L
A l'usine de Rhône-Poulenc Santé 1 dre en considération les propositions
Rhône-Poulenc-Vitry:
Premiers
La montée du mécontentement des travailleurs de Rhône-Poulenc a été directement liée à la politique salariale suivie depuis trois ans par la direction du groupe sur les bases des directives fournies par le patronat de l'Union des industries chimiques (UIC composée à 60 % par des entreprises nationalisées) et le gouvernement. Cela a signifié pour les travailleurs en 1982 une stagnation du pouvoir d'achat et en 1983, une perte moyenne de 5 % (pourtant calculés à partir de l'indice INSEE ). de Vitry-sur-Seine, qui compte près de 1 500 salariés, ce sont les propositions de l'UIC pour 1984, reprises par la direction Rhône-Poulenc, qui ont fait déborder le vase. _ Rien en ce qui concerne le rattrapage du pouvoir d'achat pour 1982-1983. - Le décomptage pour la première fois des augmentations individuelles et des primes d'ancienneté de l'augmentation générale de 7 % de la masse salariale annuelle « accordée » pour 1984. - En y ajoutant le calcul du fameux « effet report » des dernières augmentations de salaires de 1983, l'augmentation nette des salaires se réduit à 3,5 % pour cette année.
Cela faisait d'autant moins le compte que tous les travailleurs de RP savaient que le taux minimum d'inflation atteindra cette année 7 % , que les dirigeants de Rhône-Poulenc Santé avaient claironné quelques semaines auparavant que les résultats de la société pour 1983 avaient été bons et que les titres participatifs accordés après la nationalisation aux anciens actionnaires capitalistes privés de Rhône-Poulenc leur rapportent de 10 à 19% l'an.
A cela s'ajoutaient d'autres remises en cause des acquis, notam-
Michel VERREO ment la non-reconduction de l'accord de 1972 prévoyant le droit à l'anticipation de cinq ans sur l'âge légal de la retraite pour les travailleurs postés en 3 x 8 et 4 x 8.
Il y a sur l'usine de Vitry deux principaux secteurs de fabrication, l'organique et les antibiotiques (ces derniers travaillant essentiellement en 4 x 8).
Lors de la réunion paritaire sur les salaires qui s'était tenue au moment des fêtes de fin d'année, l'ensemble des syndicats, CGT, CFDT, CFTC et PO avaient refusé de prensala~ial~s du groupe et a~~ient 9-uitté la :eumon, ~our la prem1ere f01~ de~ms .des annees. Au. cours du m01s de Janvier, u?e, certam~ effervesc~nc.e commençalt a se mamfester sur l us1ne de Vitry, ~a plus importante .de la branche Rhone-Poulenc Sante (le trust Rhône-Poulenc est divisé en plusieurs sociétés disposant chacune de leur « autonomie de gestion »).
C'est le 2 février que les travailleurs de fabrication de l'organique débrayaient une heure pour tenir une assemblée générale. La grève était massivement suivie par les équipes postées 2 x 8 et 3 x 8. L'assemblée générale devait regrouper plus de cent-vingt travailleurs du secteur, chiffre sans précédent depuis plus d'une dizaine d'années sur ce secteur. Elle adoptait à la quasi-unanimité la plate-forme revendicative suivante :
- Rattrapage du pouvoir d'achat perdu en 1983 avec un minimum de 600 F mensuels pour tous. -La garantie du maintien du pouvoir d'achat pour 1984 sans intégration des augmentations dites individuelles et des primes d'ancienneté.
Pour favoriser l'entrée en lutte des travailleurs du secteur antibiotique, elle y rajoutait le droit à la retraite anticipée à 55 ans pour le personnel posté et affecté à des tra~
vaux pénibles. Enfin l'assemblée générale décidait de n'entamer la grève de quatre heures fin de poste que le mardi suivant, 7 février, pour permettre aux autres secteurs de l'usine de s'y raccrocher. Au cours des jours suivants, les ouvriers des antibiotiques décidaient effectivement de se joindre au mouvement sur la même plate-forme.
