AUT -IL pleurer, faut-il en rire, de ce moment de grandiose politique ? Plus les travailleurs subissent la crise capitaliste et s'y débattent, et plus nos politiciens prennent de la hauteur, sans doute pour ne pas être incommodés par les effluves. Les courbes du chômage, de la grande et petite pauvreté n'en finissent pas de commencer à ralentir leur hausse. Le grignotage du niveau de vie de la population s'accentue chaque année. La remise en cause des acquis sociaux bat son plein dans tous les domaines : santé, éducation, libertés publiques et syndicales. L'odeur nauséabonde de l'extrême droite remonte des égouts et commence à tourner la tête des plus démunis, des plus désespérés.
Comme le capitalisme français et international a compris les leçons du passé, il nous sert sa purge à petites doses, par peur que les travailleurs n'en fassent une indigestion trop brutale. En fait, c'est bien tout ce qui reste comme sujet de discussion aux politiciens bourgeois : à quel rythme administrer la potion pour que le patient n'en vienne pas à penser que la guérison ira plus vite sans le médecin.
Le problème de nos politiciens est bien que ce débat thérapeutique manque de charme pour les électeurs. Auront-ils droit à la médecine douce et progressive prônée par le CDS, les radicaux valoisiens, ou d'autres esprits éclairés du RPR comme Séguin, Barzach ou Malhuret, et auxquels le PS servirait volontiers d'infirmière ? Ou au contraire aux clystères de Pasqua et de Le Pen? Voilà une alternative qui manque d'attrait, assurément, d'autant qu'au bout du compte, le résultat escompté est le même : les travailleurs devront faire les frais de la crise capitaliste.
JACQUES BARRE
ET RAYMOND CHIRAC Ne cherchez plus, vous avez la clef de cette campagne présidentielle enthousiasmante: puisque l'essentiel n'est pas vendable, n'en disons rien. Bonjour les slogans creux, les formules vides : en quelques années le discours politique a atteint les hauteurs du vide sidéral.
Ils sont l'un et l'autre candidat : c'est donc qu'ils ont chacun un programme différent, penseront les esprits naïfs qui s'imaginent vivre en démocratie. Eh bien non, pas du tout, il n' y a pas de divergence, ils s'estiment, ils se respectent, et d'ailleurs ils ne polémiqueront pas entre eux: leur seul ennemi, c'est le PS et le système " socialiste ,. dont il serait le porteur. (Comme on aimerait les croire!). Pourquoi y a t-il deux candidats? C'est une affaire de personnalité, de tempérament, d'humeur, de feeling. C'est un choix démocratique, ou on ne s'y connaît pas ! Selon que vous préférerez les notables de province, leur prudence rassurante, mais qui aiment de temps en temps les bons mots et les pince-fesses, ou au contraire le genre cadre fonceur mais qui au fond garde un cœur d'or dans un gant d'acier, vous voterez pour l'un des deux. De programme d'ailleurs, ils n'en ont pas et en sont fiers. Sauf quand Chirac, le naturel revenant au galop, promet les jeux Olympiques ou de financer le retour des mères au foyer, ils ne font aucune promesse, pas une seule. Donc on ne pourra pas leur reprocher d'en avoir faites. Ne rien avoir à dire est devenu une vertu indispensable pour être président de la République.
Le résultat sur les panneaux : Barre y affiche sa ronde vacuité : " confiance .... ,. . Avant la campagne, il se taisait. Maintenant qu'il parle, on a beau tendre l'oreille, on n'en entend pas davantage. Chirac, lui, a pris des cours pour sourire sur les photos : " il écoute, il rassemble, il construit ... "· Comme on n'arrive pas en croire nos yeux, les affiches nous le confirment: mais oui, c'est Chirac!
Deux candidats ..... qui pourraient s'unir demain dans un même parti, comme nous le suggère le sémillant Balladur, et qui en sont donc réduits à se différencier sur des traits psychologiques au rabais. Ce qui n'exclut pas, du moment même que le fond du débat est occulté, les coups bas et les polémiques assassines, alimentées par les appétits des basses-cours. Décidément, il n'y a pas que le libéralisme reaganien que le droite nous a importé des Etats-Unis, mais aussi ce degré zéro de la politique, transformée en marketing publi-
Dans Je rôle de père de la patrie et de ses enfants.
citaire, dans lequel la publicité elle-même n'a plus aucun rapport avec le produit qu'elle vante. Un spectacle aussi affligeant a ceci de rassurant qu'il en dit long sur un personnel politique bourgeois qui n'a plus d'avenir à proposer et qui doute lui-même de tout.
