La Sécurité sociale est en danger. Pour le patronat, le déficit actuel serait de 2 milliards de francs par mois. Séguin et Balladur ont déjà indiqué quels types de propositions ils feraient aux pseudo-états généraux pour « sauver » la Sécu : relèvement des cotisations, augmentation du ticket modérateur et, pourquoi pas, augmentation de la participation des retraités qui, comme chacun sait, sont des nantis !
D’ores et déjà, le plan Séguin entre en application : diminution et parfois, suppression des remboursements de certains médicaments, restriction à l’hospitalisation et augmentation du forfait hospitalier, diminution du remboursement des actes chirurgicaux, modification de la législation sur les accidents du travail.
Comme si la santé n’était pas un droit, mais seulement un privilège pour ceux qui peuvent payer, comme si l’hôpital devait être un luxe, comme si un accident du travail ne devait plus être considéré comme... un accident du travail ! Comme si, enfin, le déficit n’était pas avant tout créé par le patronat qui ne paie pas ses dettes et le gouvernement qui couvre ce vol...
Il paraît que nous consommons « trop » de médicaments : peut-être, mais à qui la faute ? Et sans doute est-ce pour réduire ces « excès » que le gouvernement rétablit le travail de nuit des femmes et déréglemente le code du travail...
Il paraît que les chômeurs creusent le déficit ; mais qui est responsable du chômage ?
En fait, des solutions pour maintenir et améliorer la protection sociale pour tous et toutes, il y en a. Nul besoin de revenir au temps de Balzac et de Zola où les femmes avortaient dans les cuisines et accouchaient derrière les machines, à l’usine. Les équipements hospitaliers existent et on ne nous fera pas croire que l’accueil des femmes dans les maternités est un luxe. Pas plus que l’égalité de traitement médical pour tous les enfants, quels que soients les métiers exercés par leurs parents. Personne, bien sûr, ne prétend imposer une telle régression. Pourtant, certains ont déjà mis en cause l’« excès » de soins accordés aux grands malades et aux vieillards...
Pour sauver la Sécurité sociale et assurer la protection sociale de tous et toutes, il faudrait répartir les charges proportionnellement aux revenus de chacun ; il conviendrait également que les patrons règlent leurs dettes et que la TVA soit supprimée sur les médicaments, car il est inadmissible de devoir payer un impôt -pour se soigner !
Ces mesures suffiraient pour renflouer la Sécu immédiatement ! Reste que pour prévenir les maladies et ainsi réduire certaines dépenses de santé, une autre logique que celle de la rentabilité et du profit devrait s’imposer. La baisse radicale du temps de travail et la suppression du travail au rendement seraient des mesures autrement efficaces que l’appel à l’autorestriction médicale !
Les femmes comme l’ensemble des travailleurs auraient tout à perdre du démantèlement accru de la protection sociale. Leurs conditions de vie en seraient considérablement dégradées, alors qu’elles occupent déjà les emplois les plus défavorisés. Les féministes sont donc concernées au premier chef par la lutte unitaire contre le plan Séguin et en défense de la Sécurité sociale.