La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Trotsky et les problèmes de la vie quotidienne, de la famille, des femmes et de la « Vie nouvelle »

· Critique communiste (1re série), n° 2, juin-juillet 1975 · p. 19-28, 30-34 · 6 735 mots

Alexandre Korel. TROTSKY ET LES PROBLEMES DE LA VIE QUOTIDIENNE DE LA FAMILLE, DES FEMMES ET DE LA « VIE NOUVELLE ».

On prépare actuellement la publication d'un ouvrage de L. D. Trotsky encore inédit en Français (1 ). Il s'agit d'une série d'articles publiés dans la Pravda au cours de l'été 1923 et réunis ensuite sous forme de livre. Nous pensons qu'il n'est pas trop tôt pour en parler dès aujourd'hui. Cet ouvrage fut publié à Moscou sous le titre général de Voprosy Byta, ce qui dans une édition partielle anglaise a été traduit par Probléms of Every Day Lite ou Problèmes de la vie quotidienne ( 2). Ce titre ne nous parait pas entièrement satisfaisant parce que trop restrictif. Si Trotsky, dans cette série d'articles, traite effectivement de toute une série de petits problèmes- l'un des articles s'appelle «Attention aux petites choses » - le terme de « byt » recouvre une notion infiniement plus large que celui de vie quotidienne et ce n'est pas là un problème de linguistique abstraite.

C'est en fait la notion de mode de vie que recouvre le mot russe de « byt ». N.A. Semachlo essaye dans un de ses nombreux articles consacrés au « byt » d'en définir le sens : « Avant de parler du combat pour un nouvèau byt mettons-nous. d'accord sur ce que l'on entend par byt. Par ce terme on désigne généralement l'ensemble des habitudes, des usages, des coutumes, des croyances et des opinions appartenant à un homme ou à un groupe social. » (3). C'est donc bien par« des questions du mode de vie» que nous traduirons « Voprosy Byta », non par une quelconque manie de traducteur mais parce que c'est en ces termes que se posait alors un problème capital pour la révolution, celui de la reconstruction du mode de vie, en russe Perestroika Byta, qui à l'époque se posait dans les termes suivants: «La révolution n'est pas terminée. Depuis la victoire d'Octobre se sont dressées devant elle des tâches infiniment plus complexes que celles de la préparation des masses à. la révolution politique. Devant le pays se sont passées les tâches de la ((révolutionnarisatiom) de toute la vie économique du pays. Mais ceci n'est encore rien. S'est posé devant la révolution le problème de la reconstruction de tout le 19

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mode de vie, de tout le comportement d'un pays et de ses millions d'habitants.» (4). Ce sont ces problèmes que dès 1923 Trotsky posera dans Des questions du mode de vie .

Notre propos n ·est pas de rajouter une pierre à un monument à Trotsky. Il n'est pas de « prouver » que seul, et avant tout le monde, il avait pressenti l' importance de ces problèmes. On peut même penser, et certains ne manqueront pas de la souligner lorsque paraîtra la traduction intégrale, que d'autres marxistes avaient déjà -et ont depuis - traité et parfois plus à fond de ces questions. On pourra à juste titre montrer que certaines des idées avancées par Trotsky dans Des questions du mode de vie ne l'ont été que superficiellement, que certaines parties de ces écrits ont perdu de leur actualité. Pourquoi alors revenir aujourd'hui sur ces textes ? L'intérêt essentiel de cette œuvre nous semble résider : 1. Dans la démonstration faite de l' impossibilité qu'il y a à isoler les problèmes du mode de vie du combat général pour une transformation révolutionnaire de la société. 2. Dans l' impossibilité qu'il y a à reléguer ces problèmes à un « plus tard » indéterminé.

C'est dans une période cruciale de l' histoire de l'U .R.S.S. que Trotsky écrit dans l'organe central du parti communiste la Pravda, la série d 'articles qui constituent Des questions du mode de vie. Cette importance accordée à un problème qui pouvait dans le contexte de l'époque et vu l'urgence des autres tâches apparaître comme mineur est l'une des raisons qui milite en faveur de la publication de cette œuvre et qui transforme une série d'articles en apparence circonstanciels en œuvre théorique. Contre l' influence démoralisante du mode de vie bourgeois de la NEP.

Avec l'entrée en vigueur de la NEP en 1921, un chapitre de la révolution est définitivement clos, celui du communisme de guerre, de l'enthousiasme héroïque, celui aussi de certaines illusions que Lénine lui-même dénoncera: «Emportés par la vague d'enthousiasme ( ... ) hous comptions pouvoir par les ordres exprès de l'Etat prolétarien, organiser à la manière communiste dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l'Etat. La vie a montré notre erreur( ... ). Ce n'est pas en s'appuyant directement sur l'enthousiasme, mais au moyen de l'enthousiasme engendré par la grande révolution, en faisant jouer l'intérêt personnel, /'avantage personnel, en appliquant les principes du rendement commercial qu'il nous faut d'abord, dans un pays de petits paysans, construire de solides passerelles con20 duisant au socialisme en passant par le capitalisme d'Etat JJ (5).

