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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

DOSSIER

Crise de l'extrême gauche italienne

· Critique communiste (1re série), n° 14-15, mars-avril 1977 · p. 130-139 · 2 770 mots

1 'extrême gauche italienne

1/ le document des 62

On ne peut pas comprendre les raisons de la crise qui traverse le PDLJP. i\0 ct leur processus d "unification. et encore plus le reste de la gauche révo lutionnaire. si on lïsole des bouleversements qui affectent le mouvement ouvrier italien dans son en sem hic .

Ces bouleversements trouvent leurs racines dans le niveau très avancé de l"affrontement politique et de classe au cours des deux dernières années. L "agg ravation de la crise économique ct la mise en cause du monopole démocrate-chrétien sur le pouvoir d'Etat font quïl est aujourd"hui impossible pour la gauche de continuer à opérer comme force uniquement d"opposition et à mener des luttes qui . tout en ayant des implications politiques riches . ont un contenu exclusivement revendicatif. Cette situation lui impose des responsabilités de gouvernement. ce qui signifie prendre la direction du proces1.111

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r -;us s,JCial et l'organisatton dit contrC1Ie Je ma~sc sur cc rrocc-.;sus.

Gc·cst ju-.;tcment l'agg ravation de la crise. sa Jimension internationale. -;a nature IHln seulement economique. mais ega -lement insltlutionnellc et morale. et la croissance dath cc contexte de mouvement de pointe et d'cxrerienccs anticapitalistes qui rendent impossible une alternative politique qui ._·arrête -co mme -.;e proposait de le faire le comrromi~ historique ct c'est pourquoi il echoue- aux limites d'une modernisation du système et une democratisation de l'Etal. sans remettre en cause les structures. les institutions ct les valeurs du système.

In·autre part le conditionnement efTectue par les grandes puissances. l"equilibre européen. la force ct l'orientation des grands ranis traditionneh. l"absence de roinl de rèlërcncc credible dans d'autres expériences révolutionnaires de ravs capitalistes avances. rendent impensable un schéma traditionnel de rupture du pouvoir bourgeois

.\insi. après de nombreuses années sc pose de nouveau lè rendez -vous tant de fois manqué ; celui . de la revolution dan-.; les pays capitalistes avancés.

Mais il -.;c pose dans le cadre de rapports de forces modifiés. avec un grand patrimoine de luttes el d'organisations face à un adversaire divisé et dont l'hégémonie est en crise. La conquête ct la gcst ion du pouvoir par le bloc social sous hégémonie ouvrière el le lancement d'un nouveau modèle de transition au socialisme sont à l 'o rdre du jour.

Les forces politiques du mouvement ouvrier sont contraintes. du fait même de leurs progrès. à découvrir leur jeu et à montrer comment faire face à la crise du pays et aux problèmes des masses. Voilà l"arrière-fond des difficultés actuelles. non seulement des nôtres . mais également de celles du Parti communiste et du Parti socialiste que leur longue évolution réformiste cl la mise entre parenthèses du bloc social sous hégé monie ouvrière ont laissé sans stratégie valable. les affaiblissant cl désarmant leur base. Mais ces échéances exigent également avec urgence une nouvelle ligne révolutionnaire. L'enjeu est soit un tournant historique. soit un repli durable. Négliger celle dimension de t'affrontement. ignorer que la panic est encore ouverte. lutter contre la ligne autodestructrice des réformistes sans savoir apporter une réponse

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r glohale. organique et de masse aux prohlèmes décisifs. non -;eulement amènerait à la défaite. mais stimulerait également la désagrégation de la gauche.

C'est là aussi qu'il faut chercher la racine de la crise du PDLJP et AO. Au sein de ces deux organisations s'est développée la lutte entre deux lignes. ou plutôt entre une élaboration naissante mais qui n'a pas réussi à se transformer en pratique de masse et une ligne qui est à moitié exprimée. mais renète et stimule des initiatives contradictoires. De là découlent l'incertitude et la confusion du débat. la paralysie des initiatives. l"oscillation des comportements. la crise d'identité. la baisse de la tension idéologique. l"exaspération des oppositions.

