Le 1 8 ' Congrès de la Ligue communiste (2• partie)
ANTOINE ARTOUS
Vingt ans!
L existait lors de la création de la Ugue communiste une question de continuité
- voire tout simplement de tradition profonde d'existence - d'un courant marxiste-révolutionnaire en France. Une situation qui se faisait sentir naturellement au sein de la 1v• Internationale.
Il y avait d'abord un problème de direction (au sens large du terme, celui d'encadrement) et de construction d'organisation. Les deux étant liées. Nous avons déjà signalé comment le PCI, en conséquence de l'entrisme, mais pas seulement, puisque la marginalisation des courants marxistes-révolutionnaires avait été générale, fonctionnait davantage comme " fraction idéologique » que comme organisation regroupant des militants pour une intervention directe dans les luttes de classes. CONTINUITES ET RUPTURES
Aucune tradition de construction d'organisation indépendante n'existait donc. De plus, au travers des différentes scissions qui avaient eu lieu, le PCI avait perdu les différentes strates militantes accumulées depuis la Ubération. Perte de la quasi-totalité des militants ouvriers qui avaient refusé l'entrisme. Perte en 1952 d'une génération, essentiellement formée d'étudiants et d'intellectuels, recrutés par l'entrisme, partie lors de la création de la Voie communiste à la fin des années soixante. Perte enfin d'une série de cadres, peu de temps avant 1968, suite à la rupture de Pablo.
Il serait illusoire de croire que les autres courants trotskystes avaient pu maintenir intacte une tradition politique et physique de leur courant. Ainsi, pour ne prendre que cet exemple, " les lambertistes » ne représentaient en rien l'ancienne " commission ouvrière » du PCI qui, en 1952, avait dirigé la rupture suite à l'exclusion de ceux qui refusaient l'entrisme.
La Voix ouvrière (qui deviendra Lutte ouvrière) avait en fait disparu au milieu des années cinquante pour se reconstruire à partir d'une nouvelle génération.
Mais ces deux courants, au début des années soixante, avaient reconstitué des 20, forces et commencé à construire des embryons d'organisations indépendantes, capables non seulement d'accueillir de nouveaux militants, mais possédant une certaine tradition pratique susceptible d'intégrer autrement qu'idéologiquement les " nouvelles générations •.
On peut estimer que cette tradition créée dans les conditions que l'on connaît a eu plus d'effets négatifs que positifs en donnant à ces organisations des profils sectaires très marqués. Mais le constat que nous venons de faire des différences d'avec le PCI est, lui, indiscutable.
De ce point de vue, la Ugue avait tout à inventer car, par ailleurs, si la JCR avait pu créer un style dans l'intervention politique, elle n'avait en rien initié une tradition propre en ce qui concerne la construction d'un courant en tant qu'organisation indépendante. La chose aurait été difficile en deux ans et compte tenu de son statut ambigu (à la fois organisation de jeunesse et embryon d'organisation révolutionnaire).
Toutes ces questions se reflétaient, au moment de la fondation de la Ugue, dans le problème des directions. La conscience n'en était d'ailleurs pas claire à l'époque. Mais cette direction était essentiellement composée de jeunes militants, non seulement dans • son assiette large • mais aussi dans son " noyau central • pour employer le. jargon de la Ugue.
Une situation, nous l'avons dit, difficilement évitable puisque la presque totalité des représentants de toutes les strates qui avaient rejoint le PCI depuis la Ubération avait disparu. " La jeune génération • ne prêta guère d'attention à cette situation, qu'il n'y avait d'ailleurs pas moyen de modifier.
Cette situation se trouvait d'ailleurs décuplée au niveau des villes. Il faut signaler enfin qu'il y avait très peu de militants ouvriers issus du PCI et encore moins de militants syndicalistes enseignants. Une chose qui pesait non seulement pour la structuration de l'intervention, mais aussi dans l'élaboration d'une orientation.
Ainsi, par exemple, sur la question syndicale. L'expérience des militants expérimentés, fut parfois précieuse. Dans la
FEN, ils coupèrent court à toute velléité de développer une dynamique de • syndicat rouge " à partir de l'EE. Dans les syndicats ouvriers, en particulier pour la CFDT, certains d'entre eux posèrent le problème de la tendance syndicale alors que, dans un premier temps, la Ugue raisonnait seulement en termes de fraction. Dans ce cas, ils furent moins vite entendus.
