1
NOUVEL INTERNATIONALISME
;
OUVRIER ET DEMOCRATIQUE
PETER WATERMAN*
Internationalistes de toujours, comme on dit, nous voulons débattre avec ceux qui réfléchissent et travaillent à ce que peut être, et doit être l'internationalisme de demain.
Nous remercions
Peter Waterman de nous autoriser à publier son article.
Engagement d'une discussion qu'on ne peut que souhaiter ...
Ce n'est pas l'activité internationaliste qui manque aujourd'hui. La télévision et les journaux parlent tous les jours de Greenpeace, de conférences internationales de femmes, de dénonciations d'Amnesty, d'initiatives de solidarité avec les peuples et les nations opprimés, d'actions du mouvement pacifiste international, etc. Même au pays de Reagan - qui s'est autoproclamé grand prêtre, juge et gendarme de l'ordre international actuel-, on a pu assister à une manifestation de masse des travailleurs et des églises contre la politique US en Amérique centrale et en Afrique du Sud (Washington, 25 avril 1987).
Ce qui manque en ce domaine, c'est une réflexion et une coordination systématiques. A quelques exceptions notables près (voir Waterman, 1988 ; Nils, 1978), il n'existe pas de débat sur l'internationalisme contemporain, que ce soit dans sa conception la plus générale, ou sur ses points d'application spécifiques dans le mouvement ouvrier, dans celui des droits de l'homme, dans le mouvement écologique, ou dans d'autres mouvements encore.
Cet article se propose d'ouvrir un tel débat. Son titre fait référence au livre de Raymond Williams, Towards 2 000 (1983) . Raymond Williams était un vieil homme plein de jeunesse, qui est mort bien trop tôt, le 26 janvier 1987. C'était un sociologue de la culture, un romancier, un écrivain socialiste. Sa pensée était profondément enracinée dans la réalité nationale, mais, en même temps, il faisait partie de cette poignée de penseurs socialistes britanniques profondément et ouvertement internationalistes. Il insistait sur le fait qu'aujourd'hui, nous n'appartenons plus seulement, ni même principalement, à des " communautés • épousant les frontières des Etats-nations, mais plutôt à des communautés locales et internationales. Il préconisait un internationalisme s'appuyant sur des communautés à dimension humaine, permettant de dépasser les relations entre Etats-nations (1983, p. 180-199). Mon article constitue un hommage à Williams et un essai de mise en forme systématique de ses propositions. Cet article s'organise en trois séries de thèses, qui passent, en un mouvement de zoom, du panorama au gros plan. Ainsi je commence par exposer neuf points d'ordre général sur l'internationalisation et l'internationalisme ; je continue en approfondissant quatre de ces points, et termine en développant l'un d'entre eux. Ce même mouvement correspond égaIement - pour prolonger la métaphore - à un travelling qui va de l'internationalisme en tant que phénomène politique général, à l'internationalisme ouvrier comme forme spécifique de celui-ci. Le viei; internationalisme ouvrier et socialiste du XIX • siècle est peut-être moribond, mais il nous faut en inventer un nouveau pour l'an 2000.
NEUF PROPOSITIONS GÉNÉRALES SUR L'INTERNATIONALISATION ET L'INTERNATIONALISME 1. Durant tout le x1x• siècle, les analyses du processus d'" internationalisation • étaient sutout menées en référence au Capital. Cependant, les contradictions mises en lumière par ces analyses n'opposaient pas seulement capital international et salariat international, mais aussi capital international et Etat national.
2. Au x1x• siècle, l'" internationalisme • était principalement associé au mouvement ouvrier et aux idées socialistes qui avaient effectivement contribué à l'émergence d'une communauté et d'une culture ouvrières internationales. Mais l'aboutissement paradoxal de l'internationalisme du x1x• siècle fut aussi la généralisation de la forme Etat-nation (Italie, Pologne), le renforcement du pouvoir d'Etat sur la société et l'accroissement de la subordination de masse à l'Etat (Etat-providence, Etat communiste ou Etat populiste).
3. Le processus contemporain d'internationalisation doit être compris comme un phénomène social global, dans lequel il faut inclure la diffusion du système de normes et pratiques sociales capitalistes vers les Etats de la périphérie (à l'Est comme au Sud), ainsi que la mise en place d'un grand nombre d'instances supranationales qui viennent peser de manière croissante sur la politique des Etats-nations et sur le comportement de la population mondiale.
