La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Tendance pour l'unité ouvrière : thèses politiques

· Critique communiste, n° 61, mars 1987 · p. 55, 57, 59-61, 63-79 · 14 309 mots

Présentées par 11 membres du comité central et de la commission centrale de contrôle

SECTION 1 : CONSTRUIRE UNE ORGANISATION

TROTSKISTE DANS LA FRANCE DES ANNEES

QUATRE VINGT

I- Le trotskisme, c'est le marxisme moderne

2- Notre histoire est sans taches, notre programme est le bon

SECTION ll : CONSTRUIRE UNE ORGANISATION QUI

AGISSE ET QUI PESE SUR LA SITUATION , UTILE A

TOUS LES TRAVAILLEURS

1- Bien analyser la situation politique et la période pour agir et nous construire:

a) Nous sommes toujours dans la période ouverte en 68;

b) Chirac : aprés un gouvernement de front populaire, une droite dure, un gouvernement de combat;

c) Mouvement d'ensemble ou cohabitation et division ?

d) Le P .S. en premiére ligne face aux exigences des masses;

e) Le PCF victime de la crise génerale du stalinisme.

2- Une ligne de Front unique ouvrier permet d'agir, de peser et de sortir du ghetto :

a) La LCR doit "prendre parti" sur chaque évenement, sur tout ce qui intéresse les travailleurs;

b) La LCR doit diriger et organiser de vraies campagnes de masse;

c) La LCR et le mouvement syndical.

3- Notre politique unitaire vis à vis des groupes qui rompent avec le PC et le PS. :

a) LCR d'abord!

b) notre politique vis à vis des courants centristes c) s'adresser a L.O. et au PC!, mener à leur égard une politique spécifique, relancer la bataille pour l'unification.

4- La LCR sera présente aux présidentielles :

a) les enjeux des prochaines présidentielles;

b)la question de l'unité PSIPCF, du désistement au r tour est la question décisive;

c) Organiser dés maintenant une campagne de masse centralisée pour l'unité ouvriére;

d) La LCR présentera une candidature et une plate{orme qui exprime ces exigences;

e) Nous menons campagne pour arriver à une candidature unitaire sur les axes politiques essentiels de l'heure;

5- Préparer la construction d'un parti des travailleurs indépendant.

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INTRODUCTION

Durant les mois de novembre et décembre 86 s'est déroulé en France un mouvement de la jeunesse étudiante et lycéenne qui a réussi le tour de force de faire descendre des millions de personnes dans les rues de Paris et de toute la France, qui a réussi à imposer sa force, sa démocratie et son unité aux directions politiques et syndicales réformistes, qui a réussi à obtenir la sympathie et la solidarité active de la majorité des travailleurs de ce pays et qui a fini par faire céder le gouvernement Chirac, aussi réactionnaire que l'est Reagan aux USA ou Thatcher en Grande Bretagne. Le mouvement de la jeunesse, tout comme la grève massive des cheminots, ont discrédité l'analyse selon laquelle la situation politique était au "reflux radical", au "désarroi", et en même temps à un comportement d'organisation tourné plus vers les "débats" que vers l'action, plus vers de petites couches de militants censés être "l'avant garde" de la "recompostion-décomposition-reconstruction" du mouvement ouvrier que vers les larges masses qui paraissent frappées d'atonie du fait de la crise. Pour nous, ces mouvements sont la preuve vivante, en actes, qu'il est toujours possible de construire à côté et contre les appareils traditionnels une organisation indépendante dotée d'une influence de masse commençant à contester en pratique la domination social-démocrate et stalinienne. RIEN dans la situation politique, RIEN dans le monde qui nous entoure ne justifie la crise que traverse aujourd'hui la LCR et qui se vérifie dans tous les domaines : effectifs, dynamisme, motivation des militants, scores électoraux, paralysie de fonctionnement ... Il n'y a RIEN d'inéluctable à cette situation, RIEN qui nous condamne à ne pas pouvoir peser sur la réalité. Alors, les raisons de notre crise présente, nous devons les chercher en nousmêmes et pas ailleurs. La question à laquelle nous devons répondre, c'est : comment redresser et construire la Ligue ? Ce sera tout à la fois : - défendre son programme aujourd'hui mis en cause, sans sectarisme mais sans concession, - mettre en oeuvre un changement, tactique mais radical, pour transformer l'image de notre organisation dans le mouvement ouvrier et, surtout, par rapport à la masse des travailleurs et de la jeunesse.

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SECTION 1

CONSTRUIRE UNE ORGANISATION TROTSKYSTE

DANS LA FRANCE DES ANNEES 80 1. Le trotskysme, c'est le marxisme moderne, le marxisme actualisé Le marxisme n'est pas en crise. Ce qui est en déroute, c'est le stalinisme, cette perversion monstrueuse des idéaux d'émancipation de la classe ouvrière qui a fini par devenir insupportable aux travailleurs. Il faut refuser de confondre l'agonie d'un système politique qui a ravagé durant 50 ans le mouvement ouvrier (le système stalinien) avec une pseudo-crise du marxisme. Ce qui a fait faillite, ce sont les réponses parfaitement désuètes d'une social-démocratie qui, partout en Europe, ne fait que trahir - le plus classiquement du monde - les espoirs de ceux qui lui donnent sa force électorale parce qu'ils y sont acculés pour faire face à la droite et aux patrons, en l'absence d'un véritable parti révolutionnaire. Dans une période où s'intensifient les affrontements de classe, où le capitalisme est pris dans le cyclone d'une crise formidable, hideuse, mondiale et sans issue immédiate malgré tous les efforts de la bourgeoisie et de ses intellectuels pour en masquer l'ampleur, il est moins que jamais l'heure de douter des enseignements du marxisme révolutionnaire tel qu'il nous ont été transmis, enrichis de l'expérience vivante de la construction d'une organisation, la IVème Internationale. Nous ne sommes pas, nous trotskystes, un courant comme les autres dans le mouvement ouvrier : nous en sommes, par delà les aléas d'une histoire qui ne nous a pas épargné les coups, une composante essentielle, porteuse, du fait de notre programme fondamental, de la solution à sa crise, des clés de ses futures victoires. Aujourd'hui, presque 50 ans après la fondation de la IVème Internationale, il y a encore et toujours trois forces en présence dans le mouvement ouvrier, trois forces qui durent: la social-démocratie, le stalinisme (derrière les visages changeants de ses "variétés nationales") et le trotskysme. Sur une durée de temps significative, toute autre force est condamnée à être

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satellisée par l'une des trois premières et ce n'est pas par hasard : c'est que les clivages qui nous opposent aux autres et qui font que nous sommes toujours en guerre contre les sociaux démocrates et les staliniens, ne sont ni périmés ni artificiels mais correspondent aux tâches fondamentales d'émancipation de la classe ouvrière, à un affrontement concret de stratégie qui ressurgit sans cesse. Quand le stalinisme écoeure la grande masse des travailleurs, quand la social-démocratie capitule sur tous les terrains devant la contre-offensive de l'impérialisme, quand chaque évènement de la lutte des classes, du fait de la crise, porte à l'incadescence les contradictions et les débats au sein du mouvement ouvrier, notre programme dévoile encore avec plus de force son utilité : nous sommes en effet les seuls à pouvoir faire face avec la crédibilité et l'autorité que nous donne une histoire sans tâche à l'offensive idéologique de la bourgeoisie, aux "théoriciens" libéraux, aux intellectuels versatiles qui sont passés (dès que les choses ont commencé à chauffer un peu dans la société, dès que le capitalisme est entré dans la crise la plus longue et la plus dure de son histoire vers le milieur des années 70) "du col Mao au Club Rotary". Notre trotskysme n'est pas en effet simplement une "étiquette" commode, pas plus qu'un penchant à cultiver des différences pour le plaisir de se singulariser ; c'est une véritable vision du monde, indispensable à la compréhension concrète de ce qui s'est passé depuis 1917. La contre-révolution stalinienne en Russie, la destruction du parti bolchevique, le blocage de la transition, le maintien des bases économiques de l'Etat ouvrier, le fascisme, la deuxième guerre mondiale, trous noirs de la barbarie au milieu du siècle, le sursaut de Stalingrad, la guerre froide, les luttes de libération nationale qui bouleversent la configuration mondiale dans les années 50 et 60, la guerre du Vietnam, Mai 68 en France, la victoire au Nicaragua, la crise phénoménale des PC staliniens, qui offre son "second souffle" à la social-démocratie ... Sur toutes ces questions et grâce à notre programme, nous avons les moyens d'expliquer et de faire comprendre, de TOUT comprendre, de remonter le fil d'une histoire qui a effectivement dérapé du fait de la dégénérescence social-démocrate et stalinienne du mouvement ouvrier, sans céder ni à l'abattement, ni au ralliement "réaliste" aux choses telles qu'elles sont ! Des individus peuvent, à tel ou tel moment, sur telle ou telle question, rendre vraiment compte de certains évènements, des groupes centristes peuvent, là aussi dans certaines circonstances particulières arriver à focaliser l'attention ou bien à exprimer fidèlement, sur un certain laps de temps et dans une partie du monde déterminée les aspirations des masses, mais cela reste éphémère, partiel, inconsistant à l'échelle de l'histoire : seuls les trotskystes ont les moyens de rendre compte de la totalité des évènements fondamentaux de la lutte des classes du fait de leur programme et de leur pratique inlassable d'organisation, à l'échelle nationale comme internationale. 1. Notre histoire est sans tâche, notre programme est le bon. L'histoire ? Nous ne sommes pas nés en 1968. Arrêtons avec cette légende qui nous nuit plutôt qu'elle ne nous sert ! Car nos références sont plus anciennes ... et il faut espérer et conquérir une image plus jeune, plus fraîche que celle d'anciens combattants de mai 68 ! Nous venons de plus loin en effet : nos racines politiques plongent jusqu'à la Commune de Paris et continuent par la Révolution d'Octobre, puis par la lutte implacable (et les premiers !) contre le stalinisme. Sait-on, même dans nos rangs, que la plus forte section de l'opposition de gauche fondée parTrotsky et ses camarades regroupait plusieurs milliers de membres et que c'était la section russe ? Elle fut décimée dans les camps, dans les isolateurs et les asiles et, à travers elle, c'était le stalinisme qui réglait ses comptes avec le léninisme, n'en déplaise aux "nouveaux philosophes" d'aujourd'hui qui ont fait du "Goulag" leur fonds de commerce ! Fusillés dans les camps en Russie, nous l'avons été aussi en France dans la Résistance, par les staliniens et les nazis, comme en Espagne par Franco et par les potes à Carillo. Mis au ban du mouvement ouvrier, sur le plan théorique mais également physiquement, nous avons eu à relever le plus gigantesque des défis jamais assumé par un groupe humain et c'est la cause de nos difficultés, de notre faiblesse, de notre absence de percée durant des années. Mais aujourd'hui l'histoire peut se retourner, à l'heure de la crise du stalinisme, à l'heure où la jeunesse progresse à grands pas et cherche à tâtons les voies de la construction d'une expression politique qui soit en phase avec ses aspirations

