La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Collection « Qu’est-ce que ? »

La santé

Collection « Qu’est-ce que ? », n° C, janvier 1973 · 2 290 mots

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qu'est ce que.

ES sante

document ligue communiste supplément à rouge n°188 - 0f50

La santé du capital contre la santé des travailleurs

A l'approche des législatives, la bourgeoisie veut anesthésier l'opinion publique : on fait voir à la télé les hôpitaux modernes luxueux ; on organise des opérations « portes ouvertes » ; bref on veut nous faire croire qu'un des buts de la société capitaliste, c'est l'épanouissement de la santé des travailleurs, on veut nous faire croire que le gouvernement UDR consacre tous ses efforts à la santé publique.

C'est faux.

La médecine est une médecine de classe * Chez les cadres supérieurs, on dépense deux à trois fois plus pour se Soigner que dans les familles

ouvrières. * Chez les ouvriers la mortalité infantile est deux à

trois fois plus grande que dans les familles de grands industriels.

* Dans les quartiers « résidentiels », il y a deux à trois fois plus de médecins que dans les quartiers populaires.

. En fait il y a deux sortes de médecins :

— ceux qui sont conventionnés à la Sécurité Sociale : ils soignent 50 malades par jour.

— ceux qui ne sont pas conventionnés : ils en soignent 10 dans le même temps, mais ils « s'entendent » avec eux sur les honoraires.

e Et même à l'intérieur des hôpitaux publics sont aménagés des cliniques privées réservées aux malades privés des patrons et des agrégés (8% des lits) : des cliniques privées constituées dans les hôpitaux publics avec les deniers de la Sécurité Sociale. Le personnel - plus

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nombreux — y est payé par l'Etat. Là, on parle avec « gentillesse », on s’attarde au chevet du malade, on explique ce qu'on fait. Le patient n’est pas un numéro. Mais là, on paye, et n'entre pas qui veut. alors que les petits commerçants, paysans, artisans, attendent bien souvent la dernière extrémité avant de se faire hospitaliser. C'est que le prix de la journée varie de 200 à 400 Frs et qu'ils doivent payer une grande part des frais médicaux.

e Les femmes qui en ont les moyens peuvent dépenser 300 000 anciens francs pour se faire avorter dans des cliniques ou aller en Angleterre. Celles qui n'ont pas d'affent en sont réduites à recourir à des procédés dangereux pour leur vie. parce que la loi bourgeoise interdit l'avortement libre et gratuit.

Ainsi il y a deux sortes de malades : les riches et les pauvres !

La médecine est une médecine de profit et de gaspillage

L'industrie pharmaceutique est une escroquerie permanente remboursée par la Sécurité Sociale !

*40% des médicaments sont des médicaments « bidons ».

— il y a 400 reconstituants !

— il y a 30 formes d'aspirine !

* Tous les moyens sont bons pour augmenter le prix d'un médicament :

—au principe actif (c'est-à-dire à la substance qui soigne) on ajoute un produit quelconque et le tour est joué.

—le laboratoire achète au prix fort une licence étrangère (à une succursale suisse qui remplit ses caisses !...).

On arrive finalement à ce que le principe actif coûte moins de 20 % du prix total du médicament !

* La publicité, activité essentielle de 3/4 des laboratoires, atteint 10 % du prix total des médicaments :

—il y à en moyenne un représentant publicitaire de laboratoire pharmaceutique pour 10 médecins.

— pour «lancer» sur le marché un médicament « nouveau », il faut en moyenne 100 millions d'anciens francs. .

* Les trusts pharmaceutiques prospèrent sur le dos des malades et des travailleurs :

— leur chiffre d'affaire augmente de 10 à 20 % par an

— mais le trust « Roger Bellon » par exemple, emploie des ouvrières à 3 F 50 de l'heure pour 50 heures de travail par semaine.

LE TRUST PHARHACEUTIQUE DONT de Suis REPRESENTAAT] FABRIQUE,

ENTRE AUTRES CHOSES, DU SPARABRAP

MEnSRE

PERSONNEL Et

La santé publique est une santé de misère

* Le budget de la Santé Publique est bien inférieur au budget militaire

* Selon les normes de l'Organisation Mondiale de la Santé, il manque près de 100 000 infirmières en France ; il arrive qu'il n’y ait même pas d'infirmière dans des salles de 50 malades.

* dans tx plus grande maternité aris (Lariboisière) il

y a 4 lavabos pour une salle de 40 lits ! Lettre au personnel de l'hôpital Lariboisière.

« Monsieur le directeur général vient de me faire connaitre qu'aucun crédit supplémentaire ne sera attribué à l'établissement pour 1970.