4. Les anciens mouvements sociaux (mouvement ouvrier, mouvements nationaux ou ethniques) restent dans une large mesure subordonnés à l'Etat-nation ou tournés vers lui ; les nouveaux mouvements sociaux (femmes, droits de l'homme, pacifisme, environnement, etc.) prennent en compte, implicitement ou explicitement, la dimension locale, internationale et nationale, des rapports de forces et des formes d'exploitation, de domination et d'aliénation; leurs luttes tendent à se dérouler à plusieurs niveaux imbriqués, de telle sorte que l'orientation de ces mouvements devient alors implicitement ou explicitement internationaliste.
5. Au lieu d'un internationalisme porté exclusivement par un mouvement ouvrier contribuant au progrès de l'humanité par la poursuite même de ses propres intérêts de classe, nous nous trouvons confrontés aujourd'hui à une multiplicité d'intérêts collectifs se chevauchant souvent, et qui, dans le cours même de leur lutte contre les effets de domination, ajustent constamment leur identité, leurs formes d'action, et leurs objectifs en un dialogue mutuel permanent. Il nous faut donc employer le pluriel et parler des nouveaux internationalismes.
6. Le principe éthique qui sous-tend l'internationalisme est celui de solidarité, que l'on définit traditionnellement par rapport à une communauté de statut (prolétarien), d'intérêt (classe ouvrière) et d'idéologie (socialisme) ; mais la diversification croissante des acteurs de l'internationalisme rend aujourd'hui nécessaire une définition plus complexe de la solidarité, permettant de rendre compte de cette diversité et d'englober des mouvements internationalistes dont les différences s'expriment dans un cadre général de tolérance et de soutien mutuels.
BalMe, 1978, premières èlections syndicales dans les mines de
7. Si les mouvements internationalistes contemporains interviennent sur le champ international par l'intermédiaire d'organisations non gouvernementales éventuellement basées dans un pays précis, elles tendent en même temps à transcender le cadre national en favorisant la formation de réseaux flexibles, ouverts, horizontaux, constitués d'unités autonomes, dont les liens reposent sur des valeurs communes, plutôt que sur une discipline imposée ; quand une organisation traditionnelle, nationale ou internationale, s'ouvre à la sensibilité internationaliste, c'est souvent parce qu'elle est elle-même insérée dans un réseau international, ou pénétrée par des réseaux internationalistes.
8. Dans la plupart de ces nouveaux mouvements - comme par exemple les mouvements féministe et écologique-, les membres de la classe moyenne tiennent le rôle d'acteur principal ; dans d'autres cas, ils remplissent plutôt la fonction primordiale de représentants du mouvement ; de plus en plus souvent
Vilico à 4 500 m. d'altitude. d'ailleurs, ce rôle renvoie à des fonctions d'animation ou de prestation de services plutôt que de direction.
9. C'est précisément la place centrale du salariat dans l'émergence de la société marchande puis dans le processus d'industrialisation capitaliste (ou étatique) qui rend si difficile le succès de l'internationalisme ouvrier; le fait que le capital transnational joue un rôle central dans le processus d'internationalisation ne garantit pas qu'il en sera de même en ce qui concerne l'internationalisme ouvrier ; même si ce dernier donne des signes de renouveau, son articulation dynamique avec les internationalismes démocratiques reste à inventer.
QUATRE DÉFINITIONS
ESSENTIELLES 1. Internationalisation. Ce terme désigne le processus de modernisation à l'œuvre dans un monde dominé par le capitalisme, sous ses différents aspects : extension de la sphère marchande, industrialisation, prolétarisation et concentration du capital ; bureaucratisation et étatisation (aux niveaux national et international) ; imposition de modèles sociaux visant à régler les relations à l'intérieur de la famille et entre les sexes ; centralisation et standardisation de la culture (voir Connell, 1984). C'est l'accumulation du capital qui constitue le moteur de cette dynamique et qui engendre l'internationalisation de la production, des échanges, des services et des relations financières. La bureaucratisation accompagne la centralisation du pouvoir, au plan national d'abord, puis à l'échelle internationale. Le modèle de la famille bourgeoise se propage parallèlement à une sexualité déshumanisée, fondée sur la concurrence et transformée en marchandise. L'industrialisation de la culture entraîne la diffusion universelle des normes et formes occidentales. On peut certes considérer que l'importance croissante des actions de coopération entre Etats contribue à exprimer et à approfondir l'" interdépendance " croissante de l'humanité, et même à exercer une influence régulatrice sur les Etats-nations et les firmes multinationales (Brecher, 1987, p. 104). Mais ces actions tendent aussi à exprimer les intérêts des états dominants, à reproduire le capital et l'Etat-nation, et à déposséder encore plus les gens de tout contrôle sur leur vie quotidienne (voir Picciotto, 1988).
