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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Documents Rouge

L’armée : service national au service du capital

Documents Rouge, n° spécial, 9 février 1970 · 12 597 mots

Sommaire (d'après RaDAR)
  • Allons z’enfants
  • Devoir national ou corvée moyenâgeuse
  • Une machinerie féodale
  • Le revolver de la société capitaliste
  • Dignité personnelle et esprit de corps Nous entrerons dans la carrière (les classes)
  • Le dressage
  • L’isolement
  • Visite d’un supérieur dans un local occupé par la troupe Qu’est-ce qu’être militaire dans la France d’aujourd’hui
  • La situation matérielle du soldat
  • La santé du soldat
  • Les "loisirs" organisés ou pas
  • les "droits" du soldat
  • Un chef d’œuvre : le comportement du bidasse Service national, service du capital
  • Le contingent est une partie de l’appareil d’état
  • Le contingent est aussi un traitre en puissance
  • Produire de bons français
  • Maintenir l’ordre républicain...
  • ... et la grandeur de la France
  • Le ciment de l’armée : la justice militaire Les révolutionnaires et les revendications pour l’armée
  • Des idées simples acceptables pour les soldats, inacceptable pour l’armée
  • Une lutte politique intégrée aux luttes ouvrières
  • Des mots d’ordre actuelles pour des luttes actuelles D’autres extraits du manuel d’instruction militaire
  • Le maintien de l’ordre
  • La propagande
  • Conduite à tenir par les militaires

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hebdomadaire de la Ligue Communiste (Section Française de la IV* Internationale)

B. P. 201 - Paris 19.

Pli ouvert : 6 mois

1 an Pli fermé : 6 mois 1 an . Par avion : 6 mois À, AFP eee RER ON DA +

C.C:P. Paris 25 043 88

Les textes encadrés qui égayent ce document sont extraits d’un manuel d'instruction militaire en usage dans l’armée française.

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I. allons z'enfants !

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L’'ARMEE : DEVOIR NATIONAL OU CORVEE MOYENNAGEUSE ?

Bien avant ses vingt et un ans, tout futur soldat est préparé à l'idée de devoir sacrifier seize mois de sa vie à la « patrie », sans échappatoire possible. L'école lui met dans la tête un certain nombre d'idées élémentaires jugées nécessaires à la vie en société. Elle lui apprend l'ordre et la discipline, les punitions et les récompenses. A l'enfant, qui ne s'en soucie aucunement, elle donne un pays, la-France-dont-il-faut-défendre-l'intégrité, dont tous les citoyens sont, depuis 1789, libres, égaux et frères. Elle lui donne aussi une histoire : de Vercingétorix à de Gaulle, en passant par Jeanne d'Arc et Napoléon, toute une procession de valeureux étripeurs ont défendu le territoire national contre l'Envahisseur, l'Ennemi, avec l'aide

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des pères, grands-pères, arrières grands-pères… du futur bidasse. C'est toujours à ces vaillants aieux que l'écolier doit de vivre libre. Et c'est pour le demeurer qu'il doit suivre leur exemple. Ainsi, sa petite tête est-elle remplie de glorieuses images d'Epinal : les frontières sont toujours sacrées, l'envahisseur toujours belliqueux, < nos > chefs militaires (presque) toujours sans reproche, « notre >» vaillante armée (parfois trahie mais jamais inapte) toujours prête à défendre NOTRE nation, NOS amis, NOS femmes, NOS enfants, NOS parents, NOS gagne-pain, NOS ratons laveurs, NOS veuves et NOS orphelins, NOS institutions, bref NOTRE liberté chérie.

La guerre, bien sûr — dit la morale — est une chose quelque peu désagréable, surtout pour ceux qui la font. Mais elle vaut mieux que l'escla- Vage. Elle a toujours existé, elle existera toujours, ajoute la Sagesse. Et l'Histoire conclut : « Qui veut la paix, prépare la guerre >».

En avant, donc, « Allons z'enfants >». Tout autour de l'école, les Anciens combattants de 14-18, 39-45, Indo ou Algérie, brandissent leurs moignons : « c'est pour toi que j'ai perdu ça! ». Ceux qui n'ont aucune vilaine cicatrice à exhiber expliquent : « l'armée, c'était le bon temps, les filles pas farouches titillées par l'uniforme, le juteux con mais brave mec, les Voyages, les copains. » A table, le père taloche : « Toi le service te fera du bien ! ». Au catéchisme, le curé sermonne sur des histoires de glaive. Et l'immense connerie de la Télé, du cinéma de guerre et des illustrés à 100 balles vient colmater les brèches avec son héroisme de pacotille et ses napoléons de banlieue.

Si le futur appelé n'est pas enthousiaste, il est — du moins l'espère-ton — convaincu. Car le but du bourrage de crâne mené à l'échelle de chaque nouvelle génération n'est pas de faire accepter à tous les conscrits les légendes sanguinaires sur la patrie, la nation, l'honneur et le devoir ; il est de parvenir à ce qu'aucun — qu'il soit naïf ou épris de gloriole, crétin révant de baroud ou plus sagement antimilitariste — ne doute qu'il lui FAUT partir et se soumettre, qu'il n'y a pas d'autre solution que d'obéir et se soumettre, qu'il n'y a pas d'autre solution que d'obéir et de subir, qu'on ne lutte pas plus contre l'armée que contre le destin. Qu'elle fait partie d'un ordre éternel aux côtés de l'apprentissage, la famille et la mort.

Pour le jeune ouvrier surexploité ou chômeur (beaucoup de patrons n'embauchent pas les jeunes qui n'ont pas fait leur service), coincé dans une vie de famille dont il ne peut s'échapper faute de moyens financiers et qui l'étouffe de plus en plus — l'armée exerce même une attraction certaine : faites-vous des amis, voyez du pays, apprenez un métier, devenez un ‘homme, engagez-vous, rengagez-vous..

Pour le jeune étudiant, la question est tout autre. Il y a le sursis, qui permet d'attendre et ne plus penser aux perspectives grisâtres de seize mois de caserne. Et aussi, privilège de classe, le « piston » qui mène à la réforme, ou la possibilité de servir dans la Coopération.

Rien d'étonnant à ce que des gars qui n'avaient jamais quitté le milieu familial soient, en caserne, littéralement terrorisés, mécanisés, prêts à accepter n'importe quoi. Rien d'étonnant non plus à ce que des antimilitaristes convaincus — voire des militants dits révolutionnaires — passent leur temps de service dans la soumisson et le calme le plus absolu. La philosophie de tous est la même

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« ON N'Y PEUT RIEN, LA MACHINE EST PLUS FORTE QUE NOUS. MAIS CE N'EST QU'UN MAUVAIS MOMENT. AUTANT LE PASSER LE MIEUX POSSIBLE. LA CORVEE FINIRA BIEN UN JOUR. > "

UNE MACHINERIE FEODALE

Il est vrai que, de toutes les armées des pays dits «avancés », l'armée française est la plus réactionnaire.

Pour des raisons variées (classe ouvrière calme, manquant de traditions de combat, histoire particulière, nécessité de composer avec un antimilitarisme important, absence de besoins militaires sérieux, etc.) d’autres armées ont revêtu une défroque libérale et démocratique, bien que restant toujours des armées d'oppression : aux U.S.A. les soldats ont le droit formel de faire de la politique à condition de ne pas être en uniforme ; en Angleterre, la conscription n'existe pas ; en Allemagne, les soldats ont de maigres droits d'organisation ; en Suisse, le service s'effectue chaque année, par périodes courtes, tout au long de la vie adulte.

Créée par le brigand Napoléon (qui n'avait rien à foutre des « liberté, égalité, fraternité, des politiciens) pour une guerre de conquête, l'armée française s'est trempée au feu de deux guerres mondiales, mais surtout, depuis un siècle, n'a pratiquement jamais cessé d'intervenir dans des guerres coloniales ; le moral de ses officiers s'en ressent tout autant que la situation de ses hommes de troupes.

La caste des officiers de l’armée française est une caste ultra réactionnaire qui est passée à travers plusieurs bouleversements sociaux, plusieurs effondrements, plusieurs refontes (la dernière est celle opérée par de Gaulle après le putsch d'Alger) plusieurs républiques bourgeoises, sans rien perdre d'une idéologie marquée au coin des anciennes classes féodales. Ses parades, ses saluts, ses signes de reconnaissance, ses décorations, sa tradition grotesque relèvent d'un autre âge. Saumur et Coetquidan, c'estrle Moyen Age en plein vingtième. siècle. Et ce n'est pas un hasard si le général de Gaulle prenait lui-même, parfois, des allures de Jeanne d'Arc.

Quant à la situation de l'homme de troupe, elle est claire : il n'a aucun droit. En effet, pour être aussi simpliste qu'un militaire, qu'est-ce que la discipline ? C'est l'obéissance. Par quel moyen l'obtient-on ? Il y en a deux : la persuasion. Et la force. Une armée comme l'armée française ne peut se permettre le premier : elle utilise le contingent (c'est-à-dire principalement la jeunesse des couches laborieuses de la société) avec le dessein de lui faire accomplir des tâches contraires à son idéologie comme à ses intérêts : mater une révolution coloniale ou réprimer des troubles sociaux. Elle ne peut — bien qu'elle le tente en permanence avec l'obstination imbécile d'un rouleau compresseur — le persuader de massacrer une population indigène ou de tirer sur des grévistes. Mais elle peut l'y obliger, en transformant les appelés en robots dépourvus à la fois de pensée et de droits élémentaires. C'est pour cela que l'armée française demeure, au sein de la République cinquième, une société fermée, un véritable état dans l'Etat, qui prend annuellement son contingent de mineurs pour disposer d'eux à son gré. C'est pour cela que l'image la plus juste de l'armée française est donnée par les hauts murs des casernes surmontés de barbelés. ON NE PENETRE PAS.