Or les dépenses engagées jusqu'à ce jour dépassent de 12% environ les crédits que nous aurions dû dépenser. Cet excédent doit donc être résorbé d'ici le 31 décembre. Tous les secteurs d'activité seront donc nécessairement touchés par les économies à réaliser :

— alimentation

— fournitures de médicaments

— examens radiologiques et biologiques

— entretien du matériel

— fourniture de petit matériel médical et chirurgical — chauffage, électricité — linge (fourniture et blanchissage)

— pansements (fourniture et blanchissage) : Le directeur de Pitié-Salpétrière (le plus grand hôpital parisien).

* La recherche est le parent pauvre ; les crédits qui y sont alloués diminuent, alors que les prix augmentent : — 1971 : 21,2 millions de francs — 1972: 17,2 millions © — 1973 : 18 millions.

« Si cette diminywtion de crédit n'avait été comblée par

l'aide privée, il aura. fallu fermer l'institut, faute de pouvoir payer l'eau, le gaz et l'électricité »

Professeur Lwoff,

prix Nebel de Médecine,

directeur de l'Institut de Villejuif.

* Pour les 400 000 handicapés moteurs, les prévisions ‘du 6ème plan n'ont été réalisées qu’à 65 %.

” A l’hospice, les vieillards sont laissés dans des conditions atroces. - -

on ne dispose pas du personnel nécessaire pour les

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lever et les recoucher ».

« Dans certains établissements pour « chroniques » les impotents qu'il faut faire manger ne reçoivent qu'un repas par jour parce que le personnel y est en nombre insuffisant. »

Extrait d'un dossier publié par la Sécurité Sociale.

La médecine est une médecine à la solde du patronat

— Les ordonnances gaullistes de 1967, en même temps qu'elles diminuaient le taux de remboursement des médicaments à 75 % ont donné la majorité au patronat dans les conseils d'administration de la Sécurité Sociale, les représentants syndicaux désormais désignés et non élus ne servent que de caution.

— à ceux qui parlent du soi-disant déficit de la Sécurité Sociale, rappelons un chiffre :

en 1968, les cotisations patronales non payées dépassaient 2 milliards, d’après le journal officiel.

— Dans les entreprises la loi du profit augmente sans arrêt les cadences. Les règles minimum de sécurité ne sont pas respectées.

En France un travailleur meurt d'accident du travail toutes les heures.

— Le rôle que donnent les patrons au médecin du travail, c'est d'adapter le travailleur à la machine et non l'inverse, et lorsque survient un accident de convaincre les travailleurs que c'est un cas individuel. tout au plus les risques du métier ! Et s’il avait l'intention de dénoncer les insuffisances de l'hygiène et de la sécurité, il serait tout simplement renvoyé par le patron:!

E Un mineur de fond de Merlebach: « Aux HBL, nous avons une médecine entièrement

À

gratuite (les médecins sont payés par la direction, ce qui est un avantage. Mais l'inconvénient est évident : elle est directement au service de l'exploitant.

Il est fréquent, par exemple, que jusqu'à ce qu'un mineur crève, les poumons bouchés par la silicose, les médecins lui expliquent qu'il a des poumons de cristal !

Suppose qu'un type veuille vraiment se faire reconnaitre sa silicose : il va voir un médecin privé ; quand il reviendra avec un certificat (même du médecin le plus connu) attestant qu'il a 30 % de silicose, et qu'il ira voir le médecin des Houillères, celui-ci lui dira qu'il n'a rien et c'est lui qui aura raison.

C'est pour cela que l'on meurt de silicose. sans l'avoir jamais eue !

Autre exemple : à Merlebach, et il y a quelques années, la direction avait trop de personnel au fond Elle fait passer la visite médicale à tout le monde, et on découvre la silicose à quelques dizaines de mineurs ; comme ils sont considérés comme incurables, la direction les envoie au jour (avec 30 % de salaire en moins). Il y à un peu moins d’un an, il manque du personnel au fond ; les mêmes bonshommes sont auscultés par les mêmes médecins et sont déclarés de nouveau aptes au fond !

Extrait d'un interview publié dans Rouge No 185.

— La liste des maladies professionnelles est délibérément restreinte par le patronat et le gouvernement.

— Et comme le capitalisme français ne peut pas se passer de 3 millions de travailleurs immigrés, main d'œuvre surexploitée, pressurée par des loueurs de taudis… la tuberculose continue à tuer 5 000 travailleurs par an !

C’est une médecine incapable de prévenir la maladie

Face à des conditions de travail qui usent et mutilent les hommes, face à des conditions de transport et de logement qui développent la fatigue et l'anxiété. mais que peut faire le médecin ?