Mais personne ne s'y trompe : l'enjeu est colossal. Car s'ils n'en parlent quasiment pas, ils sont d'accord sur le traitement : la crise doit être payée par la grande masse des travailleurs. Que la méthode soit brutale ou plus douce, c'est entre eux une affaire de nuance, chacun devant d'ailleurs juger que ce sera une question d'opportunité. Mais le traitement ne changera pas et il s'appelera chômage, répression, régression des droits sociaux, régression du niveau de vie, mépris pour les travailleurs, glorification du capitalisme sauvage.
Que l'un ou l'autre soit président et le traitement sera appliqué dans tous les cas. D'autant plus, que derrière eux, s'agite le gourou du fascisme à visage humain, le partisan des pleines doses, celui qui ne fait que pousser la logique à son terme, qui réclame la peau des immigrés pour avoir demain celle de tous ceux qui relèveraient la tête.
Mais que nous offre-t-on à gauche ?
DU CHANGEMENT
DE SOCIETE AU TONTON-PLANEUR
Uonel Jospin l'a avoué : les socialistes, s'ils revenaient à la gestion des affaires, ne gouverneraient pas comme en 1981. Parce qu'ils ont appris. Appris quoi ? Qu'il faut être raisonnable, pas sectaire, respecter les rythmes économiques " naturels ". Nous voilà prévenus : ne vous attendez même plus à quelques audaces comme l'abolition de la peine de mort ou la réduction du temps de travail, qui n'avaient fait somme toute que mettre la France au " niveau européen " dont il est justement tant question ces temps-ci. Avec un Parlement rose-bis, vous auriez le droit à la gestion sérieuse des affaires, c'est-à-dire la thérapeutique un peu plus douce.
Mais le "changement .. , c'est fini, à croire qu'aujourd'hui tout va mieux qu'il y a sept ans.
C'est dire qu'ils ont de la concurrence, nos frères ennemis de la droite, en matière de politique aérienne. Là où ils prennent de la hauteur, Tonton plane, et le PS avec lui, sur les sommets de la France éternelle qui doit " être unie ". Changer la société : pensez donc, c'est démodé, bon pour les attrape-nigauds de 1981, une erreur de jeunesse comme l'a dit le candidat. Solidarité, justice, défense contre les ennemis de la France, unité face au marché européen de 1992 : avec ça, Raymond Chirac et Jacques Barre n'ont qu'à bien se tenir. Dans le rôle de père de la patrie et de ses enfants, ils ont un métro de retard : avant même d'être candidat, François Mitterrand était déja dans le rôle. Il n' a pas besoin de dire, puisqu'il est. Le vide du discours, ille remplit par le prestige de la fonction.
Cela a certes donné un plaisant spectacle surréaliste, dans lequel le candidatprésident arpente le pays et les réunions de notables, pour tenir, devant des parterres polis ou bouche-bée, d'aimables dissertations morales sur la nécessité de défendre ses idées, de ne pas être tête de linotte, d'avoir les pieds sur terre. Ça, c'était pour en rire.
L'INSOUTENABLE
LEGERETE DU PROGRAMME Mais une fois le président condescendant à se présenter dans l'arène, il nous reste beaucoup de raisons de rire jaune. Comment oublier que ce petit jeu camoufle si mal l'absence de tout nouveau projet autre que la gestion de la crise du capitalisme ? Comment oublier que cette campagne en trompe l'œil est le produit de l'écœurante lâcheté de tous ceux qui n'ont pas eu le courage de prendre, il y a sept ans, le risque du vrai changement pour lequel ils avaient été élus dans l'enthousiasme ? Comment qualifier l'utilisation de la grosse ficelle gaullienne du " moi ou le chaos " que François Mitterrand nous res-
Pourquoi dissoudre l'Assemblée avant d'avoir testé les possibilités d'a ccord ?
sert en se présentant ? La démocratie s'arrête donc une nouvelle fois aux marches du palais où les monarques éclairés veillent sur le destin de chacun et décident pour tous, une fois oubliés les trémolos des campagnes électorales.
