail, ils« gagnent,, (mal) leur vie. Ils ne sauraient oublier qu'ils sont les perdants d'un système où les gains des patrons, des propriétaires, des boursicoteurs (ce sont souvent les mêmes) ne sont rien d'autre que le partage des profits ... Entre gagneurs ! Et la seule question sérieuse qui se pose est de savoir de quel côté on est, avec qui on veut faire société. La courageuse détermination des Peugeot est venue le rappeler au bon moment. D'où l'extraordinaire popularité de leur lutte. Lorsque, un peu partout, de Sochaux à Bercy, de nombreuses "catégories de personnel , protestent contre la maigreur de leurs salaires face à l'obésité des profits, exiger davantage apparaît comme une stricte question de dignité. Nos socialistes gouvernants auraient tort de l'oublier et croire qu'ils pourront s'en tirer à force de gesticulations. Gesticulations de dire : "Nous n'y pouvons rien, Peugeot c'est le privé", quand, dans le public, aux Impôts, ils opposent un même refus aux revendications ! Gesticulations encore de prétendre soutenir, en tant que Parti socialiste, les Peugeot et ne pas lever le petit doigt comme gouvernement; pour, au bout de cinq semaines de grève, faire ce geste auguste qui consiste à désigner un ... "médiateur, ! La grève de Peugeot rappelle à ces messieurs qu'il ne suffit pas de gagner les élections, au nom de la gauche, pour prouver qu'on n'est pas du côté des " gagneurs , .
SOMMAIRE 4 La Guadeloupe, le dos au mur, par Jacques Dubuis. 7 Interrogations polonaises, par François Ollivier et Francis Sitel.
0 Le socialisme, malgré tout, par Hubert Sandor. 13 Pour le passage de tout · le pouvoir à Solidarité, par Zbigniew Kowalcwski. 1 7 « Entre deux mondes», par Gérard Filoche. 19 Remarques sur les différents visages du . . marché, par François Dietrich. 21 Le passé, enjeu au présent... Entretien entre Daniel Bensaïd et Antoine Artous, à propos de Moi, latévolution. 28 C. L. R. James, Briser les chaînes ... , par Enzo Traverso. 33 La révolution confisquée, par Alain . Nazier.