PROGRAMME ET
ORIENTATION POLITIQUE
L'adhésion à la IVe Internationale n'était pas non plus l'arrimage enfin trouvé à des rivages programmatiques garants de tout problème. Cela a été souvent dit, mais il convient de le répéter. Il s'agit moins des références programmatiques générales que des orientations politiques définies à partir d'elles. Dans le cas de la France, la Ugue, dans les années qui suivirent immédiatement 1968, développa une orientation à dominante • gauchiste •. Nous n'employons pas naturellement ce terme à la façon du PCF à l'époque. Mais ni non plus dans le sens de Lénine dans la Maladie infantile concernant les courants qui, dans les années vingt, refusaient le syndicalisme, l'action électorale et parlementaire, etc.
Sur ces dernières questions, la Ugue avait des positions claires, comme sur d'autres mises en avant par l'Internationale communiste staliniennne des années trente (front unique seulement à la base, syndicalisme rouge, etc.) que certains groupes maoïstes reprenaient à leur compte ... Par • gauchiste •, nous entendons une thématique qui se retrouve au long de l'histoire du • mouvement corn-
LE PREMIER CONGRES DE LA LIGUE COMMUNISTE muniste •, comme organiquement liée à lui, une fois établies les grandes délimitations par rapport auxs réformistes et à • l'ultra-gauche • contre laquelle Lénine polémiquait dans l'ouvrage que nous venons de citer. Une thématique très présente dans les textes officiels des deux premiers congrés de l'Internationale communiste des année vingt qui servaient de référence explicite à la Ugue et dans ses thèses lors du congrès de fondation.
Sans détailler, disons que, outre une définition rigide des rapports du parti aux organisations de masse, cette thématique développe une vision quelque peu • catastrophique • de la période et une conception du processus révolutionnaire qui déborde rapidement les réformistes pour s'épanouir dans l'auto-organisation et les conseils ouvriers.
On pourrait mettre cette orientation au seul compte du manque d'expérience de la jeune direction de la Ugue. En fait, les choses ne sont pas si simples. Certes, de • vieux • dirigeants de la section ou de l'Internationale mirent en garde contre certaines simplifications. En particulier l'affirmation lancée alors par la quasi totalité de la direction de la Ugue de la mort de la social-démocratie.
Mais le fond de cette thématique • gauchiste • - un processus linéaire de développement organique des conseils ouvriers à partir du mouvement de masse et de ses expériences d'auto-organisation - ne fut pas combattu, pour la raison qu'il était présent dans les textes officiels majoritaires de l'Internationale. En particulier, pour ne prendre que ce seul exemple, dans son • document européen • (un texte qui définit une orientation générale pour ce secteur), qui sera adopté ... au congrès mondial de 1974, c'est-à-dire pas mal de temps après l'éblouissement compréhensible, qui brouillait un peu le regard, de la grève générale de 1968 et à un moment où la Ugue commençait à remettre en cause cette vision.
Divers facteurs pesaient qui expliquent une telle approche. En particulier, une vision par trop optimiste et unilatérale de la situation politique. Mais il serait aussi intéressant de souligner plus en détail d'autres racines d'une telle démarche, qui ne sont pas nécessairement les mêmes pour la
• jeune • direction de la Ugue et pour les • vieux • dirigeants de l'Internationale (classement à l'évidence fort schématique ... )
Dans le premier cas, on a affaire à un • gauchisme • classique, comme il a pu en exister dans certains courants de l'Internationale communiste des années vingt. A la sous-estimation du poids des réformistes s'ajoute une vision trop volontariste du rôle que peut jouer le parti dans l'accélération des luttes de classes. D'autant que l'influence du Che et d'un certain • exemplarisme • était très forte.
Dans le second cas, il s'agit davantage d'une vision marquée de • propagandisme •. C'est-à-dire l'insistance quasi exclusive sur les tendances générales d'une situation qui estompe les médiations et les formes particulières que peut prendre un processus révolutionnaire par rapport à un schéma stratégique général.