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Ces mesures inévitables et que Trotsky approuvera portaient néanmoins en germe des dangers auxquels il fut peut-être plus immédiatement sensible que d'autres et qui expliquent 'sans doute pour une part que dans une période d'extrêmes difficultés politiques et économiques (la crise des« ciseaux» se situe au printemps et durant l'été 1923) il aborde ce problème en apparence secondaire du mode de vie. Le recours à 1 'intérêt personnel, aux avantages personnels, la. réapparition à la faveur de la NEP d'une nouvelle bourgeoisie (qui n'est souvent d'ailleurs que l'ancienne) avec son comportement, ses habitudes, son intéressement pour les biens matériels, son âpreté au gain et son propre mode de vie qui est celui du passé et qui détonne dans la misère ambiante et 1 'austérité bolchevique, constituent une grave menace pour les progrès de la révolution . Inévitable sur le plan économique elle risque de freiner, voire de rendre impossible des comportements sociaux que la révolution entend mettre en pratique et qui sont sa raison d'être.

Ces « spécialistes » dont le concours est indispensable, ces « nepmans » qui étalent U[l luxe insolent « risquent de remplir peu à peu les formes soviétiques d'un contenu bourgeois et liquidateur de la révolution » (6) . Si cette situation, dans une période de transition est inévitable, il importe de préserver l'avenir et de maintenir, face à cette conjoncture considérée comme provisoire, l'esprit révolutionnaire et l'éthique propre du prolétariat. C'est pour ces raisons que parallèlement à ses autres activités, Trotsky s'attelle à cette tâche de longue haleine: la préparation de la « reconstruction du mode de vie ». Au-delâ des conditions économiques indispensables à la transformation des rapports sociaux de production il plante déjà les premiers jalons de cette transformation totale de l'être humain qui constitue le but final de la révolution socialiste. Le «retour complet de l'homme à luimême ( ... ), retour complet accompli en pleine conscience et sauvegardant toute la richesse du développement antérieur » qu'annonçait Marx, Trotsky estime qu'il passe par les questions qu'il soulève dans Des questions du mode de vie (7) .

Cette préoccupation avait été pour une part celle des socialistes utopiques et de certains« populistes » russes influencés par ce courant pré-marxiste : Pissarev, Dobrolioubov et surtout Thernychevski (8) mais, comme le souligne Trotsky, ils avaient privilégié l'approche moralisatrice et idéaliste sans percevoir l'importance primordiale des facteurs économiques sans saisir que« le nouvel être humain déterminé à vivre sa vie en conformité avec la raison et qui acquiert unè véritable personnalité grâce à l'arme de la pensée critique (ne peut surgir qu'après) la prise du pouvoir par la classe ouvrière qui crée les prémisses d'une transformation complète de la morale . La morale ne peut être rationalisée 21

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- c ' est-à-dire mise en cohérence avec les exigences de la raison- si la production n'est pas simultanément rationalisée, car c'est dans la production que se trouvent les racines de la morale ( ... ) Lorsque la classe ouvrière prend le pouvoir, elle se fixe pour tâche de subordonner les principes de l'économie et les conditions sociales à un contrôle et à un ordre conscient. Ce n ·est que par ces moyens et par ces moyens seulement qu'il existe une possibilité de transformer consciemment la morale» (9).

Il semble inutile de souligner que Trotsky ne partage pas le point de vue simpliste selon lequel les superstructures ne seraient que le résultat direct et automatique des infrastructures, économiques, point de vue qui sera développé dans les thèses staliniennes. Il y a interaction constante entre 1 'infrastructure et les superstructures : « La transformation critique de la morale est nécessaire pour que les formes de vie conservatrices ne continuent pas à exister en dépit des possibilités de progrès déjà offertes à nous aujourd'hui ou qui le seront demain . ( ... ) Le moindre succès dans la sphère de la morale et qui contribue à élever le niveau cul -turel du travailleur et de la travailleuse augmente notre capacité à rationaliser la production et à promouvoir l'accumulation socialiste. Ceci nous donne de nouvelles possibilités de conquêtes dans la sphère de la mora le. Ainsi existe-t - il un rapport dialectique entre les deux sphères . Les conditions économiques constituent le facteur principal de l' histoire, mais nous, en tant que parti communi ste et en t ant qu 'Etat ouvri er ne pouvons influencer l'économie qu'avec l'aide de la classe ou vrière et, pour y arri ver, nous devons trava iller sans cesse à promouvoir les capacités techniques et culturelles de chaque membre individuel de la classe ouvrière. Dans l' Etat des travailleurs, la culture travaille pour le socialisme et le socialisme en retour offre la possibilité de créer une nouvelle culture pour l' humanité, culture qui ignorera les différences de classes». (1 0) . Nains, pygmés, chacals, enragés, etc.

