Femmes et grande pauvreté
Le 10 octobre s’est tenue à Paris, à la Maison des Femmes, une réunion de coordination nationale de l’association française des « Femmes contre la pauvreté ». Ce groupe fait partie d’une association constituée en 1984, à l’echelle de l’Europe communautaire, pour former un groupe de pression sur la question des femmes.
Présente en Grand-Bretagne, France, Belgique, Pays-Bas, Italie, en voie de constitution en Espagne et au Portugal, l’association a été reconnue et subventionnée par la Commission de Bruxelles. Elle n’en est pas moins indépendante des institutions communautaires et son orientation féministe est très affirmée.
En France, se sont constituées des coordinations régionales à Lille, Lyon et Marseille, qui travaillent en liaison avec les syndicats et les associations caritatives.
La réunion nationale du 10 octobre réunissait environ trente femmes et son objectif était de débattre des activités projetées. Le groupe entend travailler à un Livre blanc sur la pauvreté des femmes, avec un but de sensibilisation de l’opinion sur une question qui n’est jamais abordée dans une optique féministe. Il n’est qu’à consulter les études officielles pour se rendre compte que la pauvreté des femmes, dont les raisons et les manifestations sont différentes de celle des hommes, n’est jamais véritablement cernée.
Le Livre blanc sera rédigé à partir des résultats d’un questionnaire, rendu fin mai 1988. Celui-ci sera rempli par ou avec des femmes en situation de grande pauvreté.
Outre le Livre blanc, l’association s’est donnée pour objectif de réunir un Tribunal européen sur la pauvreté des femmes qui serait préparé par l’ensemble des coordinations nationales.
Initiative intéressante qui mérite le soutien de toutes les féministes, d’autant que le sujet est malheureusement d’une actualité brûlante.
Pour toute information complémentaire, se renseigner auprès de la Maison des Femmes, 8, cité Prost. 75011 Paris.
La Maison des femmes menacée !
La Maison des femmes de Paris, située dans un quartier en cours de rénovation, est menacée d’expulsion par la ville de Paris. Dès l’annonce de cette nouvelle, les divers groupes féministes qui gèrent la Maison des femmes ont décidé de lancer une grande campagne de pétitions afin d’obtenir un relogement dans des conditions au moins équivalentes : « Nous savons combien il est important qu’existe sur Paris un lieu de femmes, un lieu féministe, géré par des femmes en toute indépendance, ouvert à toutes, lieu d’échanges, d’information, d’entraide et d’action. C’est le mouvement des femmes dans sa pluralité et dans son ensemble qui est touché quand l’une de ses activités s’interrompt sous la contrainte. »
Les militantes de la Maison des femmes lancent cet appel à toutes les associations féministes, mais aussi à toutes les forces et organisations démocratiques. C’est l’existence même de la Maison des femmes qui est en jeu ! Le soutien le plus large doit se manifester !
Pour tout renseignement, ou pour se procurer la pétition, écrire ou téléphoner à la Maison des femmes, 8 cité Prost, 7501 1 Paris, tél. : 43 48 24 91.
Dépistage
Mille femmes meurent chaque année du cancer du sein. Un dépistage systématique de cette maladie par mammographie chez les femmes de cinquante à soixante-neuf ans permettrait à coup sûr d’éviter cinq cents morts par an.
Conclusion logique : il faut proposer le dépistage à toutes les femmes. Eh bien non ! Figurez-vous que pour les deux médecins-conseils de la CNAM qui ont conduit l’étude, cela n’a rien d’évident. Pour eux, en effet, cela coûterait « au niveau national environ deux cent vingt-cinq millions de francs, soit quatre cent cinquante mille francs par décès évité ». Si leur rapport en restait là, il serait déjà choquant ; mais le cynisme de ces pseudo-médecins n’a pas de limites lorsqu’ils décident de commenter leurs résultats : « Ces femmes partiront en retraite, auront des maladies et la dernière les tuera coûteusement, plus tard. (...) La prévention des maladies létales (mortelles) de l’adulte permet aux personnes de vivre plus longtemps pour mourir plus tard, d’une autre cause le plus souvent. » Conclusion : c’est pas rentable ! On croît rêver. On s’attendait à ce que ces deux « farceurs » mis en cause par la CGT soient immédiatement remerciés par la CNAM. Réponse des services médicaux : « il ne s ’agit là que d’un article d’économie médicale, abordant le problème en termes de chiffres. La décision du dépistage relève de toute façon d'un choix politique ». Voilà qui nous rassure !
Tartuffes !
A peine les députés venaient-ils d’adopter le principe d’une surtaxation à 33 % des messageries roses que Libération, bientôt suivi de toute la presse, révélait que tous les partis politiques de la majorité, sans oublier le Front national, ainsi que le PS disposaient, à l’echelle régionale, de leurs propres services de messageries roses. Pour ceux qui se font habituellement les seuls garants de « la morale et l’ordre », comme pour ceux qui prétendent incarner le combat des femmes pour la dignité et contre la pornographie, avouez que cela la fout plutôt mal !
Sont concernés en particulier les fédérations de Dordogne, du Lot-et-Garonne, de Gironde et de l’Hérault de ces partis. Au niveau national, on répond que les responsables locaux se sont laissés abuser par l’installateur régional du service Minitel. Personne ne le croît mais à quelques mois des élections, ces partis ont dû choisir entre les profits et l’image de marque !
Leurs messageries roses sont interrompues...
Vient de paraître