La ligne politique sur laquelle s'est développé le processus d'unification . surtout à partir du séminaire de Bellaria (séminaire des comités centraux des deux organisations au mois de septembre. NDLRl. est la suivante:

::J) la cnse économique et politique continue de s'approfondir. malgré les tentatives de restructuration capitaliste:

Mb) vu la nature et la dimension internationale de la crise. une stabilisation du système exigerait un régime politique autoritaire et un modèle de développement économique (restauration des processus d'accumulation des années 1950) tout à fait incompatible avec les rapports de forces imposés par la classe ouvrière et la base même des organisations syndicales et des partis de gauche:

Gc) la maturation politique des mouvements de masse. comme le confirment les luttes ouvrières et étudiantes de ces derniers jours. offre encore un terrain favorable à une issue de la gauche à la crise :

Pd) cette alternative ne peùt progresser qu·à travers. d'une part. la construction d'un mouvement de lutte capable de se faire porteur d'un programme d'ensemble d'intervention dans la crise économique en brisant la logique du système. et donc d'une<t-« révolution culturelle» qui préfigure un cadre différent de rapports de valeurs et. d'autre part. un regroupement de gauche contraint de s'homogénéiser et de se rassembler autour d'un projet à long terme correspondant au développement du mouvement de masse :

Be) ces objectifs impliquent le renforcement non seulement 1 .\ ~

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du syndicat de classe mais des nouveaux mouvem ents poli -tiques de masse (des femmes . des étudiants des jeunes. des chômeurs). organisées en structures permanentes de type consiliaire:

Of) un tournant aussi radical non seulement de l'orientation des partis traditionnels mais également dans la pratique des organisations de masse . présuppa:;e l'existence d'une force politique organisée et crédible qui. s'appuyant sur les potentialités du mouvement serait non seulement capable de la susciter. mais de se battre pour l'imposer:

Eg) cette force ne peut naître qu'à partir d'un saut qualitatif de la nouvelle gauche . si celle-ci sait surmonter. en faisant son autocritique. l'économisme et l'extrémisme. prenant une physionomie susceptible de modifier sa base. c'est-à-dire de conquérir les secteurs les plus mürs du prolétariat qui sont restés jusqu'ici aux frontières de l'aire réformiste:

Th) le rapport lulle-u nité avec l'ensemble du mouvement ouvrier n'est donc pas une exigence tactique ni un principe abstrait. mais le choix d'une stratégie pour la période:

Fi) tout ceci est d'autant plus nécessaire. que. jamais comme aujourd'hui. la conquête du pouvoir en Occident apparaît impossible si elle ne s'appuie pas sur un large consensus et exclut certaines libertés (d'expression. d'association. de grève) qui ne représentent pas la globalité de la démocratie ouvrière mais sans lesquelles celle-ci dépérit et régresse.

La ligne qui. au contraire. continue à être pratiquée et qui s'exprime en opposition à la première. n'est pas à proprement parler une ligne extrémiste. Depuis longtemps l'extrémisme est en crise. justement parce qu'il n'est pas capable d'exprimer. sinon sous une forme délirante. une réponse au problème de la rupture el du pouvoir. qui pourtant semble en être l'objectif.

Il ne peut plus survivre qu'en tant que protestation radicalisée et endé:nique: légitime dans ses motivations immédiates. mais privée de perspective politique et risquant de dégénérer.

Chez nous. ce qui survit ou renaît à partir d'anciennes erreurs c'est plutôt une ligne maximaliste: Ligne dont les présupposés sont les suivants :

La) l'initiative capitaliste et la capitulation du PCI ont fait 1.1.1

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rro~re-;ser Jans la cri-;e un rroœssu-; de -;tabilisation-rérm.:s'-llln :

hl rour une lon~ue rériode. now; ne rouvons donc mener qu'une lulle u·nrrn-;ition -;ocialc. cnntn: un cadre rolitique -;uh-;t:mciellcmcnl homogène:

Gc) CCllC orro-.;ition. Jans Je nHlUVCmenl. ne reul que -;e conçentrer sur une Jèlense rigide des rosilions acquises . en raniculier salariales el. au maximum. -;"étendre ü des revcndicaLillns Je roliliquc èmnomiquc visant a garantir certains be-;nins Cl non a réorganiser la rrnuuction -;ur des bases difTéren tc-; :

Pd) une modification de la ligne rnlitiquc du PCI est imrcnsablc avant une défaite et une division en son sein. rarce que -;a tradition cl sa nature -;eraienl homogènes avec son rôle actuel Je gcsl ion du svstèmc :

Gc) c'est sunoul. sinon seulemenl. a rartir de J'organisation d'une dure rè-;istancc ouvrière que reut naître une nouvelle J(Jrcc politique révolutionnaire qui sc po-;era ensuite de façon lradiLionnelle la question de la rrise du pouvoir :

In le cadre privilégié de celle force doit donc être J'unité des révolutionnaires ü partir de leur configuration actuelle. sans avoir le courage de mener une bataille rolitique qui rermelle d'en transformer et récupérer les cadres . les expériences dans un regroupement social plus large: en conséquence la construction du rani partirait essentiellement de t'agrégation indiffërenciée ct spontanéiste des << révolutionnaires» dans des structures de lutte autonome (les collectifs de Democrazia Prolitaria). sans préciser la ligne de leur inLervention. leur programme et J'éventail de leurs interlocuteurs. ( ... )

La resronsabilité de la situation politique actuelle. contradictoire avec la combativité des masses. ne nous incombe certes ras Elle est due essentiellement aux choix. anciens et récents. des principales forces politiques ct syndicales . Mais comment nous y sommes-nous opposés'!