Une démarche qui a pu d'ailleurs être présente dans le passé. Il suffit de regarder les textes produits par les trotskystes français (ce n'est pas le seul exemple) lors de la greve générale de 1936 et à la Ubération. On y trouve souvent cette vision d'une marche quasi organique vers l'auto-organisation et les conseils ouvriers. Comme si la simple réaffirmation de données stratégiques générales se télescopait avec la définition d'une orientation politique plus précise. Quoiqu'il en soit, le tournant d'orientation qu'amorça la Ugue au cours de la préparation de son troisième congrès, vers une politique systématisée de front unique, n'est pas seulement un ajustement tactique aux nouvelles conditions créées par l'Union de gauche. Même si cet aspect des choses a évidemment pesé lourd.
C'est aussi une réflexion qui s'amorce sur ce que sont les éléments particuliers d'une stratégie révolutionnaire dans des pays capitalistes avancés et qui est nourrie par d'autres expériences que celle de la formidable mais brève explosion de Mai 68 : l'Italie, le Portugal, l'Espagne, mais aussi le Chili...
Il serait faux de croire en un mythique • programme trotskyste • que la Ugue aurait miraculeusement redécouvert après l'avoir oublié ou simplement méconnu. Il s'agit en fait d'un nouveau travail d'élabo-
ration à partir de l'expérience et d'une réappropriation des acquis historiques. Ainsi, par exemple, les limites des deux premiers congrès de l'Internationale communiste, qui, nous l'avons dit, avaient servi de références au congrès de fondation de 1969, sont soulignées. De même que le caractère inachevé du tournant politique représenté par les troisième et quatrième congrès de l'Internationale communiste. Des discussions sur laquestion du • gouvernement ouvrier • et les revendications transitoires se développent.
En fait, durant les années qui suivent 1974, s'élabore une orientation politique liée à une conjoncture (Union de la gauche puis division), mais aussi une mise en forme des perspectives stratégiques générales de la Ugue pour un pays comme la France. Ces dernières n'ont pas subi, depuis, de transformations fondamentales.
Ce n'est d'ailleurs pas là le signe d'un déssèchement particulier de la Ugue. Force est seulement de constater que depuis ces années-là les expériences de luttes de classes en Europe n'ont rien apporté qui puisse permettre de poursuivre plus avant la réflexion sur ces questions stratégiques générales. UNE CERTAINE FASCINATION
PAR LE PC Revenons aux années post-68. La rupture avec l'entrisme s'était amorcée de façon empirique à travers la création de la JCR, mais l'explosion de 1968 accéléra les choses, l'entrisme fut officiellement abandonné par le PCI (en fait, après le départ des jeunes à la JCR, il restait peu de militants dans le PC) et la création de la Ugue décidée de façon volontariste. Restait à savoir comment cette organisation allait se situer par rapport au mouvement ouvrier.
Nous n'allons pas décrire ici tous les aléas de la • tactique unitaire • mise alors en œuvre. Il faut pourtant souligner que sa perception générale de la recomposition du mouvement ouvrier fut pendant quelques années très marquée par l'héritage de l'entrisme. Ce dernier, en effet, s'appuyait sur une certaine vision: l'apparition, sous le choc des luttes de classe, de courants centristes évoluant vers la gauche. Selon le jargon de l'époque, la rupture de • pans entiers • entraînant • les cadres organisateurs de la classe • qui, durant les décennies précédentes·, avaient été structurés par le Parti communiste.
De là, une politique de la Ugue vis-à-vis du Parti communiste, visant par des batailles politiques et des campagnes centrales à peser sur l'évolution de ces cadres. En particulier, en apparaissant face à lui comme les véritables porteurs de la tradition communiste qu'il s'agissait en quelque sorte de réactiver. Ainsi, par exemple, était perçue la première campagne antimilitariste, menée dans les années 1970-1971 en soutien à des soldats emprisonnés.