La grève, qui allait durer deux semaines, et être l'une des plus suivies et des plus combatives parmi les travailleurs de fabrication de Rhône-Poulenc Vitry (ils représentent un peu moins de la moitié des effectifs salariés de l'usine) allait effectivement démarrer le 7 février sous la forme d'une grève de quatre heures fin de poste, reconductible chaque jour en assemblée générale.
Dès le début, sous l'impulsion notamment des militants révolutionnaires, les grévistes allaient systématiquement appeler les autres secteurs de l'usine Oabo, corps d'Etat, chaufferie, personnel administratif, pompiers, etc.) à les rejoindre. Dès le début aussi, les militants les plus actifs de la grève commençaient à se réunir à plus d'une trentaine après les assemblées générales, à s'organiser pour diffuser les tracts, constituer les piquets explicatifs, assurer les équipes d'information à chaque prise de quart.
Il faut noter qu'au début du mouvement les trois organisations syndicales, FO (dirigée par LO), CGT (où se trouve aussi une minorité de militants révolutionnaires LO et LCR) et la CFDT (minoritaire sur l'usine et très recentrée) se déclaraient au moins verbalement pour certaines, prêtes à soutenir le mouvement et à respecter les décisions que prendraient les grévistes en assemblée générale. Il apparut aussi très vite que les militants révolutionnaires, notamment du fait de l'implantation ancienne et tout à fait conséquente des camarades de LO, disposaient d'une influence hégémonique face au PC parmi les grévistes, qui représentaient au début plus de 70 % du personnel des deux principaux secteurs de fabrication.
La décision de ne faire que quatre heures de grève fin de poste correspondait à certaines traditions de lutte de l'usine et marquait les limites de la combativité de certains travailleurs grévistes. Elle indiquait aussi chez de nombreux autres travailleurs la conscience qu'il fallait s'attendre à une lutte de longue durée avant que la direction de Rhône-Poulenc cède face aux grévistes d'une seule usine, alors que leur succès éventuel contre la politique d'austérité n'aurait pas manqué de faire tâche d'huile sur tout le groupe à l'exemple de ce qui s'est passé chez Renault avec l'affaire de la « prime pour la R 25 ». La création du comité de grève
Le premier tournant dans la lutte allait intervenir le jeudi 9 et le vendredi 10 février. Ce fut d'abord l'entrée en lutte du personnel travaillant en « normale » (mécanique, chaudronnerie, certains laboratoires, etc.) : il allait participer massivement à un débrayage appelé pour le 9 sur l'ensemble de 1 'usine et se retrouver, avec les grévistes de fabrication, à plus de quatre cents au rassemblement devant la direction (chiffre le plus important peut-être depuis 1968 sur l'usine). Dans le bureau du directeur investi pacifiquement, mais massivement, les travailleurs de Vitry devaient s'entendre dire que la direction de Rhône-Poulenc n'entendait négocier sur rien, sur aucun des points de la plate-forme revendicative, malgré les appels du pied réitérés des bureaucrates syndicaux demandant que « quelques portes soient laissées ouvertes» ou qu'à tout le moins, la direction annonce une date pour l'ouverture de négociations.
Cette intransigeance allait mettre le feu aux poudres. A l'issue de la délégation du 9, plus de trois cents personnes se retrouvaient en assemblée générale et décidaient : - De reconduire la grève pour le secteur fabrication. - De se mettre en grève reconductible (mais le plus souvent de deux heures seulement fin de poste) pour le personnel en normal.
Dans la foulée, les militants révolutionnaires proposaient la constitution d'un comité de grève en demandant aux volontaires de se désigner et de s'inscrire sur une liste. L'essentiel de ceux-ci vinrent du noyau de la trentaine de grévistes de fabrication qui avaient été les plus actifs les jours précédents. Pour ne pas apparaître comme s'opposant frontalement à la combativité des travailleurs de fabrication, les dirigeants du PCF, au moins les plus « politiques », comme le secrétaire de la section d'usine du parti et le secrétaire général de la CGT décidaient de participer au comité de grève tout en réaffirmant qu'ils n'en voyaient pas l'utilité. Ils avaient auparavant, mais en vain, tenté de faire partir l'assemblée générale en manifestation dans l'usine. La liste du comité de grève fut ensuite ratifiée par un vote de l'assemblée générale. - Le comité comportait donc une quarantaine de grévistes issus essentiellement des deux secteurs de fabrication, organique et antibiotique. - Les principaux dirigeants des trois syndicats, CGT, CFDT, et bien sûr FO s'y retrouvaient. - Au sein du comité de grève, dont la composition n'allait plus guère varier jusqu'à l'issue du conflit, les militants révolutionnaires en particulier LO, mais aussi de la LCR étaient hé-· gémoniques du point de vue de leurs propositions pour organiser et pour suivre le mouvement.
