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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Dettes et politiques d'ajustement en Amérique latine

· Critique communiste, n° 87, juillet 1989 · p. 17-21 · 3 178 mots

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ENDANT la décennie qui a précédé la crise financière mexicaine d'août 1982, la situation économique de la plupart des pays latina-américains pouvait se caractériser de la manière suivante : - forte croissance par tête ; - nombreux et graves déséquilibres : déficits commercial et budgétaire, inflation de plus en plus importante.

De 1982 au début de 1989, malgré de multiples plans d'ajustement, la situation s'est profondément détériorée. Seuls trois pays (Brésil, Colombie, Panama) ont connu une croissance de leur produit par tête - et encore fut-elle extrêmement modeste et saccadée-, les autres ont sombré dans une dépression parfois très importante.

Le revenu par tête a très fortement baissé, le pouvoir d'achat des travailleurs a été le plus souvent divisé par deux, les dépenses sociales fortement comprimées. La violence individuelle, mais aussi collective, s'est développée: les émeutes ont éclaté à Saint-Domingue et tout dernièrement au Venezuela.

La politique économique suivie par les différents gouvernements visait trois objectifs : passer d'un déficit de la balance commerciale à un excédent confortable afin de pouvoir assurer le service de la dette extérieure ; réduire fortement le déficit budgétaire ; et, enfin, baisser sensiblement le taux de croissance des prix (le maintien d'une forte croissance industrielle ne figurait pas parmi les objectifs visés).

L'excédent de la balance commerciale a été le seul objectif qui a été réellement atteint, mais il s'est révélé insuffisant eu égard à l'ampleur du service de la dette, et surtout précaire. Mis à part le Brésil et le Chili , cet excédent a aujourd'hui tendance à se réduire fortement et des renégociations en vue d'un rééchelonnement de la dette sont à nouveau à l'ordre du jour, avec ce qui l'accompagne : de nouvelles politiques d'ajustement, dont l'inefficacité vient d'être vécue douloureusement par tous ceux qui ont vu leur revenu baisser fortement.

En revanche, les autres objectifs n'ont pas été atteints : au lieu d'une réduction du taux d'inflation on a assisté à une forte élévation de la hausse des prix ; et au lieu d'une disparition du déficit budgétaire, les mesures économiques mises en place ont abouti à une augmentation sensible de ce déficit, malgré des réductions importantes de certaines dépenses publiques.

D'une façon générale, les politiques économiques, dites d'ajustement structurel, n'ont pas atteint tous les objectifs qui étaient fixés. En effet, des effets pervers, non prévus, se sont manifestés et ont provoqué une dégradation extrêmement profonde de la situation économique. L'objet de cet article est d'analyser les politiques pratiquées ainsi que leurs conséquences. Les objectifs et les politiques associées

La balance commerciale Pour transformer le déficit commercial en un excédent, le Fonds monétaire international proposait de mettre en place une politique de maxi-dévaluation . La monnaie locale devait être dévaluée d'un taux supérieur à celui qui aurait été nécessaire pour compenser le simple différentiel d'inflation constaté entre tel ou tel pays latina-américain et les Etats-Unis. Cet objectif a été globalement atteint et le service de la dette a pu être ainsi partiellement assuré. Cependant, les produits destinés à l'exportation, rendus plus compétitifs grâce aux maxi-dévaluations, ont souvent été dirigés - dans un premier temps - vers les marchés extérieurs au détriment du marché intérieur. En effet, l'élasticité de la production par rapport aux prix était assez souvent faible et l'augmentation de l'offre de produits pour l'exportation se réalisait, en partie, par une diminution de l'offre de biens destinés au marché intérieur. La hausse des prix des produits importés, suite aux dévaluations, provoqua une contraction de la demande de ces produits, sauf pour ceux qui ne trouvaient pas de substitut sur le marché local. Comme cette réduction n'a pas été suffisante, des mesures de contingentement par produits furent prises. Il faut donc souligner que l'essentiel de la réduction des

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importations a été obtenue grâce â des mesures administratives, ce qui est en contradiction avec la philosophie libérale anti-interventionniste dont s'inspiraient ces politiques d'ajustement.

