La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Le nœud coulant de la dette

· Critique communiste, n° 43, juillet 1985 · p. 15-22 · 6 169 mots

Nicolas Maheu n ce milieu de l'année 1985, l'endettement des pays du tiers monde ne fait plus la une des journaux. Il a été remplacé par celui des Etats-Unis, pays qui est désormais le plus endetté du monde. L'énorme déficit budgétaire américain, de l'ordre de deux cents milliards de dollars, a donné naissance à une demande de capitaux de la part de l'Etat américain qui a drainé une grande partie des liquidités existantes dans le monde.

C'est une inversion des flux d'emprunt. Auparavant, ces flux partaient des métropoles impérialistes vers les pays de la périphérie, désormais la périphérie finance les économies du centre. De plus les grandes banques privées refusent de prêter de l'argent aux pays du tiers monde, considérés comme peu sûrs depuis la quasi-faillite du Mexique en août 1982. Or, paradoxe supplémentaire, ces pays paient leurs dettes, quelque fois avec retard mais ils paient. Ainsi, pour l'instant les risques de crise financière ne trouvent pas leur origine du côté de la dette de ces pays, mais proviennent des problèmes internes à l'économie américaine. En effet, aux Etats-Unis, en 1984, plus de quatre-vingt banques ont fait faillite . C'est le nombre le plus élevé depuis

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Service de la dette des pays en développement

(en% des exportations de biens et de services)

1980

14,4

18,3

33,5

1977 1978 1979

Afrique .. . ........... 11,9 15,6 15

Asie ... . . . ......... . . 7,9 9,8 8,9

Europe . ............. 13,9 16,2 18,2

Moyen-Orient non pétrolier ... . ......... 15,4 15,4 17,3 17

Amérique latine ....... 28,7 37,8 38,9

Le rapport du FMI note que les sept pays les plus endettés du monde (Argentine, Brésil, Indonésie, Corée du Sud, Mexique, Philippines et Vénézuela) ont renforcé leurs positions extérieures: de 40 milliards de dollars en 1982, le déficit de leurs balances des paiements est passé à 1,5 milliards en 1984.

Deux choses sont à souligner : d'une part, ce rapport 11 oublie il les Etats-Unis, et d'autre part la balance des paiements (solde global entre les entrées et sorties de devises) est toujours déficitaire malgré quarante ans. Sans parler de la quasi-faillite, en 1983, de la Continental-Illinois qui était la neuvième banque américaine' . La crise financière «en douceur» se poursuit. Elle a connu un nouveau développement au début de cette année suite à la ruine des agriculteurs américains victimes de la surproduction et de la baisse des cours, et qui n'ont pu rembourser leurs intérêts. En conséquence : faillite des établissements bancaires prêteurs.

Aux Etats-Unis, toujours, la déréglementation et l'apparition de « nouveaux produits fmanciers » ont pesé sur les taux de l'intérêt qui se sont envolés. Les dépôts ont été, de ce fait, rémunérés avec un taux en hausse, ce qui a provoqué les faillites des caisses d'épargne qui avaient prêté à long terme à des taux relativement bas. Comme le titrait Libération du 10 avril 1985 « Les intermédiaires fmanciers américains [sont] en plein stress. »

Il ne faut pas oublier ces données pour comprendre la dimension internationale du problème de l'endettement et de la place occupée par l'impérialisme américain. Pourtant l'endettement des pays du tiers monde doit être étudié en tant que tel, pour les conséquences dramatiques qu'il engendre. Il est évident que si les Etats-Unis sont le pays le plus endetté du monde, les effets y seront différents, voire opposés. Prenons un exemple: lorsque la balance commerciale de l'économie française est déficitaire, le franc a tendance à baisser; lorsque la balance commerciale des Etats-Unis connaît la même situation, le dollar a tendance à monter. De même pour l'endettement: les pays du tiers monde, en payant, s'appauvrissent, tandis que l'économie américaine peut financer de nouveaux investissements.

Par l'intermédiaire de l'endettement, ce sont les pays dits sous-développés qui paient le prix le plus élevé de la crise, et dans ces pays la classe ouvrière et les petits paysans qui souffrent de la disette et de la famine. Et l'on sait que les conditions climatiques n'en sont pas la raison essentielle, mais la colonisation et l'absence de

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1')81 1982 1983 1984 1985 1986 16,7 20,9 23,7 28,3 30 27,7 8,1 9,6 Il ,3 10,7 10,9 Il ,2 Il

21 22,8 24,6 26,2 26,2 23,6 21,3 22,5 24,2 24,7 26,1 25 41,5 51,6 41,1 39,4 40,5 40 une énorme progression des exportations et une réduction drastique des importations(- 20 %).