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profondes, cette trajectoire difficile et exemplaire peut redevenir le meilleur des arguments pour se tourner vers nous : c'est pourquoi il faut en tirer une légitime fierté, revendiquer cette histoire, ce patrimoine, étudier ses leçons ... Ceux qui n'ont pas de mémoire n'auront aucun avenir. Moins que jamais, l'heure est à se renier. Le programme ? Celui de la IV ème Internationale est d'une palpitante actualité. Il permet de faire face, non seulement théoriquement mais aussi pratiquement à tous les grands évènements qui éclatent sur cette planète en folie : Pologne, Nicaragua, Paris-Novembre-Décembre 1986, partout nous serions à même d'exprimer les aspirations de la grande masse de ceux qui entrent en mouvement, de les consolider et de les féconder d'un contenu politique. Nulle part il n'y a matière à ce que nous soyons pris au dépourvu par ce qui arrive. PERSONNE n'a fait la démonstration sérieuse que tel ou tel aspect de notre programme était devenu dépassé, obsolète, archaïque : LA REALITE QUI NOUS ENTOURE EST ARCHAIQUE, voilà le problème ! Si on gratte la croûte des "nouveautés", alors en effet le vieux monde apparaît vite : ce système capitaliste qui ne sort pas de sa crise, même avec des innovations technologiques, les robots et les puces mais qui devra passer par un affrontement social et politique tout ce qu'il y a de plus "traditionnel" avec le prolétariat ; ce stalinisme qui n'en finit pas de mourir mais qui continue de s'interposer entre les masses et le programme révolutionnaire et qui demeure, à l'échelle de la planète, le principal obstacle à la construction de partis révolutionnaires ; ces centristes qui réapparaissent périodiquement et qui disparaissent tout aussi inéluctablement, non sans avoir semé dans le minimum de temps le maximum de confusion et après avoir reparcouru avec l'obstination des autruches le chemin de leurs ancêtres. Tout est archaïque, oui, mais certainement pas le programme de la IVème Internationale. Non, décidément l'heure n'est pas de réviser. Nous sommes certains que, dans la période qui vient, nous aurons tout à gagner à faire fructifier ce capital précieux : notre identité de section française de la IVème Internationale. La Ligue ne doit plus se présenter comme une organisation "d'extrême gauche" (il y a trop d'ambiguïtés et de "casseroles" gauchistes là-dedans) mais bel et bien comme une organisation trotskyste. Ainsi nous ne construirons pas sur du sable, de l'évanescent mais sur du solide et de l'efficace. Celà revient-il à demeurer immobiles, figés dans un dogmatisme inébranlable ? Tout au contraire, l'absence d'état d'âme sur notre identité et notre programme de fond nous aidera, nous "libèrera", pour nous atteler au seul changement qui en vaille la peine, celui qui consistera à modifier radicalement l'image, la "silhouette" politique de notre organisation, pour la mettre mieux en prise avec les travailleurs tels qu'ils sont dans le France de 87.

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SECTION2

CONSTRUIRE UNE ORGANISATION QUI AGISSE ET

QUI PESE SUR LA SITUATION, UTILE A TOUS LES TRAVAILLEURS. Nous voulons être un parti pour l'action, sortir de notre situation de minoritaires, chasser les apparences de gauchisme et de sectarisme qui nous ont été collées sur le dos, nous voulons montrer que le trotskysme est moderne, vivant, concret, tourné vers la large masse des travailleurs, notamment ceux influencés par le PS et le PC. C'est dans l'action, dans des campagnes centrales sur des mots d'ordre simples et populaires que nous y parviendrons. Le parti ouvrier de masse que nous voulons construire prétend influencer, rassembler tous les secteurs de notre classe actuellement divisés entre le PS et le PC, entre les quatre syndicats CGT, CFDT, FEN, PO. Nous ne serons jamais les supplétifs "un peu plus à gauche" d'un PCF en crise. Nous ne serons jamais, davantage, un appendice d'un Parti Socialiste qui prétend rassembler les travailleurs mais qui ne fait rien pour le socialisme. Notre ambition est plus grande : construire un nouveau parti ouvrier, indépendant, unitaire, qui défende jusqu'au bout les revendications des travailleurs. Nous ne sommes pas "à part" de la classe ouvrière, de notre classe : nous n'avons pas d'intérêts distincts de la masse des travailleurs, nous vivons comme eux, à leur rythme, avec leurs luttes ; la seule chose qui nous distingue, c'est qu'à travers toutes les activités quotidiennes nous cherchons à faire avancer "la révolution socialiste mondiale". Nous voulons comme les ouvriers de la Commune de Paris "changer le monde", nous sommes organisés pour cela, le parti que nous construisons sera dans le sillage des internationales ouvrières de Marx, de Rosa Luxemburg, de Lénine, de Trotsky, nous cherchons à faire pénétrer les idées de ces "géants" en pratique, simplement, par

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l'action et par la conviction, auprès des ouvriers, des employés, des femmes, des jeunes et des immigrés que nous côtoyons. Alors qu'en France, le PS et le PCF sont encore majoritaires parmi les travailleurs, nous, trotskystes, montrons qu'il y a un autre visage du socialisme et du communisme, qu'il y a des militants honnêtes, démocratiques, ouverts, qui vont jusqu'au bout, qui ne trahissent pas leurs promesses, qui ne dévient pas, qui cherchent à hâter l'heure où seront définitivement battus les Chirac-Giscard-Barre-Le Pen et définitivement brisée l'exploitation des travailleurs par les patrons.

Qu'est-ce qui permet de construire, ainsi, un parti ouvrier, trotskyste, indépendant et de s'adresser de façon utile, pour des actions communes, à la masse des travailleurs ? C'est une politique qui a été élaborée historiquement au travers des plus grandes expériences de l'histoire du mouvement ouvrier : le "front unique ouvrier". Une politique de front unique ouvrier s'oppose de façon acharnée à la division instaurée internationalement dans les rangs ouvriers par les staliniens et les sociaux démocrates ainsi qu'à toute coalition avec la bourgeoisie, ses hommes, ses partis, telle que les PS et les PC en ont fait sous le nom de "front populaire", de "front républicain" ou "national", d"'Union de la Gauche", de "compromis historique", de "cohabitation" ou de "nouveau rassemblement populaire". L'unité ouvrière pour une action indépendante de la classe, c'est l'aspiration la plus profonde et la plus simple commune à tout militant qui veut défendre les revendications élémentaires et à celui qui veut changer le monde. Ca vient du fond d'un siècle et demi de mouvement ouvrier, ça tient en deux phrases : "l'union fait la force" et "les intérêts de l'ouvrier et du patron sont incompatibles". Face à cette exigence, PS et PC sont immédiatement jugés par l'histoire, par leur bilan, de 1936 à 1947, à 1956, à 1968, à 1981. Il n'y a pas un de ces partis plus "à gauche" que l'autres. C'est pourquoi nous ne nous laissons en aucun cas identifier à l'un ou à l'autre : on ne prendra ni un profil construisons avec les vrais communsites un courant révolutionnaire contre la social démocratie" ni un profil "avec un grand parti socialiste poussé sur la gauche, fermons la parenthèse du stalinisme". Pour unifier la classe ouvrière, il faut concrètement s'appuyer sur des militants du PC unitaires et sur des militants socialistes unitaires, il faut que s'exprime un courant unitaire dans la CGT, la CFDT, la FEN et PO. Il faut récuser les querelles de chapelle, le cycle infernal de la division. Il y a des milliers de militants, de cadres expérimentés, dans le PS, dans le PC, dans les syndicats qui sont disponibles pour ce combat, qui en discutent déjà, qui agissent déjà et c'est avec eux que la perspective d'une recomposition en profondeur - c'est à dire avec des millions d'adhérents - du mouvement ouvrier peut avoir un sens. On l'a vu avec le développement en décembre 86 dans la jeunesse et dans la classe ouvrière de coordinations et de comités de grève qui, non seulement ne sont pas anti-syndicaux, mais se battent pour l'unité syndicale. Nous ne voulons pas une gauche de la gauche qui se "différencierait" sur la base d'un échec de la gauche, d'une victoire plus large de Chirac, mais une gauche qui soit unie contre la droite, une gauche qui se batte et qui gagne. Que PS et PC s'unissent, qu'ils proposent de gouverner ensemble cette fois, en rompant avec le patronat et en exigeant avec les travailleurs que ' les revendications soient satisfaites. Voilà la ligne globale de front unique ouvrier dans le cadre de laquelle toutes nos activités prennent place, qui, seule, peut nous permettre de nous construire. 1. Bien analyser la situation politique et la "période", pour bien exploiter toutes les potentialités d'agir et de nous construire.

a) Nous sommes toujours dans la période ouverte en 1968

1975 est l'année de la défaite de l'impérialisme au Vietnam. 1974-76 sont les années de la révolution portugaise qui a mis un terme à 40 ans de salazarisme. En 1979, la révolution dirigée par les sandinistes a triomphé de Somoza et sept ans plus tard elle lutte toujours, elle n'est pas écrasée par le puissant impérialisme américain. En 1981-82, la droite a été battue en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce. Des dictatures se sont effondrées en Argentine, en Haîti, aux Philippines, la forteresse de l'apartheid est prise d'assaut en Afrique du Sud. C'est en 1980-81 que pour la première fois, dans un état ouvrier bureaucratisé, le mouvement de masse indépendant et uni des ouvriers polonais est allé le plus loin historiquement dans la voie de la

