TRANGE vie politique française où il suffit, pour paraître original et courageux, d'asséner d'un air insp1re une bonne évidence ! Ainsi , Philippe Seguin, député RPR des Vosges, s'est taillé un franc succès en déclarant que socialistes et communistes « ont changé de politique» et qu'il est 11 quelque peu paradoxal, d'ailleurs, de constater que ni l'opposition ni la majorité ne veulent réellement le reconnaÎtre (1 ). »
Serge July, pour sa part, glose à longueur de pages, dans Libération, sur la « nouvelle politique » présidentielle et rêve de psychanalyser Mitterrand pour lever ce «tabou »qui oblige le président à censurer l'aveu de ce changement (2).
Pourtant, nul n'est besoir. d'être grand clerc pour savoir que l'adoption définitive de la « rigueur », sous la houlette de Delors, en mars 1983, correspondait à un changement politique radical. Les éléments de crise sociale et politique qui ont surgi en ce début d'année 1984 sont, très directement, la conséquence de ce changement de politique. Il est symptômatique que le même mois d'avril ait vu descendre dans la rue des travailleurs qui, luttant pour défendre leur emploi, s'opposent au plan acier du gouvernement, et les défenseurs de l'école laïque pour dénoncer le plan Savary de capitulation devant l'école privée. Dans l'un et l'autre cas, sur des terrains différents, le gouvernement a vu se dresser en opposition à sa politique les forces sociales qui constituent son assise et lui ont donné la majorité et le pouvoir.
Dans ces conditions, l'aggravation des contradictions au sein de la coalition gouvernementales entre PCF et PS, ainsi que la montée des tensions au sein même du PS, constituent autant de traductions de cette opposition croissante entre les forces de changement et le pouvoir qui était censé réaliser ce même changement. L'aggiornamento mitterrandiste
Mitterrand avait annoncé que 1984 serait «l'année difficile ». Il ne s'est pas trompé. Raison de plus pour faire le point. Sur trois questions principales :
l'évolution du projet présidentiel de Mitterrand, les réactions de la droite, d'une part, du PCF, d'autre part, à celle-ci.
Philippe Seguin n'analyse pas si mal le double refus, à droite et à gauche, de reconnaître que Mitterrand a changé de politique, lorsqu'il explique : « L 'opposition, parce que j'ai l'impression qu'elle continue à souhaiter voir les socialistes tels qu 'elle voudrait qu'ils soient. La majorité parce qu'elle ne veut pas courir le risque du changement de cap, le risque d'incohérence. »
Encore faut-il préciser que, loin d'être récusé, le changement de cap est revendiqué par une partie de la majorité et, de plus en plus, dénoncé par une autre partie de cette majorité.
Dans ces conditions, Mitterrand, tant qu'il fait le choix de pérenniser et non de changer cette majorité, se doit de maintenir la fiction qui voudrait que, depuis le début du septennat, la même politique est à l'œuvre.
Mais, à cette attitude présidentielle, il est une autre raison, plus fondamentale, qui est comme le chiffre de l'aggiornamento de Mitterrand. Derrière les discours économiques, et masquée par eux, la préoccupation est d'ordre politique et institutionnel. Elle tient à la question : «Qu'est-ce que présider ? ».
La quasi monarchie rcepublicaine à quoi conduisent les institutions de la ve République oblige à dégager un consensus de pouvoir qui ne peut aller sans malentendus ni trahisons. De Gaulle avait trahi ceux qui l'avaient porté au pouvoir en pensant qu'il défendrait « l'Algérie française ». Pompidou et Giscard ont trahi ceux qui voyaient en eux les héritiers de de Gaulle. Et Chirac a trahi Giscard. La leçon est à retenir et Mitterrand a dû la méditer lorsqu'il a renoncé au combat traditionnel de la gauche contre la constitution antidémocratique de la ve République et qu'il a choisi de conformer son combat à ses mécanismes.
Pourtant, pour un président de gauche, la démonstration de la simple possibilité de présider était à faire. En effet, s'il suffit à un président de droite de neutraliser le camp adverse, Mitterrand s'est engagé dans une entreprise autrement plus ardue qui est de gagner le soutien des forces sociales hostiles à la gauche. Concrétisation de la collaboration de classes dans le cadre des intitutions de la ve République, le cornpromis est bien le sens même -inchangé ! - de cette politique.
L'objectif de la jonction avec le « patronat moderniste » est aujourd'hui recherché sur la base de « l'impératif absolu de modernisation » de l'industrie française. Au nom de cet impératif, la politique gouvernementale est entièrement soumise aux exigences capitalistes et totalement tournée contre les travailleurs. Il s'agit, incontestablement, d'une trahison de l'espoir du 10 mai. Mais, en se revendiquant de la « même politique », Mitterrand signifie que non content de se réclamer du compromis de classe, il l'incarne. Par là, en s'ajustant totalement aux institutions, il réalise le destin qu'il visait : président de la ve république ! Ce dont témoigne un style gaullien de plus en plus accentué qui a frappé tous les observateurs.