2. Internationalisme. Cette notion classique impliquait une critique de l'Etat-nation et du capitalisme. Celle-ci était fondée sur le constat des limites étroites de l'Etat-nation capitaliste l'empêchant de faire face aux problèmes sociaux et de répondre aux besoins humains fondamentaux. Cette critique débouchait sur l'appel à instituer des solidarités transnationales, universelles ou extra-territoriales, et à construire des communautés et des organisations égalitaires et démocratiques. L'internationalisme est apparu à partir de l'expérience de l'industrialisation
capitaliste et de la construction d'Etats centralisés et modernes mais bien peu démocratiques. Ces derniers détruisaient les communautés et les solidarités anciennes, sans offrir une alternative satisfaisante aux masses. L'internationalisme s'est développé notamment sur la base des liens noués entre militants ouvriers et intellectuels socialistes cosmopolites. L'approfondissement des processus d'internationalisation a dans le même temps fait obstacle à ce que d'autres catégories sociales (enseignants, femmes, et même minorités ethniques et régionales) prennent conscience d'elles mêmes en tant que sujets universels. Les processus d'internationalisation ont également engendré des problèmes sociaux toujours plus nombreux et dont la dimension universelle est toujours plus affirmée (dette, menaces sur la couche d'ozone, SIDA, terrorisme d'Etat, Tchernobyl). De plus en plus souvent aussi, ces problèmes sont traités dans des enceintes internationales, et les revendications populaires formulées en termes internationalistes. L'internationalisme contemporain a atteint un haut degré de complexité et de différenciation. Alors que l'absence d'internationalisme de masse (travailleurs, femmes, paysans, minorités ethniques) demeure un problème, la multiplicité et la diversité des internationalismes représente un potentiel considérable. Il faut aujourd'hui parler des internationalismes et reconnaître cette pluralité comme une dimension essentielle de l'internationalisme contemporain. L'internationalisme ne s'oppose pas au nationalisme ou à toute autre revendication d'identité ne visant pas à perpétuer des rapports de domination ou d'exploitation. Tout au contraire, l'internationalisme apparaît de plus en plus comme une condition nécessaire à l'affirmation de l'indépendance et à l'expression des spécificités nationales, même lorsqu'il s'agit d'identités "infra-nationales,. comme celles des minorités ethniques et régionales. 3. Solidarité. Il s'agit de la valeur éthique et du rapport humain qui sous-tend l'internationalisme et lie ce dernier aux luttes que, tout au long de l'histoire, les opprimés et les exploités ont mené pour la reconnaissance de leur identité et pour leur libération. La solidarité (voir Vos, 1976) a couramment été définie en termes d'identification ou encore de substitution à l'autre. Ce n'est qu'une partie de la définition dans la mesure où l'identitification peut impliquer l'uniformisation et même l'exclusion de l'autre, alors que la substitution peut conduire à l'acceptation de fait des inégalités matérielles et morales. C'est pourquoi il faut comprendre la solidarité en termes de réciprocité (avantage mutuel), d'affinité (sentiments reciproques) et de complémentarité (contributions différenciées). Si l'on considère la trinité démocratique -liberté, égalité et solidarité-, on peut constater que la bourgeoisie et le libéralisme ont donné la priorité à la liberté politique, tandis que le prolétariat et le socialisme ont privilégié l'objectif d'égalité économique. Dans les deux cas, la solidarité était subordonnée à l'autre terme et lui était même sacrifiée dans la pratique, si ce n'est dans la doctrine. Les nouveaux mouvements sociaux qui se consacrent à la préservation, à la redécouverte ou à l'invention de la communauté et se dégagent ainsi du capitalisme et de l'étatisme, tendent à donner la priorité à la solidarité comme rapport social et humain, ou au moins à réaffirmer son importance à côté des notions de liberté et d'égalité. ·
4. Internationalisme ouvrier. Ce concept doit être analysé et périodisé. Dans son sens le plus général, ce terme englobe différentes formes d'internationalisme : celui des travailleurs au niveau de l'atelier, celui des communautés ouvrières, des syndicats et partis ouvriers, celui enfin des intellectuels socialistes. L'internationalisme ouvrier, même dans la forme qu'il prenait au x1x• siècle, entretenait des liens avec ce que nous appellerions aujourd'hui mouvements de défense des droits de l'homme et de libération nationale. Il n'était pas sans rapport avec le cosmopolisme bourgeois et l'universalisme religieux. On peut même avancer que, même pendant cette période, l'existence de l'internationalisme ouvrier était d'autant plus réelle que celui-ci était moins " prolétarien ,. (qu'il avait moins à voir avec le travailleur comme force de travail). La solidarité fait partie intégrante de l'existence du salarié et de la lutte syndicale à un degré plus élevé que pour beaucoup d'autres catégories sociales. La solidarité entre les travailleurs est à tel point nécessaire à l'autodéfense quotidienne et à la lutte revendicative que l'on peut y voir une base historique, et même éventuellement institutionnelle, à un renouveau de l'internationalisme chez les travail -leurs. Un tel renouveau ne peut avoir lieu que dans la mesure où les travailleurs rejettent toute subordination au capitalisme, à l'étatisme et à l'impérialisme, et prennent conscience de l'interdépendance entre leurs intérêts nationaux et internationaux (voir Cantor et Schor, 1987).
