AMENDEMENTS AU DOCUMENT SUR LA CONS1RUCTION DU PARTI ADOPTE PAR LA MAJORITE DU CC Présentés par 4 camarades du Comité central. Partie V.
Les paragraphes 30 et 31 deviennent respectivement 29 et 30.
Le paragraphe 29 devient 31 comme suit :
" Nous avons la volonté de construire le Parti révolutionnaire des travailleurs indépendant des vieilles organisations reformistes et n'ayant rien à voir avec leurs compromissions ou leurs capitulations. Nous savons qu'il faudra pour cela une ferme détermination à rassembler dans la clarté des courants et des forces d'origine différentes, parfois ennemies de l'avant-veille. Il en fut toujours ainsi dans les tournants de l'histoire du mouvement ouvrier.
Or nous sommes aujourd'hui dans une situation particulière de crise du mouvement ouvrier et de recompositions en cours qui, à la lumière des évènements récents, peuvent connaître des accélérations.
C'est pourquoi notre organisation doit plus que jamais se situer de manière offensive dans les recompositions en cours, en comprenant les possibilités actuelles de saut qualitatif dans la perspective de construction d'un parti révolutionnaire des travailleurs.
La construction d'un Parti révolutionnaire de masse doit partir d'un constat : le PS et le PC sont définitivement disqualifiés du point de vue d'une transformation radicale de la société.
Notre orientation s'appuie sur un processus de radicalisation qui s'exprime dans l'existence d'une extrême gauche active, dans les courants syndicalistes combatifs qui ne se résignent pas aux capitulations de leurs directions, parmi les militants communistes qui cherchent une réponse au déclin de leur parti, chez les militants socialistes qui refuseront que leur parti s'installe dans la
cohabitation et les alliances avec la bourgeoisie, chez les jeunes et les travailleurs actifs dans les luttes mais inorganisés parce que méfiants envers les vieux appareils ..
C'est la rencontre entre la perception, à une échelle significative, de la faillite et du discrédit des vieux appareils avec les possibilités objectives de la recomposition du mouvement ouvrier qui trace la perspective d'une nouvelle organisation révolutionnaire comme objectif actuel.
Objectif actuel qui vise l'ensemble de ceux partie prenante de la recomposition du mouvement ouvrier, mais parmi lesquels les oppositionnels du PC méritent un intérêt particulier, pour nous, par les références communes à une certaine tradition du mouvement ouvrier. Intérêt particulier parce qu'aujourd'hui ils sont l'expression la plus importante numériquement et politiquement de cette crise et recomposition du mouvement ouvrier.
Sans qu'on puisse présager l'issue d'un tel phénomène, ils est important de noter pour l'heure :
A. Que ce processus de clarification dans le PC se fait pour la plus grande part sinon totalement sur la gauche.
B. Qu'il y a une accélération des rythmes de confrontation entre les oppositionnels et la direction du PC.
Si nous ne prédéterminons pas les trajectoires et les alignements de forces, la confrontation de ces deux éléments nous invite à être audacieux dans la recherche d'une issue positive à court ou moyen terme.
Même si les phénomènes de crise et recomposition ne se cantonnent pas au seul PC et ne s'arrêteront pas avec la seule clarification au sein du PC. Le processus général que nous avons engagé pour peser dans la recomposition du mouvement ouvrier devra se poursuivre au-delà, mais le saut qualitatif, s'ils se réalisait, aurait pour effet immédiat, d'entraîner de nombreuses forces aujourd'hui dispersées mais disponibles. De plus elle serait un formidable levier vis-à-vis d'une radicalisation qui se prolongera au-delà de cette étape.
La LCR se croît et se sent capable d'agir efficacement, de maintenir l'unité de la théorie et de la pratique, de synthétiser les expériences nationales et internationales, de jeter un pont entre le passé et le présent. Nous assumons, pour notre part, l'héritage d'une longue tradition communiste et antibureaucratique, avec la certitude qu'elle sera indispensable à tout regroupement réellement anti-capitaliste et internationaliste.
Nous construisons la Ligue parce qu'elle est un outil efficace pour intervenir dans la situation présente Ueunesse, SNCF, etc .. . ), nous préservons la Ligue et la renforçons parce qu'elle représente un capital de richesse (accumulation de cadres, travail de masse ... ), nous éduquons nos militants, nos sympathisants, ceux qui nous sont proches dans la perspective de la construction d'une organisation plus large, plus forte, mieux implantée que ce que nous sommes. C'est pour cela qu'on ne brade pas notre organisation, mais c'est aussi pour cela que nous sommes réceptifs à la réalité et disponibles pour une nouvelle organisation.
