La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Quelques propositions

Cahiers du féminisme, n° 25, 1983 · p. 18 · 642 mots

Le lundi après-midi, les propositions présentées en assemblée générale, issues des travaux des commissions, même si elles se situaient à différents niveaux, indiquaient toutes la volonté des participantes de garder le contact.

Il s’agissait pour certaines de continuer la réflexion engagée, de trouver des formes d’organisation internationale, mais aussi pour d’autres d’affirmer des objectifs de lutte permettant de rassembler les forces pour se battre contre les attaques envers les droits des femmes.

Ainsi, la commission « nouvelles technologies » proposait l’utilisation d’un ordinateur, à Londres, pour mettre en place une banque de données. Celle-ci permettant de centraliser toutes les informations concernant les femmes dans tous les pays — conditions socio-économiques, législations, etc. — et de pouvoir les transmettre rapidement. Pour faciliter la gestion de cette banque de données, une réunion serait organisée chaque année avec des délégations de chaque pays.

La commission « presse » annonçait qu’elle continuerait de travailler sur le projet d’une agence de presse internationale de femmes. La proposition d’un centre de documentation internationale de femmes à Turin allait également dans ce sens.

La commission « le sexisme dans le travail et en politique » lançait un appel à développer une campagne au niveau européen : « Pour défendre le droit des femmes au travail, leur indépendance économique, contre les politiques gouvernementales et patronales qui frappent particulièrement et de manière discriminatoire les femmes. »

La motion rédigée par cette commission affirmait : « Les difficultés objectives liées à la situation économique internationale ne doivent pas nous amener à l’acceptation de la logique de la crise, des sacrifices, des comptabilités prétendument raisonnables.

« Nous devons partir des besoins réels, des exigences des femmes.

« Nous nous prononçons pour la

Proposition de motion Aux treize femmes de Bekaert Cokerill, licenciées pour avoir refusé le temps partiel

Vous avez été licenciées pour avoir refusé le travail à temps partiel.

Vous avez lutté, vous êtes toujours en lutte contre cette discrimination sexiste.

Votre lutte est exemplaire par la combativité et la ténacité dont vous faites preuve.

Au moment où le chômage grandit dans toute l’Europe, où les formes de travail précaires se généralisent pour les femmes (notamment le temps partiel), nous sommes toutes concernées et d’accord pour dire avec vous : « Une injustice commise contre une femme est une menace pour toutes. »

Nous, femmes réunies à Turin, les 23, 24 et 25 avril, pour la rencontre internationale « Produre e riprodure », vous apportons notre solidarité et nous engageons à populariser votre lutte dans nos pays respectifs.

défense des droits acquis, le droit à l’emploi étant prioritaire à tous les autres. Sans cela, tous les discours sur la différence, sur les alternatives seront caducs, ou tout simplement produiront une adaptation au système.

« Pour cela, l’objectif principal est la réduction de l’horaire de travail pour tous et toutes, sans diminution de salaire, en liaison avec un contrôle sur les heures supplémentaires. »

Cette campagne, impulsée dans chaque pays en tenant compte de chaque situation et également des conditions des femmes immigrées, viserait « à rassembler le plus largement possible les femmes, les travailleuses, mais aussi les femmes au foyer, les chômeuses, les jeunes, celles qui subissent encore de manière individuelle leur condition, celles qui sont dans les organisations politiques. »

Une première concrétisation de cette campagne serait, lors du 8 Mars 1984, l’institution d’un tribunal international à Bruxelles pour faire le procès de toutes les politiques discriminatoires envers les femmes.

La discussion a aussi porté sur la possibilité d’organiser une manifestation internationale de femmes ; la date et les modalités restent à définir.

Pour développer ces initiatives, la commission a proposé la constitution d’un comité de coordination européen, dont le secrétariat se réunirait à Bruxelles.

Il était demandé aux organisatrices de la rencontre d’envoyer les convocations à chacun des groupes participant à la rencontre de Turin, pour la première réunion.

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