HUIT PRINCIPES
POUR UN
NOUVEL INTERNATIONALISME OUVRIER
Les principes qui pourraient servir à fonder un nouvel internationalisme ouvrier découlent de la critique des limites de l'internationalisme traditionnel et d'une réflexion partant des expériences nouvelles réalisées par des groupes internationalistes liés ou non au mouvement ouvrier (on peut comparer aux principes proposés par Cantor et Schor, 1987, p. 77 à 82).
Le nouvel internationalisme ouvrier : 1. Nécessite des rencontres directes entre les travailleurs concernés, et pas seulement entre leurs représentants.
2. Implique un flux d'information et de soutien réciproques (ou multidirectionnels) qui cesse de circuler à sens unique, depuis les travailleurs et les syndicats " riches ,. , " puissants ,. , " libres ,. vers les autres.
3. Exige de ses participants un effort matériel visible, une activité ou un sacrifice, et pas seulement la rédaction de déclarations et d'appels.
4. Combat chez les travailleurs toutes les discriminations fondées sur les opinions politiques ou religieuses, sur l'idéologie ou le sexe, et ceci au niveau local, afin d'éviter que de telles discriminations puissent se reproduire au niveau international.
5. S'ajuste aux besoins quotidiens exprimés par les travailleurs ordinaires, à leurs capacités, et non à ceux de leurs représentants
6. Etablit des liens avec les autres internationalismes démocratiques, afin de renforcer les luttes ouvrières tout en s'attachant à dépasser un point de vue trop étroitement économiste.
7. Implique que toute organisation à visées internationalistes finance ses activités à l'aide de fonds recueillis auprès du public ou des travailleurs, qu'elle garantisse l'ouverture la plus large du débat interne comme du débat public, et qu'elle mène à bien de manière indépendante l'élaboration de sa politique et sa recherche.
8. Demande aux intellectuels qui s'y engagent d'être clairs quant à leurs propres intérêts, motivations et fonctions, d'engager le dialogue avec les travailleurs, et de se mettre à leur service notamment en prenant en charge leur formation.
CONCLUSION : UNE IDÉE DONT L'ACTUALITÉ NE VA PAS DE SOl Né en Europe dans le cours de la lutte contre le capital industriel et l'Etat-nation autoritaire, l'internationalisme est en train de renaître avec la lutte globale contre le capitalisme, l'étatisme et l'aliénation, dans leurs manifestations multiples et complexes. Cependant, le succès d'un combat n'est jamais inscrit dans les règles du jeu. Cet article doit donc viser ouvertement à entraîner la conviction.
Le point d'application du levier, c'est l'expérience, la conscience et les aspirations de millions de gens éduqués, dotés de conscience sociale et politique, qui vivent dans chacun des " trois mondes .. (et dans tout autre qui pourrait être identifié). Il semble raisonnable de supposer que la plupart de ceux qui seront amenés à lire cet article, quel que soit leur pays d'origine, sont des internationalistes implicites, en ce sens qu'ils ont pris conscience de la nature universelle des problèmes auxquels ils sont confrontés et à la nécessité de la solidarité internationale. Beaucoup d'entre eux seront engagés dans une ou plusieurs formes d'activité de solidarité internationale. Il est temps pour eux de prendre du recul et de réfléchir au nom du jeu. Ce nom, c'est l'internationalisme. Pour gagner, une équipe a besoin de confronter ses idées afin de dégager une compréhension et une stratégie communes, permettant à chacun d'agir de manière plus créative et plus efficace.