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révolution politique. Malgré la crise profonde, durable de surproduction, le grand capital n'a pas réussi à infliger au prolétariat mondial la défaite massive et brutale dont il a absolument besoin pour restaurer ses profits, sauver l'économie de marché. Par vagues successives, dans les trois secteurs de la révolution mondiale, dans les pays impérialistes - là où c'est le plus décisif -dans les états ouvriers bureaucratisés, dans les pays dominés, les travailleurs luttent, défendent pied à pied leurs acquis et même conquièrent des droits nouveaux, des avantages sociaux et des libertés démocratiques. Cela ne signifie pas que les contre-attaques de l'impérialisme sont sans ampleur et sans résultats, au contraire : les affrontements entre bourgeoisie et prolétariat font des ravages. Les multinationales augmentent leur profit par des innovations technologiques dans des secteurs de pointe dont bénéficie une petite minorité de l'humanité tandis que règne partout ailleurs chômage, misère, famine, épidémies. Au coeur même de la citadelle impérialiste, des millions · de travailleurs sont au chômage, au-dessous du seuil de la pauvreté. Reagan, Thatcher ont porté des coups très sérieux et même infligé des défaites aux travailleurs américains et britanniques. La politique des gouvernements d'Union de la gauche (PS, PC, PSU, MRG, gaullistes de gauche) en France de 1982 à 1986 a trahi les aspirations de la victoire de mai et juin 1981 et a ainsi permis à la droite de revenir et à Chirac d'organiser une politique agressive contre les acquis sociaux que les travailleurs français ont conquis en 35, en 45, en 68, en 81. Et après mars 86 et ce jusqu'à ce qu'en décembre 86 les jeunes et les travailleurs donnent un coup d'arrêt à Chirac, les rapports de force se dégradaient. Ces échecs, ces coups sévères et les menaces qui grossissaient sont inquiétantes, les rapports de force peuvent tourner et de sérieuses défaites ne peuvent être exclues. Mais elles ne sont pas encore arrivées, rien d'assez fondamental et décisif ne s'est produit pour dire que la période est inversée, que la défaite est consommée, que les luttes se mènent à reculons. La tendance profonde à l'exacerbation des luttes de classes, à l'éclosion des crises révolutionnaires ouverte en mai 68, n'est pas close. Le principal handicap pour le prolétariat, ce n'est pas sa "démoralisation", son "désarroi" ou une "situation objective défavorable", non, le principal handicap c'est la politique des appareils sociaux-démocrates et staliniens, c'est l'absence d'un parti ouvrier révolutionnaire, d'un parti trotskyste implanté dans les masses. D'ailleurs cela s'est illustré avec le formidable mouvement de masse de la jeunesse contre la réforme Devaquet. Alors que les leaders du PCF et du PS se répandaient partout en disant que les masses étaient "démoralisées", les jeunes, plaque sensible de la société, ont révélé les véritables rapports de force existants. Et c'est par peur panique que le 10 décembre 86 soit, comme le 13 mai 68, sousle coup d'envoi d'une grève générale massive que Chirac a cédé. Chirac-Pasqua-Monory-Devaquet ont accumulé toutes les erreurs "classiques": ignorance, mépris, refus de négocier, fausses concessions, répression et tout cela sans faire faiblir ni même diviser le mouvement jeune. Celui-ci, incontrôlé par les appareils, reflétant intimement les enjeux des luttes entre les classes, a ouvert la brèche en imposant le retrait total du plan Devaquet. Ils ont lancé l'assaut jusqu'à leur victoire totale. Cela a été un véritable révélateur sur la période et cela a modifié la conjoncture. Les grèves SNCF et RATP ont montré que les salariés étaient déterminés eux aussi : les signes avant-coureurs, au cours de l'été, en octobre-novembre, de ce mouvement parti de la base se sont confirmés dans une grève dure où le gouvernement s'est vu à nouveau confronté 15 jours après avoir cédé à la jeunesse. Ceux de la RATP, d'EDF, les marins ont à leur tour démontré qu'il "n'intériorisaient pas la crise".

b) Chirac: après un gouvernement de front populaire,une droite dure, un gouvernement de combat Les gouvernements d'Union de la Gauche ou PS-MRG-PSU menaient une politique de collaboration de classes, de "front populaire" : ils gouvernaient en concertation avec le CNPF, ils ménageaient la bourgeoisie, leur politique était bourgeoise même si elle différait de ce que voulait la majorité de la bourgeoisie. Et s'ils ont fait des concessions aux travailleurs en 81-82 (la Sème semaine, les 39 heures, la retraite à 60 ans, la hausse du SMIC et des allocations, l'abrogation de la peine de mort, le remboursement de l'IVG, des droits syndicaux et démocratiques nouveaux, etc ... ), ils les ont eux-mêmes ensuite remis en cause pour tenter d'amadouer le CNPF et le grand capital financier. Ils ont ainsi loyalement géré, de 82 à 86, le capitalisme à l'aide d'une politique de

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compromis qui, en dernière instance, répondait aux voeux du patronat et l'aidait à retourner le rapport de forces issu de mai et juin 81. Aucune illusion sur ce que sont capables de faire, par elles-mêmes, les directions du PS et du PCF lorsqu'elles sont au gouvernement. Le 16 mars 86, la droite a obtenu une victoire moins ample que prévue: 81 n'a pas été complètement effacé. Chirac, lui, ne fait pas de cadeaux aux travailleurs, il attaque frontalement, il fait une politique classe contre classe et il s'est efforcé de la mener rudement en profitant de la couverture de la "cohabitation" et dans le but de demeurer neuf ans au pouvoir, d'éjecter Mitterrand, de parachever la contre-attaque que le CNPF a organisé depuis 82 en licenciant massivemènt et en faisant reculer les salaires. Cette politique de Chirac s'inspire de celles de Reagan et de Thatcher, elle est brutale et agressive contre tous les acquis sociaux, même ceux qui remontent à des décennies. D'où les menaces d'une gravité sans précédent sur la Sécurité Sociale, d'où les dénationalisations, d'où le démantèlement du secteur public (TF1, SNCF, PTT, Santé, Education nationale, etc ... ), d'où le libéralisme sauvage, archaïque (les prisons privées ... ) et les atteintes aux droits démocratiques (droits syndicaux, textes contre les libertés individuelles, les immigrés, les expulsions, la répression sous couvert de lutte anti-terroriste, etc ... ). En quelques mois Chirac restructure l'économie du pays, en faveur des profits du grand capital. La différence entre la collaboration de classes d'hier et l'affrontement classe contre classe d'aujourd'hui, les travailleurs l'ont vue et la voient tous les jours. Chirac est un danger sans précédent depuis la 2ème guerre mondiale, c'est le gouvernement le plus réactionnaire et qui peut, si la cohabitation n'est pas mise en échec, aller le plus loin dans les coups portés au mouvement ouvrier. Les travailleurs en sont conscients et luttent mais le PS et le PC, en divisant ou en cultivant un "ton" prudent cachent le danger et affaiblissent les possibilités de riposte. Les jeunes, eux, ont un "ton" directement combatif, les cheminots aussi : ils se sont lancés dans la grève la plus importante de l'histoire de la SNCF. Lame de fond venue de la base, contraignant les directions syndicales à l'action et à un minimum d'unité, installant des comités de grève exerçant leur vigilance sur la lutte et les négociations, s'exprimant avec une magnifique lucidité, les cheminots donnent un exemple de la combativité de notre classe, donnant au mouvement jeune une portée plus générale, annonçant l'heure d'un mouvement d'ensemble contre la politique chiraquienne. L'épreuve de force est inévitable.

c) Mouvement d'ensemble ou cohabitation et division ? La "cohabitation", si on entend par là que le PS et la droite cohabitent au sommet de l'Etat, ne peut être qu'un piège mortel pour les intérêts des travailleurs. Mais, depuis le 16 mars, les choses se sont déroulées de façon plus complexe: dès le début Mitterrand, demeuré président, est apparu comme un recours, un frein contre Chirac et c'est ce qui explique que sa popularité ait monté dans les sondages. La cohabitation a été perçue comme une "coexistence" mais pas une cogestion. Son caractère plus ou moins conflictuel, dès lors, a eu un intérêt pour les travailleurs : notamment si Mitterrand refusait de signer les ordonnances, c'était positif, mais s'il les signait ou formulait des critiques modérées, c'était négatif. Ainsi s'instaurait un rapport entre ces conflits institutionnels et l'état d'esprit des travailleurs. Lorsqu'au sortir de l'été, il est apparu que c'était Chirac qui tirait la couverture à lui et faisait passer intégralement sa politique, alors que Mitterrand se démarquait mais ne rompait pas, la situation est devenue négative: car Chirac agissait et avançait, Mitterrand parlait et rien de plus. Ce sont les luttes de classes, le mouvement jeune, les grèves de la SNCF, d'EDF, de la RATP, des marins qui ont renversé la situation et, en affaiblissant Chirac, redonné du champ à Mitterrand. Celui-ci, habilement, a caressé les mobilisations de masse dans le bon sens mais avec une prudence calculée qui ne visait pas à les encourager mais à les canaliser de façon qu'elles n'aboutissent pas à la chute précipitée de Chirac. Ainsi, face aux jeunes et aux cheminots, Mitterrand a choisi de faire des "gestes" avec une modération voulue et en se posant en défenseur de la "cohésion nationale et sociale" mais sans s'engager autant que l'exigeait la mise à mal de la politique réactionnaire de Chirac. Même s'il en tire un avantage immédiat, cette attitude ambiguë de Mitterrand est un obstacle, à terme, à la remobilisation des abstentionnistes et à la victoire d'une

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nouvelle majorité PS-PC. Car pour battre Chirac et le chasser, il faut une dynamique unitaire et combative qui entre en contradiction avec ce climat manoeuvrier entretenu par la cohabitation.

d) Le Parti Socialiste en première ligne face aux attentes des masses. Le débat sur "le ton" à prendre face à Chirac et à la cohabitation, tel qu'il est apparu dans le PS est décisif. Rocard, Jospin, Fabius se rangent parmi ceux qui sont cohabitationnistes jusqu'au bout tandis que Poperen, Mauroy manifestent une opinion inverse. Rigueur ou croissance ? Autre sujet de clivage. Redéfaire ce qu'a fait la droite ou pas ? Où en est l'unité ? Avec qui ? Où en est la rupture avec le capitalisme? Quel candidat aux présidentielles? Dissoudre ou pas l'Assemblée Nationale ? Les clivages entre les vieux courants du PS ne recoupent pas les questions du moment. A la base, une puissante volonté anticohabitationniste s'oppose à l'attentisme manoeuvrier et démobilisateur du sommet. On entend Jospin, chef du PS, expliquer qu'au moment où son parti fait de 32 à 37% des voix, les socialistes sont dans une "situation historique défavorable", reprenant en cela les propos de Marchais sur "la France qui vire à droite". En proposant un "PS à 40%", la direction Jospin ne trace absolument pas une issue politique aux problèmes des militants du PS et des travailleurs qui votent pour lui. 40% pour quoi faire? Ca ne fait pas une majorité, ni un gouvernement ... à moins d'aller chercher à droite ou au centre les alliés nécessaires. C'est pourquoi la discussion ressurgit (et se développera forcément) sur l'Union de la Gauche. Un "Conseil National" de la Gauche n'est pas une réponse: il faut proposer une politique qui réponde aux voeux des travailleurs et qui, dès lors, impose l'unité au PCF. En dehors d'une telle perspective, Chirac ou Barre gagne. Lors d'une élection présidentielle, il faudra obtenir un désistement sans réserve au deuxième tour; ceci doit se préparer dès maintenant et la direction Jospin n'agit pas dans ce sens. Le PS ne peut prétendre être "la gauche" à lui tout seul et il ne pourra même pas atteindre 40% sans être ... unitaire ! L'impasse est donc totale pour les dirigeants du PS. Et le pire crime serait, comme le formulent certains leaders, de faire des appels à l'UDF, au CDS, pour combattre le "bonapartisme" de Chirac. La voie d'une alliance contre nature avec une partie de la droite est la voie définitive de la trahison et de l'échec. Tout militant socialiste soucieux de défendre les travailleurs et la jeunesse doit combattre les tentatives de ses dirigeants de s'allier avec Douffiagues, Monory, Méhaignerie, Stasi et Cie. Toute "gauche" du PS devrait poser ces questions politiques clefs : contre la cohabitation, pour l'unité des partis ouvriers, contre l'unité avec des secteurs de la droite, pour battre Chirac et Barre aux présidentielles et donc pour dissoudre l'Assemblée Nationale dans la foulée. Il y a au sommet du PS une lutte acharnée entre les "leaders" (Rocard, Fabius, Jospin, Chevènement, Mauroy), ces querelles ne répondent pas au mouvement de la classe ouvrière qui cherche à se servir du PS comme instrument contre la droite. Les 32% du PS en mars 86, c'est un vote populaire, un vote de classe. La très grosse majorité de la classe ouvrière a voulu voter contre la droite en se portant sur le seul parti qui paraissait le plus à même de faire barrage à Chirac. Ca n'avait rien d'une approbation de la politique gouvernementale de Mitterrand-Fabius. Si les travailleurs approuvaient délibérément une politique d'austérité, pourquoi au niveau des élections professionnelles ne voterai~nt-ils pas pour la CFDT qui la prône ouvertement ?