Sur le triple plan du jeu institutionnel, de la politique internationale et de la politique intérieure, marquée par les plans de restructurations industrielles et l'affaire de la laïcité, la cohérence de la politique de Mitterrand s'affirme de plus en plus nettement dans le sens de l'adaptation aux intérêts de la bourgeoisie. Et ce, sous le double signe de la « modernité » et de la «grandeur nationale ». D'où, nécessairement, le processus de rupture engagé par rapport aux aspirations ouvrières. Et des conséquences politiques qui commencent à se manifester, par la mise en déséquilibre de l'ensemble des forces politiques. La droite expectative
Seguin, encore une fois , voit juste lorsqu'il pense le moment venu de faire entendre une voix discordante dans le concert RPR-UDF. Pour les élections européennes, la droite a finalement opté pour la liste unique sous l'égide de Simone Veil. Opération facile, mais qui
ne saurait rapporter gros 1 L'utilité est que. au prix d'une campagne insipide, où les divisions maintenues entre RPR et UDF vont apparaître diluées, la droite peut espérer être, à bons comptes, majoritaire dans ces élections. Mais, au-delà de ces calculs à courte vue, il est clair que les appareils et les leaders de la droite sont sans politique à proposer, parce qu'incapables de répondre au défi que représente pour eux l'actuelle situation. Car la surenchère en matière de « reaganisme », à quoi se réduit le discours de Chirac, ne constitue pas une politique. D'autant que l'argumentation apparaît quelque peu émoussée à un moment où le PS lui-même, par la voix de Jospin, se revendique des mêmes remèdes que ceux appliqués aux Etats-Unis, se flattant seulement d'user d'une « thérapeutique plus douce » (3).
Ni décidés à engager une offensive frontale qui précipiterait les échéances politiques, ni capables d'oser des ouvertures vers le pouvoir visant à déstabiliser la majorité, la droite. .. attend ! Il est symptômatique que, si elle capitalise les effets de la radicalisation politique à droite, elle n'a pas été en mesure jusqu'à présent de diriger réellement une grande bataille politique. Les manifestations « socio-professionnelles )) les plus vigoureuses, telle celle des camionneurs, ont souvent échappé à son contrôle. Les gigantesques mobilisations pour l'école privée sont apparues être plus directement à la mesure de la hiérarchie catholique que des appareils de la droite. Quant à la campagne pour l'éviction des ministres communistes du gouvernement, elle a incontestablement été Dessin paru dans le" Canard enchaîné, du 25 davantage le fait d' une partie de la avril 1984. gauche que de la responsabilité de la droite.
Celle-ci attend donc une alternance dont elle espère qu'elle tombera tel un fruit mûr, une fois que la politique gouvernementale aura suffisamment désespéré le «peuple de gauche)). Sans doute juge-t-elle que, puisqu'à chaque jour suffit sa peine, il lui sera loisible de réfléchir plus tard aux possibles surprises que peut réserver une réforme électorale introduisant une dose de proportionnelle.
Electoralement, cette tactique est incontestablement payante. Il n'est pas sûr qu'il en soit de même politiquement. Dans la situation économique et politique telle que celle-ci, la bourgeoisie a besoin d'instruments politiques plus fiables que ce que sont aujourd'hui RPR et UDF ... Si
Chirac sait « se placer )) au mieux, c'est davantage le résultat de la médiocrité de ses adversaires et concurrents que l'expression de ses qualités propres.
Un signe de cette faiblesse de la droite est constitué par les progrès de l'extrême droite. La politique attentiste de Chirac et de l'ensemble de la droite ouvre un espace politique que Le Pen a su occuper.
Du strict point de vue des intérêts politiques de la droite, il ne s'agit pas d'un 1. " Grand Jury RTL-le VI onde,, le 22 avril. mince problème. Si l'extrême droite 2. " Lil>éral ion "• 4 avril 19114. réussit à passer un certain seuil de 3. " Lil>éralion "• 16 avril 19114. représentativité électorale, ce qui apparaît aujourd'hui possible, elle deviendra indipensable à la constitution d'une majorité. Dès lors, si, parallèlement, un centre-gauche entre dans le jeu, c'est le possible déchirement de la droite qui sera à l'ordre du jour. Une division à côté de laquelle le conflit entre Chirac el Giscard prendrait, a posteriori, allure de vétille sans gravité.