Les experts du FMI notent d'autre part que 11 depuis la crise financière de 1982, les prêts volontaires des banques à l'ensemble des pays endettés [du tiers monde, faut-ille préciser} ont pratiquement cessé. il

Ils soulignent d'autre part que la 11 charge financière des PVD (pays en voie de développement) croîtra jusqu 'en 1986 il. Source : la Tribune de l'économie du 2 mai 1985. réforme agraire 2• Il faut inclure dans ces pays non seulement l'Afrique noire dont on a beaucoup parlé avec la famine du Sahel et en Ethiopie 3 mais aussi l'Amérique latine qui connaît la disette urbaine, l'Amérique centrale et même le Portugal. Que quarante ans après la fm de la Seconde Guerre mondiale des populations puissent encore mourir de faim est une condamnation sans appel du mode de production capitaliste.

Rien ne laisse prévoir une amélioration, si ces pays restent dans le cadre du marché mondial. La conclusion de Monique Fouet, dans la revue de l'OFCE, est sans appel : au Moyen-Orient, la stagnation du pouvoir d'achat du pétrole, en Afrique la régression du pouvoir d'achat des matières premières, en Amérique latine la charge de la dette, en Asie le protectionnisme des pays industrialisés sont autant de risques qui laissent attendre une régression des niveaux de vie durant les armnées à venir. »De son côté, le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), dans son rapport intitulé « Economie mondiale 1980-1990 : la fracture?», rejoint les conclusions de Fouet : « L'analyse effectuée confirme la grande diversité des situations des pays endettés en même temps qu'elle montre la rigueur de la contrainte qui va peser sur la croissance d'un certain nombre d'entre eux: même si des conditions d'environnement très favorables étaient réunies, on ne voit pas la possibilité pour le Brésil ou les pays d'Afrique de connaître une progression sensible de leur revenu par tête au cours de la présente décennie 4 .»

La conclusion du CEPII est d'autant plus importante qu'elle provient d'un développement sur l'endettement de ces pays. La relation entre surendettement et appauvrissement doit être maintenant étudiée.

Les causes de 1 'endettement

Deux causes ont permis le surendettement, c'est-à-dire l'autonomisation relative de l'endettement par rapport au système productif: l'une interne aux

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économies de la périphérie, l'autre externe, provenant des besoins du système bancaire international.

La cause interne est la plus importante parce que liée au régime d'accumulation de ces économies. Ce régime d'accumulation est appelé «excluant >> 5 parce que la majorité de la population est exclue des « gains » de la croissance, de la création de richesses, qui ne profitent qu'aux «classes moyennes» qui constituent un étroit marché intérieur. Ce régime se définit par un taux d'exploitation très élevé des travailleurs qui cornbine extorsion de la plus-value absolue et de la plus-value relative par la mise en œuvre du progrès technique provenant des métropoles impérialistes. Dans ces économies, le prix de la force de travail ne représente qu'un coût et pas du tout un débouché pour la production, contrairement au régime d'accumulation existant dans les pays capitalistes développés que beaucoup d'économistes appellent « fordisme », pour signifier l'existence d'une production et d'une consommation de masse. Ainsi, parler comme le fait Alain Lipietz dans un article des Temps modernes de crise du fordisme à l'échelle mondiale n'a pas de sens pour les économies dites sous-développées 6 • La meilleure preuve de çette différence nous est fournie par le dernier rapport de l'OCDE 7 qui propose une relance, certes prudente, pour les seuls pays de l'Europe capitaliste!

Dans le régime d'accumulation dit « excluant », le problème essentiel est celui du fmancement de l'accumutation, compté tenu de l'échange inégal. Comme le note P. Arnaud: « Ce sont donc les ventes de matières premières qui vont soutenir les efforts de développement. Mais elles présentent un inconvénient : leur prix ne suit pas celui des produits industriels. Même si le volume des exportations augmente, leur valeur ne suit pas celle des importations d'équipement ou d'articles manufacturés: problème fameux des termes de l'échange, qui recouvre celui du pouvoir d'achat des pays du tiers monde ( ... ) Il faudrait donc vendre toujours plus pour acheter la même quantité aux pays industriels. Mais les marchés de matières premières sont limités. Produire plus quand la demande est stable entraîne une baisse des Prix 8 • »

Dans ces conditions, la solution de l'emprunt auprès des grandes banques pnvees s'impose d'elle-même. La monnaie qui devient capital permet de «gager» le remboursement sur la production future, donc sur le profit futur en donnant naissance à l'accumutation. Ce qui suppose de trouver un marché pour écouler la production. Comme le marché intérieur est très réduit, il est nécessaire, vital, pour ces économies de vendre sur le marché mondial capitaliste. Ainsi leur développement sera dépendant des économies du centre.