La) Sur le plan des luttes ouvrières. même la ligne volontairement modeste du congrès de Turin (congrès ouvrier des deux organisations en septembre dernier. NDLR) ne s'est pas transrormée en action concrète. Avons-nous élaboré et fait respecté certains engagements à l'organisation syndicale. apportant une contribution sérieuse au mouvement '! Ou plutôt ll.l

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avons-nou" denonce certains comprorni-.; -;ans pouvoir s'v opposer., \1ais notre rôle -;pecifiquc vi-;ant a imposer des proposttion.'> ct des initiatives alïn que la rcsi-;tanœ "ur la qucst ion de l'échelle mobile Ill' cède pas devant le chant~tge Je la crise est reste inoperant. Le discour-; sur la lutte ouvrière contre lïnllation (prix politiques. rationtll'ment. etc .) ou sur la reconversion indu-.;tridle (lier les investissement'> ~i la creation d'emplois. plans -;cctorich pour con..,truin: une strategie industrielle Jillercnte. contrôle ouvrier) ou sur la consnmmation collective (reforme sanitaire. logement) n()n -;eulcment n'est pas dcven u un axe Je lutte. ma i.s ne s'est même pas développé au ntveau de l'élaboration. etant cunstammcnt conteste en notre sein.

bl l.a vague Je lutte etu .:i·• ne nous a tmuves totalement imprépares. bien qu'elle ex~~ ;mc la révolte d\111 sujet social produit du développc: !l W< ct mar)!i·· alisé par cc même développement. et dont r~ . ·us avions ! ,évu la croissance. le rôle ct le-; potentialités : r,ien qu'cil·.~ naisse sur le terrain que nous avions prevu du chômage intellectuel et Je la nullite de l'actuelle -;colarisdtion Je masse: et bien qu'elle démontre une tendance spontanée a la politi'>ation qui échappe a la fois au PCI ct a l'extrémisme. Pourquoi'! (. .l Surtout parce que nou;; n'avons pas cru à la construction d'un mouvement unitaire. ;;ous forme de conseils. lié aux organisations ouvrières sur la base de l'association unitaire qui devait construire cette structure. Nous avons laissé l'initiative a la FGCI (Jeunesse communiste) ct donc ci la déformation institutionnelle ct au minimalisme des contenus qui l'ont menée à l'échec.

Ainsi. aujourd'hui, le mouvement éclate avec ses contra dictions cl s'oppose au PCI sans disposer de forces el de structures capables de l'orienter positivement. ni d'interlocu -teurs capables de sc mesurer avec lui au lieu de tenter Je le chevaucher ou de l'abandonner. Les récents faits de J'université de Rome en sont la preuve la plus dramatique.

Gc) Le mouvement féministe. décisif pour construire dés maintenant une alternative nous a mis encore plus en dirtïculté. malgré le f~tit que. plus que d'autres . nous en avions compris la richesse. Ce n'est pas un hasard si une ligne encore écn'lomiste nous a freiné au moment du référendum sur le divorce. Par la suite nous avons souvent tenté de rattraper le

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retard par une ligne opportuniste. qui reprenait du mouvement féministe seulement sa critique, anti bureaucratique. certes importante. mais sans tenir compte de son message le plus riche (et encore moins en essayant de le traduire en terme de stratégie politique). à savoir la critique globale de la façon actuelle de produire . de consommer. de penser. Ainsi un affrontement politien-idéologique de la dimension de la lutte sur t'avortement. bien mené au niveau parlementaire. est demeuré dans les limites des droits démocratiques. d'une moralité individuelle et libertaire. d'une idéologie radicale. sans se transformer en débat de masse sur une nouvelle moralité communiste.

Edl Sur le front idéologique. enfin. c'est-à-dire sur les gra nds thèmes de perspective remis à t'ordre du jour par les événements chinois et les dissidems des Pays de l'Est. au lieu d'imposer une rénexion sur t'échec de l'hypot hèse krouch tchévien ne. sur le rapport démocratie-socialisme. sur le totalitarisme comme aspect organique du capitalisme d'Etat. nous avons laissé l'initiative aux courams néo-libéraux et à une reprise du courant modéré. C .. ) (Le documcnr rwsse enlllile â la crise du processus d 'uni/icarion er en donne une explicolion .)