Car, derrière le spectacle, quel est le programme, pardon, " les orientations " ? La cohabitation est finie , nous dit le PS. Mais dissoudra-t-on par conséquent le Parlement au lendemain d'une réélection ? C'est à voir, foin de sectarisme, car, médecine douce pour médecine douce, pourquoi ne pas tenter de se mettre d'accord avec l'ensemble de ceux qui en sont partisans? Va t-on réduire les dépenses d'armement pour redresser les budgets sociaux: pas question. Redonnera-t-on au pays les moyens de contrôler les entreprises " privatisées " qui ont été remises entre les mains des " noyaux durs " du grand capital? Ce n'est plus d'actualité ! Il faudra lutter contre la crise du capitalisme ... Sans gêner les capitalistes. Coupera-t-on l'herbe sous le pied à la montée du rascisme en donnant les droits civiques et électoraux aux immigrés qui le souhaitent ? Précipitation gauchiste ! On tentera quelques expériences de délégations immigrées sans pouvoir de décision, dans quelques communes, pour voir. .. Quant au chômage, alors là, pas de démagogie : ce sera long et difficile, il faut que les entreprises se redressent. Et voici au fond le vrai message de " paix civile et sociale " dont Mitterrand veut se faire le porteur : il n'y a pas d'autre issue que de continuer à gérer la crise, et mieux vaut la politique qui met un peu de baume sur les plaies du chômage que celle qui y verse du sel.
PCF: l'IMPOSSIBLE PARDON
A chaque élection, le PCF fait du passé table rase. Mais les travailleurs n'ont pas la mémoire courte. En 1983, Georges Marchais présentait le bilan du gouvernement de gauche comme plus positif encore que celui du Front populaire. En 1984, il quittait le navire en ayant senti le verdict électoral des municipales de 1983 et des européennes de 1984 et, depuis , il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer le Parti socialiste. Oubliés, les ministres communistes, oublié, l'accord avec le PS de 1981 qui s'engageait à une solidarité sans faille "jusqu 'au niveau des entreprises •. Le PCF se fait aujourd'hui le champion des revendications comme le SMIC à 6 000 francs . Mais qui peut perdre de vue le
cours sectaire permanent que ce parti imprime à la CGT, dans toutes les luttes, et qui contribue chaque jour à désunir les rangs des travailleurs ? Et qui peut accepter le chantage permanent au désistement à gauche au deuxième tour, au risque de faire passer le candidat de droite qui sera, quoi qu'il advienne, le plus acharné contre les travailleurs. En 1981, le PCF s'était essayé à ce jeu criminel jusqu'à proposer en sous-main le "vote révolutionnaire de droite " . On nous ressert le même triste spectacle aujourd'hui.
L'avenir passe désormais en dehors de ce parti qui a tenu tous les langages, fait toutes les promesses, mais qui s'est révélé, à chaque étape, hostile à l'unité des travailleurs, dans les luttes comme sur le terrain électoral. Des milliers de militants continuent leur combat contre le capitalisme en dehors de lui, sans connaître le découragement et la désorientation qui furent le lot de leurs aînés lorsqu'ils se dispersèrent autrefois au rythme des désillusions.
UNE GENERATION
PEUT EN CACHER UNE AUTRE
L'émergence du courant communiste rénovateur est bien un nouveau signe de ce que, décidément, la politique a horreur du vide. Et, avec elle, les courants profonds de la jeunesse, des travailleurs, des femmes, des immigrés, le pays réel. En trente ans, le monde a probablement plus changé qu'en aucune autre période de l'histoire. L'humanité a plongé dans le fu -tur, dans l'ère des ordinateurs, de l'automation, des fusées spatiales, de la révolution biologique. L'expansion capitaliste de l'après-guerre a entrouvert les portes d'une société où la productivité du travail permet d'envisager tout à la fois la satisfaction des besoins sociaux et la libération de l'aliénation des tâches immédiates de la production.