Il est par trop évident qu'une telle perspective entre dans les calculs de Mitterrand. Par rapport auxquels les rapports avec le PCF constituent un élément-clé. Le funambulisme du PCF
L'opposition entre le PCF et Mitterrand a paru avoir atteint le point de rupture à l'occasion des décisions sur la sidérurgie. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'ont finalement décidé de sauter le pas. Tant pis pour tous ceux qui se frottaient les mains et pour July qui, toujours doctement, pronostiquait, ou plus exactement «conseillait », la sortie des communistes du gouvernement. Les uns et les autres se consoleront en répétant que ce n'est que sursis et affaire de temps ... Belle lucidité en vérité !
Il est bien évident que Mitterrand n'usera de l'alliance avec le PCF que tant que celle-ci servira. Et il est non moins . évident que la direction du PCF ac-· centuera sa tactique de différenciation d'avec la politique du gouvernement jusqu'à quitter celui-ci. De l'un et l'autre point de vue, le plan sidérurgie représentait un test décisif. Mitterrand pouvait juger le moment venu de sanctionner politiquement, par un geste spectaculaire, le nouveau cours politique et donner un gage non négligeable à la bourgeoisie. Le PCF pouvait saisir cette occasion pour en finir avec une situation qui le contraint à cautionner ouvertement les mauvais coups du gouvernement.
Reste qu'il n'y a pas eu rupture. Ce qui veut dire que Mitterrand estime que la participation gouvernementale du PCF lui est toujours utile au moment de faire avaler aux travailleurs les licenciements. Et la démonstration faite par les directions du PCF et de la CGT de leurs capacités à contrôler la marche parisienne des sidérurgistes lui donne raison en ceci qu'elle revêt une tout autre signification que la promenade symbolique de Marchais dans la même manifestation ! Et, pour sa part, la direction du PCF a estimé que la rupture serait plus dommageable pour ses intérêts que le maintien au gouvernement.
Choix de la direction communiste dont il faut dire sans détour qu'il signifie la solidarité gouvernementale et donc la co-responsabilité de la politique antiouvrière menée. De ce point de vue, il faut comprendre la campagne qui voudrait faire croire que le PCF pratique
« la participation sans soutien )) comme parfaitement inepte. A quel moment la direction du PCF a-t-elle tenté d'enrayer
l'application de cette politique ? Ou même refusé les votes de ses députés ? Quelques démarcations verbales, mêmes acérées, quelques gestes symboliques de solidarité avec les travailleurs, ne sont pas contradictoires avec le soutien au gouvernement. Si l'on prend en compte les risques encourus par le PCF de voir la classe ouvrière le juger pour ce qu'il est, on doit dire que la direction de ce même PCF pratique la forme de soutien au gouvernement réellement possible pour elle. Par glissements successifs, elle prépare incontestablement sa sortie du gouvernement, ce qui d'ailleurs pourrait signifier le début d'un « soutien sans participation » et se traduirait en tout état de cause par une division aggravée des rangs ouvriers.
Certes, à l'occasion du vote de confiance, un nouveau cran a été franchi qui actualise aux yeux de tous une telle perspective de rupture. Mais le zèle de certains à exorciser la présence communiste du gouvernement les amène à ne plus voir l'évidence. Entre le double risque de la coupure avec sa base ouvrière, pour prix de son soutien à la politique gouvernementale, et de la perte de son électorat, comme facture d'une rupture intempestive de l'Union de la gauche, la direction du PCF poursuit son chemin sur la corde raide de la participation gouvernementale critique. Car tel est, encore, la forme nécessaire de sa politique de collaboration de classes dans la situation. Les dupes
Pour la direction du PCF est-ce une consolation suffisante de ses difficultés de savoir que celle du PS a les siennes ? Ce qui est sûr c'est que les plaintes de l'une l'autre n'ont aucune chance d'émouvoir Mitterrand. Ce dernier semble prêt à sacrifier son propre parti sur l'autel du compromis avec le patronat.
Pris entre le reniement des promesses de la veille et les mensonges à propos des fallacieuses perspectives du lendemain, le PS devrait s'interroger pour savoir ce qu'il peut sauver du présent. La politique concernant l'enseignement privé le frappe de plein fouet , dans ses traditions, ses engagements, son identité même.
Comment réagira-t-il lorsque le projet Savary lui sera officiellement soumis à l'Assemblée? Telle est la question à laquelle il ne peut échapper. L'éventuelle utilisation par le gouvernement de l'article 49.3 de la Constitution lui éviterait de se prononcer sur le projet lui-même et lui épargnerait l'humiliation de voir ses amendements refusés. Mais une telle situation, loin de le dédouaner, ne ferait que poser plus crûment la question de vérité : à quoi sert le PS ?
Le projet, tout gaullien, de Mitterrand de rassembler le maximum de forces autour de sa personne ne peut, en effet, que réduire grandement le rôle réel d'un PS, pourtant majoritaire à lui seul à l'Assemblée.