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LE REVOLVER DE LA SOCIETE CAPITALISTE

Et pourtant si, on pénètre! Trois cent mille jeunes ouvriers, paysans, étudiants, sont en permanence derrière ces barbelés. On les y a fait venir et on les y maintient par la force, en leur expliquant qu'il n'y a pas de classes sociales qui comptent, que TOUS doivent défendre également la patrie et les Institutions. Que pour accomplir ce devoir, il suffit d'obéir (avec enthousiasme ou pas) et d'avoir confiance en ses chefs qui, eux aussi défendent la patrie et les Institutions en se plaçant au-dessus des intérêts de classe. Que, donc, être un bon mouton, c'est être un bon Français. Ce qui veut dire : le gouvernement et l'Etat bourgeois ont besoin en permanence de 300.000 abrutis en armes pour défendre leur patrie et leurs institutions.

MAIS IL N'EST PAS INEVITABLE QUE LE CONTINGENT, A CHAQUE APPEL, PARTE COMME UN TROUPEAU À LA TONTE OÙ A L'ABATTOIR.

« De même que le boulanger ne peut faire du bon pain si le meunier lui livre de la mauvaise farine, de même l'armée ne peut former de bons soldats si l'Etat lui envoie une pâte mal préparée à recevoir ses leçons. » (Cailloux, Défense de l'Occident, numéro spécial, novembre-décembre 58)

IL NOUS APPARTIENT, AUJOURD'HUI DE FAIRE QUE LA FARINE SOIT MAUVAISE. Un maître es-« mauvaise farine », le camarade Lénine, l'expliquait déjà en 1907 :

« Il est infiniment plus difficile d'aborder un soldat arraché à son milieu familier, solitaire, inculte, terrorisé, dont on a bourré le crâne de conceptions ahurissantes, que les jeunes gens en âge d'être appelés, qui vivent au milieu de leurs parents et camarades, partageant avec eux les mêmes intérêts. La propagande antimilitariste parmi la jeunesse ouvrière donne partout d'excellents résultats. Et elle a une portée considérable. Un ouvrier qui part au régiment, social démocrate convaincu (1) est un mauvais appui pour les maitres. »

C'est une des plus vieilles traditions du mouvement ouvrier international que de développer en permanence une propagande antimilitariste dans la jeunesse. Pour que les jeunes travailleurs ne partent pas soumis, vaincus: pour qu'ils partent en sachant l'utilité, pour eux, d'apprendre le maniement des armes. L'armée est le revolver que le voleur capitaliste peut brandir à tout instant contre ceux qui le dénoncent ou le menacent. La tâche des révolutionnaires est de combattre l'embrigadement de la jeunesse, de faire que le contingent qui rejoint les casernes le fasse en connaissance de cause, de rendre le maximum de recrues imperméables au bourrage de crâne ; de faire que, somme toute, le revolver du voleur s'enraye.

Cette tradition a depuis longtemps été abandonnée par les sociauxdémocrates et les staliniens, qui visent plus à « démocratiser » et « républicaniser » l'armée qu'à défendre la jeunesse contre les seize mois d'emprisonnement. Le mouvement des appelés qui, en 1956, refusaient de partir en Algérie, a été brisé par le P.C. qui, depuis, se tait ou se contente de proposer un « service plus démocratique ».

Il appartient à la jeune génération révolutionnaire, à celle qui a fait Mai 68, de reprendre le flambeau de la lutte antimilitariste.

(1) Terme de l'époque : on peut le remplacer par communiste

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FAUT TOUT FAIRE Sos MÊME AVEC CETTÉ BLEVSAILLE

DIGNITE PERSONNELLE ET ESPRIT DE CORPS

Quelle doit être l'attitude des militaires ?

Ceux qui ont l'honneur de porter l’uniforme doivent s'imposer une correction de tenue exemplaire. L'homme doit se tenir droit, porter la tête haute, marcher d'un pas ferme et leste. Il doit éviter toute attitude nonchalante.

Que représente l'uniforme porté par le militaire ?

ll est le symbole de l’armée. Il personnifie l'honneur et le patriotisme. L'uniforme grandit le soldat à l’égal de ceux à qui il a servi de suaire.

Pourquoi le soldat doit-il être fier de son uniforme ?

Parce que mieux que d'autres il connaît l’héroïisme de ceux qui l'ont porté et qui se sont couverts de gloire au cours des deux guerres. Il a le devoir moral de tout mettre en œuvre pour rester digne de ses anciens.

Pourquoi le militaire doit-il s'astreindre à une conduire exemplaire ? Parce que l'uniforme qu'il porte est la caractéristique de l’arme qu'il représente et que tout ce qu'il accomplit, en bien ou en mal, est mis au compte de l’armée de l'Air dont il fait partie.

Le soldat évitera tout acte pouvant nuire à son arme. Il s'attachera au contraire à en réhausser la réputation.

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Il. nous entrerons dans la carrière (les classes)

LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVE : INCORPORATION OÙ MIS EN TOLE ?

Munie de sa feuille de route, la recrue quitte brusquement son milieu antérieur, sa famille (ce qui n'est pas un mal), ses amis, ses relations, son organisation syndicale, politique, ou de jeunesse. Elle va « se faire des amis, voir du monde »; quittant celui qu'elle connait bien, elle pénètre, comme on plonge dans l'eau froide, dans un monde hostile, impressionnant, arbitraire.

À son arrivée au Centre d'instruction, le jeune soldat est donc dans

une position d'infériorité manifeste. Il est déboussolé. Sans lui laisser reprendre son souffle, on lui inflige la réception par le chef d'unité — le colonel — qui vient prévenir ses « enfants » qu'ils sont ici dans une grande famille. sportive ; puis, immédiatement c'est la mise en prison : tonte obligatoire — perte des habits civils et passage au magasin d'habillement où les frusques les plus invraisemblables lui sont données — fichage d'identité — photo avec numéro matricule, prise des empreintes — tout

ceci avec des accélérations brusques ou des temps morts incompréhensibles destinés à faire sentir au nouveau venu qu'il est soumis à une volonté extérieure à lui-même.

LES MOIS LES PLUS LONGS

Pendant deux mois le plus souvent, le nouveau soldat ne sortira pas de la caserne. C'est le temps d'apprentissage de la vie militaire, où « classes ». Pas de vie sexuelle pendant 60 jours; pas de vie privée possible puisque la vie en collectivité surveillée est de 24 h sur 24; pas une minute de ces longues journées où le soldat puisse être à l'abri des gradés, qui sont omniprésents. Même les nouveaux visages des copains sont vus à travers le prisme de la peur. Ne pas parler trop.

C'est plus que de la prison, car en prison on ne risque plus grand chose ‘si l'on se tient tranquille : ce sont des mois pendant lesquels l'appelé est mis à la disposition totale des officiers et des gradés, pendant lesquels il n'existe plus en tant que tel, issu de telle ville, de telle profession, mais en tant que numéro matricule dans un groupe.

C'est le temps pendant lequel il devient soldat.

OU EST L’INSTRUCTION MILITAIRE ?

On lui a bourré le crâne de grandes phrases sur le pays à défendre. Parfois, sincèrement, il est prêt à le faire. || ne demande qu'à apprendre. Il est vite déçu.

Quelques cours parcimonieux, quelques maniements d'armes, deux ou trois séances de tir, un ou deux exercices de nuit constituent le fonds de son instruction militaire proprement dite. Qu'at-il appris ? A tirer. A recharger. À marcher au pas. Peut-être une ou deux choses de plus. De toute façon, rien d'autre qu'à être un exécutant docile et stupide des ordres que donnent les officiers.

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MESURES PERSONNELLES DE PROTECTION HPLOSION AÉRIENNE D'UNE BOMBE < À >

1. — S’éloigner des points dangereux.

Si l'alerte est donnée, éloignez-vous autant que possible de toute zone qui représente une cible manifeste et, si possible, de toute zone construite.

Se souvenir que le danger provient en ‘très grande part de la projection des débris.

2. — S'abriter et demeurer à l'abri une minute et demie.

Utilisez, pour vous abriter, des sous-sols ou, si pessible, des abris souterrains. Tenez-vous près des murs de sous-sol et à proximité d'une bonne sortie après l'explosion; souvenez-vous qu'il faut mettre entre vous et le point d'explosion le plus de matériaux possible.

3. — Porter secours aux autres.

Des milliers de vies peuvent être sauvées par un prompt secours : contribuez à sauver des vies en portant secours. Une minute et demie après l'explosion, les débris sont tous retombés et il n‘y a aucun danger provenant du rayonnement.

4. — So présenter aux endroits désignés.

L'ordre et la discipline sont indispensables si l'on veut réduire les effets de la bombe : présentez-vous au: endroits prévus, soit pour être soigné, soit pour être évacué, soit pour être utilisé dans une équipe de secours.

5. — Ne pas manger, boire, fumer, etc., avant que les vivres, eau, tabac, etc., n'aient été contrôlés.

Une faible intensité de radiation à l'extérieur du corps est sans danger; à l'intérieur du corps, elle peut amener des troubles.

6. — Ne pas répandre les racontars.

Tout sera bouleversé. Pour éviter la panique, gardez pour vous ce que vous voyez, et ne prêtez pas l'oreille à cs que vous racontent les autres.

7. — Se savonner el changer de vêtements.

Aussitôt que possible, savonnez-vous énergiquement et changez d'habits, nettoyez particulièrement les cheveux, le visage, les mains et les ongles.

Attention ! ce carton pourra être exigé en même temps que votre carte d'identité Marine.

Carte distribuée aux appelés dans la Marine.