Dans ce combat pour un mode de vie nouveau , Trotsky abordera des problèmes en apparence mineurs tel celui, par exemple, de la grossièreté dans le langage (chapitre : « La lutte pour un langage cultivé»), tel celui de la politesse (chapitre : « La civilité et la politesse dans les relations quotidiennes »). Dans ces chapitres il dénoncera la grossièreté fondamentale, dans son langage conime dans son comportement. de la bureaucratie. « De quelle manière l'appareil d'Etat établit-il le contact direct avec la population ? Comment traite-t-il une personne qui a une réclamation à formuler ? ( ... ) Comment se comporte-t-il avec les individus ? Com22 rnent s'adresse-t-il à eux, si toutefois il le fait ? Tout cela constitue

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aussi une part importante de « la vie » (11). La réponse à ces questions, la bureaucratie envahissante se chargeait déjà de les fournir, et ce n'est pas sans raisons que Trotsky posait ces questions. Ce langage, ce comportement traduisaient le profond mépris du peuple, caractéristique de la bureaucratie. Ce sont ces mêmes aspects du comportement bureaucratique que Maïakovski dénoncera en 1930, peu de temps avant son suicide, dans . sa pièce : Les Bains.

Bientôt 1 'injure remplacera le débat politique, bientôt le procureur Vichinski réclamera la mort pour « ces nains, ces pygmés qui se sont attaqués à notre soleil, Staline», bientôt c'est aux cris de «à mort les chacals enragés » que l'on exécutera ceux qui seront accusés d'être les complices et les agents de Trotsky et l'utilisation de ce langage sera une arme efficace de la mystification stalinienne.

Mais si Trots ky fait « attention aux petites choses » ( 12) et entre autre au langage, c'est au problème de changer - de reconstruire - le mode de vie qu'est consacré 1 'essentiel de Des questions du mode de vie. Cette reconstruction passe pour lui par une prise de conscience de l'importance du travail productif. Pour cela, les discours stéréotypés des « agitateurs » professionnels ne suffisent pas. L' ouvrier « a déjà entendu tous les discours qui ont été prononcés. Il n'en souhaite pas d'autres» (13). Avant de discourir sur le nouveau mode· de vie il faut connaître celui qui existe vraiment car « de nouveaux critères moraux ne peuvent pas surgir du néant; on ne peut les atteindre qu'en prenant appui sur des éléments déjà existants mais susceptibles de développement ( ... ), nous devons d'abord voir ce qui se passe réellement dans l'usine, parmi les ouvriers, à la coopérative, au club, à l'école, dans la taverne, dans la rue. Tout cela nous devons le comprendre; cela veut dire que nous devons identifier les résidus du passé et déceler les germes de 1 'avenir » ( 14). Et c 'est à cette tâche -étudier et décrire la vie telle qu'elle est- que Trotsky convie les écrivains et les journalistes, «ceux du moins qui ont des yeux et des oreilles » (15). On est loin comme on le voit du rôle que les staliniens attribueront plus tard aux écrivains : celui d'être « les ingénieurs des âmes», les descripteurs d ' une «réalité» qui, sous prétexte de «réalisme», camouflent en fait la réalité. Pour Trotsky c'est à partir de la connaissance de la réalité, à partir de ce que l'on appelerait sans doute aujourd'hui des études sociologiques scientifiques qu'il sera possible de s'attaquer à la reconstruction du mode de vie et tout particulièrement dans les domaines de la famille et de la libération des femmes .

Que la famille traditionnelle ne soit qu'une étape transitoire dans le développement de la société était pour tout marxiste une donnée considérée comme acquise. C'est dans cette optique que 23

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s'inscrivent toutes les mesures prises dès le lendemain de la révolution : mariage civil et mariage« de facto», égalité des droits entre les enfants légitimes et illégitime~. légalisation de l'avortement et mise en place dans ce but d'un appareil médical adéquat, création - malgré les difficultés économiques de l'époque- de crèches et de jardins d'enfants, etc ... Mais il ne s'agissait là encore que de mesures immédiates et certains pensaient pouvoir aller rapidement plus loin. En 1919 Alexandra Kollontaï écrivait: «La famille cesse d'être nécessaire à l'Etat parce que l'économie familiale n 'est plus avantageuse pour l'Etat et qu'elle écarte inutilement les femmes de travaux plus utiles et plus productifs. Elle n'est plus nécessaire aux membres de la famille elle-même parce que l'autre tâche de la famille -1 'éducation des enfants-- est graduellement prise en charge par la société » ( 16) .

Notre objet n'est pas de nous étendre sur les thèses développées par Alexandra Kollontaï au début des années vingt (17). Trotsky les critiquera dans Des questions du mode de vie comme prématurées, idéalistes et détachées du contexte réel. L'Etat prolétarien était matériellement incapable à cette époque d'une prise en charge totale des fonctions jusqu'alors tant bien que mal satisfaites au sein de la famille. L'Etat n'arrivait déjà pas à s'acquitter des tâches qui lui incombaient en matière d'éducation dans le domaine des enfants abandonnés pour lesquels le recours à l'institution familiale était impossible : «Si vous connaissiez (dira Boukharine à cette époque) l'état actuel des «institutions éducatives » où sont gardés les enfants abandonnés, vos cheveux se dresseraient sur vos têtes» (18). Trotsky quant à lui part. comme il le recommande lui-même, d'un constat: la famille traditionnelle s'effondre et cet effondrement est accéléré par le processus révolutionnaire: «La révolution (dans le domaine de la famille) a été en elle-même un grand pas en avant et les pires aspects de la désintégration de la famille ne sont en fait que l'expression ( ... ) de l'éveil de la classe et de l'individu au sein de la classe» ( 19). Mais la solution à moyen terme du passage à un nouveau type de relations familiales ne peut pas, pour Trotsky, résulter d'une action purement volontariste ni de prêchi-prêcha moralisateurs. Dès 1862, 1 'organisation secrète Jeune Russie avait dans son manifeste exigé l'abolition du mariage en tant que «Phénomène hautement immoral et incompatible avec l'égalité complète entre les sexes» (20) mais il ne s'agissait que d'un vœu pieux, que d'un objectif que les hommes atteindraient en se transformant eux-mêmes comme le fera l'hérol"ne du roman de «politique-fiction» Oue Faire ? de l'écrivain populiste Tchernychevsky (21 ). Pour Trotsky, deux voies parallèles mais liées en -tre elles mènent vers la nouvelle famille:« a) L'élévation du niveau

