Texte obtenu par reconnaissance optique des numérisations de RaDAR, non relu : il contient des erreurs, et les intertitres sont repérés automatiquement. En cas de doute, la numérisation fait foi.
qu'est ce que
les augmenfafions uniformes
1... nl réel era ln document ligue communiste __
supplément à rouge n°188 - 0f50Q
Augmentations sgales pour tous
Depuis Mai 68, et de plus en plus souvent, on voit surgir dans les entreprises des revendications d’augmentations des salaires qui rompent complètement avec la tradition des augmentations de salaire hiérarchisées (en pourcentage).
Au cours de luttes importantes, les ouvriers de Pennaroya (Lyon), de Girosteel (Le Bourget), du Joint Français (St Brieuc), de Berliet (Vénissieux), de Chaffoteaux et Maury (St Brieuc), etc. se sont battus pour des augmentations égales pour tous.
Malgré l'hostilité de bien des bureaucrates syndicaux, ces exemples font tache d'huile et aujourd'hui, la plupart des luttes pour des augmentations de salaires mettent en avant de tels mots d'ordre.
Pourquoi cette revendication devient-elle aussi populaire ?
Des écarts énormes entre salaires !
L'inégalité des salaires atteint en France des proportions démesurées. Un cadre supérieur gagne souvent de 7 à 8 fois plus qu'un ouvrier débutant — sans tenir compte des primes et enveloppes discrètes qui ne font que renforcer cette hiérarchie.
En se battant pour des augmentations en pourcentage, la grande masse des travailleurs a le sentiment de se battre essentiellement pour augmenter le salaire des cadres !
Il convient toutefois de se demander d'où proviennent ces écarts énormes.
Les différences de qualification peuvent l'expliquer en partie. Les « frais de formation » professionnelle sont pour l’essentiel à la charge des familles. En général, tout salarié exigera de son employeur d'avoir les moyens de payer à ses
enfants la même qualification que la sienne, pour le moins.
Mais ces différences objectives ne peuvent à elles seules tout expliquer. Les différences entre les niveaux de vie ne se limitent pas aux différences entre les études des enfants ! Aussi faut-il se demander à quoi peut bien servir une telle hiérarchie.
Pourquoi ?
Satisfaire des besoins différents entre les travailleurs ?
Si les besoins des uns sont différents des besoins des autres aujourd'hui, c'est que la société du profit a entraîné de monstrueuses inégalités et qu'elle a diversifié à l'infini les besoins pour mieux les laisser insatisfaits chez la grande masse des travailleurs.
Les cadres supérieurs, par exemple, ont la conviction d’avoir des besoins supérieurs. C'est là, l'idée d'eux-mêmes que leur impose la société capitaliste, mais ce n’esten aucun cas la justification de leurs prétentions !
En réalité, les besoins humains ne devraient pas être aussi différents.
Rien ne permet d'affirmer que le manœuvre ait moins besoin d'une voiture, de bonnes vacances et d’une maison individuelle que l'ingénieur ou le PDG !
La hiérarchie actuelle des besoins est pour l'essentiel la conséquence et non la cause de la hiérarchie écrasante des salaires.
La diversité des besoins des hommes ne peut en aucun cas justifier une telle hiérarchie des salaires.
Diviser pour régner
Un patron n'est qu'un homme...
Posséder l'usine ne le rend pas capable de tout contrôler et de veiller partout à la fois, à la bonne marche de ses profits !
Il faut donc qu'entre lui et ses ouvriers qu'il exploite, se trouvent des intermédiaires depuis le gros chien de garde jusqu'au roquet hargneux !
Cependant, pour obtenir des « chefs » et des chefs aussi :
intéressés à l'intérêt du patron que le patron lui-même, i faut les payer cher ! C'est le prix de leur docilité et de leur soumission !
De plus pour favoriser le travail à l'usine, il faut établir la concurrence entre les travailleurs. Il faut faire miroiter au-dessus de leur tête tel prime ou tel avantage si on travaille plus vite ou si on se montre plus docile !
C'est pour mieux régner que le patron cherche à diviser par tous les moyens :
— multiplication des catégories, échelons, primes diverses qui permettent d'attribuer à chaque travailleur un salaire « à la gueule du client » ;
— disparité des salaires :
* entre hommes et femmes (33 % d'écart) * entre régions (du simple au double) * entre jeunes et moins jeunes etc.
Le niveau des salaires qui nepermet pas de satisfaire les besoins, la hiérarchie.des salaires, qui permet au patron de mieux exploiter les travailleurs, doivent être toujours remis en cause par des luttes sur des mots d'ordre qui réduisent la hiérarchie et affaiblissent le pouvoir patronal.
Réduire les écarts hiérarchiques des chiffres
Manœuvre 900 F
Ouvrier Pro 1200 F
Technicien
… qui parlent
Si l’on compare, par exemple, une augmentation de 200 F pour tous à une augmentation en pourcentage de 8 %, il apparaît : +
— que les couches les plus nombreuses, c'est-à-dire, les moins payées, reçoivent une augmentation dérisoire ;
— que les augmentations en pourcentage ne font qu’accroïtre le retard des bas salaires par rapport aux plus hauts salaires. Les écarts hiérarchiques se creusent de plus en plus ; 3
— que les couches privilégiées, celles qui en général ne participent pas aux luttes, sont très favorisées.
pourcentage) peuvent répondre au problème de la dégradation du pouvoir d'achat de tous les travailleurs, mais elle ne répondent pas au problème de
l'amélioration du pouvoir d'achat des bas salaires. Le mot d'ordre d'augmentations égales pour tous permet de commencer à le résoudre.