Si cet apprentissage là est nul, il y a en a un autre qui est efficace. Outre le fait que celui qui fait les classes se sert plus d'un balai que d'un fusil, il apprend — vite et bien — la hiérarchie, et son premier réflexe conditionné : saluer.

Savoir distinguer un adjudant alcoolique d'un capitaine ventripotent est une chose d'importance pour le soldat (il peut se retrouver au « trou »

pour une erreur de ce genre) : il faut qu'il apprenne les grades, pour pouvoir les pratiquer. Un chien lève la patte quand il rencontre un réverbère; un soldat

salue quand il croise un gradé. Dans le cas du soldat il s'agit paraît-il, d'une marque de déférence. Car que salue-t-il ? L'homme ? On a tout de même le sens du ridicule : il salue des uniformes et des grades. Trois

chevrons ici. Deux barrettes là-bas. Il salue. Il apprend aussi à se dépétrer dans la vie démentielle de la caserne, où tout est prévu, chronométré, puni. Il apprend le cérémonial et les rites.

Saluer un drapeau, par exemple, quoi de plus idiot en soi ? Pourtant, il

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y a toujours un gradé qui veille. l'écume au lèvres. Alors, le bidasse salue, figé, face au tissu tricolore. Il lui faut monter la garde, présenter les armes, relever la garde, monter la semaine, porter le cahier des malades, saluer, réveiller le chef de poste, saluer, saluer.

La majeure partie des classes se passe, pour le soldat, à apprendre son rôle dans ce théâtre de débiles qu'est la vie de caserne.

LE DRESSAGE

Mais ce n'est pas suffisant. Pour faire un robot, ii faut casser d’abord le bonhomme, puis lui construire des réflexes conditionnés qui n'ont rien de naturel.

Des heures durant, pendant la période dite du « bagottage » l'aboiement des oficiers scande les gestes mécaniques à accomplir. Marchez! Courez! A plat ventre! Debout! Reposez… armes! Courezi Au pas Tête droite! Des heures durant, l'appelé marche. Des heures durant, il présente les armes, Des heures durant, il monte et redémonte son fusil. Il fait, refait, rerefait, son paquetage. Il est inspecté plusieurs fois par nuit. Chacune de ses actions habituelles est déformée par des gestes obligatoires : courir pour prendre le courrier, le prendre de la main droite, saluer. employer des phrases clé pour parler aux officiers, etc. Le rythme et la mécanique sont abrutissants au point d'empêcher toute pensée autonome. Aucun geste n'est sans danger, mais aucun geste n'est plus significatif de rien. C'est seulement la peur des conséquences possibles qui pousse à agir. Ni intelligence, ni motivation dans les gestes du militaire, ni utilité ni sens commun dans les ordres qu'il reçoit. Quelle importance ? Le qualité première du soldat n'est pas l'initiative mais l'obéissance. Mais pas n'importe laquelle : celle qui est faite de la fatigue et de la trouille élémentaires.

L'ISOLEMENT

La collectivité que connaît le soldat est la pire de toutes. Elle est sous surveillance. Les gradés recommandent aux bidasses de dénoncer tous ceux qui leur paraïtraient suspects de ne pas être. normaux. lls utilisent les soldats les plus frustres comme espions. Aussi, mis dans l'incapacité de se confier, ou de mener avec d'autres une action solidaire, le soldat doit-il replier sur lui-même sa crainte et sa fatigue. Seul et sans défense, il ne peut que plier.

LE RESULTAT RECHERCHE : L’ABRUTI

Deux mois à peine séparent le civil doté d'une personnalité propre et le soldat tondu ,stéréotypé, uniformisé qui défile, arme à l'épaule, comme un vieux lignard, et se fige des heures durant pendant la parade des officiers. Son système nerveux même a été atteint : dès qu'un ordre claque, il l'exécute, sans que la moindre parcelle de son intelligence soit concernée.

Il est l'illustration quasi parfaite du type d'homme que désire 13 hiérarchie, et le jour de fin des classes est un jour d'enterrement : des centaines de jeunes en uniforme, le regard vide, figés au garde à vous, dont pas un n'ose bouger, écoutent sans broncher les phrases ronflantes des officiers supérieurs qui ont daigné se déplacer :

< Soldats! des milliers de vos anciens sont morts pour l'honneur du drapeau de votre régiment. Comme eux, vous saurez mourir vaillamment. » Peut-on imaginer morts plus stupide que celle à laquelle un colonel ordinaire voue ainsi ses hommes de troupes ? Personne ne pipe mot. || suffit d'imaginer une même troupe de jeunes gens dans le civil, à qui l'on promettrait la même mort, pour voir ce que l'armée a fait d'eux des uniformes videe.

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VISITE D’UN SUPERIEUR DANS UN LOCAL OCCUPE PAR LA TROUPE

Que faut-il faire à l'entrée d'un supérieur dans un local ?

Le premier occupant qui l’aperçoit crie : « Garde-à-vous » s'il s’agit d'un sous-officier. «Fixe» s'il s'agit d'un officier autre que le commandant de la base aérienne ;

« À vos rangs, fixe » s'il s'agit du commandant de la base aérienne ou d'un officier général. Que faut-il faire aux commandements « A vos rangs » et « Fixe » si l'on est dans une chambre ? « À vos rangs » : se placer au pied de son lit. « Fixe » : se découvrir et se mettre au garde-à-vous. Que faut-il faire à la sortie du supérieur ? Commander : «Garde-à-vous» si au préalable le supérieur a dit : « Repos >».

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Il. qu'est-ce qu'être militaire dans la france d'aujourd'hui

LA SITUATION MATERIELLE DU SOLDAT

a) SOLDE DU SOLDAT OU SOLDAT EN SOLDE ?

La première solde touchée à l'armée provoque toujours un éclat de rire : 8 paquets de cigarettes et 7,60 F pour la quinzaine! Pourtant au bout de quelques mois, elle prend valeur de richesse.

Elle ne permet évidemment de satisfaire aucun besoin. Le soldat a-t-il le droit d'en avoir 7 Il est logé, nourri, blanchi, il a la télé, les revues « TAM >» pour se distraire.

Il existe pourtant un marché noir dans la caserne, une jungle, une lutte de classes miniature entre appelés; les plus démunis se font de l'argent de poche en commençant par vendre ce qui leur appartient, puis en remplaçant aux corvées et services (garde, piquet d'incendie, permanence...) les appelés les plus riches ou en lavant leur linge Peu à peu, les appelés riches les plus débrouillards en viennent à faire la loi sur les autres. Cela, c'est pour la fraternité.

b) L'EGALITE ?

Le service militaire est un grand niveleur, dit-on, il donne à chacun sa chance de promotion sociale. Le fils de bourgeois et le fils d'ouvrier ne portent-ils pas le même uniforme, même si l'un lave les slips de l'autre ? A la fin des classes, chaque soldat est orienté. Selon ses résultats ? Selon ses capacités ? Oui, dit le règlement militaire. Non, disent les statistiques : la quasi totalité des fils de bourgeois ou de professions libérale se retrouve, soit dans les bureaux pour. faire tourner la machine administrative, soit proposé pour devenir sous-officier ou aspirant. Loin d'égaliser les destins dans un sort commun, l'armée répète les inégalités sociales du système : elle les aggrave, car un fils de bourgeois a peu de pouvoir sur un fils d'ouvrier, tant que le premier n'est pas sous-off et le second 1 classe.

c) LA LIBERTE ?

Le soldat est libre de sortir, maintenant que les classes sont finies. Mais que veut dire libre, dans sa condition ? Se promener en ville, alors qu'on sort de deux mois de prison et de frustration sexuelle, alors qu'on ne connait pas la cité, avec cinquante centimes en poche, cela ressemble à quoi sinon au chien que l'on fait saliver à 10 centimètres d'un beefsteack qu'il ne peut pas atteindre ?

Dans les autres pays du Marché Commun, les soldats touchent de 120 à 140 F par mois. Le soldat français est un reclus, mis hors de la société par l'autorité militaire qui l'espère ainsi plus vulnérable.

LA SANTE DU SOLDAT

Il est bien connu que c'est le plus cher souci des officiers. Il est moins connu que c'est aussi celui du soldat. Dans le monde clos et sans recours de la caserne, l'infirmerie toute blanche brille comme un hâvre de paix. Le soldat subit son envoütement; un matin comme les autres,

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- F3 MON FILS. Si TUES TUE TE SERAI AUSSI FIER DE Toi QUE JE L'AI ÊTÉ D'ÊTRE FILS DE TUÉ

il se porte « consultant >. Sa première surprise est de se voir traité comme un « tire au cul » : < un homme fort n'a pas besoin de soins », clame une brute; « je t'avertis, si tu n'as rien, tu est bon pour la tôle », susurre celui qui, vêtu d'une blouse blanche, se fait passer pour un médecin. Une fois sur deux, qu'il soit malade ou pas, le soldat abandonne. La prison n'est pas une perspective exaltante. Mais s'il n'abandonne pas, il a droit à une deuxième surprise, les soins. Toutes les douleurs, tous les malaises soignés à l'aspirine. Grippes et angines sont traitées à l'antibiotique. C'est généralement tout. Il n'y a pas de diagnostic, puisqu'il n'y a pas de recherche de la guérison : ou ça va mieux, et tu retournes marcher avec les autres; ou ça va plus mal, et on t'embarque à l'hôpital militaire, qui. lui, donnera un diagnostic. Pris entre la prison et l'hôpital, l'appelé préfère généralement « tenir le coup », ce qui veut dire, dans certains cas extrêmes, se laisser crever en silence. Il sait que l'armée a droit en temps de paix, à un pourcentage de 7% de victimes; si sa mort, par négligence médicale, rentre dans le pourcentage, elle ne provoquera rien de plus qu'un peu de consternation et de remous parmi ses camarades. La philosophie militaire, en l'occurence, . est du style : il y a tellement de bidasse possibles, alors un de plus ou de moins... f

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LES « LOISIRS » ORGANISES OÙ PAS

Les loisirs du soldat, quand ils ne sont pas organisés, s'appellent « la bulle », temps passé à ne rien faire, soit parce que c'est obligatoire, soit parce que l'appelé réussit à échapper, pour un temps, à une contrainte quelconque. C'est bien plus du temps libre que du temps de repos : en permanence sur ses gardes, le «bulleur >» doit être prêt à tout moment à travailler, ou à faire semblant.