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culturel et d'éducation de la classe ouvrière et des individus constituant cette classe. b) L'organisation par 1 'Etat de 1 ·amélioration des conditions matérielles de vie de la classe (22) ». Contrairement à d'autres pour lesquels les progrès de la révolution doivent passer par des étapes successives - en premier l'élévation du niveau de vie par la production et ensuite l'effort dans le domaine du IT)ode de vie et de sa transformation- Trotsky pense qu'il est possible d'entreprendre tout de suite, dans un processus dialectique, la mise en place d'un certain nombre de mesures concrètes allant dans le sens de la transformation de la famille. Ces mesures passent par la socialisation d'un certain nombre de fonctions domestiques, par ce que l'on appelera « Obopchtestvlenia Byta » ou collectivisation du mode de vie. « La préparation matérielle aux conditions d'une vie nouvelle et d'une nouvelle famille ne peuvent pas être fondamentalement séparées du travail général de 1 'édification socialiste . L'Etat des ouvriers doit devenir plus riche pour qu'il soit possible d ·entreprendre sérieusement 1 ·éducation publique des enfants et dégager la famille du poids de la cuisine et de la lessive. La socialisation de l'économie domestique ( ... ) est impensable sans un progrès notable de l'ensemble de notre économie. ( ... ) Ce n'est que dans ces conditions que nous pourrons libérer la famille des conditions qui actuellement l ' oppriment et la désintégrent ( ... ), alors le lien (familial) sera débarrassé de tout ce qu i est extérieur et accidentel et 1 ·un cessera d ·absorber la vie de l'autre. Une égalité réelle sera enfin établie. Les liens dépendront de l'attachemen't mutuel ( .. . ) (23). »Mais tout en insistant sur l'importance des facteurs économiques Trotsky ne propose pas de renvoyer ces problèmes à plus tard. Sans s'illusionner sur les possibilités de transformation immédiates, sans aucun volontarisme qui négligerait la réalité, il indique au contraire « que certains pas vers une nouvelle famille sont possibles dès maintenant » (24). Il est possible de mener de front les deux combats nécessaires à la marche vers le socialisme: le combat d'édification économique et celui de la reconstruction du mode de vie : (( Les familles les plus entreprenantes et les plus progressistes peuvent se grouper dès maintenant dans des unités d'habitat collectives. De telles expériences doivent bien sûr être menées avec prudence. L'équipement technique du collectif doit répondre aux intérêts et aux exigences du groupe lui-même et doit apporter des avantages manifestes à chacun de ses membres même s'ils ne sont au début que modestes (25). »Il ne s'agit pas non plus pour la population d'attendre passivement qu'un programme de collectivisation du mode de vie soit élaboré et décrété par en haut. Le rôle de ceux que 1 ·on appelle dans notre terminologie actuelle «les usagers» et dont les sociologues, les architectes et les urbanistes parlent tan[ auJourd'hui (tout en ne sachant pas par quel bout 25

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prendre le problème) est mis en avant. C'est sur la base d'expériences modestes mais concrètes et faisant appel à des volontaires que devront s'élaborer les principes qui, progressivement. seront appliqués à la reconstruction du mode de vie. Vers un mode de vie communiste

« L'expérience de tels collectifs d'économies familiales représente la première et très incomplète approximation d'un mode de vie communiste, doit être étudiée avec beaucoup d'attention et faire l'objet d'une réflexion attentive. La combinaison de la libre initiative et du soutien du pouvoir de l'Etat -avant tout par les soviets locaux et les organes économiques- devrait être considérée comme prioritaire. La construction de nouveaux logements -et nous finirons bien par construire des logements- devra être régie par les exigences des communautés. Le premier succès apparent et indiscutable dans ce domaine, aussi faible et aussi limité soit-il, provoquera inévitablement dans des groupes plus larges, le désir d'organiser leur vie· suivant une orientation similaire. Pour un schéma réfléchi et mis en place par en haut, le temps n'est pas encore mûr que ce soit du point de vue des ressources matérielles de l'Etat ou de celui de la préparation du prolétariat lui-même. Nous ne pouvons sortir de l'impasse actuelle que par la création de communautés modèles. A un moment donné ( ... ) 1 'Etat sera capable ( ... ) de socialiser ces tâches, de les élargir, de les approfondir. De cette manière la famille humaine pourra, comme l'a dit Engels, « sauter du domaine de la nécessité dans le domaine de la liberté » (26) .