L'application de la loi de la valeur conduit à confmer les industries de ces pays dans les domaines où elles sont compétitives. Cette orientation de la production vers le marché mondial; y compris pour les biens alimentaires, passe par la généralisation de la production marchande, impulsée par l'Etat capitaliste et qui suppose la monétarisation de l'économie. Ce processus a des conséquences dramatiques sur le niveau de vie de la population. II conduit à déposséder de leurs terres les petits paysans obligés de produire pour vendre et qui n'ont pas un revenu suffisant pour nourrir leurs familles. Ils se transforment en travailleurs-journaliers avec des salaires de misère, ou deviennent « citadins » et viennent grossir les bidonvilles. Ce processus explique le gonflement de la population urbanisée que l'on constate dans tous les pays du tiers monde.

La mise en œuvre de cette accumulation, permise grâce à l'endettement, va conduire à un endettement supplémentaire. ~n effet, pour produire, il faut construire des infrastructures matérielles : routes, téléphone, ponts... que l'Etat capitaliste va prendre en charge. C'est là que se trouve l'origine du déficit budgétaire et des emprunts publics. Si l'on rajoute l'énorme gabegie provoquée par les dictatures au pouvoir et l'augmentation des dépenses improductives, notamment des dépenses militaires, on comprend que les emprunts publies ne pouvaient qu'augmenter, malgré «l'aide» apportée par les pays capitalistes développés.

D'autre part les firmes de ces pays vont vouloir augmenter leur compétitivité, ce qui revient à augmenter la productivité des travailleurs. Autrement dit, il faut produire plus en moins de temps. Ces firmes vont être dans l'obligation d'importer des biens d'équipement ainsi que des biens intermédiaires qu'elles ne pourront financer que par un accroissement de leur endettement.

Pour illustrer ce que nous venons de dire, prenons l'exemple du marché arabe qui « a été, au cours des dix dernières années passées, un marché extrêmement vorace. Rien qu'entre 1978 et 1982, il a importé pour une valeur totale de 531 603 milliards de dollars soit près de 7 % des importations mondiales. Les équipements industriels et autres produits manufacturés ont constitué, au cours des dernières années, la majeure partie des importations arabes avec une moyenne supérieure à 60% de la valeur totale des achats 9 • » Et l'auteur ajoute : « Ces pourcentages ne comprennent pas les dépenses militaires ( 40% des ventes mondiales). »

Ces importations vont s'accroître en proportion inverse du taux de profit qui, lui, va baisser à partir de 1964 pour l'Amérique latine. Pour lutter contre la baisse de ce taux, les capitalistes vont augmenter le taux d'exploitation des travailleurs en diminuant le salaire minimum et en se servant du progrès technique importé pour augmenter la plus-value relative. Mais, conséquences en chaîne, ces biens d'équipement donnent naissance à une demande de biens inte!lllédiaires (comme la sidérurgie) qui ne trouve pas d'offre locale. D'où une nouvelle montée des exportations... financée par les emprunts auprès des banques privées.

Ainsi, de 1973 à 1982, «pour les seuls pays du tiers monde non pétroliers, l'endettement extérieur a crû au rythme de 19% par an 10 »soit un accroissement de 480 milliards de dollars, ce qui est supérieur à l'accroissement du produit national brut (PNB). Ces pays se sont donc endettés au-delà de leurs possibilités de remboursement, ce qui signifie que les grandes banques privées n'ont pas réussi à contrôler leurs prêts. C'est la deuxième cause, externe, qui va expliquer l'augmentation de l'endettement, mais ce n'est pas la cause fondamentale, elle est seulement permissive.

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La cause externe: à partir de 197 4, dans le cadre de la première récession qui touche pour l'essentielles pays capitalistes développés mais pas toutes les branches, l'économie va devenir surliquide 11 • Ce qui signifie qu'il existe des capitaux « en friche » qui ne s'investissent pas dans la production et sont à la recherche de placements spéculatifs. Deux raisons, pour l'essentiel, expliquent cet afflux de liquidités : la récession elle-même et la hausse de la rente pétrolière empochée par les pays de l'OPEP, que les grandes banques privées vont se charger de remettre dans le circuit fmancier pour ne pas laisser cette arme entre les mains de ces pays. C'est ce qu'on a appelé « le recyclage des pétrodollars ».

Il nous faut souligner la manière nouvelle dont se pose le problème de l'endettement. Nous avons beaucoup parlé des grandes banques privées qui prêtent de l'argent, et c'est là une différence essentielle par rapport à ce qui existait avant la Deuxième Guerre mondiale. En effet, les emprunts se faisaient d'Etat à Etat en faisant appel aux personnes privées, qui se trouvaient ruinées si l'Etat emprunteur ne payait pas. Aujourd'hui, le relais a été pris par les grandes banques privées internationales.