Ce n'est pas le cas car, en 85 et 86 où le PS se préparait à obtenir 32%, la CGT elle aussi a gagné plus de 8%, 2 500 000 suffrages. La raison en est que, là aussi, contre le patronat les travailleurs choisissent le syndicat qui leur paraît le plus à même de riposter à la flexibilité, aux licenciements, etc ... La démarche est la même que pour le vote PS. Les travailleurs votent PS et CGT ! Difficile de dire que PS=CNPF=droite=recul de conscience ! Pendant que le PS monte, les syndicats qu'il influence paient le prix d'avoir joué le rôle de transmission du gouvernement. Pour les masses, nulle contradiction : les deux votes PS et CGT procèdent de la même démarche anti-droite, anti-patronale, du même rapport aux organisations du mouvement ouvrier, ces deux votes ne sont ni une approbation de Jospin ni de Krasucky !

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Ce mouvement qui va du PCF au PS est historique. Pour la première fois depuis cinquante ans, le PS est redevenu le premier parti ouvrier en France et ses dirigeants sont donc en première ligne face aux attentes des masses. C'est cela qui va être facteur de crise. _ e) le PCF victime de la crise générale du stalinisme Le recul historique du PC n'est pas dû au "retard théorique" de la direction Thorez (version Marchais) ou à son archaïsme outrancier (version Juquin). Au fond, le PC paie au prix fort son alignement complet sur l'appareil stalinien international. Il est loin le temps où l'Armée Rouge était auréolée du prestige de Stalingrad et de la prise Je Berlin. Depuis, il y a eu l'Allemagne en 1953, la Pologne,1956 à Budapest, la Tchécoslovaquie en 1968, Gdansk en 1980. Pour les jeunes générations, le PCF reste le parti lié au Kremlin, le parti des tanks à Prague et du coup d'état de Jaruzelski sans être celui des Brigades Internationales et de la Résistance. En France, les zigzags de la politique stalinienne n'ont cessé de prendre à contre pied les aspirations des masses : - en 68, alors qu'il y avait dix millions de grévistes, il a tout fait pour arrêter la grève générale, pour en revenir à des élections perdues, -de 72 à 77, il fallait modérer l'ardeur revendicative dans l'attente de la victoire électorale de l'Union de la Gauche "Union-Action-Programme commun", - en 77, alors que la victoire électorale était proche, il a rompu l'Union de la Gauche, permettant le succès de l'UDF-RPR, mettant en avant des revendications "intransigeantes" et faisant régner la division, - de 77 à 81, il a principalement mené campagne contre le PS plutôt que contre la droite - de 81 à 84, quand Mitterrand a gagné, il a rempoché ses revendications "intransigeantes" et a participé au gouvernement et à l'austérité, - en 84, quand le recul des espoirs de 81 dû à la politique d'austérité du gouvernement PS-PC s'est manifesté, il a alors quitté le gouvernement, ressortant ses revendications "intransigeantes" et organisé à nouveau la division, facilitant le retour de la droite, -depuis mars 86, il se refuse à construire un front commun syndical et politique pour empêcher les attaques de Chirac contre la classe ouvrière. Tout devient "la faute au PS", la division est totale, les revendications "intransigeantes" sont ressorties. Et il invoque inlassablement ce qu'a fait le PS au gouvernement hier au lieu de combattre sans préalable ce que fait Chirac aujourd'hui. Bilan, le PCF à 9%, secoué par une crise interne, historique, à la hauteur du déclin du Parti. En quinze années, la classe ouvrière a jugé les tournants successifs du PCF, les affirmations et leur contraire, l'alliance avec la bourgeoisie, la division avec le PS. Cela s'ajoutant aux liens avec Moscou, est terriblement éclairante pour les travailleurs et explique le bouleversement des rapports de force entre PCF et PS. Pour autant le PCF n'est pas mort et toute remontée du mouvement de masse peut encore le renforcer, dans un premier temps, comme le PS.

Mais sa crise n'est pas conjoncturelle : elle contient tous les éléments de la crise du stalinisme. Elle ouvre la voie à des milliers de militants avides de tirer les véritables leçons historiques du stalinisme, avides . de démocratie, d'unité ouvrière, d'un front commun contre Chirac. C'est à ces militants et aux travailleurs qu'ils influencent que nous pouvons nous adresser en tant que trotskystes pour prôner une issue politique, des batailles de front unique. Par l'action, nous pourrons les convaincre, les gagner, les organiser au sein même du PCF et les conduire avec nous à construire un parti authentiquement révolutionnaire.

Tout militant communiste soucieux de défendre les intérêts des travailleurs devrait mener bataille contre la politique de la direction du PCF quand elle affirme que "la société glisse à droite" pour justifier sa politique de division et conforter l'idée que les reculs du PCF, ce sont les travailleurs qui en sont responsables ; quand elle réserve ses coups au PS pour préparer son refus de désistement aux présidentielles ; quand elle développe une ligne de division dans le mouvement des masse pour empêcher ces mouvements de mettre en cause le gouvernement Chirac et éviter de se retrouver une nouvelle fois face à ses responsabilités : gouverner avec le PS contre la droite.

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II. Une ligne de FUO permet d'agir, de peser et de sortir du "ghetto" La question de l'unité ouvrière est centrale. Elle ne cessera de susciter des débats au sein des organisations concernées, d'une part au sein du PS et du PC, d'autre part au sein des syndicats. Le 21 octobre , alors que quatre syndicats appelaient à la grève, il y eu quatre manifestations séparées. C'est cet obstacle que jeunes et cheminots ont dû surmonter pour entrer en lutte en décembre. Le noeud du problème est politique. Il se répercute au niveau des syndicats. Par retour, la volonté unitaire est puissante à la base et ne va pas cesser de grandir. C'est elle qui explique la naissance des comités de grève représentatifs des AG souveraines et leur coodination. Ils sont en effet un moyen de pousser l'unité des travailleurs à son plus haut niveau et d'empêcher la politique de division des directions syndicales. Les données du problème sont claires : elles nous déterminent pour être les meilleurs artisans de l'unité ouvrière, de l'unité PSPC, de l'unité CGT-CFDT-FEN-FO contre Chirac. Vite, engageons, sur tous les terrains, par tous les moyens dont nous disposons, une campagne en ce sens.

a) La LCR doit "prendre parti" sur chaque évènement, elle a son mot à dire sur tout ce qui intéresse les travailleurs Nous n'avons pas comme attitude de dénoncer les "querelles politiciennes", les "états majors" ou les "salades parlementaires" :ce serait dépolitisant et cela nous priverait de répondre vraiment aux questions politiques centrales qui se posent aux travailleurs. Au contraire, sur ce terrain comme sur d'autres, nous entendons précéder, éclairer les questions politiques posées par les partis bourgeois et ouvriers, apporter des issues concrètes, sérieuses aux problèmes du pouvoir tels qu'ils se posent. Le FUO c'est à la base et au sommet. Ainsi en est-il de la perspective d'un gouvernement PS-PC : fin 86, ce n'est pas un mot d'ordre d'agitation mais déjà, au sein du PS, au sein du PC, au sein des syndicats, les travailleurs soucieux de battre et de remplacer Chirac, discutent du gouvernement, de la coalition politique qui permettrait de le constituer. Ce sont des soucis légitimes et ils vont devenir de plus en plus pressants. Nous, de façon réaliste, nous devons expliquer qu'il n'y a pas, dans le rapport de forces actuel, d'autre issue qu'un gouvernement du PS et du PCF, que ces deux partis doivent s'entendre car ils ne peuvent chasser Chirac et gouverner l'un sans l'autre, qu'il faut que cette idée se fraye son chemin - vitedans ces partis et dans les syndicats qu'ils influencent. Un gouvernement PSPC, du point de vue des travailleurs, vaut mieux qu'un gouvernement ChiracBarre-Giscard-Le Pen car non seulement il signifierait une deuxième défaite de la droite, non seulement il donnerait un coup d'arrêt à la réaction chiraquienne mais il placerait du même coup les travailleurs dans une position plus favorable pour exiger satisfaction de leurs revendications. C'est pourquoi inconditionnellement nous sommes, avec les travailleurs, pour un gouvernement PS-PC. Dans la mesure où les gouvernements PS-PC-MRGPSU-gaullistes de gauche de 1981 à 1986 ont débouché sur un échec, ont trahi les attentes des travailleurs, le simple fait qu'à nouveau les travailleurs chassent la droite et imposent auPS et au PC de prendre leurs responsabilités, créerait un choc et poserait la question : vont-ils refaire la même chose ? Dès le début, contrairement à 1981, ce serait au coeur des débats et des luttes ... car certains éléments du PS annoncent qu'ils ne pourront pas "re-défaire tout ce que la droite a défait" ... pourtant le sens d'un nouveau vote majoritaire pour un gouvernement signifierait cela : "cette fois, gouvernez pour nous, contre les capitalistes". Et si certains secteurs de la classe ouvrière sont encore découragés pàr la trahison de 82 à 86, nous expliquons qu'ensemble, nous organiserons la bataille pour qu'un gouvernement du PS et du PC soit aussi inflexible contre les patrons que Chirac l'est aujourd'hui contre les travailleurs. Le revanchard Chirac crée, par la violence de ces attaques actuelles, les conditions de ce retour de bâton, et il serait faux de croire qu'une deuxième victoire du PS et du PC signifierait que ces derniers pourraient en toute impunité reprendre une politique de rigueur. Nous nous opposons à trois types d'orientation à l'oeuvre aujourd'hui : - celle du PCF qui continue à dire, en quelque sorte "à bas l'ancien gouvernement" (PS) avec plus de force qu'il ne dit "dehors Chirac" et qui n'offre aucune perspective, -celle du PS qui fait mine de dire qu'il peut gouverner seul à nouveau tout en faisant des appels du pied à des secteurs de la droite et en feignant de déplorer le sectarisme du PCF.