Dans ce mode de vie Trotsky n'oublie pas que les femmes devront faire l'objet d'attentions particulières du fait de la double exploitation qu'elles subissent et qui, sur le plan de l'idéologie tout au moins, ne disparaîtra pas automatiquement avec le développement des forces productives nécessaire à 1 'établissement progressif d'un nouveau mode de vie. «En dépit de ses cruautés occasionnelles ( ... ) la révolution est avant tout l'éveil de 1' humanité, sa marche en avant et est marquée par un respect croissant pour la dignité personnelle de chaque individu avec une attention toujours croissante pour ceux qui sont faibles. Une révolution ne mérite pas son nom si avec tout le pouvoir et les moyens dont elle dispose elle n'aide pas la femme -deux fois et trois fois esclave comme elle l'a été dans le passé- à s'avancer elle aussi sur la voie du progrès individuel et social ( ... ). Une révolution ne mérite pas son nom( ... ) si elle ne crée pas, jour après jour ( ... ) une vie nouvelle basée sur le respect mutuel, sur une égalité réelle pour les femmes considérées comme des compagnes 26 de travail (27).»

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Les propos1t1ons d'expériences concrètes dans le domaine de la socialisation du mode de vie ne restèrent pas lettre morte. De telles expériences eurent effectivement lieu en Union Soviétique pendant les années vingt . Un certain nombre de collectifs- on les appelait alors des« communes»- s'organisèrent. L'une des plus célèbres fut la «Commune» des usines d'automobiles A.M.O. (aujourd'hui Likhatchev). Constituées essentiellement d'ouvriers et d'étudiants, organisées dans des locaux de fortune, généralement d'anciens appartements bourgeois. mettant en commun leurs salaires et leurs quelques possessions personnelles. les « Communes» de l' A.M.O., de la Varvarka. de la bibliothèque de Moscou et de bien d'autres entreprises tentèrent de mettre en place ce que Trotsky avait appelé « les germes de la vie nouvelle ». comme expériences sociales et comme exemples destinés aux masses (28). Le thème de la collectivisation du mode de vie restera, jusqu'à la fin des années vingt. une des préoccupations principales de nombreux militants politiques et plus particulièrement de ceux qui s'occuperont des problèmes économiques et de planification tels Y. Larine. M. Okhitovitch. G. Pouzis, L. Sabsovitch. S. Stroumiline et d'autres (29). Des architectes et des urbanistes appartenant au groupe des « constructivistes » étudieront et parfois réaliseront différents types d'habitats collectivisés qui , soit sous le nom de « Maisons - Communes » soit, dans le cas des « désurbanistes ». à l'échelle du territoire tout entier, spatialiseront le mode de vie nouveau dont Trotsky traite dans des questions du mode de vie. Certes ils ne s'y réfèreront jamais pour des raisons évidentes pas plus que les écrivains, les poètes et les artistes groupés au sein du L.E.F. (Front Gauche de l' Art), revue dirigée par Vladimir Maïakovski. Ce sera néanmoins pour «trotskysme» que M. Okhitovitch, le théoricien du « désurbanisme » sera arrêté, condamné et disparaîtra au cours des années trente (30).

Cet article consacré à la présentation de Des questions du mode de vie de L.D. Trotsky n'a pas pour objet de traiter de la période stalinienne ou l'on verra la bureaucratie restaurer les valeurs, les références et les comportements pré-révolutionnaires. ceux précisément contre lesquels Trots ky s'était battu. Dans le domaine de la famille et des problèmes des femmes il en fera luimême. le bilan dans La Révolution Trahie (chapitre : «Thermidor et la famille»). Toute la politique mise en œuvre pendant les années qui suivirent immédiatement la révolution sera remise en cause dans le domaine du mode de vie comme dans tous les autres domaines, et jusqu'à y compris ceux d'apparence mineure comme les arts, l'architecture et l'urbanisme qui, dans les années vingt avaient été considérés comme les « condensateurs sociaux » du nouveau mode de vie (31 ). Tous ceux qui de près ou de loin (à quelques rares exceptions près) avaient abordé les problèmes de la 27

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socialisation de certaines fonctions familiales, qui avaient proposé des solutions nouvelles en matière de culture, d'éducation des en -fants, d'habitat. de libération des femmes etc. seront à un moment ou à un autre taxés de « trotskysme » de « déviationisme de gauche » etc. et disparaîtront de la première édition de la Grande Encyclopédie Soviétique et -pour nombre d 'entre eux- du monde des vivants. L'art d'avant garde des années vingt (sur certaines manifestations duquel Trotsky avait fait des réserves (32)) cet art que l'on avait appelé tout naturellement« art de gauche» sera désormais désigné par le terme de« art gauchiste », prélude à la destruction généralisée et systématique des promesses culturelles des années vingt .