Ces banques, à la recherche de placements rémunérateurs, vont trouver sur leur route les besoins de financement des pays du tiers monde, notamment ceux qui veulent s'industrialiser. Et elles vont pousser ces pays à s'endetter au-delà de leurs possibilités de remboursement, c'est-à-dire au-delà de leurs perspectives de profit, pour continuer à faire des bénéfices.

Ce sont donc ces deux causes qui expliquent la montée phénoménale de l'endettement de ces pays. La deuxième récession va venir aggraver la situation.

La deuxième récession : une économie sous-liquide La deuxième récession, qui débute à la fin de l'année 1980, qui est plus profonde, plus longue que la première et qui touche tous les pays (sauf l'Inde) et toutes les branches d'industrie (saufl'agro-alimentaire), va se traduire par un retournement : de surliquide, l'économie devient sous-liquide. En particulier, la rente pétrolière va baisser en fonction de la surproduction qui touche de plein fouet ce secteur. En conséquence, le prix du baril de pétrole amorce une descente vertigineuse sur le marché mondial. « Le surplus des pays du Golfe, note le rapport du CEPII déjà cité, qui était de quarante milliards de dollars par an sur la période 197 4-1980 tombe pratiquement à zéro du fait de l'affaiblissement de la demande adressée à l'OPEP ; il est même négatif depuis 1983 12 • »

Les grandes banques privées vont réorienter leurs emprunts vers les Etats-Unis et les pays capitalistes développés. De ce fait, et aussi de celui d'une politique monétaire américaine restrictive, les taux d'intérêt réels, c'est-à-dire la différence entre le taux d'intérêt des banques et le taux d'inflation vont augmenter aux Etats-Unis. Dans le même temps le dollar, pour les mêmes raisons, va lui aussi connaître une hausse importante. Or, les emprunts des pays du tiers monde sont

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libellés, à 90 %, en dollars; et leur taux d'interêt est lié au « prime rate» (taux d'intérêt que les grandes banques américaines accordent à leur meilleur client). A partir de là, les intérêts à verser sont devenus trop énormes et ces pays n'ont pu les payer qu'avec l'aide du FMI.

Cette conjonction entre un endettement qui n'a cessé de croître et la hausse des taux de l'intérêt, ainsi que l'augmentation du cours du dollar, a provoqué la quasi-faillite du Mexique en août 1982. Le cas du Mexique est d'ailleurs intéressant puisque ce pays a joué la carte du développement de l'industrie pétrolière au détriment de ses cultures vivrières. Les conséquences de ce modèle d'industrialisation sont catastrophiques pour la population car, à partir du moment où le prix du baril de pétrole a baissé sur le marché mondial, le Mexique a été obligé de baisser ses importations, de produits alimentaires notamment, provoquant la disette 13 •

A partir de cette quasi-faillite, le processus d'autonomisation de la dette par rapport au système productif est devenu visible : lorsque les pays ou les firmes vont s'endetter à nouveau pour payer les intérêts des emprunts précédents, et « lorsque la somme des intérêts versés au titre des emprunts dépasse le montant des importations de biens d'équipement» (Pierre Salama, article à paraître dans lnprecor 13).

Le journal The Economist résume la situation de la manière suivante pour les pays d'Amérique latine : « plus l'Amérique latine paie, plus sa croissance baisse et plus elle doit davantage 14• » La nécessité de payer les intérêts pour ces économies a accentué la récession qui

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se poursuit, pour certains d'entre eux, encore aujourd'hui, alors que l'économie américaine connaît une conjoncture de reprise depuis le début de l'année 1983.

Les conséquences de ce processus d'autonomisation de la dette Il nous faut voir les conséquences les plus importantes de ce processus d'autonomisation de la dette par rapport au système productif, et qui pose le problème de la souveraineté politique de ces pays, ainsi que leurs capacités à mettre en œuvre un développement autonome. - Première conséquence :le transfert de capital des pays du tiers monde vers les métropoles impérialistes. Un rapport récent de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui est considérée comme la banque centrale des banquiers, constate que (( le tiers monde finance les pays riches 15 ».Et ce, dès 1983. Le phénomène s'ést accentué en 1984, et visiblement se poursuit encore aujourd'hui. La Tribune de l'économie, sur la base de ce rapport, résume le problème en écrivant : « les banques européennes financent le déficit du pays le plus riche du monde (les Etats-Unis. NDR) et les pays les plus pauvres apportent des fonds aux banques européennes ... ». Le graphique I extrait du même numéro de la Tribune permet de voir l'étendue du problème. Curieusement, ce transfert de capital provoque une réaction de l 'Institute of international fmance (IIF) 18 , qui dénonce «une politique qui consiste à leur forcer la main pour prêter à des pays déjà surendettés», refuse évidemment « tout cartel des débiteurs » et surtout invite les pays en voie de développement «à rapatrier les capitaux évadés (évalués en stock à 15 milliards de dollars chacun pour le Mexique et l'Argentille) ... » Ces banquiers proposent, pour être remboursés, que l'Etat contrôle les sorties de capitaux. Nous n'aurions pas mieux dit...

