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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Texte et amendements : dans les luttes comme dans les élections, quel profil pour la LCR ?

· Critique communiste, n° 61, mars 1987 · p. 81-86 · 3 306 mots

présentés par 3 camarades du comité central DANS LES LUTTES COMME DANS LES ELECTIONS, QUELPROmLPOURLALCR? La situation politique est caractérisée par les deux traits suivants : - le combat de la jeunesse et de la classe ouvrière contre les plans de la bourgeoisie, - et la question de l'issue politique de ces batailles.

Cette question du débouché politique, aujourd'hui posée dans les luttes, le sera demain dans les élections. 1. Le mouvement de la jeunesse, les grèves à la SNCF, à la RATP, à l'EDF, montrent la volonté de la jeunesse et de la classe ouvrière de ne pas accepter les plans anti-ouvriers de la bourgeoisie. Cette situation conduira à des affrontements dont le début de l'hiver 86 ne représente que la première vague. 2. Le terrain électoral n'est pas le terrain le plus favorable pour la classe ouvrière, néanmoins les élections de 88 vont poser le problème du pouvoir et la question de qui gouverne dans ce pays. Elles représentent un problème incontournable auquel il faut apporter une réponse de classe claire. La situation est marquée par un rapport de forces issu des luttes et qui pèsera dans les élections en faveur de la classe ouvrière. L'UDF et le RPR n'ont pu revenir au pouvoir que grâce à la politique de trahison du PCF et du PS qui ont, à travers les gouvernements d'union et de division de la gauche, appliqué les mesures qu'aujourd'hui la bourgeoisie voudrait imposer à une grande échelle. De la même façon, dans les mouvements sociaux, dans le secteur nationalisé,

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la fermeté de Chirac, notamment sur la question salariale, n'a été possible que grâce à la trahison ouverte de FO et de la CFDT, alors que la CGT épousait la combativité pour mieux diviser les travailleurs. C'est donc bien le poids des appareils qui s'est révélé déterminant pour freiner, puis casser les luttes, et non pas une intériorisation de la crise. S'insérer dans le processus de combat de la classe ouvrière avec les mots d'ordre appropriés, et construire dans ce mouvement notre organisation, nécessite une compréhension claire des données de la situation, des obstacles à lever.

Aujourd'hui la reprise, probable, de l'inflation et le développement des luttes depuis trois mois se heurtent frontalement à cette fermeté.

Nous intervenons activement dans les combats de la classe ouvrière, nous avons un programme qui répond aux questions fondamentales de la lutte de classe. Mais nous sommes incapables dans notre activité de lier ces deux éléments.

Notre poids dans les luttes est sans aucun mesure avec notre influ~nce politique réelle, telle qu'elle se matérialise par exemple dans les élections. Ce n'est pas par des élections que se réaliseront l'émancipation des travailleurs, néanmoins notre tâche actuelle est de surmonter la distorsion entre le rôle que nous jouons dans les luttes et la crédibilité que nous avons pour résoudre avec les travailleurs la question du pouvoir.

C'est en liant la question des revendications et celle du pouvoir par notre activité pratique, que nous avancerons dans la construction du parti révolutionnaire.

C'est seulement à ce prix que nous capterons les possibilités que nous avons de nous développer dans les mois qui viennent.

A. Il n'y a pas eu de tournant dans le milieu des années 1970. C'était déjà visible à l'échelle européenne, la grève générale belge, la grève des fonctionnaires au Danemark, en Islande, celles des mineurs anglais et le mouvement des conseils en Italie l'avaient montré. Aujourd'hui c'est au tour de la France et de l'Etat espagnol. Mais si la classe ouvrière subit les contre coups de la crise, elle n'est pas défaite. Certes la crise économique aggrave la situation matérielle de la classe ouvrière, en même temps qu'elle rejette des milliers de salariés hors du processus de la production aggravant le chômage. Personne ne nie les effets de la crise, mais la bourgeoisie si elle veut la régler selon ses besoins, devra aller plus loin dans un contexte où la classe ouvrière a gardé ses potentialités de combat intactes. Pour y arriver, elle ne peut compter que sur le secours des appareils. Déjà les bureaucraties ouvrières n'ont pas marchandé leur appui aux capitalistes. Leurs directions politiques ont largement entamé leur crédit.