Les loisirs véritables sont le soir et le week-end. Mais quoi faire? Le foyer? Le bar? La lecture des revues de l'armée? Beaucoup plus souvent et simplement : le sommeil, ou la lecture de romans policiers. Toute la presse de gauche est interdite. Tout livre de gauche est interdit; mais la liste de prohibition n'est jamais communiquée aux soldats, ce qui permet aux officiers d'alterner tolérance et vacherie, ou de tendre des pièges.

La «formation professionnelle » donnée à l'armée peut être évoquée en un mot : rien. De très très rares soldats apprennent quelque chose à l'armée ; pour le reste, surtout pour les engagés volontaires qui ont lu les affiches « l'Armée vous donne un métier », la formation professionnelle est aussi nulle que l'instruction militaire.

a) LES CLUBS

Souvent, pour éviter que la troupe s'ennuie — ou parce qu'ils s'ennuient eux-mêmes — les gradés organisent les loisirs de la caserne. On crée des clubs variés (photo, découverte, etc.) allant même jusqu'à disposer de matériel intéressant (ainsi certaines unités stationnées en Allemagne ont-elles des laboratoires de langues, dotés de magnétophone et autres appareillages acoustiques). Plus que d'un souci réel de l'instruction des soldats, il s'agit d'une soupape de sûreté pour éviter les explosions de l'ennui et de la colère. La présence des officiers qui encadrent ces clubs est la preuve qu'ils servent également de moyen de contrôle du moral de la troupe. Mais ils sont rares et regroupent peu de soldats. || est nécessaire de trouver un autre biais pour occuper et contrôler la masse des bidasses enfermés dans la caserne.

b) LE SPORT, VOILA LA SOLUTION !

Il permet de réinsérer les gradés au milieu du corps des soldats. Il est «neutre» d'apparence, il touche tout le monde, sans qu'il soit question de soumission ou pas, il est même un point de contact où, dans des limites très très précises, le gradé et le soldat s'affrontent. Mais il développe une idéologie fascisante et permet de diviser les appelés : d'un côté les forts, de l'autre les faibles; d'un côté ceux qui ont des couilles, de l'autre ceux qui n'en ont pas. On favorise les premiers, on méprise les seconds puis, la coupure faite, on passe doucement du sport au sport militaire. L'esprit de compétition qui a été instauré au sein des soldats se retrouve dans les « parcours du combattant », exercices, marches de nuit, etc.

c) TOUT CE QUI N’EST PAS INTERDIT EST OBLIGATOIRE, TOUT CE QUI N’EST PAS OBLIGATOIRE EST INTERDIT : LA DEGRADATION MORALE

Tout anticonformisme, quelles que soient ses racines, est mal vu. C'est être suspect que d'être réfractaire au cinéma de l'armée. C'est être suspect que de bouder les excursions de l'armée. C'est être suspect que de ne pas avoir le moral. Ces suspects là sont des subversifs ou des dégénérés en veine de suicide. Or le suicide est une tuile, il casse le travail d'embrigadement mené sur une section. Pour le prévenir, on prévoit donc des sanctions pour celui qui va le tenter. Admirable psychologie militaire.

Les brebis galeuses, une fois repérées, sont isolées dans des services où elles n’ont pratiquement plus de contact avec les hommes « normaux >», ceux qui ont « bon moral >. Quel moral ?

Il est fait de frustrations, d'ennui, d'une paralysie générale de l'activité intellectuelle. Le vocabulaire s'étiole, s'efface même devant le jargon de caserne, constitué d'une vingtaine d'expressions traditionnelles, signaux utilisés par les bidasses pour indiquer un danger, une attitude à prendre ou un désir

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collectif. Ces désirs — obsessions entretenues et mythifiées par l'armée — s'attachent à des symboles simples : la quille et la cuisse. Le soldat se gave de bandes dessinées, revues pornos, romans-photos (comme le sous-off

d'ailleurs), il rêve, bref il rajoute lui-même des barreaux dans sa tête aux grilles et barbelés réels de la caserne. Il ne pense plus, il ne s'intéresse plus à ce monde lointain et inaccessible qu'est la vie civile. Il attend, végétatif et

ankylosé, dans la débilité et la grossièreté.

LES « DROITS » DU SOLDAT

Les politiciens et les réformateurs en parlent, le soldat ne les voit jemais. Bien sûr, le nouveau règlement explique qu'un soldat, s'il applique certaine. consignes, peut refuser d'exécuter un ordre. Les soldats qui ont essaye s'en souviennent avec amertume.

fout d'abord, face au gradé, la protestation ou la réclamation sont quasiment impossibles, car celui-ci contre-attaque aussitôt sur un terrain où il sait qu'il est le maître : «vos boutons ne sont pas astiqués, vous êtes mal rasé, vos cheveux sont trop longs, vos chaussures ne brillent pas, etc. ».

Ensuite, la protestation doit se faire par écrit, avec des règles très strictes Les gradés peuvent refuser toute lettre n'étant pas conforme au modèle demandé, et la plupart des soldats sont totalement incapables d'écrire de telles missives ; de plus, si la formulation des faits laisse passer le moindre doute, la moindre imprécision, celui qui a naïvement protesté en se croyant dans son droit se retrouvera au «trou» pour « diffamation envers un officier ».

Enfin, l'appareil disciplinaire isole chaque soldat : les démarches collectives, sous quelque forme que ce soit, pétitions ou délégations, sont assimilées à des tentatives de subversion.

e) BRIMADES ET PUNITIONS

Comme le règlement donne des « droits» au soldat, il interdit les brimades contre lui. Elles sont pourtant monnaie courante. Les insultes, trop nombreuses, passent inaperçues. Mais la station debout, en short, dans la cour, par — 50, des heures durant, c'est plus que courant. Et les 3 ou 4 contre-appels successifs dans la nuit. Et les « pompes » obligatoires. Parfois, les gradés font de l'humour de gradé : recrues obligées de se masturber, ou de manger des mégots, où d'entrer à deux dans un même slip. Aberrant ? Il est normal que des aicooliques, pervers sexuels, dégénérés (comme le sont la plupart des sous-officiers) profitent de l'aubaine extraordinaire que constitue pour eux un contingent qui ne peut pas protester. Il n'est pas normal, par contre, que ce système existe, et qu'il ne soit ni combattu ni dénoncé.

Quand les brimades ne suffisent pas, intervient la Loi, c'est-à-dire la punition : brimade autorisée, comme de faire cirer les parquets pendant deux heures, ou de faire passer plusieurs nuits sans sommeil, dans des conditions difficiles — à celui qui écope de plusieurs tours de garde. Quand la cause est plus grave, une punition est demandée par écrit au chef de corps. || y a des « motifs», subdivisés eux-mêmes en 15 catégories de punition selon l'importance du délit dans la famille des fautes possibles. On va de la consigne (suppression des permissions, quartier libre et « spectacles ») aux arrêts simples (service normal avec nuit en prison) jusqu'au Tribunal Militaire en passant par les « arrêts de rigueur » (emprisonnement complet avec promenade d'une heure par jour). Le choix de la punition est fait par le gradé avec possibilité pour le chef de corps, d'augmenter la peine.

Mais de toutes les punitions, il y en a une qui présente le maximum d'efficacité ; il ne s'agit plus, pour les officiers, de sévir ou de frapper, simplement de faire du chantage :

b) AURAI-IE MA PERM' ?

La permission de sortie est l'obsession du soldat. ll doit la présenter, Signée, pour sortir légalement de la caserne. Comme son nom l'indique, elle n'est pas un droit, mais une faveur. Tous les 15 ou 30 jours (pour les absences de fin de semaine) et 1 à 2 fois par semaine (pour les permissions de spectacle), le soldat doit donc courir après la perm'. Il dépose sa demande, et commence

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la trouille : laura, l'aura pas ? Cela dépend de tant de choses ; qu'elle soit bien ou mal écrite, que l'officier soit de bonne humeur, qu'un gradé ait décidé qu'elle serait refusée. Toute la semaine, le soldat est soumis au chantage : «Si tu ne fais pas ça, ta perm' sera sucrée >. Comme elle lui est donnée, à chaque fois, à la dernière minute, il ne peut rien faire ni rien prévoir.

De plus, les permissions ne sont pas accordées à tous de la même façon : beaucoup à ceux qui sont dans les bureaux, près des officiers, beaucoup moins aux autres bidasses. Bien peu à ceux qui rechignent, facilement à ceux qui sont soumis.

Et la perm' est le seul espoir du soldat de s'évader quelques heures.

UN CHEF-D’ŒUVRE : LE COMPORTEMENT DU BIDASSE

« À 10 ans, tu demandes un fusil et on te donne une quille,

A 20 ans, tu demandes une quille et on te donne un fusil. »

Pendant les mois de service, l'attitude la plus commune — et la plus révélatrice — du soldat est l'inertie, force principale du contingent, forme larvée de la résistance passive.