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-celle, gauchiste qui est la tendance à crier "attention au futur gouvernement de gauche" avant même d'avoir battu Chirac-Barre ou qui n'offre aucune perspective (sinon abstraite: gouvernement des travailleurs).

b) La LCR doit diriger et organiser, centraliser de vraies campagnes de masse: Nous concevons des campagnes centralisées, prolongées, sur un seul thème, si possible, simple, populaire et nous construisons pied à pied le front unique inlassablement au travers de ces actions. - DANS LE TRAVAIL ANTI-RACISTE : une orientation de front unique contre le gouvernement. Construire SOS Racisme en priorité. SOS n'était ni une mode ni un gadget médiatique. Deux ans après l'apparition de la petite main, SOS a su se faire reconnaître comme une des forces essentielles de la lutte contre le racisme mais aussi de la défense des immigrés et de l'égalité des droits. La mobilisation des étudiants et des lycéens a montré à quel point cette génération avait été marquée par SOS. Notre organisation doit réafirmer la priorité de construire SOS et doit s'y engager davantage. La lutte contre le racisme, l'égalité des droits restent des axes de mobilisation d'une vibrante actualité : les racistes ne désarment pas, des incendies criminels aux crimes racistes, des projets de lois discriminatoires et d'exclusion · (loi Pasqua, projet de réforme du Code de la nationalité) aux pratiques d'exclusion (école, logement, aide sociale ... ), la riposte et la vigilance s'impose. Un outil existe : SOS-Racisme. SOS a montré sa capacité d'initiative, de mobilisation. Grâce à SOS, la lutte contre le racisme et pour l'égalité des droits a réussi à être reprise par de larges secteurs de la jeunesse et des travailleurs. C'est cette conviction qui doit nous conduire à renforcer et à construire des comités SOS partout où nous intervenons : facs, lycées, entreprises. Nous devons agir pour que ces comités soient les plus larges et les plus unitaires possible et s'adressent, à l'occasion d'initiatives attractives, à de larges couches de jeunes et de travailleurs. En même temps, nous luttons dans SOS pour la démocratie au sein de cette organisation. Dans ces comités comme au sein d'autres organisations ou associations où nous avons des militants (comme le MRAP ou la FAST!), nous sommes systématiquement pour que l'unité la plus large se réalise (associations, partis, syndicats) soit à l'occasion de campagnes nationales, soit d'actions locales. Cette recherche de l'unité doit permettre de mettre un terme à la division dévastatrice qu'a connu le mouvement antiraciste.

-Développer des campagnes de masse INTERNATIONALISTES. L'Afrique du Sud a pris une grande importance dans les réferences de lutte internationale de la jeunesse, et le soutien aux mouvements anti-apartheid et au prolétariat noir est pour nous décisif. Pourtant, à côté d'un fort mouvement antiraciste en France, le mouvement ami-apartheid reste limité : nous devons chercher à combler cet écart : - notre but est de mettre sur pieds de larges coalitions, impliquant les organisations ouvriéres et anti-racistes, lors d'évènements comme le fut la venue de Botha, ou lors de journées internationales de solidarité, ou contre le soutien des patrons français au régime d'apartheid. Nous nous appuyons pour cela sur le M.A.A., et cherchons à faire intégrer par les organisations ouvriéres et anti-racistes la dimension anti-apartheid. - Notre ligne dans la solidarité est de soutenir toutes les forces qui lutt~11t contre l'apartheid, l'ANC, le COSATU, comme les autres forces; nous nous opposons ainsi à la politique de division des staliniens qui ne veulent soutenir que l'ANC. -Nous cherchons à faire établir des liens entre des sections syPdir:ales CGT, CFDT, PO ou FEN et les syndicats de branche

"ûrrespondants en Afrique du SUD.

Notre activité de soutien au Nicaragua s'ordonne autour de 2 axes : -Stop à la guerre U.S. en Amérique Centrale - soutien inconditionnel et unitaire au

Nicaragua, autour de campagnes de masse comme "lOO Millions" ou "Un bateau " pour le Nicaragua. Là aussi nous cherchons à créer les coalitions les plus larges pour la campagne, impli quer les organisations ouvriéres et démocratiques, en nous appuyant sur l~s C.S.N. et sur les sections de France

Amérique Latine quand elles ont une réalité militante.

Notre soutien à la lutte du peuple Kanak (droit à l'auto-détermination, indépendance, retrait des troupes françaises) comme à la lutte des dernières

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colonies françaises, reste décisive à un moment où le gouvernement Chirac s'apprête à donner satisfaction complète aux réactionnaires. Sur ces 3 questions (Afrique du Sud, Nicaragua, Kanaky,) nous cherchons à lier les campagnes de solidarité à la dénonciation de la politique du gouvernement Chirac : rétablissement des relations et refus de sanction vis à vis du régime de Botha, diminution de moitié de l"'aide" au Nicaragua et refus de soutenir Contadora,

A chaque fois, la question de l'unité PS PCF , de l'unité syndicale, est décisive pour l'efficacité de la solidarité. - Les militants de la LCR soutiendront le travail des JCR dans la construction d'une grande UNEF démocratique et unifiée, dans la lutte pour les droits des soldats et le syndicat de soldat. Le mouvement de Décembre 86 a remis à l'ordre du jour le combat pour la réunification syndicale à l'université; entre les 2 UNEF, le nécessité de construire le syndicalisme étudiant, d'abord en militant dans l'UNEF- ID, et en dégageant un large courant dans les 2 syndicats et parmi les non syndiqués pour une UNEF unifiée et démocratique. Da,ns les lycées se font ressentir la nécessité d'une organisation permanente, en lien avec le syndicalisme étudiant il est possible d'avancer vers un syndicat lycéen. Dans les casernes, les aspirations démocratique de la jeunesse devraient se heurter à l'archaïsme et l'embrigadement de la hiérarchie militaire et redonner naissance à des luttes sur les conditions de vie et les droits démocratiques : nous cherchons à mener des campagnes vers la masse des soldats (conditions de vie, transports, .... ) pour le droit d'organisation des soldats, pour le syndicat de soldats. Les militants de la LCR dans les syndicats ouvriers soutiendront ces initiatives de la jeunesse.

c) La LCR et le mouvement syndical Le mouvement syndical connaît une grave crise. Désyndicalisation, incapacité à défendre les acquis des travailleurs touchent toutes les confédérations et sont le moteur de développement d'oppositions. La CFDT est affaiblie et de plus en plus divisée par les positions caricaturales de la direction Maire. Ses apparitions répétées en convergence avec le ministre des Affaires Sociales et avec le patronat tant sur les "petits boulots", la flexibilité, la remise en cause des acquis, la protection sociale, ses déclarations intempestives contre les grèves, contre le mouvement étudiant et lycéen suivi d'un ralliement honteux à la manifestation du 10 décembre 86, accélèrent le discrédit d'Edmond Maire et le désarroi dans l'appareil syndical. L'opposition a là matière à se développer pour peu qu'elle se tourne sans hésitation vers la masse des syndiqués et qu'elle sache prendre des intitiatives à la hauteur des enjeux. FO, qui pendant le gouvernement de gauche, a développé l'image de la centrale qui maintenait les revendications quel que soit le gouvernement, multiplie les signatures d'accords remettant en cause des acquis décisifs de la classe ouvrière (autorisation de licenciement, accord métallurgie, Sécurité sociale). Son refus traditionnel de toute unité d'action avec la CGT limite sa crédibilité dans les secteurs en lutte. La lutte pour la succession de Bergeron étant ouverte, les contradictions internes s'en trouvent avivées. FO est à un tournant : elle doit choisir entre son orientation traditionnelle de défense courtoise des acquis et l'engagement de négociations sur le terrain des exigences patronales. La CGT après avoir payé le prix fort de sa politique de division systématique connaît aujourd'hui deux phénomènes qui favorisent le développement d'oppositions internes. D'une part, un regain d'audience comme le montre la majorité des élections professionnelles. D'autre part, une crise de la fraction stalinienne. En effet, la ligne sectaire anti-socialiste développant l'idée d'un glissement à droite de la société conduirait à une minorisation de la CGT dans les mouvements sociaux et à une crise majeure de l'appareil. Inversement, l'adaptation de la CGT au mouvement étudiant et lycéen et dans une certaine mesure au mouvement des cheminots (acceptation au moins formelle du cadre des AG souveraines) renforce chez les travailleurs et les militants CGT l'idée que l'unité est possible, que l'unité paie. Plus que jamais la CGT est le premier syndicat et l'investissement des militants de la LCR s'y fait prioritairement.