Mais la crise capitaliste a mis fin au rêve que l'expansion avait généré. Et jamais peut-être, contrairement aux idées dominantes, la crise capitaliste n'a été autant perçue comme une absurdité. Des millions de travailleuses et de travailleurs ont eu accès à la culture de masse, à une formation secondaire, voire universitaire. La " classe ouvrière " d'aujourd'hui n'est plus, au sens immédiat, cette classe privée de culture dont parlait Marx, mais elle est faite d'une large frange de travailleurs-techniciens, possédant une formation générale, une connaissance du monde à l'heure des médias universels, et qui ne vivent plus l'exploitation capitaliste comme une fatalité. Bien davantage sans doute que leurs aînés du Front populaire, les travailleurs perçoivent le capitalisme non seulement comme une injustice, mais comme une absurdité, parce que leur degré de connaissance et de formation leur permet d'entrevoir une alternative.
Tous ceux-là, la gauche a manipulé et trahi leurs rêves en Mai 68, en mars 1978, en mai 1981. L'invasion de la Tchécoslovaquie et le coup d'Etat militaire en Pologne leur ont ôté leurs dernières illusions sur les sociétés bureaucratiques de l'Est et sur le crédit qu'on pouvait accorder à un parti qui osait encore y voir un " socialisme réel ". Ce qu'ils veulent, et ce que nous voulons avec eux, ce n'est pas seulement un salaire décent pour consommer davantage. C'est aussi le respect de leur qualification, de leur savoir, de leur intelligence, de leur identité. C'est une véritable démocratie, politique, sociale, économique pour vivre l'aventure du xxle siècle. Ce qu'ils ne supportent plus, c'est la discrimination raciste, l'étranglement du tiers monde, le saccage de la planète, la manipulation de leurs espoirs par des appareils qui les ont trahis à répétition depuis vingt ans. Ni Tonton paternaliste, ni grand frère baroudeur, ni professeur méprisant : ce qu'ils veulent, c'est qu'on ne décide plus pour eux, parce qu'ils se sentent capables de décider collectivement par eux-mêmes.
UNE LAME DE FOND La candidature de Pierre Juquin et le mouvement, encore limité mais réel , qu'elle a suscité, ne sont donc pas le produit du hasard mais le premier effet politique d'une lame de fond qui court au sein du mouvement ouvrier français. Après des années de stagnation et de reculs, durant lesquelles les travailleurs ont subi, découragés, les attaques capitalistes, une
remobilisation, sociale et politique, s'est faite jour, depuis que la vague de grèves de l'hiver 1986-1987 a marqué un point d'inflexion.
L'émergence des coordinations, entretenant avec les partis et syndicats un nouveau rapport, exprimant la volonté du mouvement de contrôler jusqu'au bout revendications, conduite de la lutte, négociations, reflète plus qu'une mode. Depuis lors, cette pratique fait école dans de nombreuses luttes, où l'on voit se multiplier les coordinations professionnelles mélangeant intimement revendications salariales, défense des statuts et des qualifications acquises, réflexions sur le contenu du travail. Ne nous y trompons pas : même s'il est profondément remodelé par le contexte de crise sans précédent des partis et syndicats traditionnels, l'esprit de Mai 68 continue vingt ans après à couver sous la cendre.
Cette réalité profonde correspond bien évidemment à des niveaux de conscience très différents, dans lesquels le dégoût des vieilles organisations rend ambivalent le rapport aux autres luttes, aux organisations existantes, à la nécessité de s'unir à d'autres pour obtenir un meilleur rapport de forces face à l'adversaire patronal ou étatique, qui n'est pas toujours ressenti comme commun. Le corporatisme s'y manifeste incontestablement, la manipulation par des tendances " apolitiques ,. y reste possible, et les organisations traditionnelles continuent à jouer un rôle dans ces mobilisations. Il peut d'ailleurs être positif lorsque les syndicats jouent leur rôle d'aide aux travailleurs en lutte sans chercher à diviser leurs rangs à leur profit.
Mais c'est dire que cette tendance profonde, fruit du développement du capitalisme lui-même, ne pourra poursuivre et s'épanouir que si elle trouve son prolongement et sa place au niveau politique proprement dit. D'une aspiration diffuse, doit naître un projet de société. Il faut une force qui comble le vide laissé à gauche par un Parti communiste discrédité et un Parti socialiste qui survit faute de concurrent sérieux. Cette force politique devra entretenir avec sa base sociale un nouveau rapport, qui nourrisse les luttes, les aide à s'organiser, stimule la réflexion, mais ne se substitue pas à la grande masse des travailleurs dans leurs choix. Cette force doit se faire la championne de l'unité des travailleurs face à la crise et définir, avec tous ceux et celles qui s'y retrouvent, une véritable issue pour tous.