Quant à ces « communes », germes de la vie nouvelle, « premières approximations d ' un mode de vi e co mmuniste», elles disparaîtront à la fin des années vingt des pages des publications soviétiques qui en faisaient jusqu 'alors grand cas sans qu ' il soit possible, aujourd'hui encore, de savoir ni comment elles furent dissoutes, ni ce qu'il advi nt de leurs membres . Ces «communes » avaient- elles été des bastions de l'opposition de gauche ? Les militants, les artistes, les . économistes, les architectes des années vingt avaient-ils été influencés par les idées exprimées par Trotsky dans Des questions du mode de . vie ? A ces question s il n' y a pas aujourd ' hui de réponse. On peut penser néanmoins que dans la mesure où Trotsky n' exprimait pas que des idées personnelles, que sa réflexion s'inscri vait dans ce qui fut une sorte de projet global de reconstruction de la société, on peut penser en effet que tous ceux qui prirent position dans le domaine du mode de vie étaient -consciemment ou inconsciemment- ses continuateurs dans ce domaine. Dévoués aux idéaux de la révolution ils avaient poursuivi leur réflexion et leur action sur la lancée du début des années vingt et dans la mesure ou Trots ky fut 1' un de ceux qui exprimèrent le ·mieux la perspective de cette époque, on peut légitimement considérer qu'ils avaient, chacun dans son domaine, agit dans le sens d'une pratique sociale révolutionnaire et qu'en conséquence leur rattachement à une orientation générale « de gauche » n'est pas une hypothèse absurde. Problèmes actuels ou problèmes dépassés ?

Les questions du mode de vie, du cadre de vie, de 1 'environnement sont aujourd ' hui des questions «à la mode ». D'innombrables publications leurs sont consacrées . Les événements de mai 1968 ont prouvé qu'il était possiblé à notre époque d 'aller au-delà de revendications parcellaires et immédiates ; qu'il existait une autre revendication, une exigence qui remettait en cause non 28 plus tel ou tel aspect particulier de l'existence humaine mais bien

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la globalité des structures sociales dans lesquelles nous vivons, que l'idée de «vivre autrement» était une idée actuelle.

Face à cette réalité on peut semble-t-il, distinguer trois orientations : 1' une récupératrice, 1 'autre détachée de tous critères rationnels, la troisième enfin celle du PCF.

La première tendance est celle qui joue sur le désir de changement pour mieux maintenir les structures en place. C'est le « changement dans la continuité» de Giscard, c'est la dernière contribution à «l'urbanisme» du secrétaire d'Etat Paul Granet qui veut « changer la ville» pour -bien sûr- changer la vie (33), c'est la social-démocratie nouveau style qui, rose au poing, va «changer la vie». Sur cette tendance il semble inutile de s'étendre.

La deuxième tendance est celle dont Marx ou Crave a déjà parlé. Elle s'i nscrit dans ce phénomène de« régression d ' une fraction de l'intelligentsia radicale ( ... ) qui ne va pas sans poser une énigme théorique aux marxistes révolutionnaires (34) »et qui, s'il évoque constamment des problèmes réèls : libération des femmes, libération sexuelle, notion de fête etc. opposée à la misère de la vie quotidienne, ne les aborde que séparés les uns des autres et ne propose pour les résoudre que des solutions individuelles idéalistes et dépolitisées : « Bien sûr, le reste continue à tourner mais je crois qu'il ne sert à rien de répéter les mêmes trucs, serait-ce pour la vérité ... On a l'imagination, on se fout du pouvoir ! (35) ». A cette manière de résoudre les questions du mode de vie, nous pensons -quitte à répéter les mêmes trucs -que Trotsky a déjà répondu.

Reste, face à ces problèmes de transformation du mode de vie, la troisième tendance, pour nous la plus importante, celle représentée par le PCF. Après avoir ironisé sur le « changer la vie » des socialistes, le PCF- dans les mots- la reprend aujourd'hui à son compte. A l'occasion du congrès des Jeunesses communistes de mai 1975 l'Humanité écrit:« Pour que change la vie, ils (les JC) font confiance à l'union de la jeunesse autour du programme commun et pour le socialisme (36) ». Il semble inutile dans cet article de revenir, une fois de plus, sur l' absence totale dans le Programme Commun lui-même de toute référence à une transformation radicale quelconque des structures ou des pratiques sociales actuelles. Mais d'autres publications émanant du PCF et destinées au milieu plus « sélectionné» des intellectuels sont parues depuis. Elles traitent directement de ces mêmes questions que Trotsky posait déjà dans Des questions du mode de vie. Arrêtons-nous à titre d'exemple sur deux d'entre elles : le n° 82 de la Nouvelle Critique (mars 1975) qui consacre trente-sept pages aux femmes et le numéro spécial de cette même revue qui sous le titre « Pour un urbanisme » reproduit 1 'intégralité du colloque 30 organisé à Grenoble les 6 et 7 avril 1974 (350 pages ! ). « La