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La FEN a subi en 1984 un échec fondamental sur la question de la laïcité. Affaiblie, subissant d'un côté les tentatives de syndicalisation par la CGT et FO et d'un autre côté les agressions de Mon ory, la direction de la FEN ne peut desserrer l'étau et regagner du crédit auprès des enseignants qu'en apparaissant comme le syndicat de l'unité et de l'action. Or les tentatives d'accélérer la recomposition du mouvement ouvrier en constituant une centrale syndicale à hégémonie social-démocrate ne peuvent que diviser profondément les syndicats de la FEN et l'ensemble du mouvement syndical. Cependant, cette crise des organisations syndicales n'implique pas que les travailleurs s'en détourneraient. A chaque élection professionnelle, les travailleurs se tournent massivement vers les syndicats de classe. Dès que les acquis sont menacés et que les perspectives de lutte sont crédibles les masses s'emparent des orientations que leur proposent leurs syndicats. Dans les luttes la tendance dominante n'est pas à développer des comités antisyndicaux mais à contrôler les appareils syndicaux et à leur imposer le cadre unitaire des AG souveraines voire des coordinations à l'exemple des étudiants et des cheminots. La confiance des travailleurs ira aux délégués et aux syndicats qui, tant à l'entreprise qu'au niveau national agiront en respectant cette aspiration à la démocratie et à l'unité d'action dans les luttes. Ainsi, les organisations syndicales restent les instruments fondamentaux et permanents de la lutte élémentaire des travailleurs. En conséquence, le travail de masse prioritaire des militants de la LCR est l'intervention syndicale. Les grandes manoeuvres en cours Les succès électoraux du PS et l'effondrement électoral du PC ainsi que la baisse de sa capacité d'encadrement militant de la classe ouvrière reflète une modification profonde des rapports de force au sein du mouvement ouvrier au profit de la social démocratie. Cela s'est traduit au niveau syndical par l'effritement régulier de la CGT jusqu'en 1985 tantôt au profit de la CFDT, tantôt de FO, par l'échec des tentatives de la CGT contre la FEN, par la moindre emprise dans la CGT de la fraction stalinienne. C'est également le cas, avec des particularités, au niveau étudiant avec la suprématie prise par l'UNEF-Indépendante et Démocratique sur l'UNEF-Solidarité Etudiante au cours des élections de 1986 et de la lutte contre la loi Devaquet. Il n'en demeure pas moins que les capacités d'encadrement des travailleurs par la social-démocratie ne sont pas à la hauteur de son poids politique dans la société et dans le mouvement ouvrier, comme le montrent les conflits des cheminots, de la RATP, d'EDF-GDF, etc ... C'est dans ce cadre que se déroulent les grandes manoeuvres syndicales. Ainsi une partie de la direction du PS (en particulier le courant Mauroy), la direction de la FEN, une partie de la CFDT (autour d'Heritier) et une fraction de la nébuleuse autonome veulent engager un processus de création d'une nouvelle confédération. Pour la direction de la FEN, cette orientation fait suite à la décision de FO de syndiquer les enseignants, à la proposition de l'UGFF-CGT d'aller dans le même sens et à la décision de Monory de cesser le recrutement des PEGC. Pour les syndicats autonomes, cette nouvelle confédération représenterait la possibilité de sortir de leur isolement relatif. Pour la direction de certains courants du PS cette tentative est le moyen de répercuter sur le plan syndical les changements de rapports de forces électoraux. Pour les courants de la CFDT, cette nouvelle confédération représente la possibilité de jeter la chemise sale de la direction Maire. Pour autant, tous ces courants sont d'accord sur un point : ils veulent créer une nouvelle confédération d'obédience social-démocrate ce qui diviserait le mouvement syndical en deux grandes organisations à direction l'une social-démocrate, l'autre stalinienne. Le projet commun est d'oeuvrer à créer en France une situation comparable à celle qui prévaut en Espagne et au Portugal. Si ce projet aboutissait, il aggraverait considérablement la division syndicale : éclatement de la FEN et division accrue chez les enseignants, maintien d'une CGT puissante dirigée par le PC, refus de divers secteurs de la CFDT, de FO, des autonomes de participer à une telle opération. Cependant ce projet est loin d'être réalisé. Il connaît de grandes difficultés en particulier dans le FEN. Contrainte par les tendances Unité et Action et Ecole Emancipée et par divers secteurs Unité Indépendance et Démocratie, la direction Pommatau a dû lancer un appel à l'action unie le 21 octobre en défense du service public. Le ralliement tardif de la CGT à cette initiative, après le relatif échec du 30 septembre et sous la pression des travailleurs a eu un double effet : succès gréviste et échec de l'opération FEN visant à faire apparaître un axe syndical hors CGT.

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Ce qui s'est passé autour du 21 octobre montre qu'il est possible pour les révolutionnaires et les syndicalistes unitaires de mettre en échec cette tentative d'aggravation de la division syndicale que représente le projet Pommateau et cela malgré la politique de capitulation illustrée notamment par les directions de FO et de la CFDT et malgré la politique de division acharnée de la direction de la CGT. L'intervention syndicale Sur la question syndicale nos tâches sont considérables. En nous appuyant sur l'aspiration des travailleurs à avoir des syndicats qui les défendent et qui se mettent d'accord pour cela, en mobilisant tous ces syndicalistes qui cherchent à sortir de la crise qui mine chaque bureaucratie, nous pouvons faire reculer la division, imposer l'unité syndicale dans l'action et redonner crédit à l'idée de la fusion syndicale. Pour cela, nous devons agir sur le terrain politique et le terrain syndical. L'activité politique à l'entreprise au travers des interventions des militants et des feuilles de boîtes est fondamentale. Elle doit populariser nos mots d'ordre politiques centraux contre la cohabitation, pour chasser Chirac, pour l'unité du PS et du PC pour un mouvement d'ensemble des travailleurs contre le gouvernement. Etre intransigeant sur les revendications, développer toutes les mobilisations, même celles sur les revendications les plus élémentaires, se battre sur l'unité d'action intersyndicale sont les axes les plus immédiats de nos interventions. Après la grève de la SNCF et le puissant révélateur qu'elle a constitué de l'état d'esprit des travailleurs, il nous faut prendre toute la mesure des aspirations à l'unité syndicale et à développer de puissantes formes d'auto-organisation pour l'imposer. En ce sens, nous devons intervenir systématiquement, lors des conflits, pour la création de comités de grève comme moyen de contrôler les directions syndicales et d'empêcher le venin de la division d'agir. A cet égard, nous sommes dans une nouvelle situation dont il convient de prendre toute la mesure. A la SNCF ou à EDF, les comités de grève réellement représentatifs de la masse en lutte ou les intersyndicales contrôlées par les AG souveraines, révèlent l'état d'esprit des travailleurs. Pour gagner, il faut contrôler les décisions dans la grève, il faut que tous les travailleurs dans l'action décident, et que les comités de grève et les AG souveraines soient conçues commes des ' carcans visant à imposer l'unité aux syndicats et à empêcher les manoeuvres de division ; le rapport des travailleurs aux syndicats est utilitaire : s'en servir en les contrôlant. En même temps plus les grèves se développaient, plus l'exigence de l'unité des confédérations CGT, CFDT, FO, FEN croissait ; elle devenait une condition indispensable de la mise en mouvement de toute la fonction publique. Les comités de grève doivent être élus pour être représentatifs des assemblées générales de grévistes ; ils ne sont pas des gadgets, ils ne sont pas l'organe d'une gauche du mouvement ou d'une minorité. Ils sont les organes cristallisant le mouvement de masse dans sa totalité et dans sa diversité. Cette conception s'oppose à l'orientation et à la pratique de Lü qui auto-proclame des comités de grève non représentatifs, voire regroupant des non grévistes. A la SNCF, LO a réduit les possibilités d'émergence d'une véritable coordination inter-catégories. Leurs pratiques manipulatrices doivent être combattues sans hésitations, c'est une condition pour ne pas les laisser discréditer les comités de grève. Ceux-ci ne s'opposent pas aux organisations syndicales, ils ne sont pas des organes amisyndicaux, ni un nouveau syndicat mais des structures permettant de pousser à son plus haut niveau l'unité des travailleurs et de leurs organisations. Plus que jamais l'activité en faveur de l'unité syndicale est fondamentale. Ce qui apparaît dans les luttes et coordinations, c'est une volonté naissante de réappropriation des syndicats. Nous soutenons cette volonté de réappropriation et de démocratisation des syndicats en développant la syndicalisation et l'opposition aux directions appuyées directement sur les exigences de démocratie et de contrôle des mandatés. Nous devons nous en saisir pour intervenir en faveur de l'unité d'action permanente et la fusion syndicale comme moyen de restituer les syndicats à leurs mandants. En ce sens une déclaration de syndicalistes, premier pas vers la mise en place d'un collectif national pour l'unité d'action permanente et pour la fusion syndicale devient non seulement possible mais urgente. Le massacre de la division syndicale a assez duré. C'est à nous de prendre les initiatives nécessaires pour que la voix des travailleurs contre la division se fasse entendre.

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rn. Notre politique uni taire : ce n'est pas un secteur à part, elles 'intègre à notre politique de FUO, tout en nous adressant de manière spécifique aux groupes et aux individus qui rompent avec le PS et le PCF.

a) LCR d'abord! Nous devons définir d'abord notre propre politique indépendante et chercher ensuite à persuader d'autres forces de sa justesse, rester fermes sur les questions politiques essentielles qui doivent permettre une action qui réponde aux besoins objectifs des travailleurs, sinon nous serons ballotés au gré de nos "alliés" du moment, subissant leur politique ... et perdant en crédibilité à leurs yeux!!!!! Nous existons, nous agissons, et dans l'action, sans en retarder le déclenchement,ni en détourner le cours, nous pouvons avoir une attention particulière pour tel ou tel groupe centriste, interne ou externe aux organisations traditionnelles. De même lors d'élections, nous définissons d'abord notre propre orientation et la proposons à tous nos partenaires prêts à passer un accord sur les points essentiels. _ b) Notre politique vis à vis des courants et organisations centristes Même s'ils sont "petits", comme le PAC, la FGA, le PSU, nous nous adressons à ces groupes en distinguant les différentes v~riétés de centrisme : nous ne misons pas sur des groupes en total déclin ou décomposition pour construire un parti révolutionnaire. Nous agissons avec eux dans la mesure où l'accord permet une politique qui s'adresse à la masse des travailleurs. De même vis- à -vis des groupes qui commencent à se différencier dans la crise du PS et du PCF, comme Convergences Socialistes, Données et arguments, Questions Socialistes, le CORIAS dans le PS ou ceux derrière la revue "M" dans le PC qui peuvent avoir plus d'influence dans le travail de masse, être plus en prise avec les phénomènes de différenciation dans la classe que les petits groupes alternatifs. Utiliser le terme de "centrisme" pour les caractériser est utile pour définir notre politique à leur égard. Notre politique d'unité d'action ne peut en aucun cas être décomposée en deux étapes distinctes ; la première qui se donnerait pour but de regrouper les révolutionnaires, la seconde qui, une fois le rapport de forces créé, envisagerait les moyens à mettre en oeuvre pour s'adresser à la masse des travailleurs. C'est dans l'action que peuvent le mieux être testées les convergences et les divergences, que pourront être associés de nombreux militants qui ne se réfèrent pas à une organisation donnée. Cette politique d'unité d'action permettant d'impulser ou de développer des mobilisations de masse ne peut se situer que dans le cadfe de notre politique d'unité ouvrière. Nous ne faisons pas de l'acceptation de notre orientation politique générale un préalable à la conclusion de l'unité d'action. Mais celle-ci n'a de sens que si elle participe dans les faits, sur la base d'objectifs précis, d'une politique de front unique ayant pour cible principale la masse des travailleurs encore influencés par les partis ouvriers majoritaires.

c) S'adresser à Lü et au PCI, relancer la bataille publique pour 1 'unification du mouvement trotskyste, à 1 'échelle internationale d'abord et en France car c'est une tâche incontournable Pour la LCR(SFQI), un problème spécifique se pose : après elle, les deux plus importantes organisations révolutionnaires - LO et le PCI - se réclament toutes deux du trotskysme et prétendent reconstruire la IVème Internationale. La référence générale au trotskysme ne suffit pas. Des désaccords politiques profonds les séparent de la SFQI. Cependant, le seul fait qu'elles affirment leur filiation à l'Opposition de gauche internationale, à la IVème Internationale et à son programme de fondation nécessite pour la SFQI une approche spécifique de ces organisations. Les débats doivent porter, outre sur les problèmes clés de l'heure, sur la conception générale d'application du programme de transition sur la conception et la pratique de construction de l'Internationale, sur le centralisme démocratique. Pour les conduire, la LCR prendra des initiatives propres en direction de chacune de ces deux organisations.