Un mot d'ordre qui unifie et mobilise
Avec l'augmentation égale pour tous, la quasi totalité des travailleurs trouve son compte tandis que commence à se réduire le retard des plus défavorisés.
Face à la politique patronale de division, il faut répondre par des revendications qui unifient les travailleurs sur un objectif commun.
Le mot d'ordre doit non seulement intéresser tout le monde mais aussi faire comprendre à tout le monde que le combat est un combat commun.
Il doit se montrer plus puissant que les divisions que le patronat s'ingénie à multiplier.
Dans le cas du pourcentage, chacun lutte pour sa propre augmentation :
— le manœuvre pour 72 F ;
— l'OP pour 9%6 F ;
— l'ingénieur pour 280 F ;
— le cadre supérieur pour 400 F.
Cela permet au patron d'’étouffer la lutte en accordant ce qu'il veut, catégorie par catégorie, échelon par échelon, poste par poste !
Parce qu'elle mobilise les couches les plus nombreuses et combatives des salariés, parce qu'elle peut rallier à la lutte les hésitants, l'augmentation uniforme permet d'établir face au patronat un rapport de forces plus favorable que toute autre revendication. .
Elle permet ainsi d'arracher davantage aux profits du
patron et d'améliorer véritablement le sort de l'im mense majorité des travailleurs. Exigeons
de fortes augmentations
Y-a+-il un
Lorsqu'un patron engage un ouvrier, il achète sa force de travail et, en échange, il lui donne un salaire. Avec cette force de travail, il va créer ou transformer des marchandises.
Par exemple, en 1969, un salarié de l'automobile a fabriqué en moyenne 12 voitures par an, et pourtant, son salaire annuel ne représente que le prix de deux voitures.
La différence, c'est le patron qui l’empoche (moins ses frais : au maximum, deux voitures).
C'est là l'origine du profit et, finalement, de toute la richesse des capitalistes.
Il n’y a donc pas de salaire juste dans ce régime d'exploitation.
Le salaire le plus juste, c'est le plus haut salaire qu'on peut arracher au patronat.
Les profits sont énormes
Les profits d'ordinaire sont très importants. Or, il se trouve que cette année, les profits ont connu une hausse
aire :
— 30 % en quelques mois ;
— 40 % pour les valeurs boursières depuis le début de l'année !!
Quelques puissent être les mensonges du patronat à ce sujet, soyons sûrs qu'il peut payer.
Mieux ! Quelque soit l'état de ses profits, nos revendications ne doivent tenir compte que des besoins ressentis. Ce que nous arracherons dépendra de l'ampleur de nos luttes.
Et si le patronat prétend ne pas pouvoir payer, c'est bien la preuve qu'il est un parasite néfaste, que le capitalisme est incapable de satisfaire les besoins des hommes !
Le patronat peut céder ! Exigeons des augmentations de 200 ou 300 F pour tous !
L
Il est certain q à la hiérarchie abu système par terre.
Le patron a tr pour se laisser mout
La hiérarchie, ] conditions nécessair
Sa vie, il la dé nacée. Et il serait d'une façon ou d'u indispensables !
L'augmentatior pour mobiliser et ui
Cependant, c'est dans l'organisation des luttes que ce > capitalisme mot d'ordre provoquera, que, progressivement, se fera, au peut- -il travers de la démocratie ouvrière des comités de grève,
en crever ?
ue ce n’est pas seulement en s'attaquent sive dans l’entreprise qu'on va mettre le
op de ficelles et de tours <a sac ir sans farouchement se détr
‘autorité dans l'entreprise, cet une des es aux profits et à la vie du éabital.
fend lorsqu'il la sent vértablement menaif de croire qu'il va cesser d'acheter, ne autre, les servicés de ceux qui lui sont
| égale pour tous est une arme puissante iifier les travailleurs.
l'apprentissage à la prise en main par les travailleurs euxmêmes, de leur propre destin.
C'est au travers des luttes, sur ces mots d'ordre unificateurs, que se fortifiera la confiance des travailleurs en leur propre force, pour préparer directement, dans l’action, la fin de ce régime d'exploitation de l’homme par l’homme, qui n’a que trop fait la preuve de son incapacité à satisfaire les besoins des travailleurs.
Série « Qu'est-ce que. — Documents Ligue Communiste »
a - La violence, b-Les augmentations uniformes. c- La santé. d - L'école.
à paraître : Le parlement. L'Europe rouge. Le Euro
5e 'oppression des femmes.
SOUTENEZ ROUGE ABONNEZ-VOUS !
Les paysans. L
La pollution. Je désire m'abonner à Rouge. La poli Non :
L'armée. Adresse :
La justice.
Abonnement choisi :
Tarif des abonnements :
Les TOM-DOM
Pour la France l'Étranger sous ph ouvert fermé ouvert fermé un an 90 150 110 180 six mois 45 75 55 90
Par avion, écrire à Rouge,
Seules les demandes accompagnées de leur règlement immédiat sont prises en consideration.
Pour tout changement d'adresse, joindre 1 f 50 et la dernière bande.
Rouge — 10 impasse Guéménée
75004 — Paris (4ème)'
me F ap: érialisme. L'ORTF.
Les nationalisations. L'autodéfense ouvrière.