Une bonne partie des dirigeants du PCF et de la CGT se retrouvèrent marginalisés, essentiellement parce qu'ils étaient ouvertement opposés à la création du comité de grève. De plus, bon nombre d'entre eux se trouvaient travailler dans les secteurs moins combatifs que les travailleurs postés de fabrication.
Le lendemain de la création du comité de grève, la CFTC, raccolée d'ailleurs par le PCF et qui a sur l'usine un poids relatif important (un tiers des votes aux élections professionnelles), constituait une intersyndicale avec les trois autres autres syndicats. Si la CFTC a refusé de bout en bout de reconnaître le comité de grève, elle n'a pas pu empêcher qu'il participe en tant que tel aux intersyndicales comme aux « négociations » avec la direction.
Il est vrai qu'un deuxième tournant s'était produit le vendredi 10 février, lorsqu'en présence du directeur de l'usine qui annonçait l'ouverture de négociations avec les seules organisations syndicales représentatives, les dirigeants PC de la CGT, suivis par ceux de la CTFC et de la CFDT, déclaraient qu'ils ne mettraient « aucun préalable », c'est-àdire qu'ils ne se battraient pas pour que le comité de grève y soit présent. Certains dirigeants du PCF allaient même jusqu'à attaquer en plein bureau patronal, devant plusieurs dizaines de grévistes, le principal dirigeant du comité de grève (militant de LO et syndiqué à la CGT), puis à proposer un vote sur le tas, devant le ·patron. La manœuvre s'acheva en totale déconfiture et lors de la réunion du comité de grève qui s'ensuivit, à laquelle assistaient plusieurs dizaines d'autres grévistes, les dirigeants du PC durent faire publiquement machine arrière et annoncer qu'ils se battraient pour la
présence du comité de grève aux négociations. Ils furent suivis par la CFDT. La CFTC dut elle aussi, dans la foulée, avaler la couleuvre.
Après l'ouverture de ces négociations où la direction ne proposa rien d'autre qu'un pour cent d'augmentation pour les minima des plus bas salaires (catégories 140 à 190 de la chimie), la lutte se durcit encore avec la décision des grévistes de bloquer les expéditions par des piquets 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Cela n'avait jamais eu lieu sur l'usine, même au plus fort de la grève générale de Mai 1968.
Au bout d'une semaine de ce bloquage, étendu dans les derniers jours aux wagons SNCF qui desservent l'usine, la direction, sans rien lâcher de plus sur les salaires, devait faire une nouvelle concession : promettre que par une sorte d'accord de solidarité avec une entreprise en difficulté (en l'occurence l'imprimerie Montsouris) les trente-neuf travailleurs postés en 3 x 8 et 4 x 8 âgés de plus de cinquante-cinq dans l'usine pourraient partir en retraite aux conditions à peu près .équivalentes à celles de l'accord de 1972.
Au bout de quinze jours de grève, rien ne bougeait sur la question des salaires dans les autres usines du groupe ou même dans le secteur nationalisé « privé )), et le mouvement commençait à s'effriter. Sur proposition du comité de grève, l'assemblée des grévistes de fabrication décidait alors d'interrompre la grève pour éviter que le mouvement, qui ne s'était pas. réellement étendu aux autres secteurs de l'usine, ne s'effiloche. Les anciens, les jeunes et les révolutionnaires
Il ne peut être question, dans les limites de cet article, de dresser l'inventaire complet des enseignements et des acquis de la grève. D'autant que ce sont les luttes à venir qui viendront pour l'essentiel confirmer ou non la solidité et la valeur du bilan positif que l'on peut tirer de cette lutte.