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Avec LO, le débat portera avant tout sur deux points : le front unique dont le refus par LO entraîne lors des élections et lors de toutes les échéances politique le renvoi dos à dos des partis ouvriers et des partis bourgeois mais aussi l'incompréhension du travail dans les syndicats ouvriers, dans les mouvements de masse et empêche cette organisation de peser sur ces courants qui se dégagent de la crise du PCF et du PS ; la construction de la IVème Internationale, après la récente rupture des relations entre LO et la LIT de Moreno, la réaffirmation qu'il n'y a pas d'internationalisme agissant, pratique, possible sans organisation internationale, qu'il n'y a pas de stratégie de révolution permanente sans construction simultanée de partis "nationaux" et d'une Internationale doivent nous permettre de peser sur cette organisation en répondant favorablement à leurs demandes de coopération internationale, en les contraignant à des campagnes communes avec notre internationale. Avec le PCI, nous adoptons la même démarche sur les questions de l'Internationale et nous centrons notre critique sur deux questions qui ont provoqué une crise importante dans cette organisation ces dernières années : les fluctuations politiques du PCI sur la question du FUO qui l'ont vu tour à tour glisser d'une ligne opportuniste vis-à-vis du PS avec le vote Mitterrand au premier tour en 81 à un cours gauchiste de dénonciation du gouvernement "Mitterrand-Chirac" après mars 86 ; la critique de la ligne d'auto-proclamation d'un MPPT, artificielle et manipulatoire : après le "parti des 10 000" attendu pendant des années, le "mouvement" pour un "P.T" plonge ses adhérents dans la même attente qui ne peut mener qu'à l'échec, tant la création d'un nouveau parti des travailleurs ne peut se faire sur une ligne minorisante dans la classe ouvrière et en ignorant tant les vrais courants oppositionnels qui peuvent naître dans le PC et le PS que le reste des forces trotskystes. De plus, la ligne du MPPT a entraîné un effacement et une dilution du PCI et de son identité propre d'organisation trotskyste qui provoque doute et interrogation parmi ses militants éduqués sur la base de la "reconstruction" de la IVème Internationale. Nous ne procédons donc pas aujourd'hui d'une simple nécessité de réunifier un mouvement trotskyste qui sera artificiellement divisé. Pour reconstruire la IVème Internationale, nous nous adressons à elles selon la méthode utilisée pour la réunification de 1963. Nous portons le débat sur son terrain actuel : celui de l'éventualité d'une convergence programmatique et politique réelle que la discussion et l'activité commune doit permettre d'explorer et d'une concordance sur les normes de fonctionnement centralistes démocratiques d'une organisation unifiée que seul un accord sur l'ensemble de ces trois points permettrait d'envisager. Ce sont les mêmes critères qui déterminent notre attitude envers toutes les organisations centristes ou se réclamant du trotskysme. Avec ces organisations, toute forme de fusion ou d'intégration dans l'Internationale ne peut être envisageable qu'à la condition qu'un accord programmatique, politique et organisationnel soit au préalable réalisé dans le débat et vérifié dans la pratique. Ces conditions ne sont actuellement pas réunies. La constitution d'un front d'organisations ou de l'unité d'action entre plusieurs organisations n'est en rien un préalable pour impulser des mobilisations de masse ou de mettre en oeuvre une politique d'unité ouvrière. Au contraire, c'est en s'orientant vers des campagnes de masse que la LCR pourra faire, aux yeux de ces organisations, la preuve de la justesse de sa politique et les entraîner dans l'action commune. IV. La LCR sera présente aux élections présidentielles _ a) Les enjeux des prochaines présidentielles Pour la bourgeoisie et les partis de droite, l'enjeu est clair : effacer le 10 mai 1981, infliger une défaite politique aux travailleurs pour mieux s'attaquer ensuite à leurs acquis, "sortir" Mitterrand ou battre tout candidat de gauche afin de contrôler tous les leviers institutionnels et, avec Chirac ou Barre à l'Elysée pour sept ans, effacer tout espoir de "changement", toute perspective politique pour plusieurs années. Pour les travailleurs, c'est une chance à saisir pour reprendre l'offensive, affirmer le rapport de forces en battant les candidats bourgeois et être en meilleure position pour se défendre et arracher de nouvelles conquêtes, pour imposer aux directions du PS et du PCF une politique contre les plans de la bourgeoisie. On peut battre la droite, c'est possible, c'est indispensable !

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b) La question de l'unité PS-PCF, de l'engagement dès maintenant au désistement pour le candidat de gauche le mieux placé, est la question décisiv

1 A droite, malgré les projets de candidature Chirac, Barre ou Giscard, la conscience de l'enjeu de cette élection pousse à un pacte d'unité et de bon report des voix au second tour. A gauche, la division règne. Le PCF réaffirme, CC après CC, que son désistement ne sera pas automatique et chaque évènement est l'occasion de critiquer plus Mitterrand et le PS que Chirac et la droite. Le PS voudrait bien des voix du PCF et des abstentionnistes mais ne veut pas dire avec qui il veut obtenir plus de 50% des voix. Dès maintenant, PC et PS doivent s'engager clairement à voter pour le candidat qui sera le mieux placé pour battre la droite à l'issue du premier tour. Cet appel ne peut être lancé à la sauvette entre les deux tours comme en 78 ce qui sauva la mise à Giscard ou comme en 81 où les travailleurs durent surmonter l'obstacle afin de mettre fin à 23 ans de règne de la droite. La LCR se prononce inconditionnellement pour le vote au second tour en faveur du candidat louvrier le mieux placé le soir du premier tour. Elle militera également, pendant cette campagne, pour la seule perspective politique qui corresponde à la volonté des travailleurs d'en finir avec le gouvernement Chirac et de ne pas recommencer la même politique que celle menée de 81 à 86 par PS et PCF : pour un gouvernement PS-PCF sans compromis avec la bourgoisie, aussi ferme contre les capitalistes que Chirac l'est contre les travailleurs. c) Organiser dès main tenant une campagne de masse centralisée pour 1' uni té ouvrière Des milliers de militants du PCF s'élèvent contre la politique de division de la direction Marchais. Des milliers de militants du PS s'élèvent contre l'immobilisme de la direction Jospin face à Chirac. Et tous posent la question : unité pour chasser Chirac, oui, et quel gouvernement mettre en place ? Il y a des forces disponibles pour que s'exprime ce courant pour l'unité ouvrière. Comme en 80, l'appel "Union dans les luttes" avait été le moyen d'exprimer l'aspiration à l'unité pour chasser Giscard, aujourd'hui il y a place pour que s'exprime un courant pour l'unité ouvrière, avec cette fois dès le départ des forces représentatives de militants du PS ou du PCF bien plus représentatives qu'en 80. La LCR fera tout pour que naisse un tel appel et que s'organise ce courant pour l'unité ou l'indépendance de la classe ouvrière, autour des axes suivants : - contre le gouvernement Chirac, unité syndicale, unité PS-PCF, pour la mobilisation unitaire dès maintenant - pas une voix ne doit manquer pour battre la droite aux présidentielles, PS et PCF doivent s'engager dès maintenant, pas du bout des lèvres, au désistement au second tour. - Pour que cette fois le "changement" avance, gouvernement PS-PCF qui gouverne contre les capitalistes, aussi fermement que Chirac gouverne contre les travailleurs, mobilisation unitaire pour que cette fois les travailleurs fassent respecter leurs revendications par un gouvernement et une majorité de gauche. Au printemps 87, le PS réunit son congrès et le PCF sa conférence nationale chargée de désigner son candidat. Ce sera l'occasion pour que des milliers de militants du PS, du PCF, de l'extrême gauche, sans partis, syndicalistes ... fassent entendre l'exigence de l'unité ouvrière. En même temps, et sur un autre plan, à l'approche de l'élection les militants de la LCR mèneront campagne dans la CGT, la CFDT, la FEN, FO, les UNEF, pour que les syndicats prennent position pour un vote ouvrier pour battre le candidat des patrons.

d) La LCR présentera une candidature et une plate-forme qui exprime ces exigences lors des présidentielles La LCR doit être présente dans cette élection qui sera un évènement politique majeur. Sa campagne sera l'occasion de faire un pas de plus dans le combat pour l'unité et l'indépendance de la classe ouvrière. Elle présentera un candidat pour dire: "Il y a deux votes utiles lors de cette élection : au second tour il faut le soutien inconditionnel au candidat ouvrier le mieux placé le soir du premier tour. Mais au premier tour, il faut montrer qu'il y a une autre politique que l'attentisme et la division, que la répétition d'une politique qui, de 81 à 86, n'a pas satisfait les travailleurs. Il faut un gouvernemlent PS-PCF dont les travailleurs exigeront par leur mobilisation unitaire l'abrogation des mesures du gouvernement Chirac-Pasqua, qui donne satisfaction aux revendications de l'heure (Sécu, école, emploi des jeunes, Code de la nationalité et égalité des droits, indépendance de

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la Kanaky, etc ... ). En axant la campagne sur les questions urgentes ressenties par les travailleurs et la jeunesse, la LCR avancera en positif les axes de campagnes de masse qui permettront de mobiliser er d'entraîner la masse des travailleurs qui votent pour le PS ou le PCF. Dès maintenant, nous mettons tout en oeuvre: - pour réunir le plus vite possible les pré-signatures qui nous permettront d'être candidat, - pour annoncer dès maintenant notre candidature publiquement et proposer nos axes de campagne, - pour préparer un plan de campagne qui permette à la LCR de se construire, avant tout dans les entreprises, à l'occasion de cette campagne et de se lier aux électeurs et aux militants du PS et du PCF, -pour définir notre politique à nous LCR, d'abord et ensuite proposer les axes essentiels à toutes les forces qui souhaitent mener campagne en commun.

