[Extrait du rapport fait à l'assemblée autoconvoquée des conseils d'usine du 6 mars 1984 à Milan.]
Les conseils sont nés au cours d'un processus de construction de l'unité syndicale qui rejetait les divergences idéologiques qui avaient si longtemps divisé les travailleurs italiens dans J'après-guerre. Cette unité se fondait au contraire sur l'identité d'intérêts et d'objectifs exprimée par le groupe homogène de travail et le délégué ; celui-ci ne pouvait étre élu que de façon unitaire car il était l'expression d'une condition commune et non des divisions idéologiques extérieures.
Ce processus a fait naître une nouvelle culture ouvrière, fondée sur la solidarité, l'unité des travailleurs et a dessiné un nouveau modèle de société. Une conscience difficilement réversible qui a créé ses propres valeurs et ses propres formes d'expression(...). C'est elle aussi qui a fait naître la nécessité de créer les conseils de zones, projections de l'unité des travailleurs au niveau local et régional, instrument de fondation de l'unité syndicale et de la solidarité avec les autres couches sociales.
Cette grande poussée a alors été bloquée par le Pacte fédératif qui empêchait, du fait de la règle de la parité et du vote par confédération, toute avancée ultérieure vers une véritable unité syndicale, déplaçant graduellement le centre d'action du syndicat vers une politique de médiation avec le gouvernement et les institutions, et redonnant un poids déterminant aux partis politiques et au gouvernement luimême à l'intérieur du syndicat.
Le Pacte fédératif de 1972 a sanctionné l'existence de deux syndicats. L'un, bureaucratique et centralisé dont l'interlocuteur est le gouvernement ; l'autre, démocratique et contrôlé par la base, c'est-à-dire les conseils. C'est ainsi que sont apparues les différentes positions face à la politique gouvernementale, les tendances autoritaires qui éludent le problème du contrôle démocratique par les travailleurs. (. . .)
Les évènements actuels démontrent combien les organisations syndicales qui se disent d'accord avec le décret gouvernemental sont coupées de la réalité sociale. Elles voudraient imposer les choix politiques du gouvernement au mouvement syndical et aux travailleurs, transformant ainsi le syndicat en courroie de transmission. Les conseils ont, au contraire, démontré clairement qu'ils représentaient les intérêts de la grande majorité des travailleurs, qu'ils étaient les véritables défenseurs des intérêts de classe. Ils ont fait preuve de leur vitalité en entraînant dans la lutte non seulement les grandes usines, mais également les petites et moyennes, la fonction publique, les travailleurs du tertiaire, en affirmant la capacité dirigeante des travailleurs, en construisant une vaste riposte de masse, alternative et populaire, à la politique du gouvernement Craxi.
Les conseils sont la partie fondamentale du syndicat, la partie qui ne peut être divisée entre les différents courants et donc est moins susceptible d'être conditionnée, car ils sont élus sur le lieu de travail, sur listes blanches et à bulletin secret. Actuellement, les conseils sont la seule structure unitaire dans le syndicat, et ils ne peuvent exister que de façon unitaire.
La rupture de l'unité qui s'est produite dernièrement au sommet du syndicat a affaibli la capacité de direction de celui-ci à un moment où le patronat mène une vigoureuse attaque. Dans un telle situation, le rôle fondamental des conseils est de garantir la direction politique unitaire du syndicat. L'unité ne peut se recréer qu'avec les travailleurs, à travers leurs débats. Une unité qui se formerait hors ou contre les travailleurs ne saurait être une véritable unité. C'est pourquoi il est impossible d'accepter un compromis qui remette en cause l'existence du syndicat fondé sur l'unité des conseils d'usines et de zones et qui ne cherche pas à relancer le processus de refondation du syndicat unitaire à un niveau supérieur, en créant les conseils dans les secteurs où ils n'existent pas et en remettant en cause la règle de la parité et du vote par confédération.
II est indispensable de mener une vigoureuse bataille politique pour la relance de l'unité, de l'autonomie et de la démocratie syndicale
Les conseils doivent décider toute la ligne syndicale sur la question de la politique économique, indiquant des voies alternatives, basées sur les intérêts des travailleurs, élaborées avec eux et mettant à leur centre des objectifs de solidarité, d'unification et d'intérêt général.
Il faut pour cela : - généraliser les conseils, également là où ils n'existent pas comme dans la fonction publique(. .. ) ; - les coordonner localement à travers les conseils de zones(...); -assurer une négociation articulée au niveau de l'usine et au niveau local et régional sur l'organisation du travail et de la société.
Nous réaffirmons ici la véritable nature des conseils : ces organes ne sont pas opposés à la bataille dans les structures syndicales, mais ce sont des instruments de la lutte politique visant à modifier les rapports de forces également dans les structures confédérales, sur la base d'une forte poussée unitaire.