Il s'agit d'un transfert de ressources très important qui accroît à son tour l'endettement et obère les chances pour ces pays de pouvoir résoudre ce problème. La deuxième conséquence est plus grave parce qu'elle pose le problème de la souveraineté politique, à travers les fonctions de la monnaie nationale. -Deuxième conséquence : la dollarisation 17 • C'est un processus provoqué par l'indexation de la dette extérieure et intérieure sur le dollar. Ce processus est nettement à l'œuvre dans les pays d'Amérique latine et particulièrement en Argentine. Il s'est d'abord manifesté par la dollarisation des passifs des firmes latino-américaines, qui se sont endettées directement en dollars. Aujourd'hui, ce processus acquiert une dimension supplémentaire par la dévaluation continue des monnaies nationales et déclenche une gigantesque spéculation.

L'Argentine est la pointe avancée d'un phénomène qui menace toutes ces économies. En effet, la perte de substance de la monilaie nationale, mesurée par le taux d'inflation (1000 %), provoque une réaction logique des Argentins qui cherchent refuge dans le dollar. « Depuis la femme de ménage . ( ... ) qui; chaque fm de

BANQUES DE LA ZONE B.R.I !on milliards de dollars) 417,6 des ttats-Unis Créances < • sur les ~tats·Unis Créances sur l'Amérique latine Dépôts de l'Amérique latine

1983 . 1984

Graphique 1 Le graphique ci-dessus montre, entre /afin de 1983 et /afin de 1984, 1. Pour les Etats-Unis: -une augmentation du niveau des créances des banques (c 'est-à-dire des crédits qu 'elles leur consentent):+ 33 milliards de dollars. - une stagnation du niveau de leurs dépôts auprès des banques, c'est-à-dire de leurs apports aux banques européennes : + 1, 7 milliards. 2. Pour l'Amérique latine: -une stagnation du niveau des créances des banques: + 1,3 milliard; on constate même une diminution à partir du deuxième trimestre de 1984 ; -une augmentation du niveau des dépôts qu'ils font auprès des banques: + 11 milliards de dollars. mois, court les rues de la capitale pour échanger ses maigres pesos contre des dollars, jusqu'aux entreprises qui prêtent leurs excédents de trésorerie sur le marché du crédit clandestin. » La raison: « Un peso qui perd 1 % de sa valeur tous les jours brûle les doigts. » Ajoutons à cette description qu'un Argentin qui voudra épargner le fera en « Bonex », c'est-à-dire en dollars 18 •

De ce fait, la monnaie nationale tend à perdre ses fonctions. A l'évidence, dans ces économies, elle n'a jamais eu la fonction de « réserve de valeurs », fonction monopolisée par le dollar pour les pays d'Amérique latine et par le franc pour les anciennes colonies françaises. Mais la monnaie nationale avait celle de moyen de paiement (ou de circulation) et celle d'unité de compte. Ce sont ces fonctions qu'elle est en train de laisser au dollar, qui prend ainsi sa place. Ce qui signifie que l'Etat est en train de perdre l'une de ses prérogatives : «battre monnaie». Dans cette voie, un ministre des fmances israélien avait été jusqu'au bout en proposant que la monnaie nationale israélienne soit... le dollar. Il avait été limogé: aucun Etat rie peut accepter cette situation, parce qu'il existe une relation directe entre souveraineté monétaire et souveraineté politique.

Ce processus s'est manifesté récemment dans les quasi-faillites des grandes banques brésiliennes. Lorsque la banque centrale brésilienne a refusé de couvrir les dettes en dollars de la Brasil invest, banque en faillite, la banque américaine Bank qf America a riposté en ne renouvelant pas ses lignes de . crédit à la Comind, banque en difficulté. Conséquence : des faillites en

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chaîne qui ébranlent le système bancaire brésilien, et qui révèlent sa faiblesse. Epilogue : la banque centrale brésilienne a été obligée d'aider les deux plus grandes banques en difficultés 19 •

La troisième conséquence est liée à la « dollarisation » et à l'augmentation de la spéculation, c'est la

« financiarisation ».