Quoiqu'il en soit, les exportations ont augmenté, massivement dans certains pays, et les importations ont été comprimées. Un service minimum de la dette a été ainsi assuré : les intérêts de celle-ci ont été plus ou moins versés, rarement le principal. Mais le terme " minimum , pourrait prêter à confusion. Les efforts réalisés furent considérables : ces pays ont versé au cours de ces six dernières années entre 2 % et 6 % de l'ensemble de leur richesse produite ; la ponction qu'ils ont subie dépasse et de loin celle à laquelle fut soumise l'Allemagne après la Première Guerre mondiale au titre des réparations de guerre.

L'inflation Il était demandé de réduire l'inflation en contrôlant la masse monétaire, c'est-à-dire en limitant les crédits à l'économie, quitte à ce que les taux d'intérêt payés fussent plus élevés. Selon les économistes adeptes du courant dit des anticipations rationnelles, dont l'influence n'est pas négligeable au sein du Fonds monétaire international, la réduction drastique du taux de croissance de la masse monétaire devait avoir un effet positif sur le taux d'inflation et un effet quasiment nul sur le taux de croissance du revenu, contrairement à ce que pensaient les économistes marxistes et keynésiens, mais aussi les monétaristes. Ces derniers considéraient en effet qu'une récession aurait lieu mais qu'elle serait temporaire. Selon le courant des anticipations rationnelles, les agents, c'est-à-dire les entrepreneurs et les travailleurs, comprendraient immédiatement le sens économique des mesures prises et adapteraient leurs comportements conformément aux enseignements fournis par des modèles économiques qui montrent que l'inflation est le produit d'une augmentation de la masse monétaire et la déflation d'une réduction. Dès lors que l'on suppose cette rationalité innée des agents et la pertinence de ces modèles éco -nomiques, on peut considérer que la réduction du taux de croissance de la masse monétaire conduit à anticiper une augmentation plus faible des prix de telle sorte que les prix effectifs, résultant des prix anticipés, seront plus faibles que ceux qui résulteraient d'une simple extrapolation des prix passés. Ce changement - rationnel - de comportement ne devrait avoir aucune influence sur le niveau de la production, sauf si les agents étaient insuffisamment informés.

Ce détour rapide par les anticipations rationnelles est nécessaire : d'une part , leur influence est très importante, d'autre part, avec le développement de l'hyperinflation, les anticipations manifestement prédominent, ce qui tend à justifier leur approche... et les mesures économiques qu'ils préconisent.

L'équilibre budgétaire Les économistes du Fonds monétaire international considèrent que le déficit budgétaire doit être réduit pour deux raisons : il est source d'inflation, il traduit une intervention de l'Etat trop importante.

D'une manière générale, pour le FMI, l'intervention de l'Etat est néfaste. D 'une part, elle draine des ressources importantes et en conséquence détourne du marché des fonds . Les ressources affectées à l'épargne sont alors insuffisantes (effet " d'éviction , ). D'autre part, l'efficacité de l'intervention de l'Etat est moins grande que celle résultant des décisions dictées par le marché. Pour ces deux raisons, le déficit budgétaire doit être réduit en comprimant les dépenses publiques et les recettes fiscales ne doivent surtout pas augmenter, leur réduction étant souhaitable.

Ces politiques économiques ont eu des effets pervers : tendance à l'hyperinflation, dépression profonde, crise fiscale dans de nombreux pays. Elles ont néanmoins conduit à dégager un solde commercial positif permettant ainsi d'assurer une grande partie du service de la dette externe. Ce sont ces effets pervers que nous allons à présent analyser en nous attachant plus particulièrement aux mesures concernant les taux de change et les dépenses publiques. Nous allons aussi montrer que ces effets se sont convertis en causes d'aggravation de la crise. Les effets pervers

Un effet dépressif important L'effet dépressif résulte de la combinaison de la réduction des dépenses publiques et des effets induits de l'augmentation considérable des charges de la dette interne.