Nous avons sous-évalué. dès notre naissance. bien que pour des raisons et sous des formes différentes. la dimension de la crise du mouveme.n t ouvrier international et de ses canons d'interprétation traditionnels par rapport aux caractéristiques du capitalisme contemporain et la réalité des expériences de la zone soviétique. Cette crise investissait également le mouvement ouvrier italien et sa composante dominante. le togliatisme. Son illusion gradualiste. son identification entre démocratie et socialisme. son acceptation acritique du développement des forces productives l'empêchait de comprendre la nature nouvelle de la crise et du mouvement. et lui faisait établi_r une séparation entre économique et politique. entre poussée revendicative et Etat. entre démocratie et hégémonie. C'est ce qui est arrivé avec la ligne du compromis historique et son application concrète.

Nous avons par contre surévalué la capacité des nouveaux ;;ujets sociaux à s'unifier. à exprimer d'eux mêmes une théorie et une organisation alternatives. Cette potentialité était 1.16

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r asse'/ grande (et apparemment spontanée) quand la lutte de masse avait comme arrière immédiat une gauche dans l'oppositiPn ct relativement autonome idéologiquement. et trouvait dans l<1 lulLe offensive dans l'usine une hase matérielle et des l(mnes unilïantes . 1 .a situation a changé quand la crise a fait peser sa menace . le PCI s'est engagé dans une perspective de J)<lrlicip<lli<1ll au gouvernement. alors que les conquêtes ll1l;mes des masse~ av:>ient démantélé de nombreuses structures unifiantes . kcolc. famille. etc.) et désarticulé la réalité de classe acruclle. TouL ceci n'a pas diminué le mouvement de contestation du système. mais en a accentué la sectorialisation. offrant des marges aux phénomènes irrationnels et de désagrégation. C'est pourquoi au moment où l'hégémonie du PC! augmente. les forces et les traditions qui . en son sein et à l'ex térieur. seraient capables de construire une riposte. s'érodent.

Il serail illusoire de penser rompre ce cerr;le vicieux dans lequel se trouvent également nos organisations par un effort volontariste ct centralisateur. Mais il serail tc•ul autant illusoire de penser le rompre par un appel à la base . au bon sens des masses.

(. .) Tenter de surmonter nos divisions en mettant au premier plan la construction d'un parti-réservoir. c·aractérisé presque uniquement par la dénonciation de la situation acwelle et par la prudence face aux organisation syndicales ne signifie pas retarder les choix. Cela signifie. comme cela arrive toujours avec l'empirisme. faire un choix inavoué. Privé d' une ligne et d'une structure capable d'o rienter sa zone de développement. un tel parti deviendrait avant tout le point de rassemblement des résidus de la crise des groupes. il serait divisé par les luttes internes, il ne trouverait comme seul point commun que le chevauchage de quelques secteurs du mouvement.

Il ne serait pas seulement inadéquat. mais il contribuerait à la défaite.

Il faut emprunter une autre voie. il faut mettre au poste de commande non pas des médiations de sommet ni des appels à la b_ase mythiques et quelque peu hypothétiques. mais une véritable production d'expériences et d'idées . Il faut surmonter l'illusion d'une agrégation de sigles comme ersatz de

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cmissance rolililJliC. La voie Je la constructilln Ju rani n'est ras courte. Ft elle ne rcut ras être raccourcie rar Jcs imrrovisations organisationnelles construites sur une hase roltlilJLIC tror l'ragilc. Des erreurs Je cc genre ont Jêja coütë asse; cher ~Ill PDl ll' Jans le rassë . . \ujouruïllli elles seraient mortelles. Ccst pourljuoi l'unilïcation entre :\0 ct le PDl ' P :!nit rerartir Jans un caure nouveau. en tenant comrtc. u·llllL' rar t. de l'ëruisement Je l'ex[)êriencc Je chaque organi";'t i<\11 ct. d. IllIre rart Je la possihilitê d'une rccomrosition 1 . i

/)nc/1111('11-' l(f.!llr; Cil cnll/1111111 f1ttr 30 lll<'lllhn ·, )1.1 ( '111/ilë <'(' lllral de ·lwllgl/urcliu Orwruiu el 3] 11/('1//hre.' d u m111ite · t'litru/ d11 PIJUP. ( P11hli1' dum le QuotiJiano Je1 1 " ' <11«1<\lî d11 :::: lc'l'l'ier I\J77 13X

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HISTOIRE DU

MOUVEMENT

OUVRIER

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