Plombier, électricien, chauffeur, magasinier, le bidasse suit en permanence la ligne de moindre effort. Mais cette ligne est ambiguë : elle signifie aussi bien résistance à un système qu'acceptation de celui-ci, position permanente de l'appelé moyen.

il faut à peu près 2 ou 3 mois de caserne pour parvenir à cette philosophie empirique. La révolte du < bleu », malgré les brimades, l'a conduit à se solida-

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riser plus ou moins avec sa chambrée. Dès les classes finies, il sera donc muté autre part, avec des anciens qui sont si près de la fin qu'ils ne risqueront pas leur libération pour lui. Il se résignera, seul, à faire chaque jour une petite croix sur son calendrier.

Dans les compagnies de combat, la discipline qui demeure jusqu'au dernier jour des plus rigoureuses, contribue à souder suffisamment les sections pour qu'une solidarité élémentaire se fasse jour.

Mais dans les compagnies de « services », de bureau, le « fayotage » joue à plein : mouchards et moutons se multiplient, que les officiers utilisent et bafouent à la fois.

La résignation, la recherche de la solution individuelle, la croyance en la solidité inébranlable de l'appareil militaire, le «on n'y peut rien changer >» — autant de victoires du système. Et des victoires valables pas seulement pour la durée du service : à l'orée de sa vie d'adulte, pour son premier contrat avec l'Etat répressif, le jeune a dû courber la tête, se laisser briser.

Quels sont les devoirs des militaires envers leurs chefs ? Les militaires doivent à leurs chefs : obéissance, confiance, respect et déférence.

Pourquoi ?

Le chef détient de la loi l'autorité dont il est investi, l’obéissance qui lui est due par ses subordonnés n’est autre qu'un acte de soumission à la loi, expression de la volonté nationale.

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IV. service national service du capital

Pourquoi ce service militaire ultra-répressif, pourquoi ce décervelage Systématique, l'abrutissement, la servilité, pourquoi ces corvées, ces brimades — absurdes pour le bidasse qui ne saisit pas la finalité de ce qu'on lui fait subir ?

L'absurdité, l'incohérence ne sont qu'apparentes. Le système militaire est rationnel; il est organisé de longue date, bien rodé, et fonctionne avec des tâches précises. Lesquelles ?

LE CONTINGENT EST UNE PARTIE DE L’APPAREIL D'ETAT

On lui assène sa mission : « défendre le territoire et les institutions >». C'est-à-dire le gouvernement et, plus généralement, l'Etat. Quel Etat ? Seul l'appelé le plus naïf croira qu'il s'agit vraiment de l'Etat qu'il s'est volontairement donné. L'Etat bourgeois est l'organisation de la société tout entière par la classe dominante, la bourgeoisie. Plus personne aujourd'hui ne croit encore que c'est le Parlement, les députés, qui gouvernent, qui sont les maîtres de ce qu'ils appellent la démocratie parlementaire. Certes, tout le monde paie des impôts, le suffrage est universel et le service militaire obligatoire pour tous. Mais le pouvoir de l'Etat est un pouvoir permanent. Ce pouvoir est exercé par un certain nombre d'institutions isolées et autonomes de l'influence si mouvante du suffrage universel. L'Etat c'est avant tout ces institutions permanentes : l'armée (la Partie ‘ permanente de l'armée, officiers, troupes spéciales.) la police, la gendarmerie, l'administration, les ministères, la Süreté de l'Etat, les juges, etc. Le contingent est un accessoire fluctuant de cet appareil d'Etat au service de la bourgoisie. Il doit être soumis, d'abord en tant que tel pour pouvoir être utilisé, ensuite. parce qu'il regroupe la plus grande partie de la jeunesse, qui est la fraction la plus instable de la société.

LE CONTINGENT EST AUSSI UN TRAITRE EN PUISSANCE

Parce qu'il est issu de toutes les classes de la société, seule une très petite partie du contingent peut être considérée comme sûre. L'autre est conditionnelle, son asservissement dépend du contexte politique qui s'établit dans le pays, et du travail des organisations révolutionnaires dans la jeunesse. La caste des officiers, représentant direct de l'Etat, a se vis-à-vis des. appelés une attitude précise de mépris, de haine et .de peur.

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Comment l'action des services secrets se manifeste-t-elle ?

Elle se manifeste de très nombreuses façons dont les principales sont l'espionnage, le sabotage, la propagande.

Quelle est l'apparence extérieure d'un espion ?

Il n’a aucune marque extérieure caractéristique permettant de le reconnaître. Il peut être un homme ou une femme (de tout âge), un employé, un rentier, un riche industriel, un physicien, un chimiste, un banquier, un militaire même.

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Il faut les mater, pour l'armée et pour plus tard. Le caractère oppressif de l'armée n'est donc que le reflet concentré de l'oppression sociale La subordination totale des soldats à l'armée correspond — sous une forme pure et caricaturale — à la subordination de la société à la classe dominante. C'est une soumission absolue, sans entraves, sans paravents, mais ce n'est pas une soumission fondamentalement différente de celle des travailleurs dans la société civile.

Le même parallèle peut s'établir pour ce qui concerne la diffusion des connaissances.

L'école primaire, laïque et républicaine (où finissent les « études » de l'écrasante majorité des futurs travailleurs) n'est qu'uhe caricature d'éducation : dans les écoles, outre la soumission, le futur exploité n'apprend que le strict minimum jugé nécessaire pour qu'il devienne un travailleur utilisable. Ce serait du temps et de l'argent perdus pour la bourgeoisie que de chercher à lui apprendre plus; elle veut des travailleurs rentables, pas des travailleurs instruits, des individus qui en savent assez pour travailler correctement, pas des individus qui en connaissent trop pour se soumettre sans ciller. Son système d'éducation n'est, en fait, que l'organisation rationnelle de l'ignorance.

| en est de même à l'armée. L'appelé n'apprend que ce qui est nécessaire à faire de lui un exécutant impeccable : obéir, marcher, tirer, tuer, exécuter les ordres. Tout ce qui est spécialisation poussée, connaissance réelle et approfondie du métier militaire, initiation à certaines armes ou certains matériels ultra-modernes, lui est soigneusement interdit. Chair à canon il est, chair à canon il reste. Non seulement on ne lui demande pas plus, mais encore on craint qu'il ne le prenne. On l'abrutit pour le soumettre.

PRODUIRE DE BONS FRANÇAIS

Après qu'on lui ait supprimé toute activité autonome, de réflexion et de lecture, qu'on ait ramené ses besoins à ceux de l'animal (boire, manger, dormir et baiser) on tente de faire pénétrer dans le crâne du soldat les mêmes idées simples que l'école lui fournissait déjà de façon moins directe : défendre les valeurs de la « civilisation occidentale » contre le

Ï LES GRANDES BATAILLES DE L'ARMEE FRANÇAISE

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communisme totalitaire, la subversion, les « viets », les « fellouzes >», les « rouges »… An nom du drapeau et des traditions nationales, la clique militaire explique et justifie les exploits rheurtriers de l'armée française (il n'est pas rare du tout d'entendre des sous-offs raconter avec des trémolos dans la voie la façon dont « ils coupaient les couilles aux ratons ».….). Les journaux d'Anciens Combattants et la presse. d'extrême droite sont les seuls autorisés dans les casernes. Pendant les cours d'instruction civique, les projections de films, lors de la présentation du contingent au drapeau, lors des discours du colonel au régiment, lors de ses mascarades diverses, l'armée distille à haute dose son idéologie nationaliste, ses valeurs, ses normes — qui toutes servent à préparer le contingent à accepter la discipline du capital, à se soumettre à la hiérarchie, à l'exploitation, aux humiliations, à participer à <« l'effort national de tous les producteurs ». Les comportements-réflexes de soumission, l'acceptation de tâches parcellaires dont on n'a pas à comprendre le sens, préparent les recrues à la vie sociale active.

Il est vrai, en ce sens, que l'armée forme des hommes : les hommes soumis dont les patrons ont besoin. Elle est le couronnement du système d'Education bourgeois.

MAINTENIR L’ORDRE REPUBLICAIN...

L'armée de mercenaires de la royauté — qui arborait un drapeau rouge avant de tirer sur le peuple — avait pour tâche directe de combattre les émeutes populaires. L'armée de la République bourgeoise a maintenu cette honorable tradition. L'écrasement des Canuts lyonnais, l'écrasement des ouvriers parisiens en juin 1848, les massacres de la Semaine Sanglante lors de la Commune de 1871, l'intervention militaire contre les vignerons du midi en 1907 (et le 17° de ligne qui refuse de tirer, et défile crosses en l'air), les fusillades massives de mutinés en 1917, de ceux qui répondaient à l'appel de la Révolution Russe, le quadrillage de Paris en 1919-1920 pour briser les grèves, sont parmi les plus beaux fleurons de l'armée française, mais ils ne sont pas les seuls. 1958 : les colonels d'Alger portent de Gaulle au pouvoir. 1968 : les paras investissent les relais de l'OR.T.F. en grève, l'armée d'Allemagne se prépare à intervenir contre la grève générale.

Dès qu'il y a des troubles, le contingent est consigné dans ‘les casernes, où on lui explique que c'est la faute à ces salauds de grévistes s'il ne peut sortir. On lui a appris qu'à l'appel du préfet, les bidasses peuvent être utilisés à des tâches de maintien de l'ordre et affronter la population avec une panoplie allant du gourdin de flic aux armes traditionnelles On lui a appris aussi à affronter une manifestation, en se protégeant des jets de pavés par un rideau de crosses. Cela s'appelle : initiation au combat de rue.

Depuis mai 68, Marcellin et les têtes de la hiérarchie militaire ont mis au point un plan de « logistique de crise ». En cas de troubles sociaux et politiques graves, l'armée, les C.R.S. tous les services de Sécurité doivent s'emparer des centres vitaux de l'économie : énergie, transports, usines d'armements et de produits « stratégiques >

Armée de classe, armée de répression anti-ouvrière, armée de guerre civile, armée du capital : c'est « l'armée de la république ».