- Troisième conséquence: «la financiarisation ». Commençons par un exemple tiré de l'article de Mamou sur l'Argentine, que nous avons déjà cité: « Renault Argentine, l'une des cinq plus grosses firmes industrielles du pays, équilibre à peine ses comptes sur les ventes de voitures mais dégage d'impressionnants bénéfices du face à face. » Le face à face consiste, pour les entreprises qui ont de la trésorerie, à la prêter à celles qui en manquent, et à sept jours ! Bien sûr, cela s'effectue au détriment de l'investissement productif. Il est clair, sur cet exemple, qui si prêter de l'argent est plus rentable, rapporte plus de bénéfices que d'investir dans la production, les fmnes vont se tourner vers le marché fmancier.

La traduction concrète, c'est la désindustrialisation. Nous sommes conscients que c'est là un terme ambigu parce que la désindustrialisation est aussi présente dans les économies capitalistes développées, mais nous voulons exprimer par là que les capitalistes se désengagent de la production et provoquent J'appauvrissement du pays. Cette « financiarisation » se traduit par une augmentation de l'exploitation des travailleurs et par la misère pour le plus grand nombre. Il s'agit là encore d'un processus. Le Brésil }Jar exemple conserve, pour l'instant, son industrie informatique naissante 20 , mais perd un certain nombre d'industries traditionnelles.

La « dollarisation » et la « financiarisation » ont comme conséquence de fragiliser les entreprises de ces pays qui peuvent être facilement rachetées ou... mises en faillite. Face à cette situation dramatique, quelles sont les solutions proposées ?

Le Fonds monétaire international (FMI)

Get la solution libérale Il faut détailler la réponse du FMI qui comporte trois volets et non un, comme on le croit fréquemment. -Premier volet, le plus connu, une politique d'austérité drastique. Sur ce terrain, le FMI ne connaît que cette seule réponse, quel que soit le pays. Il propose un échange : des prêts à des taux très inférieurs à ceux pratiqués par les grandes banques privées, contre la mise en œuvre de la politique d'austérité. Et c'est une politique d'austérité renforcée qu'il impose parce qu'il recherche un « effet masse » pour obtenir un résultat dans ces économies encore faiblement monétarisées.

Il demande aux pays en question de « rééquilibrer les finances publiques, de modifier le taux de change et de contracter la demande interne». Le premier point, diminuer le déficit budgétaire, revient à diminuer le salaire des fonctionnaires, tandis que le troisième se traduit par la baisse du salaire minimum et par la réduction du volume des importations pour favoriser les exportations.

La devise du FMI : « Exporter toujours plus, pour

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qu'il y ait un excédent de -la balance commerciale permettant de faire rentrer des devises pour payer les intérêts de la dette. » Le prix à payer pour les populations est très lourd : chômage, misère, famine, disette ... Et la chute du taux de croissance et une récession qui n'en fmit pas. Pourtant des résultats ont été obtenus, il serait vain de le nier : « Leur déficit courant global a régressé de 109 milliards de dollars en 19 81 à 53 milliards de dolars en 1983 et pour 1984 est prévue une nouvelle diminution à 45 milliards 21• »

Mais on s'aperçoit que cette politique se traduit par la dévaluation continue de la monnaie nationale 22 et que ces pays ont surtout augmenté leurs exportations vers les Etats-Unis, dont ils sont devenus en 19841e premier fournisseur. Ce qui, avec la hausse du dollar, équivaut à un important transfert de valeur de ces pays, vers les Etats-Unis. En d'autres termes, il s'agit d'un renforcement de l'échange inégal. Il est évident que des capitalistes américains, soumis à la concurrence de ces pays demandent des mesures de protection ; mais il est non moins évident que ce transfert bénéficie à toute la classe des capitalistes américains.

Ainsi l'endettement et ses conséquences conduisent au renforcement de l'échange inégal. Ce qui signifie que la solution du FMI se traduit par une accentuation ou un retour au sous-développement. En effet, en voulant réduire le déficit budgétaire, le FMI bloque les grands travaux d'infrastructure. En privilégiant les exportations, il casse la possibilité d 'investir et oriente toute la production vers le marché mondial capitaliste, au

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mépris des besoins élémentaires de toute la population autochtone. Il s'agit donc d'une orientation de dépendance par rapport au marché mondial capitaliste, qui impose le respect de la division internationale du travail, c'est-à-dire le fait de rester à la dernière place dans la hiérarchie des économies.

Cette politique est évidemment difficile à faire accepter puisqu'elle se heurte au plus grand nombre, y compris désormais aux classes moyennes. Un gouvernement démocratique est aujourd'hui nécessaire pour la légitimer aux yeux des masses brésiliennes. Dans ces conditions, on peut parier que le FMI a brûlé, lui aussi, des cierges pour que Tan credo ne meure pas ...