Dans les élections, des millions de travailleurs, en s'abstenant, ont montré en négatif leur désaccord avec l'austérité de l'Union de la gauche. La direction du PCF est ouvertement contestée et remise en cause par ses militants mais ~ussi indirectement par des centaines de milliers de syndiqués et des millions d'électeurs de gauche. Elle paye ainsi sa politique de division et son adhésion à la politique d'austérité.

Pour le PS, les élections de mars 86 ont démontré que, face à la droite, des millions d'électeurs n'avaient que ce moyen pour s'opposer à elle, mais cela ne signifie pas que l'acceptation d'une austérité à la sauce social-démocrate a gagné la classe ouvrière. Bien au contraire, la CFDT et FO, organisations liées à la social-démocratie, ont commencé à payer et risquent de payer cher dans la prochaine période leurs trahisons ouvertes, et la remontée en voix de la CGT contredit dans une certaine mesure les résultats des élections politiques.

B. Quelle est la signification des 1nouve1nents de la jeunesse

Get des mouvements grévistes . Comme en 1968, comme dans d'autres pays, le mouvement de la jeunesse a été un détonateur. Pour des raisons sur lesquelles il faut revenir la jeunesse était moins marquée par les échecs politiques et celui de l'Union de la gauche. Les bureaucraties n'y ont pas le même poids. La jeunesse qui est l'avenir de la société, est très sensible à l'avenir que lui prépare la bourgeoisie. Ce mouvement se fait dans un contexte international. En Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Italie, que ce soit sur la question de la guerre ou sur les réformes universitaires, comme en Algérie contre la

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dictature petite-bourgeoise du FLN, comme en Chine, la jeunesse sous des formes variées rejette l'avenir que la société capitaliste ou les bureaucraties ouvrières proposent. Les éléments à mettre en valeur dans le mouvement de la jeunesse en France sont à la fois le caractère massif et le fait qu'elle a été capable, lorsqu'elle avait une organisation syndicale, d'utiliser cet instrument, et de se doter d'organismes d'unité et de centralisation de la lutte (comités de grève et de coordination). Ce faisant, elle a gagné une victoire, demain elle la transférera sur d'autres secteurs de lutte (le combat anti-raciste ... ), en même temps que ce combat a servi d'exemple à la classe ouvrière du fait qu'elle a montré que contre le gouvernement Chirac il était possible de gagner.

Il y avait 10 à 15 fois plus de jeunes dans la rue qu'en 68. La direction du mouvement était alors l'UNEF, en 86 c'était l'UNEF-ID et, par la coordination nationale, la jeunesse en lutte se dotait de sa propre organisation de lutte. Cette leçon sur l'auto-organisation a été reprise par le mouvement ouvrier: coordination des cheminots et des instituteurs. La grève EDF prenait la même voie, c'est pour cela que les appareils ont cessé très vite d'épouser le mouvement, pour le canaliser puis le trahir dès que l'occasion s'est présentée.

La réalisation de l'unité était supérieure au début du conflit à celui des cheminots du fait que la lutte se scellait sur les salaires et l'exclusion du GVT de la masse salariale. C'est pour cela qu'après trois jours de grève CFDT et FO ont brisé la lutte consciemment tout en sachant que le prix à payer dans cette branche serait pour eux très lourd. La direction CGT parachevait le travail en appelant, dès que la trahison était consommée, à la reprise du travail pure et simple. Les revendications mises en avant dans la grève EDF touchaient à l'une des questions clés du programme social de Chirac, le blocage des salaires comme ill' a exprimé à travers sa lettre de mai 86 et ses recommandations de novembre 86. La caractéristique des luttes de la fin de l'année 86 et du début 87, quel que soit le caractère défensif, alimentaire, des revendications, est la confrontation majeure avec le pouvoir politique, c'est-à-dire en dernier ressort une remise en cause de la domination de la bourgeoisie. C'est pour cette raison que les appareils socio-démocrates sont montés en première ligne, aidés dans leurs manoeuvres par la politique de division du PCF et de la direction de la CGT. La division nourrit la trahison et inversement. Ce n'est donc pas une absence ou une insuffisance de combativité qui est en cause, mais bien la politique des appareils. La question de l'unité sur les revendications contre le gouvernement, du FUO, est la question centrale.