Qu'impose la vie collective ?

Toute forme de vie collective procure à l'individu des avantages et lui impose en contrepartie des obligations. En échange des bienfaits de la civilisation elle lui demande de reconnaître ses lois et d'offrir à la communauté une contribution utile.

Un individu non éduqué considère les obligations comme une contrainte intolérable. Il faut comprendre qu’elles ne sont que le juste prix des avantages dont il jouit.

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ET LA GRANDEUR DE LA FRANCE

Les guerres du Vietnam (la 1") et d'Algérie sont déjà lointaines. L'impérialisme français est passé ces dernières décennies du premier plan de la scène mondiale à une position beaucoup plus modeste. || a commencé à perdre, depuis Dien Bien Phu, son ancien Empire colonial.

L'impérialisme américain l'a remplacé en Asie et au Moyen Orient comme gardien contre révolutionnaire des marchés coloniaux et exploiteur sanguinaire des peuples dits sous développés.

Cependant de Gaulle a su ménager en Afrique une solution au capitalisme français en plaçant à la tête des républiques noires +< indépendantes > des équipes fantoches qui ne péseraient pas lourd sans l'appui politique, militaire et financier de la France. Le triangle Fort Lamy (Tchad)- Dakar-Pau couvre l'Afrique Noire sous influence française. Une division d'intervention combinant parachutistes et infanterie de marine peut! intervenir en tous points où une révolte populaire menacerait les autorités établies.

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En 1964, au Gabon, le fantoche M'ba fut sauvé d'extrême justesse par l'arrivée des paras. En 1967, les légionnaires sont envoyés à Djibouti, territoire « français » des Afars et des Issas, contre la population qui avait eu le mouvais goût de crier sa haine à la face de de Gaulle luimême. Aujourd'hui, c'est au Tchad que les mêmes légionnaires sont dépéchés contre les paysans révoltés, alors que les militaires du contingent, peu sûrs, sont utilisés comme auxiliaires techniques.

Aux jeunes ouvriers, paysans, étudiants, qui partiront un jour à la Réunion, à la Martinique, à la Guadeloupe, pour écraser une insurrection populaire, les officiers expliquent qu'il s'agit de grandeur spirituelle et de défense des valeurs de l'Occident. Les valeurs défendues par les légionnaires (ou les marines ou les paras) ne sont pas spirituelles et n'ont qu'un visage : l'argent, le profit. C'est pour lui que les populations colonisées sont surexploitées et vivent sous la terreur. C'est pour lui que le contingent aura, un jour, à se battre, fils de travailleurs contre leur propre classe, ou contre les classes opprimées des colonies.

LE CIMENT DE L’ARMEE : LA JUSTICE MILITAIRE

Cette future intervention de la jeunesse enrégimentée contre les « troubles » n'a rien d'assuré. Le plus stupide des officiers peut s'en rendre compte. Le moral des troupes (sur lequel un compte rendu est fait chaque jour) n'est pas bon. Les soldats DEVAUX, TROUILLEUX, HERVE, passent en tribunal militaire pour incitation de militaires à la désobéisasnce. DIVET est en prison à Landau, avec d'autres camarades, pour le même motif. La Sécurité Militaire enquête à Lille où des affiches et des tracts sont apparus, à Périgueux où les appelés ont fait la « grève du foyer ». Les patrouilles Militaires, appuyées par les C.R.S.. quadrillent Clermont-Ferrand pour procéder à un arrachage systématique d'affiches. Or, l'armée a toujours été «la grande muette » ; très peu de ce qui se passe derrière ses grilles vient au grand jour. Le peu qui est apparu, significatif en soi, laisse donc supposer sans exagération que la situation n'est pas « calme » dans les casernes.

La Sécurité Militaire est à l'œuvre. En liaison avec les Services de Renseignements Généraux (Police) et la gendarmerie nationale, elle organise le «flicage» des militants syndicalistes et politiques et, de façon générale, de tous les «suspects» à priori. Elle joue le rôle d'une police politique dans l'armée, en désignant à l'autorité les fortes têtes à « casser » (régiments disciplinaires ou semi-disciplinaires) ou à isoler soigneusement. Elle entretient des mouchards, elle perquisitionne, elle enquête, fonctionnant la plupart du temps sur dénonciation anonyme.

Et, de temps en temps, elle livre une victime à ce qu'on appelle la Justice Militaire. Cette institution est l'organe de répression propre à cet organe de répression qu'est l'armée. Le Code y est édicté par des militaires, les accusateurs sont militaires, les juges sont militaires, les prisons sont militaires. C'est dire que tout se passe dans les griffes de la hiérarchie : s'il n'a pas, à l'extérieur, des camarades pour le soutenir, le jeune appelé qui a osé ne pas se soumettre est livré pieds et poings liés au bon vouloir des officiers. Qu'il soit jugé et condamné, personne même n'en saura rien. || croupira dans les forteresses, il cassera des cailloux dans les bagnes militaires du territoires des Afars et des Issas ou, si son cas est grave, sera soumis au régime hallucinant du Fort d'Aiton (Haute- Savoie) : si l'armée elle-même a droit à son pourcentage réduit de victimes (c'est-à-dire si sept pour cent de soldats meurent dans un régiment, il n'y a aucun problème si les sept pour cent sont dépassés, il y a enquête. de la Sécurité Militaire), il n'y a pas de pourcentage imposé au Fort d'Aiton..

La lustice Militaire, organe de répression incontrôlable de la caste militaire contre le contingent, est une institution de terreur pure et simple. Elle est un des plus puissants et des plus secrets de ces organismes permanents qui assurent, au jour le jour, l'existence de l'Etat répressif, dénué de tout faux semblant démocratique et libéral, l'Etat de la bourgeoisie, « bandes d'hommes armés au service du capital ».

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paru dans TAM, revue de l'armée, le récit d'une ‘manœuvre’ :

VERTS, ROUGES ET BLEUS

Le thème de l'exercice a été monté en commun par le commandement français du point d'appui de Dakar et l'état-major mauritanien de Nouakchott. !| a été décidé d'imaginer la situation suivante : une sourde hostilité oppose, depuis plusieurs mois, un Etat Vert (Mauritanie) à un Etat voisin du Nord (Etat Rouge).

Les incidents se multiplient à la frontière près de laquelle l'Etat Rouge procède à la concentration d'importants moyens motorisés.

Se sentant menacé l'Etat Vert procède à 1-12 à la mobilisation et fait appel à un Etat Bleu (la France) auquel il est lié par des accords de défense.

A 1-15 les forces Rouges pénètrent en territoire Vert et à ], après s'être emparées de Fort-Trinquet et de Fort-Gouraud, elles ont atteint Atar où elles espèrent faciliter un soulèvement local. +

A j-1 le gouvernement Vert demande au gouvernement Bleu l'intervention de ses forces.

La riposte des forces franco-mauritaniennes a constitué l'exercice proprement dit.

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1969 :

Total de l'armée française : 571.260.

Terre : 323.767, dont 207.404 hommes du contingent, 59.162 sous-officiers, 21.123 officiers. -

Mer : 68.320, dont 26.986 hommes de troupe, 18.958 sous-officiers, 4.335 officiers.

Air : 104.380, dont 37.919 hommes de troupe, 7.566 officiers.

Forces para-militaires : 75.000 hommes.

Coût annuel d’un soldat : 8.061 F,

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V. les révolutionnaires et les revendications pour l'armée

Le cri de « A bas l'armée!» est l'une des expressions les plus naturelles et les plus saines de la révolte de la jeunesse contre l'autorité militaire. Mais ce n'est qu'un cri, sans perspectives ni signification politique. Qu'il exprime la rage de ceux « qui en reviennent» ou la peur de ceux qui vont partir, le refus des structures, des hiérarchies, ou la défense humaniste des « droits de l'être humain », il ne fait qu'exprimer cela ; il ne propose aucun moyen d'y parvenir, il ne présente aucune alternative.

Société dans la société, caserne aux hautes murailles dressées au milieu de la cité, l'armée, qui est un monde à part, n'a pourtant rien d'indépendant Elle n'est pas le cancer de la société démocratique, parce qu'elle est l'un des fondements mêmes de l'Etat capitaliste, pas une excroissance, mais son squelette.

Elle est le couronnement de l'éducation bourgeoise, le point final de la transformation de l'enfant en producteur soumis. Son idéologie, sa hiérarchie, ses punitions, son décervelage, ne sont que des concentrés de ce que la société offre au futur travailleur. Le sous-off n'est qu'une des variantes du contremaitre. ‘ |

Mais l'armée est aussi un des piliers de l'Etat bourgeois, le moyen de défense et de répression dont il ne se privera jamais, quelles que soient les clameurs populaires qui hurlent «à bas l'armée», comme il ne se déparera jamais de sa police ou de ses juges.

Celui qui veut la destruction de l'armée bourgeoise ne peut se contenter d'un « non à l'armée » ou d'un « non au service militaire ». Il doit se donner les moyens de détruire le pouvoir d'Etat qu'elle représente, qui ne peut être ni réformé, ni investi par des «hommes de gauche >.

Les révolutionnaires considèrent la destruction de ce pouvoir répressif de la classe bourgeoise comme la seule voie de la révolution socialiste, et l'œuvre de la classe ouvrière insurgée. Cette destruction est violente :

«Tout mouvement insurrectionnel, de caractère politique ou social, qui ne s'appuierait pas sur une partie au moins de l'armée et, en outre, sur une classe ouvrière non seulement apte à manier les armes modernes mais capable de discipline et de courage militaires, serait voué à la plus sanglante des catastrophes >», expliquait le P.C.F. dans les années 20 de ce siècle.