Distributeur de pillules au grand profit des trusts pharmaceutiques !

Cynisme publicitaire « Vous ne pouvez rien contre les « stress » de la vie

quotidienne : feuille d'impôts bruits de la cité... plus

de 2 millions de personnes en France en souffrent :

vous n'y pouvez rien, mais vous pouvez beaucoup

contre les effets avec le sirop X … »

Extrait de la publicité d'un trust pharmaceutique.

IL PARTIUIPE AINSI GRANDEMENT À LA BONNE MARCHE Economique

ET À LA SANTE

DE NOIRE SOCITE-

m. DES TRANQUILISANTS =

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CETTE SOCIETE EST BASEE SUR LE PROFIT DES CAPITALISTES. ELLE FAIT LA PREUVE DE SON INCAPACITE A REPONDRE AU BESOIN COLLECTIF DE LA SANTE.

SEULE POURRA Y REPONDRE UNE SOCIETE SOCIALISTE.

Pour changer la santé, il faut donc changer les bases mêmes de la société

A ceux qui prônent demi-mesures et augmentations des crédits comme solutions à tous les problèmes, nous disons : il n'y aura pas de Santé au service des travailleurs, tant que dominera l'exploitation capitaliste, tant que subsistera une médecine fondée sur l'argent, tant que les travailleurs eux-mêmes n'auront pas les moyens de prendre eux-mêmes en mains leurs affaires, et de contrôler ceux qui les soignent.

*Le programme commun propose la nationalisation progressive de 1l3trusts et notamment de l'industrie pharmaceutique.

Nous disons qu'il n'y aura pas de santé fondée sur les besoins des travailleurs, tant que le moteur de la production sera la recherche du profit maximum, c'est-à-dire l'exploitation maximum des travailleurs, et les conditions inhumaines qu'elle engendre.

Et ceux qui nous parlent d'étalement progressif de 13 nationalisations, ceux qui parlent de maintenir le capitalisme en le démocratisant ne se donnent pas les moyens de rompre radicalement avec cela.

* Le programme com ordonnances gaullistes s d'augmenter le budget de la san

Nous disons qu'effectiv budget de la santé et l'abolit des mesurés à prendre (dison: est dommage que cette de

ée sous la table lors des en 68). Mais ce qu'attendi notamment les plus pau GRATUITE ; et non pas pre plusieurs années — mais TOU'

Démagogie ? Pas du tout : sim besoin élémentaire qu'une socis travailleurs doit assurer à tous.

* Le programme commun : d'hygiène et de sécurité dans pouvoir élargi.

Voilà qui est bien commissions d'hygiène purement consultatifs obligatoirement appliqués ? Nous disons que les trav exercer le contrôle sur les c: sécurité . Qu'ils doivent y c changement du médecin du attitude manifestement anti-0

* Le programme commun socialisme. Mais i faut dire claire rition de la médecine de — la disparition des lits p blics — la disparition des clin des centres de soins public — la disparition du com remier lieu, du lien d'arge:

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mun propose d'abolir les ar la Sécurité Sociale et té publique.

ement l'augmentation du ion des ordonnances sont d’ailleurs au passage qu'il rnière revendication soit négociations de Grenelle nt les travailleurs —et vres — c’est la SANTE jgressivement — étalée sur [ DE SUITE.

plement la satisfaction d'un té organisée par et pour les

ous dit que les commissions les entreprises verront leur

flou! Les avis de ces et sécurité resteront-ils ou devront-ils être

illeurs doivent eux-mêmes Dnditions d'hygiène et de ompris pouvoir exiger le travail, si celui-ci a une uvrière.

dit qu'il ouvre la voie au

nent si l'on est pour la lasse : rivés au sein des hôpitaux

iques privées remplacées S merce de la santé, et en it entre le malade et le

* Si le programme commun ne le dit pas, c'est qu'il cherche avant tout à gagner les voix des médecins, les voix des cadres, y compris au prix de concessions à la hiérarchie existante au détriment des intéréts de la classe ouvrière.

Au contraire, nous pensons que c'est dans la lutte que se prépare le socialisme de demain.

Lorsque les travailleurs des hôpitaux organisent la grève active en réalisant les soins gratuits, lorsqu'ils

nt à tous : gratuite et de

Série « Qu'est-ce que. — Documents Ligue Communiste »

a - La violence, b-Les augmentations uniformes. d-L'école.

à paraître : Le parlement. L'Europe rouge. Les transports. Le logement. L'oppression des femmes. Les paysans.

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