Le problème fondamental que pose la mise en œuvre de cette politique, c'est la définition d'un nouveau régime d'accumulation. En s'attaquant aux classes moyennes, cette politique rend visible la crise qui touche le régime d'accumulation appelé «excluant». Mais quel nouveau régime d'accumulation peut être défini ? C'est justement ce qu'aucun gouvernement ne sait, pas plus que le FMI qui se contente d'une politique à court terme. En tout cas, pour l'instant, ce n'est pas le « fordisme » qui est à l'ordre du jour...

1 - Deuxième volet: le rééchelonnement. Le deuxième volet de la politique du FMI, c'est de reporter dans le temps le remboursement de la dette pour éviter une crise financière. Avec le fait que les intérêts continuent de courir ... Suivant certaines estimations, logiques avec le processus d'autonomisation de la dette, ces pays sont endettés ... pour l'éternité.

Il y avait une autre possibilité que celle-là, c'était de constituer un « cartel des débiteurs » permettant de transformer la faiblesse individuelle en force collective. Cette idée a parcouru la conférence qui s'est tenue à Carthagène les 21-22 juin 1984, mais elle a été écartée. Le FMI et les grandes banques privées, de même que l'Etat américain ont fait pression pour qu'elle ne se réalise pas. La peur du FMI a favorisé le Mexique, puisqu'un accord entre ce pays et les grandes banques créditrices a été signé en septembre 1984 qui prévoit le rééchelonnement de quarante milliards de dollars (sur un total de l'endettement de quatre vingt-dix milliards) avec des délais allongés : quatorze ans au lieu de huit habituellement et un taux d'intérêt plus bas (la référence est le LIBOR au lieu du prime rate) 23 • Le résultat de l'accord apparaît sur le graphique Il

Il est évident que cet accord a servi d'arme pour diviser les pays débiteurs. Le chantage est clair, qui pousse à suivre l'exemple du «bon élève» qu'est le Mexique

1 - Troisième volet : la déréglementation. Désormais, le FMI et la banque mondiale « conditionnent leurs prêts à une orientation économique et financière très libérale24. » Autrement dit, la déréglementation bat son plein. Pour le moment le mouvement est géographiquement limité à l'Asie mais il ne serait pas étonnant qu'il soit imposé aux autres pays endettés, notamment les pays latino-américains. D'ores et déjà le Mexique est engagé dans la dénationalisation : il propose « aux banques étrangères d'échanger une partie de leurs créances contre des participations au capital des entreprises nationalisées, dont les grosses entreprises sidérurgiques, des sociétés de mécanique et d'automobile, une chaîne hôtelière 25 ... »

L" EFFET DE L'ACCORD DE REECHELONNEMENT l 'r vfllli{!~ n.>nJb( JtJr '.J('/J !,·t •t ·, l ' , lo UO 1h1 <. UfldU / .

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Graphique II. Graphique extrait d'un article de Daniel So/ano : 11 Le redressement de l'économie mexicaine se confirme mais le pays doit modifier son modèle de croissance», publié dans Industries et travaux d'outre-mer, novembre 1984, reproduit dans Problèmes èconomiques du 8 mai 1985.

Ce pourrait être une solution au processus de « dollarisation ».Comme le note Pierre Salama: «C'est pourquoi la solution à ce type de problème passe vraisemblablement par la refonte du système financier, par une dérégulation plus accentuée, par l'apparition de nouveaux produits financiers dont l'objectif serait de socialiser la destruction de ses créances » qui sont indexées sur le dollar26.

La déréglementation passe, dans les pays d'Asie, par la fixation du taux d'intérêt par le marché et non plus par l'Etat, par le décloisonnement des banques (l'abolition de la différence entre banques de dépôts et banques d'affaires) et par l'apparition de nouveaux produits financiers, notamment à Singapour. Ce mouvement provoque des inquiétudes. En effet existent dans les pays d'Asie du sud-est des holdings familiaux qui «ont des intérêts croisés et [qui] s'interpénètrent les uns les autres. Une seule faillite retentissante et c'est la théorie des dominos qui s'applique. »

Cette solution revient à accentuer les conséquences de l'autonomisation de l'endettement, mais peut permettre une socialisation des pertes grâce à une crise financière «en douceur». Ce qui se traduira, n'en doutons pas, par une augmentation de l'exploitation des travailleurs et par la misère du plus grand nombre.

Il est clair que la majorité de la population ne peut rien avoir à gagner dans la mise en œuvre de ces solutions qui représentent une volonté, au demeurant affirmée, de leur faire payer la crise capitaliste.

L'autre solution consiste à rompre avec la logique du marché mondial capitaliste. C'est la seule voie possible pour ne plus subir famines et disettes, pour permettre le développement et satisfaire les revendications urgentes des travailleurs et des peuples. Si l'on reste dans le cadre de la logique du marché mondial capitaliste, les solutions préconisées par le FMI sont les seules possibles.