Dès maintenant nous affirmons donc notre volonté de construire une organisation. Nous agissons en ce sens :
1. En proposant des axes d'intervention pour l'action; revendications, campagnes de masse, batailles pour la démocratie ouvrière et l'auto-organisation dans les luttes, propositions de candidatures unitaires aux diverses échéances électorales (en fonction de la situation);
2. En débattant des perspectives stratégiques, la préparation de la rupture révolutionnaire, pour une issue socialiste à la crise.
Les forces partie prenante des phénomènes actuels de radicalisation et de recomposition ont pour une bonne part le souci de la croissance organique du rapport de forces, de la politisation, de l'éducation des masses par rejet de "l'avant-gardisme" et par crainte de servir une bureaucratie.
Cela ne comporte pas seulement l'aspect négatif d'hésitations dans l'action. Cela comporte aussi la volonté de voir les masses se réapproprier une série de décisions aujourd'hui gérées par la grande bourgeoisie et par l'Etat : contrôle ouvrier sur les entreprises, contrôle sur les risques écologiques, transformations de la santé, de l'école, des équipements collectifs ...
Nous devons dire clairement que cela s'intègre pour nous dans une stratégie de rupture et savoir sur ces bases combattre réellement les risques de co-gestion de la crise.
3. En redonnant aux questions programmatiques et de progagande la place qui leur revient dans notre activité.
La plupart des militants syndicaux avec qui nous agissons quotidiennement, l'ensemble de ceux qui sont à la recherche d'une force politique nouvelle -y compris au sein du PC et du PS- sont preneurs de tels débats.
Cela implique la sortie d'un document de référence mais doit aussi irriguer l'ensemble de nos activités. L'objectif est simple : défendre notre identité, de façon actualisée, en dialoguant avec toutes les forces diponibles.
Paragraphe 32.
" Par ailleurs nous sommes conscients des conditions spécifiques de construction d'un parti révolutionnaire aujourd'hui. Le contrôle du PS et du PC sur la classe ouvrière n'est pas comparable à ce qu'il était dans les années 30 ou même les années 50.
Pour agir et débattre avec leurs militants comme pour prendre place dans le front unique lorsqu'il se réalise dans l'action, il n'est point nécesaire de rallier ces partis. Dans les circonstances actuelles, une petite organisation révolutionnaire peut faire la preuve pratique partielle de la justesse de ses positions. Elle y gagne en continuité politique et organisationnelle.
L'état du mouvement ouvrier international est infiniment plus complexe qu'il n'était dans les années 30 ou même dans les années 60, avant le conflit sino-soviétique et la victoire de la révolution cubaine.
L'essentiel de la génération militante actuelle a fait son apprentissage dans la période d'expansion de l'après-guerre ou au début de la crise. Elle a connu des luttes importantes, mais pas d'épreuves majeures qui clarifient les lignes de fractures importantes et relèguent au second plan les querelles mineures.
Cela explique que la radicalisation actuelle n'a pas pris, d'emblée, la forme de grandes fractures verticales, mais plus celle d'un éclatement tant politique que géographique.
C'est pour répondre au mieux à cette situation que la LCR a adopté à son dernier congrès la démarche de "regroupement d'une alternative anticapitaliste".
Cette démarche nous permet de nous adresser à tous ces élements sachant que pour beaucoup d'entre eux, une organisation révolutionnaire minoritaire n'apparaît pas comme une alternative crédible même quand ils rejettent la pratique des partis réformistes, nous voulons favoriser la convergence et la dialogue .dans l'action, convaincus que tout ce qui renverse la tendance à la fragmentation et à la dispersion des forces peut contribuer à restaurer la confiance dans l'efficacité de la lutte.
C'est cette démarche, que nous avons initiée, avec d'autres, dans le contexte précédant les élections de mars 86. Les résultats obtenus furent marqués par le faible niveau de mobilisation et les contradictions des phénomènes de recomposition.
Nous sommes aujourd'hui dans une situation différente, situation plus favorable puisque nous constatons une reprise des mobilisations Ueunes, SNCF, EDF, instituteurs) et des clarifications se font jour au sein du mouvement ouvrier (oppositionnels dans le PC).
Pour autant, comme nous l'avions indiqué plus haut, si notre objectif reste la construction d'un nouveau parti révolutionnaire, nous ne pouvons exclure d'autres variantes, qui limiteraient le processsus de clarification, qui différeraient les échéances de construction d'un parti révolutionnaire.
Mais la LCR n'est pas adepte du tout ou rien. Nous saurons répondre positivement à toutes les situations en gardant le cap sur notre objectif final.
C'est ici, que loin d'être dépassée, la politique de l'alternative garde toute son actualité. Face à une crise du mouvement ouvrier, nous confirmerons notre volonté unitaire de proposer chaque fois que possible le rassemblement pour le débat et l'action des forces et militants qui sont sur des bases anticapitalistes pour concrétiser une alternative à la politique de division et de collaboration du PC et du PS. ""