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Nouvelle Critique entend contribuer à ( ... ) une lutte que le parti communiste mène à l'avant-garde de l'ensemble des Français (souligné par nous) et dont 1 ·objet est la transformation des rapports sociaux. C'est un caractère essentiel de notre politique que de tout mettre en œuvre pour que demain soit préparé dès aujourd'hui, d'être à l'écoute de toutes les aspirations actuelles -même celles qui sont parées du blason de l'utopie - , d'en tenir le plus grand compte dans les analyses qui donnent à nos propositions d'action la forme d'œuvres réalisables( ... ) Pour nous, sans être réductibles les unes à l'autre, luttes d'aujourd'hui et transformation globale de la situation des femmes ne se séparent pas. N'est-ce pas au niveau de l'« aujourd'hui» que se pose l'essentiel, que s'aperçoit la nécessité d'aller plus loin (37). »Mais c 'est vainement que dans tout le corps de ce numéro l'on chercherait un « plus loin » qui dépasserait le cadre de revendications immédiates et qui se projetterait dans cette société socialiste dont le Programme Commun ne serait que le premier échelon. Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de se reporter au numéro spécial : « Pour un urbanisme »... On pourrait s'attendre à y trouver, ne serait-ce qu ' une évocation sommaire du «cadre de vie» de cette société nouvelle évoquée c1-dessus où « la transformation des rapports sociaux » permettra aux femmes (et «à tous les Français ») de connaître enfin un nouveau mode de vie. Mais les trois cent cinquante pages de la Nouvelle Critique, en dehors d'une intervention qui souligne l'absence de cette préoccupation et d 'une autre qui s'inquiète de la conception «fixiste» que les intervenants manifestent lorsqu ' ils traitent de la notion de besoin, sont muettes sur ce problème qui aurait dû, si le parti communiste n' usurpait pas son titre, être au cœur des débats (38) .

Oui pourrait aujourd'hui penser que Trotsky avait en 1923 dans Des questions du mode de vie répondu, par avance et une fois pour toutes, à ces questions aujourd'hui si actuelles. Il écrivait par rapport aux problèmes de son temps, par rapport aux conditions particulières de l'U.R.S.S. de cette époque, par rapport au lourd passif hérité du régime tsariste dans un pays économiquement et culturellement sous-développé. Trotsky n ·a pu, compte tenu des· tâches multiples et capitales qui étaient les siennes, qu'effleurer les problèmes du mode de vie laissant à d'autres le soin de les développer. Le problème de la libération des femmes n'est qu'esquissé et limité aux questions les plus criantes du moment; son approche des relations entre les sexes n'est pas transposable à la période que nous vivons et on pourrait faire la même remarque sur bien des sujets abordés par Trotsky dans cet ouvrage.

Et pourtant, Des questions du mode de vie sont loin de n ·être qu'une curiosité historique à ajouter aux autres œuvres de Trotskv. 31

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C'est dans le feu de la révolution, à un moment où la victoire de cette dernière était loin d'être évidente, qu'il a posé les problèmes du mode de vie, qu'il a montré qu'alors même que les questions les plus élémentaires n'étaient pas résolues il fallait déjà se préoccuper de l'avenir, montrer que cet avenir serait radicalement différent du présent et que des germes de cet avenir pouvaient exister dans le présent immédiatement post-révolutionnaire. En posant ces problèmes à ce moment-là, il nous a montré qu'il n'est jamais trop tôt pour les poser dans le cadre du combat révolutionnaire et qu'à vouloir, soit les en séparer, soit les remettre à« plus tard» c'était le combat révolutionnaire tout entier que l'on remettait en cause.

Alexandre KOREL mai 1975. (1) Union Générale d'éditions. Collection 10/ 18. Printemps 1976. Cet article paraît alors que la traduction définitive à partir de l'édition originale en russe (Moscou 1923) n'est encore qu'en chantier. Les citations de Trotsky, extraites de Des questions du mode de vie utilisées ci-après ont été faites rapidement pour permettre la parution de cet article. Peut- être contiennent-elles des erreurs ou des approximations. A ces lacunes éventuelles l'auteur apportera dans la traduction déf1n1t1ve. les corrections nécessa1res. (2) Problems of Everyday Life and Other Writings on Culture and Science. Path -finder press. New York 1973. Cette édition en anglais ne contient pas l'intégralité de l'édition en russe de 1923. (3) N.A. Semachko ( 1874- 1949) . Premier commissaire du peuple à la santé publique. C'est pendant la période où il exercera ces fonctions que seront prises la plupart des mesures législatives post-révolutionnaires concernant le mariage. la famille. l'avortement, etc. La citation ci-dessus est extraite de sa brochure Le Mode de Vie et les Relations Sexuelles. Moscou 1926. (4) M. lankovski. Pour un homme nouveau. Leningrad 1928. (5) V.l. Lénine, Oeuvres choisies. Cité par Pierre Broué in : le Parti bolchevique. Editions de Minuit, Paris 1963. (6) N. Boukharine, Discours sur la révolution culturelle. ln : Bulletin communiste n° 2, 1924. (7) K. Marx. Lettre à Kugelmann. 1714/1874. (8) O. Pissarev (1840-1868). Critique littéraire russe. Il abordera dans ses écrits le problème de la famille. Son approche de l'économie sera subjective et moralisante.