Un article qui cherche à mobiliser risquant de verser dans l'optimisme forcé par excès de volontarisme, mieux vaut par conséquent conclure sur une note de pessimisme réfléchi. Je remarque que l'internationalisme ouvrier a suscité au sein de la gauche internationale divers commentaires à l'occasion du centenaire du Premier Mai. Le mouvement ouvrier péruvien a par exemple célébré cet anniversaire avant tout comme un événement national, ne faisant que marginalement référence au monde extérieur et aux travailleurs du monde entier (Waterman et Arellano, 1986, p. 21 à 24). Quant aux historiens du travail d'Amsterdam, ils ont pu étudier l'internationalisme ouvrier comme quelque chose de mort, pareils à des anthropologues examinant les rituels à moitié oubliés d'une tribu disparue (v. Holthoon et v.d. Unden, 1988). Un vétéran du PC des Etats-Unis a rapproché - sans allusion aux ironies de l'histoire - ces trois étranges phénomènes : un Premier Mai mai organisé par un lieutenant-colonel, au lendemain d'un coup d'état en Ethiopie; les slogans officiels d'un Premier Mai 1956 célébré dans un Etat communiste où les travailleurs n'ont pas le droit de grève; enfin la tentative peu réussie du PC des Etats-Unis de renouer avec la célébration du Premier Mai à l'Union Square de New York (Faner, 1986, p.152 à 156). Si nous ne
voulons pas célébrer le Premier Mai de l'an 2000 selon des rituels aussi hypocrites, pathétiques ou confidentiels, alors il nous faut consacrer plus d'effort à comprendre ce qu'est l'internationalisme, l'ancien et le nouveau .
Pour terminer, je soumets au débat une proposition politique. Pourquoi ne pas donner au Premier Mai un nouvel essor en en faisant une Journée de solidarité internationale associant de manière explicite l'internationalisme ouvrier et les internationalismes démocratiques, à l'échelle nationale et internationale ? C'est aux organisations ouvrières et socialistes de prendre en charge cette initiative. Mais encore faut-il qu'elles sachent trouver une nouvelle manière de réaliser l'unité entre tous ces gens et la convergence de toutes ces revendications, que le capital et l'Etat voudraient bien pouvoir empêcher. *Peter Waterman enseigne à l'Institut d'études sociales de La Haye où ses cours portent sur la politique dans le tiers monde. Peter Waterman a travaillé deux fois avec le Mouvement communiste international : au milieu des années cinquante, pour l'Union internationale des étudiants, au milieu des années soixante, pour la Fédération syndicale mondiale. Depuis 1978, il publie depuis 1978 la Newsletter of International Labour Studies et contribue à diverses revues. L'article que nous traduisons s'inscrit dans son projet de recherche intitulé " Démocratisation de la communication internationale : ONG (Organisations non gouvernementales), tiers monde et mouvement ouvrier ". lnstitute of Social Studies, POB 90733 2509 LS, The Hague, Pays-Bas Bibliographie : i:r Brech er Jeremy, " From an Ecologie al Perspective : The "National Question" reconsidered ", New Politics, vol. 1, n°3, 1987, p.95-111.
i:r Cantor Daniel et Juliet Schor, Tunnel Vision: Labour, the World Economy and Central America, Boston : South End Press, 1987, 88 pages. i:r Connell R. W., "Class Formation on a World Scale ", Review, vol. 7, n°3, 1984, p.407 -440. i:r Foner Philip, May Day: A Short History of the International Workers Holiday, 1886-1986, International Publishers, 1986, New York. i:r V. Holthoon Frits et Marcel v.d. Unden, lnternationalism in the Labour Movement : 1830-1940, Brill, Leiden, 1988. i:r NILS 1978- ?, Newsletter of International Labour Studies, Quarterly, Galileistr, 130, 2561TK, La Haye, Pays-Bas. i:r Picciotto Sol., "The Control of Transnational Capital and the Democratisation of the International State ", Journal of Law and Society, vol. 15, n°l, 1988, p.l -19. i:r Vos Henk, Solidariteit: Elementen, Complicates, Perspectieven, Amboboeken, Baarn, 1976. i:r Waterman, Peter et Nebiur Arellano, " The Nervous System of lntemationalism : The Transmission and Reception of International Labour Information in Peru "• Working Paper, 32, 1986, La Haye: Institut d'études sociales. i:r Williams Raymond, Vers l'an 2000, Chatto and Windus, Londres, 1983.
NEWSLffiER INTERNATIONAL
LABOUR STUDIES Galilei Straat, n° 130 2561 PX DEN HAAG Pays-Bas 10 numéros par an: 108 F.