L'intervention de l'Etat a pu permettre à certaines entreprises obsolètes de survivre, ce qui, en termes macro-économiques, a un certain coût. La réduction des dépenses publiques peut donc avoir certains effets positifs : les entreprises peu efficaces, du point de vue de la concurrence internationale, sont éliminées et les sommes ainsi économisées peuvent être consacrées à des investissements plus efficaces. Cette argumentation, chère aux libéraux, ne peut être acceptée telle quelle : d'une part les services publics n'ont pas à obéir à cette contrainte de coût de manière aveugle, d'au -tre part le maintien en survie temporaire d'activités devenues non rentables peut être justifié par le coût social qu'entraînerait leur élimination tant qu'une reconversion des travailleurs n'aura pas été réalisée. Enfin, dans certaines activités, des entreprises dont la rentabilité n'est pas assurée aujourd'hui peuvent devenir rentables demain à condition toutefois qu'une politique industrielle de développement ou/et de restructuration soit mise en œuvre.

Au-delà de ces effets positifs et des réserves que nous venons d'énoncer, une réduction drastique des dépenses publiques a des effets macro-économiques importants : les salaires versés par l'Etat sont réduits (l'emploi public est plus faible, les salaires réels baissent), et la demande se contracte. Les investisseurs du secteur privé anticipent dès lors une réduction de leurs profits et investissent moins, ce qui réduit l'emploi et les salaires. Le niveau de la production baisse. D'autre part, l'Etat réduit également ses commandes, notamment au secteur privé, ce qui provoque des effets dépressifs analogues. Enfin, la réduction de certaines dépenses, notamment celles concernant l'infrastructure, si elle permet de faire des économies dans l'immédiat, se paie très chère par la

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suite : dégradation des routes, des conduites d'eau, des édifices publics, etc, ce qui accentue t'insalubrité des mégalovilles. Un raisonnement semblable pourrait être fait pour les dépenses de santé , à ceci près que leur réduction drastique accentue encore plus les inégalités et constitue une menace pour la survie d'une grande partie de la population.

Ce processus est classique. D'autres mécanismes -pervers- viennent s'ajouter à ceux que nous venons brièvement de décrire. La réduction des dépenses publiques, combinée à une politique de maxi-dévaluation et/ ou de taux d'intérêt élevés , ajoutent des problèmes supplémentaires. Les maxi-dévaluations devraient faciliter le service de la dette externe , mais elles alourdissent cependant le service de la dette interne, ce qui va nécessiter en conséquence une réduction plus importante des autres postes du budget. La dépression tend alors à s'aggraver et t'inflation à se développer. Ce sont ces effets pervers que nous allons présenter.

Pour éclairer notre propos, un peu d'histoire est nécessaire. Dans certains pays , la dette externe fut en partie le résultat direct ou indirect du déficit budgétaire. Lorsque le déficit était important, les gouvernements cherchaient parfois un financement externe et s'endettaient donc en dollars. Lorsqu'ils éprouvaient quelques difficultés à emprunter directement, tant pour leurs besoins internes qu'externes , ils se faisaient relayer par les grandes entreprises publiques pour emprunter sur les marchés financiers internationaux et les obligeaient à déposer auprès de la banque centrale le produit de ces emprunts, c'est-à-dire des dollars.