Tout d'abord, la grève de Rhône-Poulenc confirme la différence qui continue d'exister entre la dynamique des luttes sur les salaires et celles sur l'emploi, quand bien même les unes et les autres resteraient défensives. Alors que sur l'emploi, les travailleurs qui se mobilisent ont d'emblée le sentiment d'être le dos au mur, de jouer à quitte ou double, la grève de Rhône-Poulenc a montré que sur les salaires les grèves restaient un ton en dessous, prenaient plus la forme d'une « répétition générale )) : les travailleurs veulent avant tout montrer leur mécontentement et que, pour la première fois depuis trois ans, ils sont prêts à se battre. Cela s'est notamment traduit par le fait qu'une minorité seulement de travailleurs a participé quotidiennement de bout en bout à l'animation et à l'organisation de la grève, autour du noyau des quarante du comité de grève. Même si, grâce à l'existence du comité de grève, on a pu noter qu'un nombre beaucoup plus important de grévistes qu'à l'accoutumée prenaient en charge leur propre lutte.
La grève de Rhône-Poulenc a permis aussi de noter comment les recompositions à l'œuvre au sein du mouvement ouvrier et syndical pouvaient s'opérer selon des modalités différentes d'un bastion industriel à l'autre. A Rhône-Poulenc, il est évident que c'est au travers du travail syndical, des possibilités légales qu'il offre, que des militants révolutionnaires ont pu montrer année après année qu'ils étaient les premiers non seulement à critiquer l'orientation des bureaucraties, mais aussi à défendre au jour le jour les intérêts ouvriers.
Mais le déplacement du rapport de forces au détriment de la bureaucratie ne s'est pas opéré là, comme il a pu le faire ailleurs, en s'appuyant sur l'existence de courants d'opposition syndicale. D'abord parce que ces derniers étaient inexistants dans la toute petite CFDT de l'usine. Ensuite parce qu'au sein même de la CGT, les militants syndicalistes qui avaient pu critiquer l'attitude de la direction du PC envers tel ou tel militant révolutionnaire (notamment lors de l'élection de la direction du syndicat au congrès de l'automne dernier) n'ont jamais totalement rompu leurs liens avec le courant PC et ont été le plus souvent marginalisés tout au long du conflit. lls n'ont joué qu'un rôle subalterne, ce qui a quelquefois ravivé leurs vieux réflexes antigauchistes. En gros, ils attendaient, souvent la rage au ventre depuis deux ans, que leurs syndicats prennent une position offensive. Et ils découvrent à 1 'heure du test que ce n'est pas la CGT en tant que telle mais les militants révolutionnaires qui prennent la tête du mouvement. En fait, cette évolution a été facilitée à Rhône-Poulenc par la convergence de trois facteurs.
:::::;-:::: --= - Produit de la tradition du mouvement ouvrier international dans la continuité
. du copitolisroe \ et les tâches de lo Synthèse des enseignements théo-
N• \nternotlono\e riques et pratiques de la lutte de l'Opposition de gauche au stalinisme.
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Elaboré en 1938, le Programme de transition reste et demeure un document d'actualité et une arme essentielle pour tous les marxistes révolutionnaires.
Cette réédition comporte :
- une discussion avec L. Trotsky sur te
Programme de transition ;
-le Programme d'action des bolcheviks- léninistes de France de 1934.
disponible à la librairie la Brèche, 9 rue de Tunis, 75011 Paris, Métro Nation
L'existence en premier lieu d'une défiance de masse, répandue parmi la couche de travailleurs les plus anciens à l'égard des appareils syndicaux. Cette défiance est alimentée aussi bien par le souvenir des luttes trahies (et là la stabilité relative de l'emploi a joué dans ce sens) que par la rancœur accumulée après une nationalisation qui ne change rien à leur vie et l'expérience de la politique d'austérité des partis réformistes au gouvernement.
D'autre part, la volonté d'en découdre de toute la nouvelle génération de jeunes travailleurs. Souvent peu organisée politiquement ou syndicalement, ongmaire des grandes banlieues ouvrières autour de Vitry, elle n'entretient de toute évidence pas les rapports traditionnels de ses aînés à l'égard des appareils politiques ou syndicaux réformistes. Embauchés notamment avec les contrats solidarité. d'après mai 1981, ces jeunes n'intériorisent pas les défaites passées ou les « routines » des actions revendicatives menées traditionnellement par le syndicat. Ils ont été souvent l'aile marchante de la grève et cela s'est retrouvé y compris dans le comité de grève.