Ce sont ces mêmes problèmes qui vont se retrouver par le jeu des institutions de la ve République dans la question des présidentielles.

La division ouvrière signifierait la victoire de la bourgeoisie et de son candidat Barre ou Chirac, c'est pour cela que nous devons être inconditionnellement pour le désistement au deuxième tour. Les travailleurs sont persuadés, sur la base de 81 à 86, que la défaite de la droite ne suffira pas en elle-même à empêcher l'application des plans de la bourgeoisie. A partir de 1981, les gouvernements Mauroy et Fabius ont repris à leur compte l'application des plans contre lesquels la classe ouvrière s'était mobilisée, y compris à travers les élections de 81. Chasser Chirac, battre le candidat de la droite et en même temps empêcher que la victoire d'un candidat du PS ne conduise à un retour à l'austérité du style de gouvernement de la gauche uni ou divisée, tel est le dilernne politique que poseront les élections présidentielles aux travailleurs de ce pays.

C. Quelle politique pour la LCR ? La question centrale est celle de la lutte pour le front unique. En effet, la classe ouvrière qui ne vit pas dans le inonde de l'idéologie, ne se pose pas le problème de créer - où ? comment ? avec quelles forces ? - une alternative anticapitaliste crédible. Elle ne pose pas comme condition préalable à la lutte la nécessité d'une idéologie anticapitaliste. La classe ouvrière est amenée à combattre le capitalisme à travers ses revendications En même temps, les revendications expriment le fait que la classe ouvrière oppose ses besoins, ses acquis, aux nécessités de la survie du régime du profit. La jeunesse et la classe ouvrière veulent voir aboutir leurs revendications; c'est ainsi qu'ils en sont entraînés à combattre et à remettre en cause le capitalisme.

Nous devons réfléchir à la distorsion entre nos résultats électoraux de mars 86 et le rôle joué non seulement par nos militants mais aussi par notre organisation en tant que telle dans les luttes de la jeunesse et les dernières luttes ouvrières. Non

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seulement nos militants sont reconnus mais aussi notre organisation. La bourgeoisie ne s'y trompe pas. Nous avons, certes, commis des erreurs, mais nous avons été les seuls à nous engager résolument dans le combat du point de vue des intérêts de la jeunesse et de la classe ouvrière C'est à dire de la totalité du mouvement. Et ce non pas dans un but de récupération comme l'ont fait des courants du PS dans le mouvement jeune, ni du point de vue de couches de travailleurs avancés et radicalisés dont les intérêts seraient différents de l'ensemble de la classe ouvrière, comme l'a fait L.O. (dans le mouvement gréviste mais aussi dans la jeunesse). Pour surmonter cette distorsion, tout du moins en partie, il nous faut corriger nos faiblesses dans notre intervention. Une organisation d'avant-garde doit avancer des mots d'ordre politiques qui peuvent prendre parfois la forme de batailles syndicales. Sur la question de l'unité nous pouvions engager les hostilités beaucoup plus tôt et ceci dès le mois de mai 1986, à travers un appel de syndicalistes contre la flexibilité et la suppression de l'autorisation administrative de licenciement.

Le 17.06.86 (grève fonction-publique-RATP), nous aurions dû dans sa préparation faire monter l'exigence de la réalisation de l'unité en lieu et place d'un appel convergent sans lendemain. Dans le 17.06 se trouvait contenue l'idée d'une grande grève du secteur public avec manifestation à l'automne (pacte d'unité d'action de Pommatau). Là-dessus, il fallait mener une bataille politique, même si les choses n'étaient pas mûres, il fallait expliquer que la lutte pour la satisfaction des revendications salariales passait par une grève générale contre Chirac et son gouvernement.