En échange, ils offraient aux entreprises une garantie sur le risque de change. De telles pratiques établissaient un lien entre les deux dettes, externe et interne, via le cours du dollar. Lorsque la monnaie nationale est fortement dévaluée, au-delà du différentiel des prix qui existe avec les Etats-Unis , c'est-à-dire lorsque le taux de change réel baisse, la partie de la dette interne exprimée en dollars voit son montant en monnaie nationale (peso, cruzeiro, etc.) s'élever au rythme des maxi-dévaluations. (Ce processus s'apparente à celui qui se mit en place avec t'emprunt Giscard indexé sur le cours de t'or). Le dollar s'appréciant par rapport aux monnaies locales , la partie de la dette indexée au cours du dollar se valorise d 'autant.

Après 1982, les pays latina-américains n'eurent quasiment plus accès aux marchés financiers internationaux. Le service de leur dette externe devait donc être financé à partir d'excédents commerciaux obtenus en pratiquant des maxi-dévaluations. Ce serait cependant une erreur de penser que t'augmentation considérable des charges de la dette interne aurait pour unique origine la politique de maxi-dévaluation. On observe d'ailleurs dans la plupart des pays latina-américains depuis deux ans soit un ralentissement de la baisse du taux de change réel, soit une augmentation de ce taux. En effet, toute nouvelle appréciation du taux de change réel, même modeste, s'accompagne d 'une forte élévation du taux d'intérêt, fondée en partie sur t'espoir- souvent illusoire- que les capitaux ne chercheront pas à se convertir en dollars et resteront dans le pays. Cette hausse du taux d'intérêt se répercutera sur le service de la dette :

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tout nouvel emprunt pour financer le déficit budgétaire se fera à des conditions plus onéreuses. Vers une économie spéculative et hyperinflationniste ?

L'augmentation du déficit budgétaire, la réduction des marges anticipées des entreprises et l'excédent commercial important alimentent le processus inflationniste. La crainte de voir la masse des profits baisser conduit les entreprises à augmenter leurs prix. Il y a donc une relation entre la contraction de la production, la menace sur les profits et la hausse des prix. Lorsque la situation devient plus incertaine, les entreprises adoptent un comportement spéculatif. Un exemple peut illustrer notre propos : en cas de prévision à la baisse des

' ,. ventes, les entreprises augmentent leurs prix; s'ils s'avèrent qu'elles se sont trompées sur le niveau des ventes, au lieu de satisfaire à la demande plus forte que prévue, en cas de saturation des capacités de production par des investissements supplémentaires, elles répondent par des accroissements de prix.

D'une manière générale, le contexte dépressif, la forte inflation et les anticipations pessimistes, détournent l'investissement du secteur productif et conduisent les entreprises à préférer les actifs financiers. La spéculation se développe, s'auto-entretient en s'accentuant, et l'appareil productif vieillit. L'exemple de l'Argentine traduit parfaitement cette évolution. Faute d 'investissements suffisants dans le secteur industriel, les coûts sont devenus moins compétitifs. Lorsque de surcroît les droits de douane et les contingentements sont réduits, les importations se développent en conséquence, réduisant comme peau de chagrin le solde commercial positif et pouvant conduire à une dévaluation.

A partir d'un certain niveau de hausse de prix, n'importe quelle théorie peut être vérifiée statistiquement. L'accroissement de la masse monétaire peut aussi bien étre provoqué par la hausse des prix que réciproquement. Les corrélations élevées ne signifient pas qu'il existe une loi de causalité. Cette remarque est importante à rappeler car, avec le développement de l'inflation, il semble que seul un choc psychologique puisse le stopper en modifiant profondément les anticipations. Ce choc peut être produit par une modification substantielle de la politique du gouvernement. Celui-ci peut décider de cesser de financer le déficit budgétaire, peut considérer que la monnaie est surévaluée et prendre comme nouveau taux de change celui pratiqué sur le marché parallèle. Il peut également relever fortement les prix des services publics et refuser de satisfaire les revendications salariales. Ce type de conduite a été suivie par la Bolivie pour stopper son hyperinflation.