Le facteur supplémentaire qui a joué, c'est bien évidemment la force d'implantation des militants révolutionnaires face à une crise de renouvellement des équipes de direction du PC dans le monde ouvrier et sur l'usine Rhône-Poulenc Vitry en particulier. Les rapports de forces numériques et politiques entre militants révolutionnaires et réformistes sont de toute évidence à Rhône-Poulenc Vitry très au-dessus de la réalité nationale dans les grands bastions in-
PROGRAMME DE TRANSITION. LEON TROTSKY. L'agonie \ \ û[email protected]' ,. .,., l.. ~- -··· dustriels. C'est ainsi qu'il faut rappeler que plus d'une vingtaine de travailleurs de Rhône-Poulenc avaient accepté de participer à la liste présentée par LO et la LCR aux dernières élections municipales à Vitry.
Mais il est évident aussi que le PCF, aussi bien comme parti que comme fraction syndicale souffre d'une véritable crise de relève. Il n'y a plus aujourd'hui sur Rhône-Poulenc Vitry, comme il y avait il y a encore quelques années, de dirigeants du PC capables par leur seule « grande gueule » et leur autorité naturelle de retourner en dix minutes une assemblée générale. Et même si pour la masse des travailleurs, le PC n'est pas apparu comme brisant ouvertement la grève, il n'a pas fini de payer le prix politique d'avoir dû participer à une grève et à un comité de grève où l'influence des militants révolutionnaires était prépondérante, même s'il l'a fait en traînant des pieds et en espérant canaliser le mouvement. Cette participation ne constitue pas un « tournant )) de sa ligne, même à l'échelle d'une seule usine, et il est vraisemblable qu'à l'avenir le PC fera le choix de casser plûtot que de plier. Pourtant, il est évident qu'il y a eu là un précédent durement discuté au sein du PC (la fédé chimie ayant au plus haut niveau semble-t-il avalisé la ligne de « chevaucher )) le comité de grève alors que les organismes locaux du PCF sur Vitry voulaient « casser )) dès le début).
Mais le bilan le plus positif de cette lutte concerne ceux qui l'ont menéè, et se sont organisés pour le faire, les travailleurs de fabrication. Le climat entre la fin de cette grève, qui n'a pas été victorieuse mais où les
"""1 de ses acquis. 1 \ 1 '1 ' , travailleurs ont été maîtres de bout en bout de leur combat tranche avec les fins de grève précédentes, lorsque nombre de travailleurs rentraient dans les ateliers en soupirant que les organisations syndicales n'avaient pas suivi ou avaient cassé leur lutte. Surtout cette lutte et la façon dont elle a été menée et organisée a permis à quelques dizaines de travailleurs, souvent inorganisés syndicalement et politiquement (même s'ils ont une appréciation positive du rôle joué par les militants révolutionnaires) d'apparaître à l'échelle d'une équipe, d'un atelier, d'un secteur comme une nouvelle génération de travailleurs combatifs. Ecoutés et capables de prendre des initiatives, le réseau qu'ils constituent restera marqué pour longtemps par l'expériece de cette grève et l'existence pendant treize jours du comité de grève.
Enfin on ne peut pas parler du bilan positif de cette grève sans évoquer l'acquis qu'a représenté le travail en commun des militants de LO et de la LCR. Un travail fondé dans la pratique, depuis la préparation de la grève jusqu'à la fin, sur un accord complet, total aussi bien sur les grandes orientations dans le mouvement que sur les détails au jour le jour sur lesquels se joue souvent le destin d'une lutte. Nous pensons que l'expérience commune à Rhône-Poulenc et qui l'espérons se renouvellera ailleurs, représente un pas, si petit soit-il, sur le chemin vers la construction de ce parti révolutionnaire des travailleurs qui fait défaut à la classe ouvrière en France et dans lequel se retrouveront un jour les militants de la LCR et de LO.
Le 29 mars 1984