Tout un aspect "' exemplariste •· des activités de [a Ugue se comprend dans cette perspective. Les manifestations soudées, couvertes de drapeau rouge, l'action, violente si nécessaire, contre les fascistes, l'internationalisme sans cesse réaffirmé, etc. s'expliquent aussi par cette
LE PREMIER CONGRES DE LA LIGUE COMMUNISTE volonté de réveiller une conscience communiste qui semble simplement quelque peu enfouie dans la tête des " cadres organisateurs " .
Vision qui s'articulait à une certaine analyse de la situation politique. La crise ouverte par Mai dans la société française et les marges de manœuvre étroites du capitalisme laissaient peu de place au réformisme. La social-démocratie était bien morte, le Parti communiste tendait à prendre sa place laissant sur « sa gauche • un espace politique que les marxistes-révolutionnaires pouvaient remplir afin de faire la jonction avec ces fameux • cadres-organisateurs •.
Assez rapidement pourtant cette vision s'estompa. Il est vrai que peu de fissures au sein du Parti communiste apparurent. Le courant en rupture, essentiellement composé de " personnalités " qui s'organisèrent dans les Centres d'initiative communistes, resta marginal et pas clairement en rupture avec le réformisme. Il travailla quelque temps avec le PSU, que certains de ses militants rejoindront (d'autres allant au PS). Grosso modo, il était partisan de l'Union de la gauche qui se mettait alors en place.
C'est dans ces années que la vision issue de l'entrisme, déjà d'ailleurs pas mal discutée, fut explicitement abandonnée. Démarche qui participait d'une remise en cause plus générale de la perception du mouvement ouvrier. Un des points essentiels en était la reconnaissance du nouveau PS comme un «-parti ouvrier ".
Les conséquences de cette réévaluation furent importantes. Le processus de recomposition du mouvement ouvrier n'apparaissait plus à la Ugue comme une espèce de bataille entre le PC et les révolutionnaires pour gagner la direction de la classe ouvrière, mais comme un processus beaucoup plus complexe.
Ce ne fut pas un hasard si, quelque temps plus tard, lors de son congrès de 1974, la Ugue (la LCR, puisque tel était le nouveau nom de la LC qui venait d'être dissoute) s'orienta plus fermement vers une politique de front unique tout en développant une tactique spécifique en direction des groupes d'extrême-gauche. Il faudra d'ailleurs plusieurs années -jusqu'en
1978 - pour que les choses se précisent à travers de nombreux débats. Commence alors une autre histoire que nous ne pouvons aborder ici... ARCHAISME ET MODERNITE
Il ne faudrait pas comprendre les quelques remarques qui viennent d'être faites concernant cette polarisation de la jeune Ugue par le Parti communiste comme l'expression d'une adaption politique à ce dernier. Un peu comme le symétrique de ce que faisaient les " lambertistes " de l'OC! par rapport à certaines fractions de la social-démocratie. Un tel risque n'existait pas compte tenu d'un antistalinisme fermement et fortement proclamé par la Ugue, mais aussi à cause de son orientation et de sa pratique qui prenait " bille en tête " - sans parfois d'ailleurs beaucoup de pédagogie - la moindre trace de stratégie réformiste. La campagne pour l'élection présidentielle d'Alain Krivine en 1969 en fut l'exemple type.
De façon générale, la Ugue mettait à l'époque beaucoup d'énergie dans tout ce qui était " apparition autonome ", mise en valeur de sa volonté de construire un pôle réellement révolutionnaire, à gauche du Parti communiste, capable d'attirer à lui " les cadres organisateurs ". Mais il y avait surtout l'insertion pratique de la Ugue dans les diverses mobilisations.
La Ugue se situait bien ici dans la tradition de la JCR d'avant 1968. Il n'était pas question pour elle de subordonner les mobilisations ou initiatives dans les secteurs dits " périphériques • du mouvement ouvrier traditionnel à la mise en branle de ce dernier. Au contraire, son orientation était de s'appuyer sur celles-ci afin de le faire bouger et de produire en son sein des différenciations.
Une tactique qui s'opposait à celles de la plupart des autres courants d'extrême gauche. Soit que, comme l'Organisation communiste internationaliste et Lutte ouvrière (chacun pour des raisons particulières), le choix était d'être la plupart du temps absent de ces mobilisations • périphériques "· Soit que, comme les courants maoïstes, mais aussi le PSU, on veuille les développer mais en " contournant le stalinisme" comme disait la Ugue à l'époque.