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Selon les théoriciens du FMI , cette nouvelle politique économique, comprise comme étant résolument anti-inflationniste, doit conduire les agents à anticiper une hausse des prix plus faible et cette anticipation doit se réaliser. Ce type d'analyse présuppose que la hausse des prix vient d'une augmentation inconsidérée de la masse monétaire et qu'elle n'a par conséquent aucune origine structurelle , que le service de la dette n'influe pas sur son niveau. Elle semble cependant justifiée par le fait qu'en période d'hyperinflation les comportements priment et qu'un choc peut être salutaire. Mais l'efficacité n'est généralement que de courte durée et se limite à un freinage brutal de l'inflation ; la croissance industrielle n'est pas au rendez-vous et le niveau de vie, affecté par ces mesures, reste très déprimé .. .

L'inflation est un phénomène auto-entretenu et accentué par des comportements spéculatifs. Bien qu'il soit statistiquement difficile de départager les causes des effets, il n'en demeure pas moins que les origines profondes de l'inflation résident dans les grandes inégalités de revenu , les dévaluations, mais aussi dans le déficit budgétaire et dans le

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comportement des couches les plus aisees donnant la préférence à la consommation ostentatoire plutôt qu'à l'épargne. Ces analyses sont aujourd'hui assez connues. Elles étaient largement partagées jusqu'au début des années quatre-vingt, puis furent rejetées avec le développement des thèses monétaristes et leur montée en puissance au niveau institutionnel. Ces analyses mettent en avant les aspects structurels de l'inflation latino-américaine. L'opposition des couches et des groupes sociaux sur le partage du revenu constitue également un facteur inflationniste si la croissance de la productivité du travail est insuffisante ou/ et si le pays est soumis à d'importants transferts vers l'étranger. En Amérique latine, ces deux derniers facteurs ont joué, plus particulièrement le dernier. Pour éclairer notre propos, prenons un cas différent où un transfert vers l'étranger ne constitue pas en soi un facteur inflationniste : le Japon . Ses excédents commerciaux lui permettent des investissements à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, sans qu'il y ait d'inflation . Les salaires augmentent (l'accroissement de la productivité est important), la consommation ne suit pas au même rythme et l'augmentation de l'épargne qui en résulte a un effet déflationniste. En Amérique latine, le service de la dette est financé par un excédent des exportations sur les importations. Pour produire ces exportations, il a fallu payer des salaires, des profits. A moins que l'épargne ne s'accroisse, la demande augmente, et si elle ne trouve satisfaction ni dans l'augmentation des importations ni dans l'augmentation de la production locale, faute d 'un accroissement de la productivité suffisant, elle provoque une hausse des prix. C'est pourquoi on peut assimiler les transferts au titre du service de la dette à une augmentation de l'épargne. Mais à la différence du cas japonais, il s'agit d'une épargne forcée, c'est-à-dire le produit de la hausse des prix.

Cependant, la hausse des prix peut s'accélérer sans qu'il y ait augmentation des transferts au titre du service de la dette. La relation augmentation des transferts-accroissement du taux de l'inflation est une relation univoque. Il peut donc y avoir augmentation des prix sans accroissement des transferts. L'épargne forcée peut rester au même niveau et la hausse des prix s'accélérer. Celle-ci résulte alors d'une lutte pour le partage des revenus plus intense. Conclusion

Détérioration profonde de la situation économique - dépression souvent, hyperinflation fréquemment, baisse plus ou moins prononcée du pouvoir d'achat toujours -, tel fut et tel est encore le prix payé pour financer le service de la dette. Une telle situation s'auto-entretient. Les effets sont devenus des causes, et ni le moratoire, aussi justifié soit-il , ni le plan Brady d 'allégement des dettes ne peuvent plus améliorer sensiblement la situation. Les politiques d'ajustement ont perverti les mécanismes économiques et dégradé la situation. Ces pays sont devenus , à des degrés divers, gangrenés, et seules des mesures économiques radicales pourraient modifier cette situation . * Cet article reprend certains des thèmes développés dans le livre : la Dollarisation, paru aux éditions La Découverte .

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