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Homophonies : Lesbienne, féministe... militante dans le CUARH, groupe mixte

· Cahiers du féminisme, n° 15, mars - avril 1981 · p. 42 · 505 mots

Cet article est paru dans « Homophonies » n° 2, dans le cadre d’un débat sur la mixité du CUARH :

Pourquoi ?

La réponse est simple : pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les homosexuels, hommes et femmes. Vous m’objecterez que la répression ne touche pas les lesbiennes ; l’idée est répandue que « l’homosexualité masculine est plus mal supportée que l’homo-sexualité féminine ; deux hommes vivant ensemble, quel scandale ! Deux femmes habitant ensemble, ce sont deux amies partageant leur solitude.. Ce qui est intolérable pour un homme est acceptable pour une femmes » (les Cahiers de l’Exclu).

D’ailleurs, l’homosexualité féminine, « ça n’existe pas », si ce n’est à la puberté ou dans des films pornographiques à l’usage des hommes hétérosexuels bon teint. Nous n’avons pas d’histoire homosexuelle glorieuse avec ses lettres de noblesse (Sapho exceptée) comme la Grèce antique et pédérastique parce que notre sexualité a été niée et réduite à la procréation ou la prostitution.

« Vivons cachées, vivons heureuses », dans la clandestinité au jour le jour, mais si nous nous avisons de vivre notre homosexualité au grand jour, kaï, kai.. Nombreuses sont les lesbien- enfants à cause de son orientation sexuelle.

Si nous souhaitons adopter des enfants, cela nous est refusé. Nous pourrions nous retirer dans notre tour d’ivoire, ou vivre dans une île déserte, entre nous...

Mais si nous voulons faire changer les lois et les mentalités, il faut descendre dans l’arène, face à la société, cette grosse bête, à ses petits, mâles et femelles.

La censure sociale exige une solidarité homosexuels-lesbiennes face à cette situation.

Certes notre oppression est liée à celle de toutes les femmes, et un mouvement de libération des femmes, le plus large possible, est nécessaire. Au CUARH, les femmes sont encore peu nombreuses et pour qu’il ne prenne pas une tonalité masculine, nous devons gagner du terrain pied à pied.

Nous pouvons servir de lien entre le mouvement des femmes et les homosexuels et le CUARH peut constituer un cadre de réflexion commune sur la question de l’homosexualité et sur notre identité ; les homosexuels sont, ne serait-ce que par leur éducation en tant que mecs, des agents de l’oppression des femmes, et donc des lesbiennes. Mais certains remettent en cause leur rôle et leur statut social de mâle dominant. Quant à nous, nous sommes des femmes mais notre être profond est masqué nés qui ont eu des ennuis dans leur vie professionnelle (en particulier dans la Fonction publique, article 1 2 alinéa 2, titre 2 du code relatif à la bonne moralité).

Si une femme divorcée avec enfants se révèle homosexuelle, son ex-mari peut toujours la traîner devant les tribunaux pour lui retirer la garde de ses par notre rôle de femme imposé.

Je n’irais pas jusqu’à dire, comme M. Wittig, que « femme n 'a de sens que dans les systèmes de pensée et les systèmes économiques hétérosexuels », mais je ne sais pas ce qu’est réellement une femme au-delà de la « petite différence ».

Martine Cotton

Notes

  1. Cet article est paru dans «Homophonies » n° 2, dans le cadre d’un débat sur la mixité du CUARH :

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