De ce point de vue, la tactique de la Ugue vis-à-vis du PC et de la CGT, qui constituaient à l'époque les éléments centraux du mouvement ouvrier, relevait bien d'une politique de front unique. Certes assez élémentaire, et menée de façon activiste et débridée.
En tout cas, elle donnait à la Ugue une silhouette bien particulière qui a fait son originalité durant toutes ces années ; comme d'ailleurs par la suite. A la fois une volonté fermement maintenue d'ancrage au mouvement ouvrier • traditionnel ., et un refus des dérives pseudo • modernistes ., , mais aussi une capacité d'ouverture réelle à tout ce que Mai 68 et les annés qui suivirent mirent à jour. Attitude qui au demeurant avaient été initiée avant la grève générale par la JCR et le PCI.
Certes, au plan politique, le plus • traditionnel ., , nous avons signalé le retard dans la prise en compte du processus de renouvellement de la social-démocratie amorcé par la création du PS. Mais la chose dura peu. Au contraire, la prise en compte de ce que représentait la CFDT ne posa pas de problème, même si, au départ, l'approche fut empirique et pas toujours maîtrisée. Le fait que de nombreux membres de la Ugue y militaient facilita cette prise en compte.
L'image d'une Ugue, certes sympathique, mais dotée d'une bonne dose • d'archaïsme ., , reproduction en miniature du PC, par rapport à d'autres forces d'extrême gauche (lesquelles d'ailleurs ?) ne tient guère la route. Non seulement à cause de la présence systématique de celle-ci dans ce que l'on appellera les • nouveaux mouvements sociaux •. Encore qu'il n'est pas mauvais de se souvenir que la Ugue joua dans cette période - et celle qui suivit -un rôle actif, voire déterminant dans la plupart d'entre eux (hormis de l'écologie), même si elle n'en fut pas toujours à l'initiative : on peut se référer aux débuts du mouvements femmes. Mais aussi par son approche politique et théorique des problèmes qui apparurent alors, et dont cer-
LE PREMIER CONGRES DE LA LIGUE COMMUNISTE tains d'ailleurs avaient commencé a être débattus avant 1968. On pourrait établir une longue liste (phénomène de la jeunesse, évolution de la classe ouvrière, oppression de la femme, etc.) en pointant chaque fois toutes les contributions politico-théorique des militants de la LCR. Surtout si l'on prolonge la période dont nous parlons ici jusqu'en 1978.
• L'archaïsme • dans la prise en compte de ces questions, il faudrait le chercher du côté des courants qui prétendaient alors faire du nouveau. En particulier bon nombre de courants maoïstes (de la Gauche prolétarienne aux courants internes au Parti socialiste unifié) qui, en fait , pratiquaient un épouvantable marxisme ouvriériste et sectaire issu tout droit du stalinisme. Sous cet aspect leurs analyses étaient très proches de celles produites par le • marxisme-léninisme • du PC.
Bien sûr, ce travail de la Ugue connut quelques hésitations. Ainsi sur le mouvement femmes des réticences s'exprimèrent par l'intermédiaire, dans un premier temps, de la reprises des positions classiques de l'Internationale communiste des années vingt sur le féminisme. Mais, dès 1973, les choses commencèrent à évoluer et s'approfondirent les années suivantes.
Là encore, on peut signaler la date de 1974. D'abord parce que la Ugue perdait une certaine rigidité qui fut la sienne après Mai. Ensuite parce qu'il ne faut pas non pfus oublier que bon nombre de contradictions mirent quelque temps à mûrir dans la société française et, pour la plupart, s'exprimèrent après la grève générale. Enfin, la Ugue mit alors en place les instruments permettant d'approfondir une telle élaboration : formation (en particulier • école de cadres • ), éditions (plusieurs revues, dont
En.. fail ,. c'était là l'autre face de la réffexion stratégique qui s'amorçait alors et que nous avons soulignée.
Les remarques sur ce travail politico-théorique ne visent pas à enjoliver la réalité. On ne saurait, en effet, sousestimer ce type de travail dans la construction de l'identité d'une organisation et son installation dans la durée.