Cette évidence de la nécessité d'un affrontement en armes entre les forces de répression et la classe ouvrière militairement organisée, conduit les révolutionnaires à condamner sans appel le mot d'ordre de «NON AU SERVICE MILITAIRE > dont la conséquence immédiate est « OUI A L'ARMEE DE METIER >.

Ils expliquent au contraire au jeune travailleur : «Tu vas partir faire ton service militaire. Tu vas avoir pour la première fois l'occasion de te servir des armes, et tu vas apprendre à le faire. Cela, tu ne peux le refuser, quel que soit le régime que l'on t'offre à l'armée. Apprends et retiens ce que tu as appris. Car tu auras à t'en servir un jour, face aux mêmes officiers, pour défendre tes camarades, pour défendre les droits de la classe ouvrière, ou pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie, »

Ils développent une propagande organisée au sein de la jeunesse lycéenne, étudiante, ouvrière, paysanne, avant qu'elle ne soit appelée à rejoindre les casernes. Mais la perspective abstraite d'une révolution future ne peut suffire. Pour mieux préparer les futurs soldats à échapper à l'embrigadement qu'on leur destine, il est nécessaire d'avancer ün certain nombre de mots d'ordre et d'explications politiques sur ce que peut être ou devenir le service militaire.

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DES IDEES SIMPLES ACCEPTABLES POUR LES SOLDATS, INACCEPTABLES POUR L’ARMEE

Les appelés sont endoctrinés au nom de la défense nationale, de la nécessité où se trouve le pays de voir tous ses « fils » capables de le défendre. Il n'est pas besoin d'être officier supérieur ou diplômé pour comprendre qu'un tel entraînement au combat ne justifie absolument pas l'actuelle situation de victime dans laquelle se trouve le contingent.

A) Droit d'expression politique et d'organisation des appelés !

Rien, sinon la volonté de brimer et de réduire, ne justifie la négation de tout droit politique et syndical du soldat. Pourquoi le citoyen qui fait un travail utile, puisqu'il est censé apprendre à « défendre les institutions », n'aurait-il pas les droits des citoyens ? Celui de lire, celui d'avoir une activité politique, d'assister à des réunions, celui de demeurer en liaison avec son syndicat ?

Pourquoi, face à une hiérarchie nationalement (et très bien) organisée; les appelés ne pourraient-ils voir leurs droits garantis par la possibilité de s'organiser, pour se défendre collectivement, en Comités de soldats ?

La liberté de presse, la liberté d'opinion, la liberté d'organisation ne doivent pas s'arrêter aux portes des casernes.

B) A bas la justice militaire !

De même, il est impensable qu'en temps de paix, les jeunes soldats soient soumis à une juridiction judiciaire spéciale les privant de toute garantie. Sans se faire aucune illusion ni vouloir embellir la justice bourgeoise, il est normal d'exiger que les soldats soient jugés, pour les fautes criminelles, par la justice civile.

C) Pour un service réduit au temps des classes, pour une instruction militaire effective.

A quoi sert le temps passé à l'armée une fois les classes finies ? Les premières parties de cette brochure l'expliquent clairement. Mais les raisons de ce maintien au service pour 16 (ou bientôt 12) mois, sont celles de la bourgeoisie, elles ne sont pas les nôtres. Le servicé militaire doit être réduit strictement au temps des classes, auquel pourront se rajouter des stages périodiques.

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Mais ces classes doivent être des classes et pas du « cassage ». Le droit à l'instruction militaire est un droit à obtenir pour tous. Et cela ne veut pas dire seulement le droit à savoir manier un fusil. La guerre moderne (et en particulier la guerre dite civile) utilise aujourd'hui tout un armement perfectionné. Quels sont les hommes de troupe qui ont appris à se servir de ce matériel ? D'un radar, d'un «red eye» par exemple? La connaissance (et donc l'utilisation future) de ce matériel est soigneusement laissée aux officiers et aux mercenaires, c'est-à-dire aux forces de répression. C'est une préparation évidente à la guerre civile, et au massacre.

Non à la discrimination de sexe! L'apprentissage du maniement des armes ne doit pas être maintenu comme un privilège du sexe masculin. Hommes et femmes, toutes les guerres populaires l'ont montré, peuvent avoir la même endurance, les mêmes capacités, les mêmes qualités militaires.

Pour une garantie de salaire! Les recrues qui effectuent leur service travaillent, en fait pour l'Etat. L'absence de toute rémunération va de pair avec l'absence de tout droit politique : les deux visent à les maintenir sous la coupe totalement, de la hiérarchie militaire. Les jeunes gens qui effectuent leur service doivent être payés pour cela et recevoir, non plus une solde, mais un salaire, établi et modifié en rapport avec les salaires de la classe ouvrière. D) Pour la fin de l'encasernement.

Tout ceci implique que l'encasernement — c'est-à-dire une quasi-prison loin de chez soi — disparaisse. Qu'apporte-t-il à la formation militaire du soldat ? Le service militaire (ou, plutôt, stage de formation militaire) peut s'effectuer dans la journée, sur une période courte, sans aucune obligation à manger ou coucher dans une caserne, en chambrée collective, Le but de l'encasernement est, encore une fois, simple : tenir pour mieux sévir. || ne recouvre en rien — bien au contraire — les intérêts des jeunes conscrits.

UNE LUTTE POLITIQUE INTEGREE AUX LUTTES OUVRIERES

Il ne faut cependant se faire aucune illusion. Le système de stage militaire effectif, payé, ouvert aux deux sexes, est logique et humainement rationnel. Mais la logique et le rationnel de la bourgeoisie ne sont pas les nôtres. Pour elle, ce qui l'est, c'est l'abrutissement et la préparation de la jeunesse à des têches de maintien de l'ordre. Aussi n'est-elle pas prête à accorder ce genre de revendications. Elles ne pourront que lui être arrachées violemment par des luttes ouvrières de grande envergure, et un rapport de forces totalement en sa défaveur.

Alors, mais alors seulement, se posera la question du contrôle des syndicats sur la nouvelle forme d'instruction militaire. Mobilisés et instruits sur leurs lieux de travail, organisés en milices autonomes de la classe ouvrière, les « conscrits » des deux sexes ne seront plus une fraction de l'appareil d'Etat de la bourgeoisie, mais tout simplement l'expression armée du « deuxième pouvoir », prête à affronter militairement le régime décadent.

Pendant cette période de « double pouvoir», où la puissance de l'Etat bourgeois est battue en brèche par l'embryon d'Etat prolétarien, la question de l'armée est une question décisive.

Il est nécessaire de faire face à un corps professionnel, abandonné par le contingent, mais bien entraîné et (encore mieux) armé … C'est l'organisation des combattants en milices ouvrières qui répond alors aux besoins de la révolution. Leur coordination est la première forme de l'Armée Rouge

De même que l'Etat bourgeois, avec la cohorte de fonctionnaires de ses forces répressives, ne peut devenir socialiste par un simple changement de personnes mais nécessite une cassure — de même l'armée de la révolution ne saurait reproduire, même en plus démocratique, les structures et les rapports qui existent dans les unités bourgeoises.

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| La question de la discipline, posée en termes simplistes : - sera-t-eile | sacrée ? Sera-t-elle discutable ? » n'a pas de réponse. Car il ne s'agira plus

d'un contingent que l'on mate pour le faire intervenir militairement contre se

classe et contre ses intérêts. Il s'agira des combattants conscients de la classe

ouvrière, armés pour la défense d'un pouvoir d'Etat qui est le leur. Le meilleur | ciment de cette force militaire — qui n'est plus un corps à part de la société mais le PEUPLE EN ARMES — ne sera plus la discipline stupide mais le | compréhension et l'éducation politique. Jusqu'à quel grade les officiers seront-ils | éligibles, donc révocables ? Quels seront les pouvoirs des comités de soldats ? Comment se fera l'utilisation des spécialistes militaires ? La Commune de Paris puis la première Armée Rouge ont déjà donné des formes de réponse concrète Il peut y en avoir d'autres. Ce qui est certain, outre le fait que les armées de ia Révolution seront varisemblablement très vite internationales, c'est qu'elles aussi seront appelées, à terme, à disparaitre et non à se renforcer. Elles disparaîtront, non pas parce qu'il aura été beaucoup crié « à bas l'armée », où parce que beaucoup de jeunes gens auront refusé d'y partir; bien plutôt parce que comme l'argent, comme la justice, comme la police, comme l'Etat, elles ne sont pas des choses « éternelles », mais la face répugnante d'une société d'exploitation de l’homme par l'homme

GARDE À Vous

GARDE ñ Vous VOUS MÈME !

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DES MOTS D’ORDRE ACTUELS POUR UNE LUTTE ACTUELLE

Aujourd'hui, dans la situation concrète de l'armée française en proie à son malaise, avec la réforme « Debré » qui se dessine, avec un contingent particulièrement incapable de digérer la discipline rétrograde qu'on lui impose, après l'ébranlement de Mai 68, il est possible et il est nécessaire d'avancer les mots d'ordre concrets sur lesquels peut se faire la mobilisation de la jeunesse, et qui répondent très exactement à l'état d'esprit des appelés :

— INTERDICTION DE TOUTES LES BRIMADES (y compris l’humiliante « coupe de cheveux >);

— CONTRE LA CLAUSTRATION FORCEE PENDANT LES CLASSES ; — DROIT DE SORTIE APRES LES 8 HEURES DE SERVICE ; — TRANSPORTS GRATUITS POUR LES APPELES ;

— LIBERTE D'INFORMATION : lecture de tous les journaux, des livres politiques, droit d'assister à des réunions politiques ;

— SOLDE MINIMUM DE 150 F F PAR MOIS ; — MOBILISATION LE PLUS PRES POSSIBLE DU LIEU D'HABITATION ; — GENERALISATION DE LA TENUE CIVILE HORS DE LA CASERNE ;

— CONTRE LES « PERMISSIONS-FAVEURS ». DROIT AUX PERMISSIONS REGULIERES ;

— EXTENSION DU DROIT AU SURSIS A TOUS LES JEUNES TRAVAIL- LEURS EN COURS DE FORMATION PROFESSIONNELLE.