Si nous ne pouvons nous en remettre aux appareils pour réaliser l'unité, nous devons interpeller les organisations politiques et syndicales.Comme nous devons organiser l'activité autonome de masses. L'auto-organisation c'est la bataille pour que les travailleurs contrôlent totalement le mouvement. C'est-à-dire de bas en haut. La grève EDF n'a pas été trahie sur les lieux de travail, mais à Paris. A partir de là, nous devons expliquer que ce qu'il fallait c'était un comité de grève national intégrant les organisations politiques et syndicales, et dirigeant effectivement le mouvement. Nous devons comprendre la liaison dialectique entre l'auto-organisation et l'aspiration à l'unité syndicale des appareils. Les deux sont indissociables.

Un comité de grève national qui intègre les syndicats pourrait encore être dominé par les appareils, mais ceux-ci ne se retrouveraient pas dans le même cadre si celui-ci n'existait pas. Ce sont des organismes dans lesquels se joue la direction effective de la classe ouvrière. Elle se joue en d'autres termes qu'au sein des organisations syndicales. Sans renoncer à la bataille pour obtenir la conquête des directions syndicales, nous nous appuyons sur l'auto-organisation pour qu'à tous les niveaux les organismes de direction des syndicats soient renouvelés .. Il en est de même pour la bataille pour l'unité et la fusion syndicale.

En commençant par l'explication politique sur ces questions nous aurions été en avance sur l'événement et nous aurions pu, le moment venu, passer de la propagande de l'organisation à sa réalisation effective sur une échelle de masse.Cela devait être notre stratégie des luttes.

Au lieu de cela, faute d'une analyse claire sur les possibilités, nous nous sommes posés ces problèmes en retard et la polémique avec LO sur la forme et le contenu des comités de grève était menée dans un état d'impréparation de nos militants et sympathisants. Ce retard est d'autant plus regrettable que les travailleurs après les jeunes avaient fait un certain nombre de pas dans cette voie.

Aujourd'hui, la question de la grève générale est posée objectivement, non pas parce que tous les secteurs sont mûrs, mais bien parce que l'exigence centrale de la satisfaction des revendications se heurte non seulement à la politique de la droite, mais aussi à l'existence du gouvernement Chirac. Aussi nous devons unifier notre intervention politique d'organisation autour de cet axe. Nous avons écrit pendant la grève des cheminots dans nos tracts "Chirac doit céder"; il fallait écrire, à un certain moment, "qu'il s'en aille !" , chassons-le pour obtenir satisfaction sur nos revendications. Au C.C. de décembre certains proposaient "Dehors Pasqua" au lieu de

"Dehors Chirac", un mois après nous pouvons nous rendre compte que le "Dehors

Pasqua" est, et a été, inopérant.

La grève générale est un mot d'ordre politique, il faut l'avancer en tant qu'organisation en comprenant que ce mot d'ordre pose la question du gouvernement.

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D. Sur la question du front unique

C'est cette démarche qui indique les tâches pour la réalisation du FUO. Le front unique part de l'unité ouvrière pour la défense intransigeante des revendications. Unité ouvrière, c'est à la fois l'unité des organisations de bas en haut ou de haut en bas et, en même temps, un mouvement pour l'auto-organisation visant à diriger le combat de la classe ouvrière en intégrant en son sein les organisations pour mieux les verrouiller.

