La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

DOSSIER

Le film des événements

Critique communiste, n° 59, janvier 1987 · p. 7-8 · 1 177 mots

Si, le 21 octobre, les étudiants de Caen lancent un appel pour la tenue d'une manifestation nationale afin de dire << non au projet Devaquet », c'est dans l'indifférence que le texte est adopté par le Sénat, le 30 octobre. Faisant le bilan du mouvement, le Monde pouvait à juste titre commenter : « Personne n'aurait pu penser, voici encore deux semaines, que le projet de loi sur les universités serait le ferment d'une crise politique majeure.» 0 Samedi 15 novembre Réunion de la premiére coordination nationale étudiante, à Caen, qui réunit une dizaine de villes. Reprise du premier appel de Caen. 0 Lundi 17 novembre La gréve commence à Caen et Villetaneuse. 0 Mardi 18, mercredi 19, jeudi 20, vendredi 21 novembre Extension des gréves étudiantes, en particulier dans la région parisienne. « L'agitation étudiante contre la réforme universitaire, sporadique et incertaine il y a quelques jours, commence à faire tache d'huile et à s'organiser. •• (Le Monde .) 24 novembre Assemblées générales dans les facultés, ici à Jussieu (Paris). 0 Samedi 22 novembre Les états généraux de l'UNEF-ID se transforment en états généraux du mouvement présidés par les délégués des comités de gréve. 2 000 étudiants y assistent. Ils lancent un appel à la gréve générale dés le 24 novembre, décident d'une journée d'information auprés des lycéens le 25 novembre et d'une manifestation de caractére national le jeudi 27 novembre « pour exiger le retrait pur et simple du projet Devaquet >>. Le même jour, le conseil national du CELF (Cercle des

Lycéens et lycéennes rejoignent le mouvement. Le deferlement toute une jeunesse. étudiants libéraux de France) déclare: « La gréve n'aboutira qu'à un résultat : durcir la position du ministre et faire voter le texte, sans discussion, à l'Assemblée nationale. » 0 Dimanche 23 novembre Puissante manifestation de la FEN. à Paris, en défense de l'école. 0 Lundi 24, mardi 25 novembre Le mouvement fait boule de neige dans les facultés et s'étend aux lycées. Plusieurs milliers de lycéens manifestent spontanément à Paris et en province. « Montée en puissance des mouvements lycéen et estudiantin », explique le Monde. Monory tente de calmer le jeu en invitant les étudiants à « regarder le texte •• de loi. Les «jeunes du RPR » engagent un effort de propagande en défense de la loi : « Grâce â ce projet réaliste et raisonnable, les universitaires et les étudiants retrouveront confiance dans une université modernisée. •• 0 Mercredi 26 novembre Toutes les facultés de la région panstenne sont en gréve (à l'exception d'Assas et Dauphine), le mouvement s'étend en province (60 universités sur 72 sont en gréve). 0 Jeudi 27 novembre « De la Sorbonne au fronton de l'Assemblée nationale, quelque 200 000 étudiants et lycéens défilent en un cortége bon enfant tandis que des manifestations dans une cinquantaine de villes de province rassemblent 400 000 personnes : la plus grande mobilisation dejeunes depuis 1968. •• (Le Monde.)

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La coordination nationale des étudiants appelle à l'occupation des facultés et à une « montée nationale sur Paris » le jeudi 4 décembre. 0 Vendredi 28 novembre Le gouvernement décide de réécrire le texte de la réforme sur les trois points les plus contestés : les droits d'inscription, l'orientation, le caractère national des diplômes. 20 000 lycéens manifestent aux alentours de l'Assemblée nationale. 0 Dimanche 30 novembre Intervention télévisée de Chirac qui s'efforce de faire montre de sérénité: << Que l'on prenne les huit ou quinze jours nécessaires pour s'expliquer. >> Il invite les étudiants à << lire le texte >> de la réforme. 0 Lundi 1er décembre Faculté par faculté, lycée par lycée, les jeunes se prononcent sur l'avenir de leur mouvement. Les déclarations paternalistes de Chirac sont sans effet : c'est la montée nationale du 4 décembre qui se prépare. 0 Mercredi 3 décembre ,, Le gouvernement attend la manifestation des étudiants pour arrêter sa position >>, titre le Monde. 0 Jeudi 4 décembre Un million de manifestants, dont 500 000 à Paris, exigent le retrait du projet de réforme. Monory, après avoir reçu une délégation de « non-grévistes >>, n'apporte aucune réponse positive aux représentants de la coordination étudiante venus discuter avec lui. Sur l'esplanade des Invalides, la police intervient brutalement pour disperser les manifestants qui veulent gagner l'Assemblée nationale: trois blessés graves. Le mouvement vient de basculer de la contestation bon enfant à la colère et à la révolte. 4 décembre Par centaines de milliers, étudiants et lycéens manifestent contre les projets Devaquet et Monory. 0 Vendredi 5 décembre Annonce de la présentation du projet la semaine suivante. Monory, le soir méme, dans une « allocution gouvernementale >> sur les trois chaînes de télévision, annonce que les points contestés de la réforme seront retirés. le report de la réforme des lycées et une vaste concertation sur les problèmes éducatifs. Dans la journée, manifestations contre les violences policières. Dans la nuit, au quartier Latin. affrontements avec la police. Malik Oussek.ine. jeune étudiant de vingt-deux ans. est tué rue Monsieur-le-Prince. 0 Samedi 6 décembre Une manifestation de deuil et de protestation réunit plusieurs dizaines de milliers d'étudiants et de lycéens de la Sorbonne à la place d'Italie où ont lieu des affrontements avec la police ; la manifestation reprend son cours et rejoindra le quartier Latin, puis l'Hôtel de Ville. Devaquet a annoncé sa démission. Chirac revient de Londres. Mitterrand déclare : << La cohésion nationale doit passer avant toute chose. Je donnerai tort, et le pays avec moi, à quiconque usera de la violence. » 10 décembre Le mouvement, frappé en son innocence, porte le deuil de Malik. 0 Dimanche 7 décembre La coordination nationale décide d'une journée de deuil le lundi 8 décembre ; elle appelle les syndicats ouvriers à se joindre à la grève générale et aux manifestations du 10 décembre. Lors du congrès extraordinaire du RPR célébrant son dixième anniversaire - la partie « fete >> initialement prévue a été annulée-, Pasqua dénonce « les professionnels de la déstabilisation, gauchistes et anarchistes de tout poil et de toutes nationalités >>. 0 Lundi 8 décembre Débrayages d'une heure dans les entreprises. Chirac annonce le retrait total du projet Devaquet. Etudiants et lycéens maintiennent leur volonté de manifester le mercredi 10 décembre « contre la répression ». A l'exception de la CGT, les syndicats ouvriers et la FEN renoncent à se joindre à une grève et une manifestation dont ils « ne voient plus l'objet>> après le retrait de la loi. o Mardi 9 décembre Chirac annonce « la pause >> par rapport aux réformes engagées : Code de la nationalité, prisons privées ... Mitterrand approuve cette « pause >> et se déclare « en phase >> avec les jeunes. 0 Mercredi 10 décembre Manifestation dans toute la France, avec une participation importante des salariés. A Paris, le cortège réunit 200 000 jeunes. 0 Jeudi 11 décembre Dernière coordination étudiante qui décide de sa dissolution. Elle se sépare aux accents de l'Internationale. Rendez-vous est pris pour mars et les états généraux de l'université. Reprise des cours dans les facultés et lycées.

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