UNE LETTRE DE PIERRE BROUE le 16 juin 1977 Camarades, J'ai reçu le numéro 14115 de votre revue Critique communiste à laquelle je ne suis pas abonné, et ai pris connaissance de la lettre d'Elie Carasso, que je ne connais pas. J'y ai relevé -et pour cause- le passage suivant:
«Lors du dernier congrès de l'OC/ (décembre 1975), Pierre Broué, qui n 'est pas n'importe quel militant, non seulement de l'OC/, mais du mouvement ouvrier tout entier, a été destitué du CC alors qu 'il s y représentait, après une intervention de Nény, vraisemblablement larbin de Lambert en la circonstance, l'accusant de ... ne pas avoir tenu un meeting prévu à Clermont-Ferrand. >>
Je ne sais pas si la direction de mon organisation, l'OC!, décidera ou non de répondre à cette lettre, à laquelle, pour ma part, je ne voudrais toucher qu'avec des pincettes. Mais c'est évidemment en plein accord avec mes camarades que je veux immédiatement répondre à des affirmations aussi précises et dans lesquelles je suis personnellement et nommément impliqué.
Je ne sais vraiment pas si je suis ou non « n'importe quel militant », mais j'ai en revanche la certitude que votre revue, elle, accueille n'importe quoi dans ses colonnes. En effet :
1. Je n'ai pas été « destitué » du CC de l'OC! ; 2. Christian Nény n'est pas intervenu au cours du débat sur ma candidature.
C'est dire ce qui reste des affabulations de votre correspondant. Sans doute suis-je encore quelque peu candide, mais je demeure persuadé que votre organisation et votre revue devraient avoir mieux à faire , concernant les rapports avec l'OC!, que de se faire le réceptacle de ragots aussi médiocres et il m'aurait semblé plus positif, pour tous ceux qui se réclament aujourd'hui du trotskysme, de mener dans vos colonnes, avec nous, un débat sur le Front populaire et l'Union de la gauche, voire lestalinisme.
Il va de soi que je vous demande l'insertion de cette lettre, non pas conformément à la loi, mais conformément à la tradition de démocratie ouvrière du mouvement français et international, du trotskysme.
Fraternellement, Pierre Broué