DU REFUS
DE L'AUSTÉRITÉ AU SOCIALISME
Le courant qui commence à s'organiser à l'occasion de la campagne de Pierre Juquin, c'est d'abord celui du refus de la logique capitaliste, le refus de l'austérité, et par conséquent le refus de la politique des discours fumeux qui visent à mieux faire passer la pilule.
Avec raison, Pierre Juquin insiste sur sa volonté d'animer une campagne faite de concret, d'immédiat, de réalisme, alors que sévit partout la politique du rideau de fumée. Nous voulons, la grande masse des travailleurs veut, sortir d~ la crise, mettre fin au gaspillage, à l'anarchie capitaliste, trouver les fondements d'une nouvelle croissance sociale et économique qui s'appuie d'abord sur les besoins du pays réel.
Ce qu'il faut , c'est un véritable plan d'urgence qui enraye la spirale de la crise. Le SMIC à 6000 francs, y compris pour les chômeurs, la semaine de 35 heures pour tous sans diminution de salaire, la gestion immédiate de la Sécurité sociale par les seuls salariés qui en sont les seuls financeurs, le droit de vote pour les immigrés, sont aujourd'hui les axes majeurs de ce plan. Les capitalistes déclarent ce plan inacceptable pour la survie de l'" économie ,. , de leur économie ? Mais leurs plans à eux, le sont-ils, qui étranglent les peuples du tiers monde, dilapident des centaines de milliards dans la spéculation financière et créent un chômage galopant ? Lorsqu'on les compare à la réalité présente, celle du krach, et à l'accroissement de l'exploitation, ces revendications au demeurant apparaissent bien modestes. Les cris des patrons et de leurs experts ne sont-ils pas l'expresion de leur éternel refus de céder des miettes de leurs profits ? Déjà en 1936, les 40 heures devaient mettre l'économie à bas !
Que la mobilisation leur impose la satisfaction de ces légitimes revendications et l'on pourra juger des capacités de résis-
P. JUQUIN: UN VOTE POUR L'AVENIR tance du capitalisme. Et si celui-ci peut gaspiller et détruire, mais est incapable de maintenir les acquis des travailleurs, alors il deviendra clair qu'il faut changer de système.
Que les capitalistes s'en aillent, si ils sont en faillite ! Que toutes les entreprises qui ferment ou qui licencient soient placées sous contrôle des travailleurs ! Que les entreprises " privatisées ", les grandes firmes qui gouvernent en fait aux destinées du pays, ne soient pas "étatisées " à nouveau, mais remises sous le contrôle démocratique de tous ceux qui y travaillent, et dont l'énergie créatrice vaut cent fois celle des technocrates " décideurs ". L'argent manque? Qu'on le prenne où il se trouve, par exemple dans le budget militaire qui doit être massivement réduit au profit des budgets sociaux. Qu'un large débat s'engage dans tout le pays sur les moyens d 'une telle politique, comme dans les industries d'armement où les travailleurs peuvent dès aujourd'hui débattre des moyens à mettre en œuvre pour reconvertir les moyens de production au profit de la société ou en direction du tiers monde.
Le mouvement qui se forme aujourd'hui autour de la candidature de Pierre Juquin au sein des comités d'initiative et de soutien doit se saisir de ce plan,· le débattre, l'enrichir et transformer ainsi le rapport de milliers de travailleurs à la politique. Sa dynamique préfigure ce que pourrait être un mouvement démocratique, unitaire, de masse, face à la crise capitaliste.
L'histoire nous apprend que ce mouvement indispensable ne pourra faire l'économie d'un affrontement avec l'Etat capitaliste, sa police, son armée, sa justice. Un tel mouvement devra s'adresser aux travailleurs du monde entier, à commencer par les travailleurs d 'Europe, pour véritablement remettre en cause le capitalisme. Son développement, dont le regroupement aujourd'hui autour de la candidature de Pierre Juquin est une ébauche, permettra de débattre de ces questions au cours même du combat.
Le 24 avril, pour battre la droite , pour sortir de la crise, pour le pouvoir des travailleurs, pour le socialisme : votez Pierre Juquin!
François Dietrich
La volonté de contrôler jusqu'au bout la conduite du mouvement.