Cette « réforme » là du service militaire ne sera proposée ni par Debré ni par la « Commission Armée-Jeunesse ».

Elle ne sera pas acquise dans les 3 mois qui viennent. Mais elle est le point de départ de luttes d'envergure contre le bastion le plus dur du capitalisme français.

4-2-1970 SRE CR RE ES

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d'autres extraits du manuel d'instruction militaire

Qu'est-ce que la justice militaire ?

C'est l’ensemble des juridictions spéciales chargées d'appliquer les dispositions du Code de Justice militaire.

Par qui est rendue la justice militaire ?

Par les tribunaux permanents des forces armées.

Quelle est la compétence de ces tribunaux ?

Ils sont compétents pour juger les infractions militaires et les infractions de toute nature commises par les militaires dans. les casernes, baes aériennes, établissements militaires et chez l'hôte.

Pour les autres infractions, les militaires sont justiciables des tribunaux civils.

Un militaire qui vient d'être libéré peut-il être traduit devant’ un tribunal permanent des forces armées ?

Qui. Sont justiciables du tribunal permanent des forces armées les hommes libérés qui, même en temps civil, outrageraient un de leurs anciens supérieurs militaires, à l’occasion de faits se rattachant au service.

ON NAIT CITOYEN D’UNE NATION : le fait d'être inscrit sur le registre d'Etat Civil intègre le nouveau-né dans la collectivité nationale et fait de lui un « apprenti citoyen ». On ne devient un vrai citoyen que lorsqu'on est en mesure de participer à l’activité du pays. Cet apprentissage se fait progressivement par la famile, par l’école, le métier que l’on choisit.

PAR LA FAMILLE : elle apprend à aider les autres, elle ouvre les yeux sur ce qu'est la vie collective et surtout elle initie aux valeurs les plus respectées dans le pays.

PAR L’'ECOLE : c'est à l’école qu’on apprend la vie du pays, ses activités, son passé, tout ce qui fait sa grandeur. On y développe son intelligence, on y choisit sa situation future avec laquelle on participe à la vie commune.

LE METIER : c'est pratiquement par là que se termine l'apprentissage de citoyen ; on est en mesure de voler de ses propres ailes, on n'est plus une charge mais, au contraire, on rapporte, on participe à l'enrichissement du pays.

L'entrée dans la vie civique se fait dès qu’on acquiert le droit de vote et que l’on défend les institutions de son pays en faisant le service militaire.

Il existe une obligation militaire. En quoi consiste-t-elle ?

C’est le devoir que tout jeune citoyen doit remplir.en vue de fournir des éléments nécessaires à la défense du pays et des institutions. Certaines civilisations se sont écroulées dès qu’elles étaient devenues incapables de se défendre contre les envahisseurs.

Qu'est-ce que la volonté nationale ?

Ce n’est pas la volonté d'un groupe de manifestants mais l'opinion raisonnée de la population qui s'exprime par la loi votée par les représentants du peuple, par l'intermédiaire du gouvernement et de l’administration.

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MAINTIEN DE L’ORDRE

Quel est l'objet du maintien de l'ordre ?

Empêcher les troubles de se produire afin de n'avoir pas à les réprimer. Per qui est assuré le maintien de l'ordre ?

Par l'autorité civile qui dispose pour cela de la police et de la gendarmerie.

En cas d'insuffisance des forces normales, l'autorité civile peut faire appel aux forces armées (inondations, grèves, troubles graves).

Quelles sont les mesures prises en période de troubles ?

Consignes des troupes au quartier, gardes renforcées, garde des points sensibles : dépôts, magasins, gares, mines, centrales électriques, etc. Que doivent faire les soldats employés à la garde des points sensibles ?

Ils doivent respecter les consignes sous peine de sanctions graves, et ne pas avoir de contacts avec les civils.

Qui peut donner des ordres aux troupes requises au titre du maintien de l'ordre ?

Les soldats requis ne doivent recevoir d'ordre que de leur chef.

Quelles sont les règles générales pour l'emploi des armes ?

Sous aucun prétexte un soldat ne doit ouvrir le feu sans en avoir reçu l'ordre de son chef. Le tir à blanc et le tir en l’air sont interdits.

Qui peut donner l'ordre de faire usage des armes ?

Les chefs militaires seulement.

Quels sont les cas où la main-d'œuvre militaire peut être appelée à remplacer des ouvriers civils en grève ?

Pendant une grève des transports publics.

Pour le triage du courrier.

Pour décharger des bateaux ou des trains transportant des denrées périssables.

Pour le transport du ravitaillement.

Quelle est la conduite à tenir par les militaires requis ?

Les soldats chargés d'assurer des transports doivent en toutes circonstances respecter le Code de la Route, être polis avec les voyageurs, prévenants envers les personnes âgées ou infirmes.

La détérioration de matériel ou le vol de denrées en cours de manutention ou de transport entraine des punitions sévères pour les soldats chargés du travail.

Comment s'appelle la discipline de l'Etat ?

C'est la loi. Elle réglemente les activités des individus dans la société en vue de intérêt général du pays et non de l'intérêt particulier de ceux-ci.

Qu'est-ce que l'armée ?

C'est l’ensemble des hommes chargés de défendre la liberté et l’indépendance de la nation, l'intégrité du territoire, et de veiller à l'observation des lois de l'Etat.

Quelle est la position de l'armée dans la société ?

L'armée est au service même de la société. Elle défend ses lois, ses institutions, son territoire. C'est une société au service d’une autre société bien plus grande : la nation.

Signification du service militaire ?

C'est une obligation contractée à l’égard de la collectivité nationale en contrepartie des libertés, des droits et des avantages que celle-ci lui procure.

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LA PROPAGANDE

Quel est le but de la propagande ?

Elle consiste à faire circuler des fausses nouvelles dans le but de démoraliser l’armée et les populations, et de diminuer leur résistance.

Quel est le but recherché par le propagandiste 7

Il cherche à détruire le moral et à saper l'état d'esprit des militaires et civils. Les citoyens risquent ainsi de perdre leur confiance dans la cause qu'ils défendent.

Comment se comporter pour avoir toujours un bon moral ?

Il faut :

— faire preuve de sentiments patriotiques loyaux ;

— avoir confiance en ses chefs ;

— faire preuve de solidarité vis-à-vis de ses camarades ;

— se montrer discipliné et enthousiaste.

Le bon moral et le bon esprit donnent aux soldats le courage et la volonté de vaincre.

Quels sont les procédés et moyens utilisés par les propagandistes ? Tous les moyens, mais en particulier : la radio, la presse, les affiches, les tracts, les inscriptions sur les murs, les mots d'ordre, les fausses nouvelles, les rumeurs alarmantes, etc.

A quels moments les propagandistes exercent-ils leur action ?

En tous temps aussi bien dans l'armée que dans le civil, en cherchant à exploiter toutes les formes de mécontentement.

CONDUITE A TENIR PAR LES MILITAIRES

Quelle est l'attitude à observer pour conserver le secret ?

Se taire; exécuter strictement les consignes reçues ; rendre compte. Qu'est-ce que se taire ?

Se taire, c’est :

— ne pas parler du service après être sorti de la base ou de la caserne (au café, dans la rue, dans le train, chez soi, etc) ;

— empêcher les camarades de commettre des indiscrétions.

Qu'est-ce qu'exécuter strictement les consignes reçues ?

C'est faire tout ce que le commandement a prévu et qui répond à une nécessité que l’exécutant n'est pas obligé de connaître.

En particulier les consignes relatives à la tenue des locaux militaires, fermeture des bureaux, des magasins, des meubles, des coffres-forts, doivent être observées scrupuleusement.

A qui et comment rendre compte d'un fait suspect ?

Il faut rendre compte immédiatement soit à l'officier de sécurité, soit à un supérieur hiérarchique (il faut connaître le nom de l'officier de sécurité).

Il faut être capable de dire : j'ai vu telle chose (ou telle personne) à tel endroit, à tel moment, dans telles circonstances (signalement).

Si un objet suspect (ou qui paraît dangereux) est trouvé près de l'établissement où vous êtes, que faut-il faire ?

Le signaler ; le surveiller, sans y laisser toucher personne, jusqu'à l’arrivée des spécialistes.

Que faut-il faire si un sabotage a eu lieu ?

Rendre compte immédiatement ; ne toucher à rien; indiquer tout danger pouvant subsister.

Que faut-il faire lorsque l'on trouve un tract ?

Le remettre le plus tôt possible à son chef sans le faire lire aux camarades.

Quelle est la conduite à tenir si une personne Vous remet un tract ? Prévenir immédiatement l'officier de sécurité ou un supérieur hiérarchique, après avoir bien regardé la personne pour être en mesure de la reconnaître.

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® Economie et Politique dans la pensée de Trotsky. (Marx ou crève, n° 2) 32F

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e Le capitalisme français, maillon faible de la ‘chaîne impérialiste. (Document Rouge, n° 2

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© Le « complot trotskyste » en Tchécoslovaquie. (Texte du mouvement révolutionnaire) cahier rouge spécial « tchéco >» 2.5

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Supplément à + Rouge - n° 51 Directeur de publication : J.-P. BEAUVAIS S.ALE. MORIAMÉ 61 FG POISSONNIÈRE PARIS

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