Les conseils doivent être capables de stimuler et d'organiser le regroupement d'un bloc social plus large, en se liant aux autres couches populaires comme les retraités,
Le numéro 173 du 14 mai 1984 comprendra un dossier sur la politique agri·
A l'occasion du rassemblement organisé par la LCR contre l'austérité, les 26 et 27 mai au Bourget près de Paris, sera publié un numéro spécial ( 17 4) entière· ment consacré aux luttes ouvrières contre l'austérité et les missiles, et compre·
-l'historique de la mobilisation des travailleurs de la FIAT de Turin ;
-une analyse de la situation des femmes travailleuses en Europe ;
-un reportage sur les formes d'organisation à la base dans les entreprises en
-un bilan de l'attitude de l'opposition syndicale et travailliste lors de la grè·
Tous ces numéros seront en vente au prix unit:~;re de 12 francs, même lorsqu'ils comprendront 36 pages au lieu de 28. C'est le moment de vvus abon· ner ou de commander ces numéros d'lnprecnr en vous adressant à lnprecor, les étudiants, les chômeurs, les travailleurs en chômage technique ; en s'engageant dans les luttes pour la paix, la défense de l'environnement, la démocratie, toutes luttes qui ne sont pas des questions séparées mais étroitement liées au modèle de société, de politique économique et de rapports sociaux.
Sur ce terrain, l'alliance avec les mouvements pacifistes, écologiques et les associations démocratiques est donc naturelle.
Des formes plus efficaces de démocratie syndicale doivent être recherchées afin de coordonner réellement les sommets syndicaux et la base ouvrière dans les usines. Il s'agit là d'une question fondamentale qui ne peut être éludée. Dans le cas contraire, l'alternative pourrait être une résignation de la classe ouvrière ou, au contraire, un abandon des syndicats représentatifs par les travailleurs. Sur cette question de la démocratie interne au syndicat, nous voulons faire une proposition concrète. En reprenant l'initiative des conseils d'usines de Brescia, nous voulons lancer dans cette assemblée un « Manifeste pour la démocratie » qui permettre de stimuler le débat au sein des conseils et des structures syndicales.
En voici les passages les plus significatifs : 1. Aucune question concernant les conditions contractuelles et les conditions de travail ne peut être discutée entre le syndicat et les autres parties sans un mandat préalable des travailleurs concernés. Ce mandat doit être donné par les assemblées d'usines. Le devoir de solidarité qui lie tous les travailleurs interdit, par ailleurs, de soumettre la question de licenciements éventuels à référendum.
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INPIECOI
Un N° spécial sur les luttes et le mouvement ouvrier en Europe cole européenne et sur l'évolution de la situation en Afrique australe.
nant les articles suivants :
-un bilan des luttes sociales dans l'Etat espagnol ; -un article sur l'évolution de l'opposition syndicale en F rance ; - la bataille des 35 heures en RF A ;
Suède;
ve des mineurs britanniques.
2, rue Richard-Lenoir, 93 108 Montreuil, France.
2. Dans les usines et les entreprises, la représentation des travailleurs est confiée aux délégués et aux conseils de délégués, élus par tous les travailleurs à bulletin secret. Les conseils de délégués ne peuvent être divisés entre les différentes organisations syndicales, ils représentent unitairement les travailleurs. Les décisions prises par les conseils, après accord des travailleurs, sont impératives pour les organisations syndicales. La fédération CGIL-CISL-UIL doit convoquer au moins une fois l'an une assemblée nationale des délégués.
3. Les travailleurs doivent pouvoir décider sur la base d'une parfaite comnnaissance des faits. li est du devoir du syndicat de garantir cette information.
4. La démocratie se fonde sur la liberté de choix entre différentes positions. C'est pourquoi lorsque des positions différentes existent dans le syndicat, elles doivent être soumises au vote des travailleurs intéressés. Le résultat de ce vote est alors impératif pour les organisations syndicales.
5. La fédération CGIL-CISL-UIL a une tâche de direction politique vis-à-vis des conseils et des travailleurs. C'est pourquoi un profond renouvellement de sa vie et de son fonctionnement internes s'impose, basé sur une plus grande transparence et décentralisation des prises de décision, sur une réduction du rôle et du poids de l'appareil permanent et un renforcement de ceux de l'engagement militant et des compétences techniques et scientifiques.
Nous demandons à tous les délégués, les dirigeants syndicaux et les travailleurs d'exprimer leur accord avec ce document(...).
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Quatrième ~ lnternationale
SOMMAIRE
1 avril 1984
EDITORIAL:
Les voies de la riposte à l'offensive capitaliste
Ernest Mandel - Pays semi-coloniaux et pays dominé> semi-industrialisés
Winfried Wolf - Le probleme de l'unité allemande aujourd'hui
M. Navid - La crise politique de l'Etat indien
Michel Lequenne - Sur la nature des Etats bureaucratiques
Liste des sommaires des 12 premiers numéros
Nous publierons dans notre prochain numéro un article sur la révolution portugaise dont le dixième anniversaire vient d'être célébré, en même temps qu'une présentation et une critique du livre de notre camarade Gérard
1!!
Filoche, Printemps portugais.