Nous posons toujours la question du gouvernement même si tactiquement les formes sont variées. Aujourd'hui, tant que les mouvements de grève n'ont pas pris une forme suffisante pour entraîner la chute du gouvernement, nous ne pouvons avancer une formule gouvernementale précise. Nous devons simplement dire que Chirac doit être chassé, que PS et PC doivent prerldre leurs responsabilités et se porter candidats au pouvoir. A ceux qui veulent engager la lutte dans cette voie, nous proposons non seulement notre démarche syndicale, mais aussi notre vision politique de ce comba.t. C'est pourquoi il est aussi essentiel de donner publiquement nos réponses d'organisation. Nous disons le gouvernement qu'il faut, en tant que LCR. Le contenu que nous donnons au débouché politique, à savoir le gouvernement qu'il faudrait imposer après avoir chassé Chirac :

Un gouvernement qui:

- satisferait les revendications essentielles des travailleurs, femmes, jeunes, immigrés, en s'en prenant au pouvoir économique, politique et social de la classe capitaliste,

- liquiderait les institutions de lave République,

- romprait tout lien politique avec la bourgeoisie, ses hommes, ses partis, ses institutions,

- s'appuierait sur la mobilisation et l'auto-organisation des travailleurs.

Demain, dès que les masses posent ouvertement et consciemment la question du gouvernement, nous maintenons à la fois l'exigence d'un gouvernement PS-PC, non pas parce que nous pensons que le gouvernement PS-PC est plus favorable aux luttes, meilleur ou moins mauvais qu'un gouvernement de droite, mais uniquement parce que la majorité de la classe ouvrière leur fait encore confiance, les reconnaît comme leur direction, dans le même temps nous n'abandonnons en aucune façon la question des revendications et de la nécessaire mobilisation pour les faire aboutir.

E. Comment combattre la division et la cohabitation. Les directions du PS et du PC appliquent la cohabitation, chacun à sa manière. Les dirigeants du PCF en disant, " Mitterrand-Chirac, même combat " . Le PS disant que le gouvernement doit rester en place, ce qui revient à laisser les plans de la bourgeoisie s'appliquer.

Le PS va plus loin, les discussions avec le CDS visent demain à gouverner avec la droite. Cela revient à renoncer par avance à une majorité ouvrière. Notre ligne doit être d'opposer la nécessité d'une majorité ouvrière à cette politique. Nous luttons contre la division politique et syndicale. Demain nous pouvons être amenés à proposer à tous les niveaux un gouvernement PC-PS, non pas parce que ce gouvenement satisferait cette fois-ci les revendications ouvrières, mais parce que la majorité des travailleurs fait confiance encore aux organisations traditionnelles.

Nous combattons sans relâche les positions des appareils, ce qui contribue à ouvrir les yeux des masses sur la politique que les appareils mènent.

F. La question des présidentielles. Notre place dans la lutte de classe fait que nous préparons immédiatement notre organisation à remplir les conditions nécessaires afin de présenter une candidature LCR aux présidentielles. Le candidat LCR ne sera ni le candidat de l'unité ouvrière, ni le candidat de l'alternative anticapitaliste, il développera l'ensemble de nos positions révolutionnaires, l'ensemble de notre ligne politique, et notre démarche de front unique. En même temps, parce que nous savons que notre candidat ne sera pas élu, que le scrutin présidentiel est à deux tours, nous combattons pour que le candidat de la

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bourgeoisie (Chirac ou Barre) soit battu et pour qu'il y ait une majorité ouvrière qui devra se traduire par un gouvernement PS-PC. Cette bataille induit une agitation pour le désistement inconditionnel pour le candidat de gauche le mieux placé le soir du premier tour, en montrant que s'il n'y a pas désistement, ce sera le candidat de la droite qui sera élu.

En même ;temps, nous sommes conscients qu'il serait très grave qu'il y ait deux ou trois candidats se réclamant du trotskysme. C'est pour cela que nous devons mener une campagne envers ces organisations, notamment vis-à-vis de LO. Cette campagne pour une candidature suppose un accord politique sur la question du désistement et la défense des revendications de la classe ouvrière.

Tel est, pour notre part, le profil que doit avoir la LCR dans les luttes comme dans les élections. La bataille pour la satisfaction des revendications ouvrières suppose une ligne politique claire à la fois sur l'unité ouvrière et le débouché politique au FUO, seule façon d'avancer dans la voie de la destruction de l'Etat bourgeois et du socialisme.

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