Il est clair que, loin d'apparaître, à l'épreuve des faits, comme une force effective de changement, le PS est menacé d'une chute électorale en 1986 à la mesure du formidable élan qui l'a porté en 1981 . Au demeurant, c'est vraisemblablement ce sur quoi table la direction du PCF : un échec retentissant du PS pourrait redonner un semblant de santé à son propre parti, selon la loi qui veut que, parfois, les grandes défaites n'aillent pas sans petits profits pour les appareils bureaucratiques ...
L'échec assuré en 1986, comme châtiment d'une politique de reniements, et, pour lot de consolation, la possibilité de demeurer le partenaire indispensable de toute coalition gouvernementale au sein d'une représentation parlementaire modifiée par une nouvelle loi électorale : c'est là, on peut le penser, une perspective qui ne saurait aller sans contradictions croissantes au sein du PS ! La voie de la riposte
A voir avancer à pas de géant l'offensive capitaliste, tandis que Mitterrand lui-même chausse les bottes gaulliennes pour prendre la tête de celle-ci, les travailleurs risquent fort de voir leur déconvenue devenir démoralisation. L'expérience extraordinaire qui est celle d'une situation où les partis majoritaires de la classe ouvrière sont au gouvernement s'avère, en effet, bien amère!
Pourtant, tout montre que la classe ouvrière et, plus largement, tous ceux qui ont élu Mitterrand et la majorité PS-PC conservent des capacités de combat considérables. On l'a vu dans les luttes des sidérurgistes et de l'automobile, on le voit dans les mobilisations laïques.
Malgré les coups encaissés, malgré la désorientation provoquée par la politique des directions, une même force parcourt ces actions : la volonté de ne pas se laisser « flouer », le refus de voir une politique inacceptable mise en œuvre par ceux-là mêmes qui ont été élus pour engager la politique inverse. En ce sens la contradiction fondamentale de la situation ouverte par le 10 mai 1981 est confirmée et s'avive progressivement.
Ce sentiment profond qu'il y a là quelque chose d'inacceptable, d'illégitime, est un ferment décisif de politisation, une promesse de modifications de grande ampleur au plus profond de la classe ouvrière.
Reste qu'avec l'appui du gouvernement le patronat et la droite ne demeurent pas les bras croisés. Ils savent profiter de la situation pour marquer des points contre les travailleurs. Tandis que les ripostes ouvrières restent éclatées, partielles et souvent victimes d'un isolement qui peut être mortel.
C'est pourquoi la tâche centrale de l'heure est de construire la riposte d'ensemble des travailleurs. Autour du refus de la politique d'austérité du gouvernement, en voyant qu'aujourd'hui tout doit être fait pour contraindre celui-ci à retirer le plan sidérurgique et le projet Savary. Il s'agit là de deux tests décisifs. Inlassablement il faut tourner la mobilisation des travailleurs vers une exigence adressée à la majorité : celle de repousser ces mesures qui vont tellement à l'inverse de ce que veulent les travailleurs, de ce pour quoi ils ont précisément élus cette majorité.
A travers ces épreuves de force ce sont deux logiques qui s'affrontent. D'un côté, celle du compromis avec la bourgeoisie, qui ne peut que se payer de défaites cuisantes pour les travailleurs. De l'autre : celle de la lutte de classe qui doit permettre de défendre pied à pied les intérêts ouvriers, en situant ce combat dans la perspective de la nécessaire rupture avec le capitalisme, sa crise, son système d'exploitation et de régression sociale. Ces deux logiques sont incompatibles . Les travailleurs ne peuvent que s'en persuader davantage chaque jour, à l'occasion de chaque lutte.
Encore faut-il, pour faire face à cet affrontement inéluctable, disposer des instruments politiques indispensables. PS et PCF démontrent, une nouvelle fois , ce dont ils sont capables. Mais cela ne saurait suffire : il faut un parti qui témoigne qu'une alternative est possible. Un parti révolutionnaire dans lequel les travailleurs puissent se reconnaître.
Lutte intransigeante pour les revendications et refus de l'austérité, défense d'une perspective de rupture avec le capitalisme, construction d'un nouveau parti des travailleurs : trois tâches qui forment un tout et témoignent de ce que sont les défis et enjeux pour la classe ouvrière de la situation actuelle.
Les travailleurs ne sauraient entrer dans le rêve gaullien de Mitterrand. Ils savent bien que la « modernité» n'est qu'une fumée idéologique qui masque une offensive capitaliste contre leurs intérêts les plus fondamentaux. Mais, sous peine d' un dur réveil, il ne suffit pas de crier « trahison », il faut prendre les choses en main, peser sur le cours de la lutte des classes. Les travailleurs lorsqu'ils ont commencé à se mobiliser massivement le savent bien. Mais, chacun le silit bien aussi, le chemin est escarpé et semé d'embûches. Nous n'en sommes encore qu'aux premiers pas d'un long parcours.
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