e) Il n'est pas fatal d'assister à une multiplication de candidatures. Nous menons campagne pour arriver à une candidature unitaire sur les axes politiques essentiels de l'heure Aucune exclusive : nous nous adressons sérieusement à toutes les forces disponibles : LO, MPPT, petites organisations centristes, courants d'opposition dans le PS ou le PCF. Mais nous prenons l'initiative dès maintenant sur la base de notre politique, nous n'attendons pas que les autres forces soient candidates et affirment leur propre orientation pour leur proposer l'unité ensuite. Mais nous ne devons pas nous écarter, sous prétexte d'éviter la multiplication des candidatures, de la bataille prioritaire pour un candidat qui soit l'expression d'une candidature d'unité et d'indépendance de la classe ouvrière. Un accord politique se prononçant clairement pour un vote inconditionnel au second tour pour le candidat PS ou PC le mieux placé pour battre la droite et rejetant le renvoi dos à dos de" gauche et droite" est une condition pour que la LCR puisse envisager une candidature commune. V. Préparer la construction d'un parti des travailleurs indépendant Incontestablement, il y a un décalage entre les aspirations des travailleurs qui ne sont pas satisfaites par les directions du PS et du PCF ce qui entraîne une "défiance", une "distanciation" vis-à-vis des appareils et fait que même après cinq ans de front populaire, les travailleurs votent encore par millions pour ces partis, faute de mieux, parce qu'ils sont les seuls instruments disponibles. Notre objectif est de nous lier aux aspirations de la masse et faire éclater la contradiction avec la politique du PCF et du PS, de faire naître la représentation politique de l'indépendance de classe que recherchent confusément les travailleurs et la jeunesse. Tous nos efforts doivent tendre vers ce but, vers un nouveau parti qui ne sera pas le résultat de la simple progression linéaire de la LCR mais la fusion de ruptures diverses à condition que notre politique LCR soit capable de peser sur les travailleurs socialistes, communistes lors des moments décisifs. Pourtant, il y a un moyen de résoudre de manière dynamique cette contradiction en nous liant aux mouvements réels de la classe ouvrière, au mouvement ouvrier tel qu'il est, en tirant le bilan de deux expériences fondamentales de construction de la SFQI depuis 35 ans : -celle d'un entrisme, à la limite de l'enfouissement dans le PCF des années 50 à la fin des années 60 - celle de la construction d'une organisation indépendante, à la limite de l'extériorité par rapport aux organisations traditionnelles et au mouvement ouvrier organisé, en gros de 68 à aujourd'hui. De cette évolution, il faut maintenant tirer une leçon positive : la nécessité d'articuler la construction d'une organisation indépendante avec une intervention solide et permanente en direction des organisations traditionnelles. Deux phénomènes historiques décisifs qui se produisent sous nos yeux confirment l'importance d'une attention pratique soutenue à l'égard des organisations traditionnelles : - le renversement qui fait du PS le parti qui a une influence majoritaire dans la classe ouvrière française, - la crise formidable du parti stalinien,

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Ils constituent bel et bien la recomposition en cours à l'intérieur du mouvement ouvrier. Il faut comprendre que lorsque les masses renforcent ces organisations traditionnelles (l'une ou l'autre, parfois les deux) c'est un signe d'une progression à gauche (et non pas un signe que les masses approuvent les directions). D'ailleurs, ce mouvement vers les partis traditionnels porte la crise en leur sein. Et du même coup, la possibilité de construire un parti révolutionnaire croît. Ce parti révolutionnaire ne se construira cependant qu'à la condition d'arracher la majorité de la classe, à la condition de détruire ces organisations traditionnelles, de les scissionner, de les minoriser, de les remplacer en pratique et dans l'action (si ce n'est pas le cas, ce sont ces organisations traditionnelles qui reprennent le dessus - quelque soit le "degré" de trahison- comme ce fut le cas à la Libération en France, au Portugal après 7576 ou en France à nouveau après 1981-86 : le PS progresse et ne recule pas le 16 mars). Tant que ces organisations traditionnelles ne sont pas remplacées, les révolutionnaires doivent avoir une politique systématique de front unique (il ne sert à rien de regrouper les seuls convaincus "anti-réformistes", il faut convaincre les millions de travailleurs qui voient dans les partis réformistes, les seuls instruments pour s'opposer aux attaques de la droite, du patronat). Doit-on redire que le rapport entre les masses et ses organisations traditionnelles n'est pas un rapport de confiance ou de suivisme ? C'est un rapport "réaliste", "pratique" :les travailleurs se servent de ces organisations de façon utilitariste et ils ne changeront que si les révolutionnaires parviennent à leur démontrer, en une circonstance exceptionnelle, qu'ils sont plus "utiles", plus efficaces. Ainsi seulement, la perspective d'un parti indépendant sera palpable, concret, immédiat; il se prépare dès maintenant dans l'action, pour susciter le mouvement qui permettra d'ébranler l'hégémonie social-démocrate et stalinienne. Cela doit définir pour la LCR une politique de construction précise pour les années 80. Nous sommes dans la France de 86. Ce n'est pas la France de 1934, ce n'est pas la Grande Bretagne ou le Brésil d'aujourd'hui. Dans la France de 34, pour exister et se construire, il fallait être à l'intérieur du parti socialiste et cela devait occuper la totalité de nos forces. En Grande Bretagne, le poids du parti travailliste, son hégémonie quasi absolue sur le mouvement ouvrier, ses rapports avec le mouvement syndical, tout cela implique que le gros de nos forces soit consacré à un travail entriste. Au Brésil, en l'absence de grands partis ouvriers, alors que la classe ouvrière en est encore à chercher les voies et les moyens d'une représentation politique qui lui soit propre, c'est la bataille pour et l'intervention dans le "Parti des Travailleurs" qui concentrent notre politique de FUO.Si l'expression "tactique de construction" a un sens, c'est bien de montrer qu'à chaque époque, à chaque configuration politique concrète, doit correspondre une forme d'existence et d'activité adaptée pour tous les trotskystes.

En France aujourd'hui, nous avons une situation particulière qui bouscule les analogies rapides et qui commande une politique de construction précise. En effet, nous avons tout à la fois et sans prétendre à l'exhaustivité : - deux gros partis ouvriers, le PS et le PC, qui occupent le terrain dans le mouvement ouvrier et constituent une référence première, incontournable, pour tout militant ouvrier, - une classe ouvrière qui a vécu plusieurs expériences politiques dans la durée d'une génération (Mai 68, le Programme Commun, la division de 77 à 81, le 10 mai et la suite ... ) au travers desquelles s'est formée une relation complexe à l'égard des appareils où se mêlent certes adhésion, attachement vis-à-vis des vieilles organisations, mais aussi défiance, esprit critique, impertinence à l'égard de ses propres directions, - une extrême gauche qui sort affaiblie de 5 ans de front populaire, perdue de ses erreurs d'orientation et de ses divisions, mais qui influence encore des dizaines de milliers de travailleurs et qui est structurée par trois organisations qui se réclament du trotskysme. Il nous faut maintenir le cap de la construction de la LCR comme organisation indépendante avec une méthode permanente d'intervention : le front unique ouvrier. C'est à celà qu'il faut s'adosser pour écarter fermement les "voies sans issue" qui peuvent se présenter: ' - tout changement de cap qui conduirait à faire de l'entrisme la priorité de nos tâches et de la construction d'un pôle indépendant un simple appendice subsidiaire, constituerait la mise en oeuvre d'une tactique de construction unilatérale, par rapport à l'un des éléments clés de la situation politique française : la crise des organisations traditionnelles, cette espèce d'apocalypse au ralenti qui continue de frapper syndicats et partis ouvriers et l'existence de dizaines de

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milliers de jeunes et de travailleurs disponibles pour participer à la construction d'un parti ouvrier indépendant, mais tout à fait réfractaires à la perspective d'aller se frotter aux arcanes des débats du parti socialiste, sans parler de la démocratie radieuse du PCF, -toute ligne gauchiste, sectaire, négligeant une politique centrale de front unique nous "décale" par rapport à un autre fait massif qui se combine au précédent: l'attachement de millions de travailleurs, faute de mieux, parce qu'ils y sont acculés par la droite et le patronat, aux organisations traditionnelles. De même que tout travail "entriste profond" dans le PS conçu comme médiation vers un parti ouvrier "organique" est entièrement erroné, nous ne sommes pas en 1847 où il s'agissait de la constitution du prolétariat en classes, tous les courants se situant sur le terrain de l'indépendance de classe ne sont pas focalisés au sein du PS mais trouvent leur expression aussi dans la crise du PCF, dans le mouvement syndical non lié directement auPS et offrent un vaste terrain d'intervention à une organisation indépendante si elle sait combiner ce champ d'action avec la maturation des contradictions au sein du PS et du PCF. Les courants issus des organisations trotskystes qui pratiquent l'entrisme profond dans le PS tirent argument de la stagnation et de l'échec des organisations indépendantes trotskystes parce qu'ils ne sont pas capables d'envisager ce que pourrait être la politique des trotskystes sur une ligne de FUO adressée à la masse des travailleurs. Ce faisant, ils abandonnent le plus souvent eux aussi une ligne de FUO, d'unité PS-PC, dans leur propre intervention dans le PS et rejettent la construction du parti révolutionnaire et de la IV ème Internationale comme objectif possible et immédiat comme une tâche actuelle. De même, il serait totalement erroné de chercher une nouvelle "médiation", un nouveau "raccourci" par un travail vis-à-vis d'oppositionnels du PCF (ou du PS) qui chercherait à instrumentaliser tel ou tel courant non pour une politique de FUO mais pour une nouvelle alternative, une nouvelle forme de regroupement "partidaire" à terme. Cela ne peut qu'affaiblir l'impact de ces opposants vis-à-vis de la masse des militants de leur parti, les enfermer à leur tour avec nous dans la marginalisation ; l'unité ouvrière et la démocratie sont les deux principaux axes pertinents pour peser dans la crise du PC et du PS. Nous devons chercher à créer des fractures décisives dans la masse du PS et du PCF, tout en cherchant à gagner à l'intégralité de notre programme et organisation les meilleurs de ces oppositionnels (quitte ensuite à les laisser ou pas dans leur parti ... ). Chercher à tout prix à nous fondre dans un courant centriste naissant dans le PCF (ou le PS) ne serait qu'un obstacle supplémentaire à la construction d'un parti ouvrier indépendant avec une ligne de masse. Vis-à-vis des oppositionnels du PCF, dits parfois "rénovateurs", liés à la revue "M" : il y a là une grande occasion de gagner des centaines sinon des milliers de militants de grande valeur et de faire faire un saut qualitatif à la LCR. Mais pour cela, il faut agir avec la méthode développée ci-dessus ; ne pas nous "adapter", ne pas les "flatter", ne pas taire notre identité, ne pas instaurer une sorte de "zone neutre", aseptisée par rapport aux luttes de classes entre eux et nous, ne pas croire que c'est une simple question de débat et de" contact" qui va créer le rapprochement voire la fusion. Il faut agir et discuter théorie en même temps. Il faut être efficaces ensemble et dire franchement divergences et convergences en même temps. Une pratique rigoureuse sera meilleure que des raccourcis hâtifs. De même à l'égard d'opposants du PS : d'autant que nombre d'entre eux ont été trotskystes. Nous pouvons les influencer mais pour les regagner il faut prouver à la fois notre intransigeance, notre ouverture, il faut montrer dans le cadre d'une pratique de masse, de front unique que même l'appareil d'une petite organisation indépendante est profondément utile, sans parler de l'élaboration théorique et politique de qualité pour lesquels nous sommes indispensables. Ni nous adapter ni les "flatter", faire de la politique et nous pouvons gagner ou regagner à la IVème Internationale plusieurs centaines voire des milliers de militants socalistes. Pour cela, il faut que la LCR, organisation indépendante, se dote de la méthode contenue dans les présentes thèses.

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