N. Dobrolioubov ( 1836-1861). Journaliste et critique russe. Activiste révolutionnaire apparenté aux populistes.

N. Tchernychevsky (1828-1889). Ecrivain et homme politique russe. Auteur de Que faire J, roman de « politique-fiction ». Apparenté aux socialistes utopiques et aux populistes.

Sur le mouvement populiste russe voir : F. Venturi. Les intellectuels, le peuple et la révolution. N.R.F. Paris 1972.

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(9) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre : « Habitudes et coutumes ». 11 /711923. (10). L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «Habitudes et coutumes )). 11 1711923 . (11) L.D Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre : « Civilité et Politesse )). 3/4/ 1923. (12) L.D. Trotsky. Titre d'un chapitre de Des questions du mode de vie. 1/10/1921. (13) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre:« L'Homme ne vit pas que de politique )). 1 0/711923. (14) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «Habitudes et Coutumes )). 11 /71 1923 (15) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «Habitudes et Coutumes )). 11 /711923. (16) A.M. Kollontaï. Semia i kommunistitcheskoie gosudarstvo. La famille et /"Etat communiste . Moscou 1920. (17) A ce sujet voir: Marxisme et Révolution sexuelle. Alexandra Kollontai par Jud1th Stara-Sandor. Maspéro, Paris 1973. (18) N. Boukharine au Xlii" congrès du P.C. de l' U.R.S.S. 1924. Cité par E.H . Carr in : Socia/ism in one Coutry. Penguin books. Vol. 1 - p. 45. (19) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «De l'ancienne famille à la nouvelle )). 13/71 1923. (20) Cité par E.H . Carr in : Socialism in one Country. Penguin books. Vol. 1 -p. 37. (21) N. Tchernychevsky (cf. note n° 8). Dans son roman Que faire ? publié en 1863 et qui est une sorte d'ouvrage de «politique-fiction)) Tchernychevsky décrit ce que sera selon lui - et selon son inspirateur Fourier - la société future. Lénine avait attaché beaucoup de prix à Que faire ? On dit que son propre Que faire ? avait été inspiré quant à son titre par celui de Tchernychevsky. Il considérait que ce roman était la première œuvre socialiste russe. (22) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «De l'ancienne famille à la nouvelle )). 13/711923. (23) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «De l'ancienne famille à la nouvelle )). 13/711923. (24) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre: «De l'ancienne famille à la nouvelle )). 13/711923. (25) L.D. Trotsky. Des quest'ons du mode vie. Chapitre: «De l'ancienne famille à la nouvelle )). 13/711923. (26) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre : « De 1" ancienne 33

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famille à la nouvelle ». 13/71 1923. (27) L.D. Trotsky. Des questions du mode de vie. Chapitre : « La lutte pour un langage cultivé ». 16/ 5/ 1923. (28) Sur le mouvement des « Communes» cf. Anatole Kopp. Changer la vie · Changer la ville, Union générale d ·éditions. Collection 10/ 18. Dans ce livre qui traite des rapports entre la reconstruction du mode de vie et l'aménagement de l'espace (architecture et urbanisme) dans l' U.R.S.S. des années vingt, l'auteur indique qu'il a utilisé la documentation aujourd'hui accessible dans les bibliothèques soviétiques mais il ajoute que cette documentation est extrêmement incomplète : « Une partie de ce qui fut écrit (sur le mouvement des « Communes ») semble avoir été retiré des bibliothèques parce que« non dans la ligne» après le reflux du mouvement c'est- à- dire à partir de 1931-32 )). Il déduit l'existence de certains ouvrages aujourd ' hui retirés, du fait que dans les ouvrages accessibles, se trouvent des réponses à des ouvrages que 1 ·on ne trouve plus, réponses qui laissent à penser que les ouvrages retirés allaient plus loin que ceux qui ont subsisté. (29) Cf. Anatole Kopp. Changer la vie - Changer la ville. (30) Cf. Anatole Kopp. Ville et Révolution. Anthropos, Paris 1967. (31) Cf. Anatole Kopp, Joëlle Aubert- Yong, Lise Fontaine et Jacinto Rodrigues. Architecture soviétique 1928 - 1941 . Direction de la recherche archit ecturale. Corda 1975, Paris. (32) Cf. L.D. Trotsky. Littérature et Révolution. Julliard Paris 1964. Et aussi : Encyclopaedia Universalis. Article: «· Russie. Arts d'Avant Garde)). (33) Paul Granet. Changer la ville. B. Grasset. Paris 1975. (34) Pierre Péju et Alain Brossat in : Marx ou crève. N° 1. avril/ mai 1975. Article : « Un apolitisme nommé désir )). (35) Cité par Pierre Peju et Alain Brossat. Cf. note 34. (36) Jean Bewer in: l'Humanité, 3/ 5/ 1975. (37) Femmes : une réelle égalité. Introduction à une série d'articles consacrés aux problèmes des femmes in : La nouvelle critique mars 75. (38) La Nouvelle Critique. Numéro spécial : Pour un urbanisme ... N° 78 bis. Cf. dans Metropolis Vol. 2 n° 3 mars/ avril 1975 (revue« apolitique)) d 'urbanisme, un excellent compte rendu « politique )) du numéro de la Nouvelle Critique en question.

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