L’AVORTEMENT
Peu de choses ont changé pour les femmes depuis la mort de Franco. Certes, depuis deux ans, la contraception est devenue légale mais juridiquement les femmes sont encore considérées comme mineures. Pour travailler, il leur faut encore l’autorisation du père ou du mari, de plus, dès qu’elles sont mariées ou enceintes, ce droit si précaire à l’emploi leur est contesté, i�e gouvernement chei-che à « acheter » le départ des femmes de leur emploi par toutes sortes de primes : prime de mariage en cas de départ définitif au moment du mariage, prime aussi en cas de départ définitif d’une femme enceinte... L’avortement est toujours illégal et n’est pas près d’être admis dans une société où l’influence de l’Eglise est enco-
350 000 avortements par an selon les estimations, entre 3 000 et 5 000 morts chaque année, de nombreuses femmes en prison pour avortement re décisive et i’extrême-droite à l’offensive sur tous les terrains. Celle-ci se bat d’ailleurs pour que la peine qui frappe le « délit » d’avortement (douze ans aujourd’hui) soit encore aggravée. C’est donc clandestinement que les femmes doivent avorter (350 000 avortements par an selon les estimations) et à leurs risques et périls : entre 3 000 et 5 000 morts chaque année ; de nombreuses femmes en prison pour avortement.
Pourtant, en octobre 1979, la mobilisation nationale et la solidarité internationale avaient entraîné l’ajournement sine die du procès de Bilbao où onze femmes devaient être jugées pour avortement.
A Séville, huit personnes ont été arrêtées et inculpées pour avoir effectué des avortements et quatre cent trente-deux femmes ont été poursuivies pour avortement. Le nom de ces personnes fut relevé dans les fichiers d’un centre privé de planning familial brutalement investi par la police. Douze femmes risquent trente ans de prison ! Mais, en défense des inculpées, plus de vingt mille femmes ont accepté de signer une déclaration par laquelle elles reconnaissent avoir avorté et demandent à être co-inculpées! Cètte campagne, impulsée par les organisations féministes et soutenue par la gauche et l’extrême-gauche, a trouvé son prolongement en Europe où des pétitions de solidarité ont été signées...
L’issue du procès n’est pas joué, La solidarité pour obtenir l’amnistie des inculpées doit se poursuivre.