La solution préconoisée par le premier rapport

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24. -Y.Mamou dans la Tribune de l'économie des 1 et 2 juin

27. Voir le résumé de ce deuxième rapport dans RAMSES

Brandt -un keynesiannisme à l'échelle mondiale- a fait long feu. Il préconisait une politique de relance par l'augmentation du pouvoir d'achat des pays dits sous-développés. Le deuxième rapport Brandt, publié au début de l'année 1983, fait amende honorable et

« tire lâ lëÇon des échecs de processus de négociations globales » 27 • Il se contente de proposer une augmentation des quotes-parts du FMI, proposition refusée par les Etats-Unis lors de la conférence du FMI d'octobre

1984.

Ainsi, il reste deux solutions : soit la logique du marché mondial capitaliste, soit la logique de la rupture. Dans cette dernière voie, le petit Nicaragua montre bien toutes les possibilités de négociation que cela donne face aux grandes banques privées ...

Le 2 juin 1985 1. Voir mon article dans Critique communiste de septembre 1984.

2. Voir le livre édité par les éditions La Découverte: Triconti· nental 1982: famines et pénuries.

3. La Tribune de l'économie du 19 mars 1985. 4. Observations et diagnostics économiques rf 7, avril 1984, revue de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Rapport du CE Pli :« Economie mondiale 1980-1990: la fracture? il

5. Voir l'article de Pierre Salama dans CEP rf 25: « Endettement et disette urbaine il.

6. Les Temps modernes d 'octobre 1984 : (( La mondialisation de la crise générale du fordisme ».

7. OCDE: Organisation de coopération et de développement économique qui regroupe les experts du monde capitaliste. Voir pour le rapport en question la Tribune de l'économie et le Monde datés tous deux du 1" juin.

8. Pascal Arnaud, la Dette du tiers monde, collection Repères, aux éditions La Découverte, p. 33.

9. Futuribles rf 87 d'avrill985 : (( L'avenir du monde arabe il par Bichara Khader. Voir aussi les articles de Pierre Salama pour ce qui concerne 1 'Amérique latine.

JO. Rapport du CEP!!, p. 281. 11. Cf l'étude du CEP!! (( Vers des limites financières à la croissance il publiée dans Economie prospective internationale rf 3, juillet 1980.

12. Rapport du CEP!!, opus cité p. 353. 13. Voir CEP rf 25, l'article de Sid Ahmed: (( Développement sans croissance, l'expérience des économies pétrolières du tiers monde».

14. The Economist du 31 mars 1984. Voir aussi l'article de Claudio Jedlicki paru dans la revue Tiers monde de juillet-septembre 1984, reproduit dans Problèmes économiques du 6 février 1985 : « De l'impossibilité du remboursement de la dette à l'indispensable remboursement des banques il.

15. Tribune de l'économie du 2 mai 1985. 16. !IF : c 'est un organisme privé qui regroupe 200 banques du monde entier représentant plus de 80 % des engagements bancaires sur les pays en voie de développement. Pour la référence de l'article intitulé (( Tiers monde; dette: les banques haussent le ton il, publié dans l'Exportation magazine de mail985. Evidemment, c'est nous qui soulignons.

17. Voir l'article de Pierre Salama à paraître dans Inprecor. 18. Toutes ces informations et citations sont extraites de l'article d'Yves Mamou publié dans la Tribune de l'économie du 26 mars 1985 : «L'Argentine face à l'austérité : 30 millions de spéculateurs».

19. La Tribune de l'économie du 29 mai 1985 : (( Les fourches caudines de la banque centrale».

20. Le Monde des 13-14 janvier 1985. (( Au Brésil, l'enfant chéri des nationalistes : la naissante industrie informatique ». Il faut tenir compte du fait qu 'IBM y occupe toujours la place prépondérante.

21. Bulletin hebdomadaire de la Kredietbank des 16 et 23 novembre 1984, reproduit dans Problèmes économiques du 6 février 1985.

22. Ainsi par exemple en 1980, i/fallait 0,18 pesos pour 1 dollar en Argentine et en 1984, 67,65 pesos pour le même dollar. Au Brésil en 1980: 52,71 cruzeiros pour 1 dollar. 1984 : 1 848,03 cruzeiros pour le même dollar. Chiffres publiés dans le Financial Times en mars 1985.

23. Sur cet accord, voir le Monde du 11 septembre 1984 : « Dette mexicaine : un accord exemplaire». Voir aussi le bilan économique et social 1984 du Monde, p. 26.

@

1985, «Quand l'Asie se dérégule».

25. Tribune de l'économie des 16-17 mars 1985.

26 Article de Pierre Salama à paraître dans Inprecor.

83-84, p. 229.

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